Le Fórum Canario Saharaui dénonce de nouvelles violations des droits humains dans les camps de Tindouf

Le Fórum se joint à la dénonciation de l'ASIMCAT concernant le meurtre d'un jeune Sahraoui et alerte sur un schéma systématique et prolongé de violations graves des droits commises par des personnes liées au Front Polisario
Campo de refugiados saharauis de Smara, en Tinduf - REUTERS/BORJA SUÁREZ
Camp de réfugiés sahraouis de Smara, à Tindouf - REUTERS/BORJA SUÁREZ

Le Fórum Canario Saharaui (FCS) exprime sa condamnation la plus énergique et sa profonde préoccupation concernant l'assassinat du jeune Sahraoui Rahmani Ahmed Ould Taoumi dans les camps de Tindouf, situés en territoire algérien. Les faits décrits, initialement dénoncés par l'Association sahraouie contre l'impunité dans les camps de Tindouf (ASIMCAT), constituent un avertissement sérieux sur la détérioration de la situation des droits humains dans ces camps.

Selon les informations recueillies, Rahmani Ahmed Ould Taoumi a été arrêté le 27 décembre dans le camp de Smara par des individus liés au Front Polisario, puis conduit à Rabouni, où se trouve le quartier général de cette organisation. Il y aurait été soumis à des actes d'une extrême violence qui ont mis fin à ses jours. Le corps du jeune homme a ensuite été enterré dans une zone isolée, sans la présence de sa famille ni l'intervention d'une autorité judiciaire ou médico-légale indépendante, ce qui renforce les soupçons d'une opération visant à dissimuler le crime.

Le Fórum Canario Saharaui estime que le silence qui a entouré cette affaire jusqu'à ce que la famille apprenne ce qui s'était passé renforce le sentiment d'un climat de peur, de pression sur les témoins et de manque de transparence. Depuis ce Fórum, nous partageons le rejet de l'ASIMCAT face à l'impact que ce type de pratiques a sur une population réfugiée déjà vulnérable.

De même, le Fórum Canario Saharaui souligne que cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large qu'il documente depuis des années : les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées de civils sahraouis dans les camps de Tindouf, qui touchent particulièrement les jeunes considérés comme critiques ou dissidents. Parmi les autres épisodes récents signalés figurent les assassinats de Fdili Ould Mohamed Ould Elbachir et de Sidahmed Ould Ballali, également attribués à des éléments armés liés au Front Polisario et commis dans un contexte d'absence de garanties et d'impunité.

Fórum Canario Saharaui
Fórum Canario Saharaui

Conformément à l'argumentation de l'ASIMCAT, le Fórum Canario Saharaui rappelle que le Front Polisario, en tant qu'acteur armé non étatique exerçant un contrôle de facto sur les camps, doit répondre des abus commis par ses membres et ses structures affiliées. Dans le même temps, l'Algérie, en tant qu'État hôte et titulaire de la juridiction sur le territoire où se trouvent les camps, a des obligations claires en vertu du droit international et de la protection et de la prévention des violations des droits humains à Tindouf. Il doit donc protéger toutes les personnes relevant de sa juridiction, prévenir les violations graves telles que les exécutions extrajudiciaires et garantir des enquêtes rapides, indépendantes et efficaces en cas d'homicides illégaux. Ce qu'il n'a jamais fait à ce jour.

C'est pourquoi le Fórum Canario Saharaui se joint à l'appel lancé par l'ASIMCAT aux mécanismes des Nations unies chargés des droits de l'homme, en particulier au Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, au Rapporteur spécial sur la torture ; et au Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires — afin qu'ils mènent une enquête internationale, indépendante et impartiale sur le meurtre de Rahmani Ahmed Ould Taoumi, que le corps soit exhumé avec toutes les garanties médico-légales et que les responsabilités soient établies à tous les niveaux de la chaîne de commandement et de dissimulation.

Le Forum insiste pour la énième fois, depuis sa création en 2007, sur le fait que les camps de Tindouf ne peuvent continuer à être un espace d'impunité étranger à la protection effective des droits humains. La justice pour Rahmani Ahmed Ould Taoumi s'inscrit dans une exigence plus large de vérité, de réparation et de garanties de non-répétition pour toutes les victimes sahraouies de violations graves des droits qui se produisent de manière répétée sous l'égide terrifiante et meurtrière du Front Polisario.