Le président turc exhorte les organismes publics à ne pas se laisser influencer par l'étranger

Erdogan appelle à lutter contre "l'influence étrangère" dans les médias

PHOTO/REUTERS - Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul

Dans un décret publié au Journal officiel de la Turquie, le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté tous les organes de l'État à agir de toute urgence pour contrer "l'influence étrangère et la corruption de la culture nationale" et sauvegarder "les valeurs morales et nationales" dans les médias et les productions cinématographiques.  

Toutefois, les critiques du gouvernement turc estiment que cela pourrait avoir pour but de renforcer la censure.  

Le décret autorise également l'imposition de sanctions et de modifications juridiques pertinentes dans le but de prévenir "l'érosion des valeurs morales et nationales et de la structure sociale et familiale par le biais de publications médiatiques ouvertes ou secrètes".  

La circulaire invite également la direction des chaînes à ne pas diffuser de tels contenus. 

Ce décret est formulé en référence aux différents débats concernant l'émission télévisée Mask Singer : Guess Who's Singing, qui est devenue le centre de l'attention ces derniers jours  

Presidente de Turquía, Recep Tayyip Erdogan

Le programme, d'origine sud-coréenne, consiste en diverses performances de célébrités sous de nombreux déguisements et masques qui dissimulent leur identité.

Cependant, divers groupes ultraconservateurs ont critiqué le programme sur les médias sociaux pour avoir encouragé "le satanisme, le paganisme et le chamanisme".  

En outre, le Conseil supérieur de la radiodiffusion turque (RTÜK), sous prétexte que le programme est préjudiciable aux enfants, a ouvert une enquête à son encontre.  

"Il s'agit d'un texte anticonstitutionnel : les droits protégés par la Constitution ne peuvent être restreints par une circulaire présidentielle", déclare Veysel Ok, coprésident de l'Association d'études des médias et du droit (MLSA). 

En respuesta a la detención policial del fotógrafo Bulent Kilic por cubrir el desfile del orgullo prohibido el 26 de junio, los trabajadores de los medios de comunicación se reúnen en protesta por la presión sobre la libertad de expresión y el periodismo en Estambul, Turquía, el 29 de junio de 2021

Toutefois, l'avocat ajoute qu'en l'absence de toute mesure dont la valeur juridique serait légitime, "elle sera prise comme un ordre" par les différents organismes d'État.   

"Nous pouvons donc nous attendre à davantage d'enquêtes contre les chaînes de télévision et les journalistes, voire à la fermeture des médias. Erdogan aurait pu atteindre cet objectif en passant quelques appels téléphoniques, mais il le rend public pour renforcer la polarisation politique et instiller la peur dans la société", a ajouté Veysel Ok.  

Toutefois, la presse d'opposition estime que ces débats font partie de la "guerre culturelle" menée par les islamistes pour motiver leurs électeurs afin de contrer la crise économique qui a diminué le soutien au président turc.   

Un grupo de personas se sitúa detrás de una pancarta en la que se lee en turco "No podemos respirar. El periodismo no puede ser ahogado", durante una concentración frente a las oficinas del gobernador de Ankara el 29 de junio de 2021, exigiendo la protección de los periodistas frente a la policía tras la violenta detención del fotoperiodista turco Bulent Kilic, con sede en Estambul, mientras cubría una marcha del Orgullo el 26 de junio

Il convient également de noter que ce décret intervient après les attaques dont a fait l'objet la chanteuse Sezen Aksu, reine de la pop turque depuis les années 1980, pour avoir qualifié Adam et Eve d'"ignorants" dans l'une de ses chansons. 

Selon la presse locale, les dirigeants de RTÜK ont demandé aux chaînes turques de cesser de diffuser la chanson.  

Le président turc lui-même a menacé d'"arracher la langue" de tous ceux qui "diffament" Adam et Eve, bien qu'il ait précisé par la suite qu'il ne faisait pas référence au chanteur.  

El ministro de Justicia de Turquía, Abdulhamit Gul
Démission du ministre turc de la justice 

Vendredi 28 janvier, Abdulhamit Gul a annoncé qu'il démissionnait de son poste de ministre de la Justice. 

Sa nomination a déjà été publiée au Journal officiel, a indiqué le quotidien turc Daily Sabah. 

"Avec l'approbation de notre honorable président (Recep Tayyip Erdogan), je démissionne de mon poste de ministre de la Justice, un poste que j'occupe depuis le 19 juillet 2017", a-t-il fait connaître sa démission via son compte Twitter, où il a posté le message.

L'ancien ministre turc de la justice, Abdulhamit Gul, sera remplacé par Bekir Bozdag, qui était son prédécesseur et occupait le poste de vice-premier ministre.  

Jusqu'à présent, il était député du parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie.

La lira turca

Le renvoi de Sait Erdal Dinçer à la tête de l'Institut turc de la statistique a également été annoncé.

"Conformément à l'article 38 de la loi sur l'éducation (...) et au décret présidentiel numéro trois, il a été mis fin aux fonctions de Sait en tant que président de l'Institut turc de statistique", selon le journal officiel turc. 

Selon des informations du quotidien SonDakika, l'Institut national turc des statistiques a publié que l'indice des prix à la consommation (IPC) en Turquie a augmenté de 13,5 % en décembre par rapport au mois précédent et de 36 % par rapport au chiffre de décembre 2020. 

Cette cessation fait suite à la controverse déclenchée par la publication par cet organisme de certaines données sur l'inflation, qui étaient éloignées des chiffres publiés par d'autres organismes officiels.

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