L'Algérie pourrait envisager une rupture de ses relations avec les Émirats, selon les médias algériens
L'Algérie traverse une période d'isolement certain qui coïncide avec le large soutien international dont bénéficie son voisin et rival politique, le Maroc, qui entretient des relations plus fluides avec de nombreux pays importants sur la scène internationale.
Cette situation pourrait s'aggraver selon divers rapports publiés par des médias algériens proches du gouvernement, qui ont évoqué la possibilité d'une rupture dramatique des relations diplomatiques entre l'Algérie et les Émirats arabes unis (EAU).
Cette rupture potentielle intervient dans un contexte d'accusations selon lesquelles Abou Dhabi serait impliqué dans des activités « hostiles », notamment le soutien présumé au Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), un groupe séparatiste désigné comme organisation terroriste par les autorités algériennes.
- Rapports et signes d'une possible rupture avec les Émirats arabes unis
- Motifs de friction et antécédents des tensions bilatérales
- Absence de confirmation officielle et rôle des médias
Rapports et signes d'une possible rupture avec les Émirats arabes unis
Les spéculations ont été alimentées par un article récent publié dans El-Khabar, un journal largement considéré comme aligné sur les cercles officiels algériens.
La publication a posé la question sans détour : « L'Algérie va-t-elle rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis ? ». Elle a suggéré que la réponse pourrait être donnée « dans les prochains jours », citant la « profonde insatisfaction » de l'Algérie face à des pratiques décrites comme hostiles et déconnectées de la « fraternité arabe, des relations historiques ou du destin commun ».
Au cœur des accusations se trouve le soutien présumé des Émirats arabes unis au MAK, un mouvement basé à Paris qui milite pour l'autodétermination dans la région à prédominance amazighe (berbère) de la Kabylie en Algérie.
Les responsables algériens considèrent tout engagement extérieur envers le MAK comme une menace directe pour l'unité et la souveraineté nationales, une ligne rouge qui a déjà conduit à la rupture des liens avec d'autres nations, comme le Maroc en 2021.
L'article d'El-Khabar avertissait que la persistance des politiques conspiratrices des Émirats arabes unis pourrait mener les relations bilatérales à un point de non-retour, y compris la possibilité d'une rupture diplomatique définitive. Il mentionnait également des informations selon lesquelles l'ambassadeur des Émirats arabes unis à Alger serait devenu persona non grata et que les entités algériennes auraient, selon certaines informations, cessé toute relation avec lui.
Motifs de friction et antécédents des tensions bilatérales
Les tensions entre Alger et Abou Dhabi ne sont pas nouvelles, mais elles se sont intensifiées ces dernières années.
L'Algérie a accusé les Émirats arabes unis de mener des activités déstabilisatrices dans des pays voisins tels que la Libye, le Mali et le Soudan, souvent en apportant un soutien financier à des factions opposées aux intérêts algériens.
La farouche opposition de l'Algérie aux accords d'Abraham, signés par les Émirats arabes unis en 2020, a été un facteur d'irritation important. Alger considère la normalisation comme une trahison de la cause palestinienne.
L'alliance étroite des Émirats arabes unis avec le Maroc, qui comprend des investissements et un soutien diplomatique sur des questions telles que le Sahara occidental, a encore éloigné l'Algérie, qui soutient le Front Polisario séparatiste.
Le président Abdelmadjid Tebboune a fait allusion à plusieurs reprises à ces griefs sans toujours nommer directement les Émirats arabes unis, affirmant à une occasion que l'Algérie entretenait « d'excellentes relations avec tous les pays frères du Golfe, sauf un ».
Absence de confirmation officielle et rôle des médias
Ni le gouvernement algérien ni celui des Émirats arabes unis n'ont publié de déclaration officielle confirmant ou infirmant les projets de rupture diplomatique.
Les Émirats arabes unis n'ont pas répondu publiquement aux dernières informations. Cependant, le discours des médias pro-gouvernementaux suggère qu'Alger adopte une position ferme contre cette ingérence présumée.
Les analystes soulignent que l'Algérie a déjà eu recours à des fuites dans les médias pour tester la réaction du public ou faire pression sur ses adversaires avant de prendre des mesures officielles.