Donald Trump et la perte d'influence internationale face à l'agression russe en Pologne et à l'attaque israélienne au Qatar
Donald Trump, président des États-Unis, a promis de mettre rapidement fin aux principaux conflits internationaux actuels, tant la guerre en Ukraine que celle à Gaza, grâce à son influence présumée sur Vladimir Poutine, président de la Russie, et Benjamin Netanyahu, Premier ministre d'Israël, mais la réalité montre que ces questions lui échappent peut-être.
Donald Trump est revenu à la Maison Blanche en janvier 2025, après quatre ans de gouvernement du démocrate Joe Biden, pour un second mandat au cours duquel il a promis à nouveau de rendre à l'Amérique sa grandeur (Make America Great Again), notamment sur la scène internationale, en rétablissant ainsi la position des États-Unis en tant que principale puissance politique et militaire mondiale.
Le dirigeant républicain a assuré qu'il serait en mesure de mettre rapidement fin aux principaux conflits armés qui sévissent actuellement dans le monde, notamment les guerres en Ukraine et à Gaza, afin de démontrer que le leadership américain sur le monde est toujours d'actualité.
Tout le monde savait que Donald Trump entretenait d'excellentes relations avec Vladimir Poutine, comme il l'a démontré au cours de la première partie de son mandat, entre 2017 et 2021, ainsi qu'avec Benjamin Netanyahu, grâce aux bonnes relations historiques entre les États-Unis et Israël, son principal partenaire au Moyen-Orient, et grâce également à leur affinité idéologique, tous deux plutôt orientés vers la droite ou le conservatisme.
Mais la réalité actuelle montre que Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu ne prêtent pas attention aux appels des négociateurs et des pacificateurs américains, et que les guerres en Ukraine et à Gaza se poursuivent, les dernières actions démontrant que les dirigeants russe et israélien suivent peut-être des stratégies indépendantes.
Ainsi, deux derniers épisodes ont accru la tension dans ces deux dossiers. D'une part, l'incursion de drones russes dans l'espace aérien polonais dans le cadre des attaques contre l'Ukraine et l'attaque israélienne au Qatar contre des dirigeants du Hamas qui se trouvaient sur le territoire qatari pour poursuivre les pourparlers de paix en vue d'un cessez-le-feu à Gaza.
La Russie a introduit des drones dans l'espace aérien polonais dans le cadre de son offensive contre l'Ukraine, lancée en février 2022 pour s'emparer des territoires ukrainiens revendiqués par Vladimir Poutine, ce qui a été dénoncé par les autorités polonaises comme « une violation sans précédent » de leur espace aérien et auquel l'armée polonaise a répondu avec des chasseurs F-16 et F-35. Le gouvernement polonais a immédiatement invoqué l'article 4 de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), qui stipule que les pays membres se consulteront mutuellement lorsque, de l'avis de l'un d'entre eux, leur intégrité territoriale, leur indépendance politique ou leur sécurité seront menacées. Cet article permet aux pays membres de demander des consultations formelles avec l'Alliance atlantique afin d'analyser une situation de menace et de convenir de la marche à suivre, mais il n'implique pas automatiquement une réponse militaire, contrairement à l'article 5, qui prévoit une riposte armée en cas d'agression directe contre un État membre de l'OTAN.
Dans le même temps, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont également mené des bombardements contre le territoire du Qatar, visant les dirigeants du Hamas dans le cadre de la guerre menée par Israël contre le groupe extrémiste palestinien en réponse aux terribles attentats du 7 octobre 2023 sur le territoire israélien, qui ont fait plus de 1 200 morts et 250 personnes enlevées. Cette action, qui constituait également une agression contre le Qatar, a été dénoncée par l'ensemble du monde arabe, car le Qatar est un médiateur important dans les pourparlers indirects entre Israël et le Hamas visant à parvenir à un cessez-le-feu qui mettrait fin à la guerre à Gaza.
Israël a précisé qu'il s'agissait d'une offensive indépendante du pays israélien. « Israël l'a lancée, Israël l'a dirigée et Israël en assume l'entière responsabilité », a déclaré Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, sur le réseau social X.
Ces deux situations peuvent mettre en évidence la perte d'influence de Donald Trump sur les deux dirigeants, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu, ce qui ouvre la voie à un scénario de multipolarité du pouvoir international qui irait à l'encontre des thèses selon lesquelles les États-Unis restent le principal phare mondial. Dans cette optique, plusieurs grands pays de la scène internationale, tels que la Chine, la Russie ou l'Inde, déclarent qu'il existe un monde multipolaire dans lequel les exigences de chaque partie doivent être prises en compte.

