Le Caire a été en contact tant avec le gouvernement israélien qu'avec les différentes factions palestiniennes

L'Égypte s'érige en médiateur dans le conflit israélo-palestinien

photo_camera AP/VASILY FEDOSENKO - Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi

Israël et le Hamas consolident la trêve déclarée le 21 mai, après 11 jours d'affrontements intenses. L'Égypte s'est une nouvelle fois imposée comme médiateur dans cette crise, en maintenant des contacts avec les deux parties. Enfin, et après l'arrivée tant attendue du cessez-le-feu, le pays africain a invité Israël et le Hamas à une table de négociation pour tenir des pourparlers afin de consolider la cessation des hostilités.

Ces discussions se sont déroulées de manière indirecte ces derniers jours, mais des sources officielles égyptiennes ont souligné qu'elles espéraient que ces réunions serviraient à établir "une trêve à long terme, permettant de nouvelles discussions et éventuellement des pourparlers directs". La première rencontre a eu lieu au Caire entre le ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi et son homologue égyptien Sameh Shoukry.

Atalayar_Gabi Ashkenazi

L'un des principaux points de discussion était la libération des soldats et citoyens israéliens détenus par le Hamas. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans la même ligne que son ministre des Affaires étrangères, a conditionné les négociations de cessez-le-feu au retour des dépouilles des soldats israéliens, ainsi que de deux civils. Par ailleurs, lors de sa rencontre à Jérusalem avec le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel, Netanyahou a souligné la nécessité d'empêcher le Hamas de se renforcer ou de détourner des ressources destinées à la population civile.

Le même jour, M. Kamel a rencontré le président de l'Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, à Ramallah et, selon Reuters, a remis un message du président égyptien Al-Sisi affirmant le soutien du Caire aux Palestiniens et à M. Abbas. De même, le chef de l'Autorité palestinienne aurait accepté, lors de cette rencontre, de participer à une série de réunions dans le pays égyptien avec les différents leaders des factions palestiniennes pour reprendre les tentatives de réconciliation. La délégation égyptienne s'est également rendue dans la bande de Gaza, où M. Kamel a rencontré plusieurs responsables du Hamas.

Atalayar_ministro egipcio

Après la réunion, le numéro deux du Mouvement de la résistance, Jalil al Haya, a souligné que le groupe ne conditionnera pas la reconstruction de Gaza à un éventuel accord d'échange de prisonniers, comme l'exige Israël. Il a également abordé la situation à Gaza, à Jérusalem ou dans des quartiers comme Sheikh Jarrah. "Nous avons discuté de plusieurs questions, la plus importante étant la nécessité de forcer Israël à mettre fin à son agression à Gaza, à Jérusalem, à Sheikh Jarrah et dans toute la Palestine", a déclaré al-Haya. Il a déclaré que le pays hébreu devait lever entièrement le blocus qu'il a imposé à Gaza lorsque le Hamas a pris le pouvoir sur les forces palestiniennes rivales en 2007 après avoir remporté les élections de 2006.

Pour sa part, le chef du Hamas à Gaza, Yehya Al-Sinwar, a annoncé qu'"il existe une réelle possibilité de progresser" dans la résolution de la question des prisonniers, tout en ajoutant que le Hamas exigeait que ces négociations se déroulent parallèlement aux pourparlers de cessez-le-feu. Au cours de cette réunion, le chef des services de renseignement égyptiens devait annoncer que le Caire envisageait de financer un projet de logement dans l'enclave. L'Égypte a promis 500 millions de dollars pour financer la reconstruction des zones dévastées de Gaza, mais on ignore qui et comment ces fonds seront gérés.

Atalayar_Jefe de Hamás

Les efforts diplomatiques de l'Égypte depuis le début de l'escalade de la violence entre le Hamas et Israël ont été titanesques. Le pays d'Afrique du Nord s'est incontestablement imposé comme le principal médiateur, au-delà même des États-Unis. L'exécutif de Joe Biden s'est impliqué dans le conflit une fois que "la sécurité d'Israël a été compromise". En tant qu'allié loyal du pays hébreu dans la région, les États-Unis ont entamé des contacts bilatéraux avec Israël pour tenter d'arrêter l'escalade de la violence. Une fois que M. Netanyahu a déclaré le cessez-le-feu, le secrétaire d'État américain s'est rendu dans l'État juif pour rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Une fois la cessation des hostilités consolidée, les États-Unis ont à nouveau disparu dans leur gestion du Moyen-Orient et l'Égypte a joué le rôle principal de médiateur, établissant des contacts avec les dirigeants des différentes factions palestiniennes ainsi qu'avec le gouvernement israélien. Un autre succès majeur de la délégation égyptienne est la présence du chef du Hamas, Ismail Haniyeh, au Caire pour des entretiens, ont confirmé de hauts responsables de la sécurité égyptienne à l'agence de presse AFP. On ne sait rien ou presque de cette réunion, qui pourrait être décisive pour établir les clauses de cet accord de cessez-le-feu, et une nouvelle opportunité de réconciliation entre les différentes factions palestiniennes.

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