L'intelligence artificielle et la robotique seront au cœur des exercices militaires African Lion au Maroc
Le Maroc et les États-Unis sont deux alliés solides dans divers domaines, notamment militaire. Le royaume marocain joue un rôle très important dans les célèbres exercices militaires African Lion, les plus importants du continent africain, organisés par le Commandement militaire des États-Unis en Afrique (AFRICOM).
Du 20 avril au 8 mai, le Maroc accueillera la 22e édition des exercices militaires African Lion, et les États-Unis ont annoncé que les exercices de cette année intégreront, pour la première fois, l'intelligence artificielle, la robotique et les technologies de guerre de nouvelle génération directement dans les opérations sur le terrain.
Les exercices disposeront d'un centre dynamique d'innovation et d'expérimentation, décrit comme un laboratoire en plein air intégré aux manœuvres, qui permettra aux troupes et aux commandants de tester des systèmes d'IA, des armes autonomes et des technologies numériques avancées dans des conditions opérationnelles réalistes, depuis les soldats de première ligne jusqu'aux centres de commandement, en évaluant la prise de décision, la transmission de données et la coordination entre les unités dans des scénarios en temps quasi réel.
L'armée américaine a souligné que cette approche marque un changement, passant de démonstrations purement théoriques à l'intégration pratique de capacités de pointe dans le cadre d'opérations multinationales conjointes.
Les entreprises technologiques travailleront en collaboration avec les planificateurs militaires afin de garantir que les nouveaux systèmes répondent aux exigences opérationnelles, réduisant ainsi le fossé entre l'innovation et le déploiement pratique.
Selon les analystes, le choix du Maroc comme lieu de ces essais revêt une profonde signification stratégique et reflète la confiance de Washington dans la stabilité politique du royaume, ses forces armées disciplinées et ses capacités en matière de renseignement.
Les Forces armées royales marocaines ont confirmé que les exercices se dérouleront à Agadir, Tan-Tan, Taroudant, Kénitra et Benguerir, dans le but d'améliorer l'interopérabilité entre les pays participants, de renforcer la préparation opérationnelle et de tester les capacités conjointes. Plus de 40 000 soldats ont participé aux éditions précédentes, ce qui fait d'African Lion l'un des plus grands exercices militaires annuels en Afrique.
L'édition 2026 vise également à accélérer la transition des technologies émergentes des essais expérimentaux à l'utilisation opérationnelle, reflétant le rôle croissant de la maîtrise de l'information, de la prise de décision assistée par l'IA et de la coordination rapide entre les unités sur le champ de bataille et les centres de commandement dans la guerre moderne.
Cela s'inscrit dans un contexte d'approfondissement de la coopération militaire entre les États-Unis et le Maroc. En octobre, le ministre délégué à la Défense du Maroc, Abdellatif Loudiyi, a rencontré les dirigeants de l'AFRICOM à Rabat pour discuter de la préparation opérationnelle conjointe, du développement industriel de la défense et des programmes de renforcement des capacités. Les exercices s'appuient sur l'accord de coopération décennal en matière de défense conclu entre les États-Unis et le Maroc en 2020, qui a renforcé les liens grâce à des exercices conjoints, l'acquisition d'armes et l'échange de renseignements.
Les observateurs militaires soulignent qu'African Lion 2026 est plus qu'un simple exercice d'entraînement. Il s'agit d'une démonstration stratégique de la fiabilité et du rôle central du Maroc dans la sécurité régionale, tout en témoignant de l'engagement de Washington à maintenir son influence en Afrique face à la présence croissante de la Russie et de la Chine.
En intégrant le Maroc dans des opérations militaires de nouvelle génération, les États-Unis renforcent la confiance avec un partenaire clé et projettent leurs capacités avancées dans une région d'importance stratégique croissante. Les enseignements tirés de ces exercices devraient définir le déploiement de l'intelligence artificielle, de la robotique et des technologies autonomes dans les opérations multinationales à l'échelle mondiale.
