Donald Trump accueille Mohammed ben Salmane avec des accords commerciaux, nucléaires et de défense

La visite du prince héritier saoudien sera la première depuis 2018 et précède l'annonce de la vente par les États-Unis de 48 avions de combat F-35 à Riyad
Donald Trump, presidente de Estados Unidos y Mohamed bin Salman, príncipe heredero de Arabia Saudí
Donald Trump, président des États-Unis, et Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite
  1. Renégociation des accords d'Abraham ?
  2. Changement d'équilibre militaire au Moyen-Orient
  3. Rôle de l'Iran dans la région

Donald Trump, président des États-Unis, et Mohammed ben Salmane, pri héritier d'Arabie saoudite, se réunissent à Washington sept ans après leur dernière visite en 2018 pour négocier des accords commerciaux, de défense et d'énergie nucléaire, dans un contexte où la Maison Blanche a annoncé l'approbation de la vente de 48 chasseurs F-35 à Riyad et où le Conseil de sécurité a annoncé la création d'une « force de paix pour Gaza » avec 13 voix pour et les abstentions de la Chine et de la Russie.

Cette visite confirme que les relations entre les deux pays ont retrouvé toute la tension générée par la mort du journaliste Jamal Khashoggi. De même, ce voyage permettra d'évaluer les investissements promis par Riyad pour un montant de plus de 600 milliards de dollars en mai dernier. Ces contrats concernent la technologie, à travers l'investissement dans un centre de données pour les entreprises d'intelligence artificielle, ainsi que la fabrication et la défense.​

El presidente de Estados Unidos, Donald Trump, junto al príncipe heredero saudí, Mohammed Bin Salman, mientras asisten a una cumbre del CCG en Riad, Arabia Saudita, el 14 de mayo de 2025 - REUTERS/ BRIAN SNYDER
Le président américain Donald Trump aux côtés du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane lors d'un sommet du CCG à Riyad, en Arabie saoudite, le 14 mai 2025 - REUTERS/ BRIAN SNYDER

Renégociation des accords d'Abraham ?

Les relations de Donald Trump avec les grandes monarchies des pays du Golfe, en plus de servir de pont pour les investissements, visent à maintenir la stabilité dans la région. Dans ce contexte, on s'attend à ce que lors de la visite de Mohammed ben Salmane, le président américain insiste sur la normalisation des relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham.

Depuis leur signature il y a cinq ans, les accords ont constitué un pôle de stabilité essentiel dans la région, qui a survécu aux tensions qui ont secoué la région depuis que les terroristes du Hamas ont commis un attentat le 7 octobre 2023 en Israël.

À l'époque, l'Arabie saoudite était disposée à rejoindre le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Maroc et le Soudan, mais l'évolution du conflit a paralysé les discussions que Donald Trump espère poursuivre. Cependant, il faudra d'abord que l'Arabie saoudite reconnaisse de facto l'État d'Israël.​

Ceremonia de firma de los Acuerdos de Abraham, normalizando las relaciones entre Israel y algunos de sus vecinos de Oriente Medio, en un realineamiento estratégico de los países de Oriente Medio contra Irán, en el Jardín Sur de la Casa Blanca en Washington, Estados Unidos, el 15 de septiembre de 2020 - REUTERS/ TOM BRENNER
Cérémonie de signature des accords d'Abraham, normalisant les relations entre Israël et certains de ses voisins du Moyen-Orient, dans le cadre d'un réalignement stratégique des pays du Moyen-Orient contre l'Iran, dans le jardin sud de la Maison Blanche à Washington, aux États-Unis, le 15 septembre 2020 - REUTERS/ TOM BRENNER

Changement d'équilibre militaire au Moyen-Orient

Depuis l'arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis, les actions diplomatiques visant à renforcer les liens avec l'Arabie saoudite ont été fréquentes ; elles se sont confirmées lundi dernier lorsque les États-Unis ont annoncé la vente de chasseurs F-35 à l'Arabie saoudite, rejoignant Israël comme seuls pays de la région à posséder ces avions et positionnant Riyad comme le seul pays de la Ligue arabe à disposer de la technologie américaine la plus avancée.

Cette décision, qui n'avait pas reçu l'approbation du Pentagone, émane directement de la Maison Blanche, bien que les services de renseignement américains aient signalé à Trump les risques que la Chine puisse acquérir des informations sur la technologie militaire américaine la plus avancée et la plus secrète.

Cette action représente un changement dans la région qui apportera la sécurité et la paix au Moyen-Orient, même si cet accord pourrait signifier la fin de l'« avantage militaire d'Israël ». Face à cette hypothèse, les diplomates saoudiens ont souligné que les intérêts saoudiens concernaient uniquement des questions de sécurité nationale et qu'ils ne poursuivaient pas d'objectifs internationaux, en particulier après l'attaque israélienne à Doha en septembre.

El avión de combate Lockheed Martin F-35 de la Fuerza Aérea Australiana se exhibe durante el Salón Aeronáutico Internacional de Bali en el Aeropuerto Internacional Ngurah Rai en Kuta, Bali, Indonesia, el 18 de septiembre de 2024 - REUTERS/ JOHANNES P.CHRISTO
L'avion de combat Lockheed Martin F-35 de l'armée de l'air australienne est exposé lors du Salon international de l'aéronautique de Bali à l'aéroport international Ngurah Rai de Kuta, Bali, Indonésie, le 18 septembre 2024 - REUTERS/ JOHANNES P.CHRISTO

Rôle de l'Iran dans la région

Outre les négociations sur les questions énergétiques et de défense, Mohammed ben Salmane s'efforcera de faire en sorte que la déstabilisation de l'Iran à la suite des attaques israéliennes et américaines et son affaiblissement n'affectent pas la région.

Une vision qui diffère de celle des États-Unis, qui considèrent l'Iran comme un « ennemi de l'Occident ». Les relations actuelles entre la Syrie, l'Arabie saoudite et Israël, tous partenaires depuis la levée des sanctions contre la Syrie et la visite du nouveau Premier ministre Ahmed Al-Sharaa au Bureau ovale, constituent un casse-tête dans lequel entrent en jeu les investissements saoudiens pour reconstruire la Syrie après le départ de Bachar Al-Assad, les attaques israéliennes contre la Syrie et la non-reconnaissance de l'État d'Israël par l'Arabie saoudite.