Kallas et Bourita confirment que les provinces du Sud font incontestablement partie du partenariat UE-Maroc
Le consensus des 27 est officialisé à Bruxelles, parallèlement à une relance ambitieuse des relations UE-Maroc, avec un soutien explicite à l'initiative de Rabat et un alignement sur la dernière résolution de l'ONU
- Conseil d'association à Bruxelles et cadre des relations bilatérales
- Les accords UE-Maroc incluent intégralement les provinces du sud
- Communiqué conjoint et approche sur le Sahara occidental
- Déclarations de Bourita et Kallas sur le processus de l'ONU
- Quatre domaines clés de coopération entre l'UE et le Maroc
- Chiffres commerciaux et agenda géopolitique abordé
L'Union européenne a franchi une étape décisive dans la consolidation de sa position commune autour du plan d'autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental, récemment soutenu par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 2797.
Ce soutien confirme la réalité marocaine du Sahara et témoigne de la profondeur du partenariat entre l'Union européenne et le Maroc. Tout cela dans le cadre de la 15e session du Conseil d'association qui s'est tenue à Bruxelles, à l'occasion du 30e anniversaire de l'accord d'association entre Rabat et l'Europe.
Le communiqué conjoint publié à l'issue de la 15e réunion du Conseil d'association entre le Maroc et l'UE a également souligné « la contribution positive et visionnaire du Maroc dans le cadre des initiatives de coopération régionale ». Les discussions entre les deux parties ont porté sur les principaux changements dans le voisinage commun, en mettant particulièrement l'accent sur l'Initiative pour les États africains atlantiques.
Conseil d'association à Bruxelles et cadre des relations bilatérales
La présence de Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et figure de proue de la politique étrangère de Rabat, aux côtés de Kaja Kallas, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a permis de souligner la maturité d'une relation fondée sur plus d'un demi-siècle de coopération et de confiance mutuelle.
Et ce scénario n'est pas le fruit du hasard. Le renforcement des relations entre le Maroc et le bloc européen se développe depuis des décennies grâce à la coopération et à la collaboration dans des domaines à forte valeur stratégique pour les deux parties. En effet, M. Bourita et Mme Kallas ont tous deux insisté sur le fait que les objectifs reposent essentiellement sur le progrès commun.
Les accords UE-Maroc incluent intégralement les provinces du sud
Kaja Kallas, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a confirmé que les accords et partenariats conclus entre l'UE et le Maroc s'appliquent intégralement à l'ensemble de son territoire, y compris les provinces du sud, dans le but de bénéficier directement aux populations locales.
Elle a également souligné que la coopération bilatérale, en particulier dans les domaines commercial et économique, se développe de manière inclusive et dans le plein respect du cadre juridique convenu entre les deux parties, consolidant ainsi une relation stratégique fondée sur la confiance mutuelle et le développement partagé.
Pour sa part, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, a souligné que l'inclusion des provinces du Sud dans ces accords reflète une réalité politique, économique et juridique pleinement assumée par les partenaires européens.
Selon le ministre, les accords commerciaux et de coopération qui couvrent ces provinces génèrent un développement économique, une stabilité et des opportunités réelles pour les communautés locales, tout en renforçant l'intégration du Sahara comme élément incontestable des partenariats stratégiques entre le Maroc et l'Union européenne.
Communiqué conjoint et approche sur le Sahara occidental
Dans un communiqué, les deux parties ont réaffirmé leur volonté d'élever le partenariat euro-marocain « à un nouveau niveau d'ambition » et ont souligné que la relation bilatérale est aujourd'hui « ancienne, riche, multidimensionnelle et privilégiée », et qu'elle constitue un pilier central de la stabilité régionale.
Dans le même temps, l'Union européenne a réitéré sa satisfaction quant à la décision prise par le Conseil de sécurité, où les membres de l'UE présents au sein de cet organe — la France, le Danemark et la Slovénie — ont voté en faveur de la résolution 2797.
