L'Algérie maintient un commerce secret avec Israël tout en se présentant comme le défenseur de la Palestine

L'Algérie est le quatrième pays arabe à exporter vers Israël avec 21,4 millions de dollars, selon les chiffres officiels de l'ONU
Banderas de Argelia e Israel
Drapeaux de l'Algérie et d'Israël
  1. Hypocrisie diplomatique
  2. La disparité avec le Maroc
  3. Nécessité de cohérence

Comme une grande partie du monde arabe, l'Algérie s'est présentée comme un défenseur de la cause palestinienne, affirmant qu'elle n'acceptait aucune relation avec Israël et affichant son rejet dans toutes les assemblées des Nations unies. Cependant, les chiffres du commerce entre Tel-Aviv et Alger augmentent chaque année. Selon les données COMTRADE vérifiées par l'ONU, l'Algérie a vendu l'année dernière à Israël des produits chimiques pour une valeur de plus de 32,3 millions de dollars.

Les données sont là, mais elles contrastent avec la position du gouvernement algérien qui, d'un côté, critique d'autres pays en les accusant de « trahir le peuple palestinien », tandis que de l'autre, il maintient ses relations commerciales avec l'État juif.

Hypocrisie diplomatique

La dualité morale du gouvernement d'Abdelmadjid Tebboune est si évidente que même les citoyens algériens ont pris conscience des demi-vérités qu'il véhicule à l'intention du public et à l'étranger.

Ce double discours est caractéristique de la politique algérienne : il y a une différence entre ce qu'ils disent dans les forums internationaux et ce qu'ils font en secret sur les marchés mondiaux. Face à ses citoyens et à l'opinion publique arabe, l'Algérie qualifie Israël d'« ennemi historique ». Cependant, lorsqu'il s'agit d'affaires, ce sont les intérêts économiques qui comptent vraiment.

Ce n'est pas un cas isolé. L'économie algérienne dépend largement de la vente d'hydrocarbures et de produits chimiques, et le pays n'hésite pas à proposer ses produits là où il y a des acheteurs, même si cela contredit sa position idéologique. En ce qui concerne le classement des pays arabes qui exportent le plus vers Israël, l'Algérie occupe la quatrième place, après les Émirats arabes unis, la Jordanie et l'Égypte.

<p>Vista general de la cumbre árabe de emergencia organizada por Egipto en El Cairo, Egipto, el 4 de marzo de 2025 - PHOTO/ Oficina de Prensa del Presidente de Irak</p>
Vue d'ensemble du sommet arabe d'urgence organisé par l'Égypte au Caire, en Égypte, le 4 mars 2025 - PHOTO/ Bureau de presse du président irakien

La disparité avec le Maroc

De l'autre côté, le Maroc a opté pour une politique claire, ferme et ouverte dans ses relations internationales, créant des liens stratégiques avec Israël qui ont abouti à des investissements, à l'innovation et à une coopération visible. L'Algérie agit en secret, trompant son propre peuple et essayant de tromper la communauté internationale.

La différence est significative : Rabat promeut la transparence et la diplomatie ouverte ; Alger opère dans l'ombre, prisonnière de ses propres contradictions.

Nécessité de cohérence

Le commerce international n'est pas une affaire secrète. Les statistiques de l'ONU montrent que l'Algérie entretient des relations avec Israël, même si son discours officiel est différent. Une question importante se pose : comment un pays peut-il exiger des sanctions, pointer du doigt et se présenter comme le défenseur de la Palestine, tout en commerçant avec l'État qu'il prétend vouloir boycotter ?

C'est cette réalité qui doit être révélée. Car les victimes de ce double jeu ne sont pas seulement les citoyens algériens trompés, mais aussi la cause palestinienne, qui sert d'outil politique pour masquer un manque de cohérence que le monde ne peut ignorer.