Hach Ahmed Bericalla : « La proposition du Maroc est une opportunité pour les Sahraouis »
Le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) s'est imposé comme une troisième voie de dialogue en vue d'obtenir une solution politique pacifique à la question du Sahara occidental.
Atalayar a eu l'occasion de s'entretenir avec Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du MSP, dans les couloirs du bâtiment des Nations unies après avoir participé à la Quatrième Commission sur la décolonisation et le Sahara occidental. Il s'agissait d'une intervention très importante de cette entité, car c'était la première fois qu'elle se présentait devant les Nations unies afin de rechercher une solution politique à la question du Sahara occidental par le biais du dialogue politique.
Le MSP s'est présenté comme la troisième voie axée sur la négociation et la solution politique à la question du Sahara occidental lors de sa première intervention devant les Nations unies.
En effet, c'est la première fois que nous intervenons dans une instance des Nations unies telle que celle qui s'occupe des questions de décolonisation. C'est la première fois depuis la création du Mouvement sahraoui pour la paix il y a cinq ans, un peu plus de cinq ans, et cela a été l'occasion d'exposer ce que nous considérons comme la formule magique pour résoudre ce problème, à savoir la troisième voie, qui se situe à mi-chemin entre les deux positions irréconciliables depuis cinquante ans et qui ont monopolisé le débat aux Nations unies, la position du Front Polisario, défendue par l'Algérie, l'Afrique du Sud et d'autres pays, et la position du Maroc, soutenue par un grand nombre de pays.
Cela fait déjà cinquante ans et nous pensons que le moment est venu de trouver une solution possible, une solution sans vainqueurs ni vaincus, et nous pensons que cela est possible et c'est pourquoi, d'une certaine manière, le Mouvement sahraoui pour la paix s'engage dans cette voie. La guerre est impossible, la solution militaire est impossible, donc ce qui convient, c'est le processus politique, c'est la solution pacifique, et nous pensons que le moment est venu d'ouvrir cette porte, et je pense que le Mouvement sahraoui pour la paix s'est consolidé en cinq ans comme une troisième voie qui propose précisément cette solution de compromis où il n'y a ni vainqueurs ni vaincus, et je pense que c'est finalement celle qui s'imposera, avec ou sans le Mouvement sahraoui pour la paix, avec ou sans le Front Polisario.
Une voie qui, d'une certaine manière, repose sur l'exploitation de la proposition d'autonomie présentée par le Maroc, soutenue par une grande majorité de la communauté internationale. Lors des conférences internationales que vous avez organisées, vous avez déjà soulevé des points concrets à négocier avec le Maroc dans le cadre de cette autonomie, afin qu'elle constitue une issue pour l'avenir du peuple sahraoui.
Oui, en effet, nous avons estimé que la proposition présentée par le Maroc pouvait constituer un point de départ pour la recherche de cette solution. En fait, nous avons formulé une proposition qui correspond en quelque sorte à l'esprit de cette initiative marocaine et nous pensons que c'est la voie à suivre, une solution autonome.
Par conséquent, nous pensons que la proposition marocaine est une opportunité pour les Sahraouis. Nous ne pouvons pas la laisser passer et c'est la raison pour laquelle le Mouvement sahraoui pour la paix s'est empressé de prendre position et de considérer qu'il s'agit d'un point de départ pour la recherche de cette solution. Il est clair que l'indépendance du peuple sahraoui telle que la défendait le Front Polisario est impossible, mais l'intégration pure et simple du territoire du peuple sahraoui au Royaume du Maroc est également impossible. Par conséquent, la solution intermédiaire, la solution de compromis, est précisément celle que nous proposons et je pense que c'est celle qui finira par s'imposer.
La proposition marocaine est sur la table, de nombreux détails doivent encore être clarifiés, c'est pourquoi nous avons pris les devants en présentant une proposition qui correspond globalement à l'esprit de cette initiative et que nous sommes prêts à mettre sur la table des négociations, voire à utiliser dans le cadre du processus politique mené par le médiateur des Nations unies, M. Staffan de Mistura. Dans ce processus de négociation, si M. De Mistura et les Nations unies convoquent une nouvelle table de négociation, le Mouvement sahraoui pour la paix devrait y être représenté, car le Front Polisario n'est pas le seul représentant actuel des Sahraouis. Indépendamment du fait que les représentations uniques et légitimes n'ont jamais existé, elles peuvent en effet être le résultat des urnes et non des armes ; mais bon, ce qui est clair, c'est que nous sommes dans une impasse depuis plus de trente ans, et nous pensons que la seule possibilité de sortir de cette impasse est d'introduire de nouveaux éléments, et je pense que le seul élément présent ici est le Mouvement sahraoui pour la paix et sa proposition en vue d'une solution politique mutuellement acceptable.
Je pense que c'est soit cette voie, soit la stagnation, soit un nouveau revers pour Staffan de Mistura et l'échec de la mission des Nations unies pour le Sahara occidental. Cependant, étant donné que trois pays membres du Conseil de sécurité, à savoir les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, soutiennent le plan d'autonomie du Maroc, et qu'il pourrait y avoir d'autres négociations avec la Chine ou la Russie, il est possible qu'à un moment donné, à la fin du mois, une résolution des Nations unies soit adoptée qui oriente largement la solution à cette situation en mettant l'accent sur la proposition d'autonomie marocaine.
Tout semble indiquer que nous sommes à un stade très décisif et nous pensons que la prochaine résolution du Conseil de sécurité de l'ONU et le débat qui va se dérouler autour de cette question seront très différents.
Je pense que le soutien que le Maroc obtient pour sa proposition est un élément très important à prendre en compte, car aucune résolution ne peut être adoptée sans tenir compte de cet élément. Je pense que les deux parties doivent faire des concessions pour qu'une solution politique acceptable puisse voir le jour et nous pensons que la proposition marocaine d'autonomie, qui bénéficie du soutien de pays importants et influents tels que les États-Unis, la France, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, etc., est un élément de poids qui marquera la prochaine étape de ce processus politique mené par les Nations unies.
Monsieur Hach Ahmed, votre intervention devant la Commission des Nations unies est le point d'orgue d'une série de visites ici aux États-Unis, à Washington, qui, après votre adhésion à l'Internationale socialiste, continuent de légitimer et de façonner le Mouvement sahraoui pour la paix comme une option qui bénéficie également du soutien des Sahraouis et qui a été reconnue au niveau international.
En effet, l'évolution diplomatique du mouvement et sa présence actuelle au niveau international ont été prouvées non seulement par son adhésion à l'Internationale socialiste, mais aussi par le nombre considérable de factions, de gouvernements et de partis politiques avec lesquels nous avons établi des relations. Ils constituent un soutien qui permet au Mouvement sahraoui pour la paix d'occuper une position dont personne ne peut douter de la légitimité ni de la valeur dans le processus politique en cours. En effet, profitant de ce voyage pour participer à la quatrième commission, nous avons eu une semaine d'activités très intenses dans la capitale fédérale, à Washington.
Nous avons rencontré des personnalités importantes du monde législatif américain, des membres du Congrès de toutes les forces politiques, des instituts d'études internationales et d'anciens fonctionnaires du Département d'État. Et je pense que la proposition, les positions et l'approche défendues par le Mouvement sahraoui pour la paix ont été très bien accueillies. Nous sommes donc très optimistes et je pense que, dans les prochains scénarios, il y aura une place pour le Mouvement sahraoui pour la paix.
