Les mesures de protectionnisme commercial ont provoqué une baisse de 7 % du PIB mondial et commencent à avoir un impact sur la région méditerranéenne

L'ASCAME met en garde contre l'impact du protectionnisme sur le commerce international et les investissements

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L'Association des chambres de commerce méditerranéennes (ASCAME) met en garde contre la montée du protectionnisme commercial et son impact sur la Méditerranée.

  1. Les propositions de l'ASCAME 

Les mesures protectionnistes liées au seul commerce auraient triplé entre 2019 et 2022, avec 3 000 mesures entraînant une baisse de 7 % du PIB mondial. Face à ce retour du protectionnisme commercial, l'institution alerte sur les risques posés par les restrictions au commerce, à l'investissement et au transfert de technologie déjà mises en œuvre par certaines grandes puissances.  

L'une des principales conséquences est l'impact de ces politiques protectionnistes sur leur commerce extérieur et leur capacité à attirer les investissements étrangers, ce qui nécessitera une action urgente et une coordination contraignante entre les pays méditerranéens et l'UE avant que la situation ne devienne encore plus critique. 

Les relations commerciales dans la région représentent 1,1 billion d'euros par an et un tiers du commerce global entre la Méditerranée et le reste du monde. Cette situation contraste avec celle d'autres régions prospères, où les principaux partenaires sont souvent des voisins. Les exportations sont plus compétitives lorsqu'elles ont lieu entre plusieurs pays, car des synergies sont établies qui se traduisent par une plus grande innovation - en raison du transfert de connaissances -, une plus grande efficacité dans la production - parce que les ressources et la main-d'œuvre sont partagées - et une plus grande compétitivité non seulement pour ces pays, mais aussi pour la région dans son ensemble. 

En outre, les politiques de libéralisation du commerce et de l'investissement ont apporté des avantages significatifs aux pays qui les ont mises en œuvre. En particulier, ces pays ont vu leur taux de croissance multiplié par 20 et le volume du commerce international par quatre, ainsi qu'une réduction significative de 10 % du pourcentage de personnes vivant dans l'extrême pauvreté. 

Puerto de Tánger Med, Marruecos - PHOTO/ATALAYAR
Port de Tanger Med, Maroc - PHOTO/ATALAYAR

Les propositions de l'ASCAME 

Selon Anwar Zibaoui, coordinateur général de l'ASCAME, nous nous trouvons dans un monde où le commerce, les capitaux et les investissements s'éloignent des règles du jeu établies et des accords internationaux qui les ont facilités. Il ajoute : "Il est urgent de stimuler l'intégration régionale, d'augmenter les flux commerciaux, les investissements bilatéraux et la mobilité dans les pays méditerranéens sont les principaux facteurs qui peuvent conduire à la reprise durable dont la région a besoin aujourd'hui pour mener la transition verte mondiale et devenir plus compétitive". 

Dans ce contexte, l'ASCAME met en garde contre les mesures protectionnistes, parfois improvisées et expérimentales, qui visent à protéger les intérêts économiques nationaux et à soutenir les classes les plus défavorisées. Mais elles ont un coût élevé en termes de subventions, de dette, d'impôts, de droits de douane et d'inflation, et ont un impact sur la stratégie de lutte contre le changement climatique ou la transition verte. 

L'ASCAME appelle les organisations multilatérales et la communauté internationale à négocier un pacte mondial de croissance et à s'unir pour empêcher la montée du protectionnisme de guider les décisions des entreprises. Comme le souligne Anwar Zibaoui, "aujourd'hui plus que jamais, il est essentiel d'apporter une réponse globale qui favorise le libre-échange, qui empêche la concurrence déloyale et qui promeut les synergies entre les pays pour avancer ensemble vers les défis actuels du monde et en particulier de la région méditerranéenne".