L'Égypte et l'Arabie saoudite mettent en place un parapluie politique arabe sur Gaza

Le Caire cherche un cessez-le-feu avec le Hamas et veut accroître la pression sur Israël
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi et le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman - PHOTO/ARCHIVO

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane sont en pourparlers pour mettre en place un parapluie politique arabe visant à limiter les avancées israéliennes dans la bande de Gaza. 

L'Égypte avait déjà pris des mesures en vue d'un éventuel cessez-le-feu en obtenant du Hamas qu'il accepte une proposition prévoyant la création d'un comité de gestion civile et sociale de Gaza, sous l'administration de l'Autorité palestinienne, une fois le conflit armé terminé.

<p>Palestinos protestan para exigir el fin de la guerra, coreando consignas contra Hamás, en Beit Lahiya, en el norte de la Franja de Gaza, el 26 de marzo de 2025 - PHOTO/ REUTERS</p>
Des Palestiniens manifestent pour demander la fin de la guerre, en scandant des slogans contre le Hamas, à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, le 26 mars 2025 - PHOTO/ REUTERS

En mars, Le Caire a annoncé un plan de reconstruction de Gaza en coordination avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, l'Autorité palestinienne, divers pays arabes membres de la Ligue, et sous la supervision de la Banque mondiale et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Cependant, le gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu, a rejeté l'accord conclu avec le Hamas qui prévoyait un cessez-le-feu d'un mois, et a maintenu sa détermination à poursuivre l'occupation militaire de la zone.

Face à cette situation, l'Égypte et l'Arabie saoudite travaillent conjointement à une nouvelle initiative diplomatique, dans le but de former un front politique régional capable de persuader les États-Unis et, dans le même temps, de faire pression sur le gouvernement israélien pour éviter une aggravation du conflit et ses répercussions possibles dans toute la région.

Al-Sissi a réitéré son soutien au plan saoudien présenté lors de la conférence « La solution à deux États », qui prône la coexistence pacifique entre Israël et la Palestine.

<p>El presidente palestino Mahmoud Abbas se reúne con el presidente egipcio Abdel Fattah al-Sisi, durante la cumbre árabe de emergencia organizada por Egipto esta semana, en El Cairo, Egipto, el 4 de marzo de 2025 - PHOTO/ Oficina del presidente palestino</p>
Le président palestinien Mahmoud Abbas rencontre le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, lors du sommet arabe d'urgence organisé par l'Égypte cette semaine, au Caire (Égypte), le 4 mars 2025 - PHOTO/ Bureau du président palestinien

Selon le site officiel du gouvernement égyptien, « les dirigeants ont également souligné la nécessité de garantir l'accès fluide de l'aide humanitaire à la population de Gaza, la libération des otages et des prisonniers, ainsi que le rejet de toute tentative de déplacer les Palestiniens de leurs terres ou d'imposer une occupation militaire israélienne dans la bande de Gaza ».

Des sources diplomatiques ont indiqué que plusieurs capitales arabes partagent les mêmes inquiétudes face à l'avancée militaire israélienne, qui touche non seulement la Palestine, mais aussi des territoires syriens et libanais, qui ont fait l'objet d'incursions ces derniers mois. Ces nations craignent que le projet du « Grand Israël » au Moyen-Orient ne soit en train de se concrétiser.

En septembre, une nouvelle session de l'Assemblée générale des Nations unies (ONU) se tiendra, au cours de laquelle plusieurs pays arabes tenteront d'accroître la pression internationale sur Israël et d'obtenir une plus grande reconnaissance de l'État palestinien. Parmi les pays qui pourraient se joindre à cette reconnaissance figurent la France, le Royaume-Uni, l'Espagne et le Canada, entre autres.

<p>La prisionera palestina liberada Nidaa Zaghebi es recibida por sus hijas, después de su liberación de una cárcel israelí como parte de un intercambio de rehenes por prisioneros y un acuerdo de alto el fuego en Gaza entre Hamás e Israel, en Jenin, en Cisjordania ocupada por Israel, el 20 de enero de 2025 - REUTERS/ RANEEN SAWAFTA</p>
La prisonnière palestinienne libérée Nidaa Zaghebi est accueillie par ses filles, après sa libération d'une prison israélienne dans le cadre d'un échange d'otages contre des prisonniers et d'un accord de cessez-le-feu à Gaza entre le Hamas et Israël, à Jénine, en Cisjordanie occupée par Israël, le 20 janvier 2025 - REUTERS/ RANEEN SAWAFTA

L'expert en affaires israéliennes Ahmed Fouad Anwar a affirmé que l'une des priorités du gouvernement Netanyahu est de freiner le plan de reconstruction de Gaza et d'entraver les initiatives diplomatiques convenues par l'Égypte et la Ligue arabe en mars.

Enfin, le porte-parole du gouvernement égyptien, Mohamed Al-Shennawy, a indiqué que la récente réunion entre Al-Sissi et Bin Salman dans la ville saoudienne de Neom reflète également l'intérêt mutuel des deux pays à renforcer leurs liens historiques, à travers de nouveaux accords de coopération dans des secteurs tels que la technologie, l'industrie et l'énergie.