Hisdesat reçoit le feu vert d'Indra et du ministère de la Défense pour construire le Spainsat NG-III

Un troisième satellite jumeau remplacera celui qu'un impact mortel a rendu inutilisable et incapable de fournir des services de communication en orbite
La imagen recoge las enormes proporciones de la estructura central del Spainsat NG-II sin los paneles solares desplegados durante la fase final de su construcción en la sede de Airbus Space Systems en Toulouse, Francia - PHOTO/JPons
La photo montre les proportions gigantesques de la structure centrale du Spainsat NG-II sans les panneaux solaires déployés pendant la phase finale de sa construction au siège d'Airbus Space Systems à Toulouse, en France - PHOTO/JPons
  1. Contraints de fabriquer un troisième Spainsat NG
  2. Les services sont assurés par le Spainsat NG-I et le Spainsat, vieux de 20 ans

L'année où la société Hisdesat célèbre le 25e anniversaire de sa création et où elle dispose des deux plus grands et plus avancés satellites espagnols de communications sécurisées, elle a mal commencé... très mal commencé.

En effet, la société qui fournit des services stratégiques par satellite au ministère espagnol de la Défense, ainsi que le ministère lui-même et le groupe Indra ‒ qui vient de prendre le contrôle effectif de Hisdesat ‒, ont publié le 16 janvier des communiqués dans lesquels ils annoncent la perte définitive du deuxième et dernier satellite du programme Spainsat NG.

Cette décision représente un revers important pour les trois parties, en particulier pour Indra et Hisdesat, qui voient leurs plans commerciaux à court terme torpillés, leurs fêtes de fin d'année gâchées et leur joie à l'approche de la nouvelle année anéantie.

El NG-I desde la posición 29º Este y el NG-II desde 30º Oeste cubrían la mayor parte del mundo en que desarrollan misiones las Fuerzas Armadas españolas y terceras naciones aliadas o amigas tienen interés - PHOTO/Hisdesat
Le NG-I depuis la position 29º Est et le NG-II depuis 30º Ouest couvraient la majeure partie du monde dans laquelle les forces armées espagnoles et des nations tierces alliées ou amies mènent des missions qui les intéressent - PHOTO/Hisdesat

Mais au moins chez Hisdesat, la société dirigée par Miguel Ángel García Primo, dont la nouvelle directrice générale est Ana María Molina (qui était jusqu'à il y a quelques semaines la directrice générale de Hispasat), on s'est dit qu'il fallait « faire contre mauvaise fortune bon cœur » et se sont déjà mis au travail pour remédier au contretemps et au grave retard que représente l'annulation de la mise en service de leur Spainsat NG-II.

Mis en orbite le 23 octobre depuis Cap Canaveral par une fusée Falcon 9 de la société américaine SpaceX, le NG-II voyage dans l'espace depuis quelques semaines à peine. Il suivait une trajectoire elliptique qui aurait dû le mener en avril prochain à la position géostationnaire définitive 30° Ouest, qui lui a été attribuée par l'Union internationale des télécommunications, organisme des Nations unies. Mais cela ne sera plus possible.

El director ejecutivo de Hisdesat, Miguel Ángel García Primo, y la nueva consejera delegada de la compañía, Ana María Molina, ya se han puesto manos a la obra para tener a punto cuanto antes el Spainsat NG-III - PHOTO/JPons
Le directeur général de Hisdesat, Miguel Ángel García Primo, et la nouvelle directrice générale de la société, Ana María Molina, se sont déjà mis au travail pour que le Spainsat NG-III soit prêt dès que possible - PHOTO/JPons

Contraints de fabriquer un troisième Spainsat NG

Le communiqué conjoint d'Indra-Hisdesat daté du 16 janvier, qui fait suite à un autre communiqué publié le 2 janvier, annonce le lancement d'un « processus d'appel d'offres » pour la désignation du principal contractant qui devra se charger de la fabrication du Spainsat NG-III.

Le nouveau satellite sera le jumeau technologique des deux précédents Spainsat NG, mais il remplacera le NG-II, « après avoir constaté que les dommages subis par l'impact d'une particule spatiale l'empêchent d'accomplir la mission prévue », indique le communiqué.

En effet, le programme Spainsat NG constitue « l'un des piliers fondamentaux de la modernisation des communications par satellite des forces armées », précise un communiqué parallèle du ministère de la Défense, également daté du 16 janvier.