En outre, le communiqué souligne que l'administration de la région du Sahara doit rester sous le contrôle du Maroc, car c'est la solution la plus sérieuse, la plus crédible et la plus réaliste pour parvenir à un accord politique qui soit juste, durable et qui serve toutes les parties ; et souligne qu'« il faut être réaliste, s'engager et abandonner les positions qui ne mènent nulle part », en référence claire aux prétentions algériennes.
Déclarations de Bourita et Kallas sur le processus de l'ONU
À l'issue de la réunion, Nasser Bourita a déclaré que cette position européenne « confirme la crédibilité internationale de l'initiative marocaine et reconnaît le sérieux d'une approche qui bénéficie aujourd'hui d'un soutien de plus en plus large ». Le ministre a souligné que le consensus européen « renforce non seulement le processus de l'ONU, mais envoie également un message clair sur la nécessité d'avancer vers une solution définitive fondée sur des propositions concrètes ».
Pour sa part, Kaja Kallas a souligné que l'Union européenne « est prête à apporter sa contribution pour faciliter le dialogue entre les parties dans le cadre des Nations unies », réitérant l'engagement de Bruxelles en faveur d'une solution politique conforme à la Charte des Nations unies. Dans des messages diffusés par le Service européen pour l'action extérieure, la haute représentante a insisté sur le fait que la stabilité régionale exige des solutions pragmatiques et durables, conformes aux principes d'un multilatéralisme efficace.
Bruxelles réaffirme ainsi son engagement en faveur d'une solution politique conforme à la Charte des Nations unies. Dans les messages envoyés par le Service européen pour l'action extérieure, la haute représentante a clairement indiqué que, pour assurer la stabilité dans la région, nous devons trouver des solutions pratiques et durables, toujours dans le respect des principes d'un multilatéralisme qui fonctionne réellement. Le soutien au plan d'autonomie, exprimé dans le communiqué commun, s'inscrit dans une perspective plus stratégique.
Quatre domaines clés de coopération entre l'UE et le Maroc
Parallèlement, l'Union européenne et le Maroc ont tenu une réunion sur quatre domaines clés. Premièrement, promouvoir des valeurs communes aux deux parties dans la société. Deuxièmement, réaffirmer la valeur de la croissance économique commune et la manière dont elle favorise les investissements mutuels. Troisièmement, coopérer en matière de développement industriel par la signature d'accords entre des entreprises stratégiques. Et quatrièmement, en matière de sécurité et d'immigration, l'une des tâches les plus importantes pour Rabat et Bruxelles, d'autant plus dans le contexte actuel d'instabilité mondiale. Des questions liées à l'énergie et à la transition vers les nouvelles énergies renouvelables, aux accords sur le climat et à d'autres accords commerciaux ont également été abordées.
Ce dernier point est étayé par des données. Entre 2021 et 2024, le Maroc a enregistré une balance commerciale avec l'Union européenne d'environ 270 millions d'euros par an, se positionnant comme le principal partenaire, non seulement de l'Union elle-même, mais aussi des grandes puissances qui la composent, telles que l'Espagne, la France, l'Allemagne, la Belgique et l'Italie.
Chiffres commerciaux et agenda géopolitique abordé
Dans le cadre de ce bloc, l'Union a souligné le rôle « constructif et visionnaire » du Maroc dans les accords avec l'Europe, en particulier dans le Pacte pour la Méditerranée lancé à Barcelone en novembre 2025.
Le bilan des six années écoulées depuis le Conseil d'association de juin 2019 a été qualifié de « globalement positif », avec des progrès substantiels dans les quatre domaines de coopération définis : convergence des valeurs, convergence économique et cohésion sociale, partage des connaissances et concertation politique avec une coopération renforcée en matière de sécurité.
Enfin, le communiqué a également abordé des questions telles que Gaza, l'Ukraine et la région du Sahel, trois des conflits mondiaux qui touchent le plus le Maroc et l'Union européenne.

