La tournée de Mohammed bin Salman commence ce lundi

Le prince héritier saoudien se rend en Égypte, en Jordanie et en Turquie pour renforcer les liens

photo_camera PHOTO/FILE - Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman prévoit un voyage dans plusieurs pays

Mohammed bin Salman al-Saud, prince héritier d'Arabie saoudite, entame ce lundi une tournée qui le mènera en Égypte, en Jordanie et en Turquie afin de renforcer les relations avec ces nations. 

Selon les médias saoudiens, la tournée débutera en Égypte, puis le vice-premier ministre saoudien se rendra au Royaume de Jordanie et en Turquie dans le but de renforcer les relations et de parvenir à des accords dans divers domaines et de préparer le prochain sommet de Djeddah, auquel participera également le président des États-Unis, Joe Biden. 

Dans la première étape de sa tournée, Mohammed bin Salman rencontrera Abdel Fattah al-Sisi, président de l'Égypte, qui était déjà à Riyad le 8 mars, démontrant ainsi les bonnes relations entre les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Lors de cette dernière rencontre, les dirigeants arabes ont discuté de divers aspects de la politique et de l'économie internationales et ont rapproché leurs positions, renforçant ainsi la coopération bilatérale entre les deux pays. 

El presidente de Egipto, Abdel Fattah al-Sisi

Ensuite, la deuxième étape conduira le prince héritier saoudien en Jordanie, un mois seulement après les conversations téléphoniques que le dirigeant saoudien a eues avec le roi Abdallah II de Jordanie, au cours desquelles ils ont analysé la situation internationale actuelle.

La troisième étape conduira Mohammed bin Salman en Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan lui-même a déjà confirmé que le prince héritier se rendra en Turquie le 22 juin, comme le rapporte Al-Ain News. 

Il y a un mois et demi, Recep Tayyip Erdogan s'est également rendu à Djeddah, marquant ainsi la première visite du dirigeant turc dans le Royaume depuis 2017. Il y a cinq ans, le président du pays eurasien a pu rencontrer Mohammed bin Salman lui-même et le roi Salman bin Abdulaziz al-Saud. Bien qu'en raison de la santé et de l'âge avancé du monarque saoudien, c'est son fils Mohammed bin Salman qui est chargé de diriger de facto le pays sunnite. 

El viaje de Erdogan a Arabia Saudí inició una nueva etapa en las relaciones entre ambos países después de varios años de tensiones

L'objectif de toutes ces réunions est fondamentalement le même : analyser les perspectives politiques et économiques régionales et mondiales. En outre, Mohammed bin Salman a l'intention de renforcer les liens économiques et de signer des accords sur l'énergie et le commerce, ont déclaré des sources à Reuters.

Ces contacts multilatéraux interviennent avant que le président américain Joe Biden ne se rende en Arabie saoudite à la mi-juillet pour une importante réunion avec les membres des délégations américaine et saoudienne et des responsables des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le roi Abdallah II de Jordanie, le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi et le Premier ministre irakien Mustafa al-Kazhemi, à laquelle le prince héritier saoudien sera également présent. 

Le prochain sommet de Djeddah sera d'une importance capitale compte tenu du fossé politique qui s'est creusé ces derniers mois entre les États-Unis et les pays du Moyen-Orient tels que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ces derniers ont en effet estimé que le président Joe Biden avait récemment détourné son attention des affaires régionales pour se concentrer davantage sur l'Asie, en raison de la lutte pour le leadership mondial qui existe désormais avec la Chine. 

PHOTO/FILE - Desde la llegada al poder de Joe Biden las relaciones entre Estados Unidos y Arabia Saudí se han enfriado

Les nations saoudiennes et émiraties ont notamment critiqué le fait que le géant américain ait cessé de leur fournir un important soutien en armement dans la guerre au Yémen qui oppose la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite aux rebelles houthis, lesquels tentent de saper le gouvernement légitimement établi avec le soutien de la République islamique d'Iran, principal porte-drapeau de la branche chiite de l'islam et grand rival régional du royaume saoudien. 

La situation de M. Biden n'est pas facile car, lors de la campagne électorale qui l'a conduit à la présidence américaine, il a critiqué l'Arabie saoudite pour son non-respect des droits de l'homme, alors que le Royaume a toujours été l'un des principaux alliés du géant américain sur des questions telles que la lutte commune contre l'Iran et le soutien à l'approvisionnement énergétique. Face à la crise actuelle de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Joe Biden, compte tenu du risque pour l'approvisionnement énergétique et de la hausse des prix, a exhorté les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à augmenter la production de pétrole brut afin de faire baisser les coûts, mais il s'est heurté à la réaction négative de plusieurs de ses principaux membres, qui ont soutenu les accords conclus au sein de l'OPEP+, qui englobe les membres de l'organisation plus des alliés extérieurs comme la Russie. Toutefois, un accord a été conclu par la suite pour augmenter la production pour le mois de juillet. 

Coordinateur pour l'Amérique : José Antonio Sierra.

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