El objetivo central del programa Spainsat NG es sustituir de anea progresiva a los actuales satélites Spainsat y Xtar-EUR por una nueva generación más avanzada, segura y resiliente en las bandas X, Ka y UHF  - PHOTO/Airbus DS
L'objectif principal du programme Spainsat NG est de remplacer progressivement les satellites Spainsat et Xtar-EUR actuels par une nouvelle génération plus avancée, plus sûre et plus résistante dans les bandes X, Ka et UHF  - PHOTO/Airbus DS

L'importance de ce programme réside, souligne la Défense, dans son objectif de « remplacer progressivement les Spainsat et Xtar-EUR actuels par une nouvelle génération de satellites plus avancés, plus sûrs et plus résistants, capables de fonctionner dans les bandes X, Ka et UHF ».

La relève était en bonne voie. Le Spainsat NG-I est déjà en service à la position 29° Est et, en août dernier, il a pris la relève du Xtar-EUR, en orbite depuis début 2005. Mais avec le NG-II, les choses se sont compliquées, car il n'a pas réussi à remplacer le Spainsat, qui reste depuis 2006 à la position 30º Ouest en attendant d'être remplacé, ce qui est désormais pris en charge par le futur Spainsat NG-III.

El programa Spainsat NG constituye uno de los pilares fundamentales de la modernización de las comunicaciones vía satélite, para permitir enlazar territorio nacional con las unidades desplegadas en el exterior - PHOTO/EAE-NATO
Le programme Spainsat NG constitue l'un des piliers fondamentaux de la modernisation des communications par satellite, afin de permettre la liaison entre le territoire national et les unités déployées à l'étranger - PHOTO/EAE-OTAN

Les services sont assurés par le Spainsat NG-I et le Spainsat, vieux de 20 ans

Qu'est-il arrivé au Spainsat NG-II pour le rendre inutilisable ? Un accident très difficile à prévoir. Le communiqué d'Indra-Hisdesat indique que la particule spatiale, d'une dimension « millimétrique et d'une masse de quelques grammes seulement », mais dont on ne précise pas s'il s'agissait d'une micrométéorite ou d'un autre type d'objet, « aurait percuté à grande vitesse une zone vitale du satellite », causant ainsi des « dommages irréversibles ».

Les indices dont disposent les techniciens du principal contractant, Airbus Space Systems, qui suivent par télémétrie la trajectoire du satellite espagnol depuis Toulouse, en France, indiquent que le système d'alimentation numérique doit avoir subi un dommage irréversible, de sorte qu'il n'envoie pas suffisamment d'énergie pour activer les cinq moteurs ioniques au xénon qui propulsent le NG-II.

Les experts en systèmes spatiaux consultés indiquent que « la défaillance des unités de puissance est très rare ». « Elles ont une grande puissance, sont volumineuses, équipées de régulateurs et redondantes, c'est-à-dire qu'il y en a deux à bord ». En outre, elles ont été soumises à ce que l'on appelle une analyse de défaillance et de criticité ou FMECA, des tests qui « vérifient ce qui peut être endommagé en cas de propagation de l'anomalie, dans le but d'éviter des défaillances en chaîne ». Mais tout est possible

La complejidad de los dos satélites Spainsat NG queda de manifiesto a la vista de parte de sus entrañas - PHOTO/Airbus DS
La complexité des deux satellites Spainsat NG apparaît clairement lorsqu'on observe une partie de leurs entrailles - PHOTO/Airbus DS

La situation du NG-II qui a été révélée par Indra-Hisdesat est que le satellite est « stable, complet et en orbite très excentrique », entre 36 000 et 50 000 kilomètres, et qu'il « n'interférera donc pas avec les opérations spatiales actuelles ou futures ».

Pour l'instant, les services de transmission pour les forces armées espagnoles et les clients nationaux et internationaux de Hisdesat sont couverts par la somme des capacités du NG-I dans les bandes de fréquences X, Ka et UHF, et du Spainsat, qui, selon la Défense, « reste pleinement opérationnel » dans les bandes X et Ka.

Heureusement, Indra et Hisdesat assurent que la perte du NG-II « n'entraîne aucun préjudice économique ». Le satellite est couvert par une assurance qui couvre les dommages dont il a fait l'objet. La principale compagnie d'assurance est l'espagnole Mapfre, en collaboration avec un courtier international qui a distribué des polices d'assurance auprès d'autres assureurs.