L'ONU tire la sonnette d'alarme sur la situation dans les camps de Tindouf et exhorte les parties à mettre fin au conflit du Sahara occidental

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, alerte dans son rapport annuel sur la crise humanitaire des personnes retenues à Tindouf, exhortant les parties concernées à progresser vers une solution définitive

PHOTO/MARK GARTEN/ONU - El secretario general de las Naciones Unidas, António Guterres
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres - PHOTO/MARK GARTEN/ONU
  1. Crise humanitaire à Tindouf
  2. Progresser vers un accord

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a présenté son rapport annuel à l'Assemblée générale, conformément à la résolution 79/98, dans lequel il examine et évalue l'évolution du conflit régional au Sahara occidental.

Le rapport analyse le processus politique mené par les Nations unies pour trouver une solution politique unanime ; les événements sur le terrain ; les activités de la Mission des Nations unies pour le Sahara occidental (MINURSO) ; la situation humanitaire et les droits de l'homme dans les camps de Tindouf, ainsi que les efforts de lutte contre les mines et les restes de guerre dans la région.

Dans ce contexte, M. Guterres a exprimé sa profonde préoccupation face à la poursuite des tensions et des affrontements de faible intensité entre le Maroc et le Front Polisario. Une situation que le secrétaire général de l'ONU juge inadmissible : M. Guterres a mis en garde contre le danger que représente la prolongation du conflit, qui dure depuis près de cinquante ans.

El enviado de la ONU para el Sáhara Occidental, Staffan de Mistura, se reúne con oficiales del Frente Polisario mientras visita el campamento de refugiados de Smara en Tinduf, Argelia, 15 de enero de 2022 - REUTERS/ RAMZI BOUDINA
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, rencontre des responsables du Front Polisario lors de sa visite au camp de réfugiés de Smara à Tindouf, en Algérie, le 15 janvier 2022 - PHOTO/REUTERS/ RAMZI BOUDINA

Crise humanitaire à Tindouf

Le rapport du secrétaire général des Nations unies a mis en évidence la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, soulignant les souffrances continues des réfugiés en raison du manque de financement et de l'absence de mesures de confiance qui sont au point mort depuis des années.

Cette situation, qui résulte de l'interruption des mesures de confiance prévues dans les résolutions précédentes du Conseil de sécurité, est l'un des points sur lesquels le rapport insiste particulièrement, car elle aggrave non seulement les conditions de vie dans les camps, mais entrave également les contacts familiaux.

Selon le document de l'ONU, des affrontements continus ont été signalés sur le terrain près de la zone de Mahbas et des tirs de projectiles et de roquettes près de la ville d'Es-Smara, ainsi que des attaques aériennes présumées derrière le mur de défense qui ont causé la mort de 11 personnes originaires de Mauritanie, du Mali et du Soudan.

M. Guterres a indiqué que, malgré une relative amélioration de la circulation à l'est du mur de défense, plusieurs défis persistent pour les opérations d'approvisionnement et de soutien logistique de la MINURSO.

À cet égard, le rapport a souligné la nécessité d'un financement estimé à 103,9 millions de dollars pour 2025, précisant que « la diminution du financement touche l'ensemble de la population, en particulier les enfants et les femmes qui souffrent de malnutrition à des degrés divers, du manque d'éducation primaire et de programmes de soutien aux jeunes ».

La nouveauté du rapport réside dans le fait que la mission des donateurs, qui s'est rendue dans les camps en mai dernier, a compté pour la première fois sur la participation du secteur privé, dans le but de diversifier les sources de financement.

Toutefois, M. Guterres a souligné que les mesures de confiance n'ont pas encore été reprises, conformément à la résolution 1282 du Conseil de sécurité de 1999 et à ses résolutions ultérieures, ce qui rend difficile le regroupement familial entre les réfugiés et leurs communautés d'origine dans la région.

Progresser vers un accord

Pour le secrétaire général de l'ONU, la situation actuelle exhorte toutes les parties à intensifier leurs efforts pour éviter une escalade et progresser vers un accord définitif afin de résoudre le conflit du Sahara occidental, affirmant que la communauté internationale doit soutenir ce processus, qui vise à mettre fin à un conflit prolongé qui continue de générer instabilité et souffrances dans la région.

À l'occasion du 50e anniversaire du conflit, M. Guterres a réaffirmé l'urgence de parvenir à une solution politique, saluant l'engagement et le dévouement de Staffan de Mistura et du chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, qui opèrent dans des conditions difficiles.

Le rapport annuel sur la situation au Sahara présenté à l'Assemblée générale constitue un document de référence dont le contenu enrichira les débats diplomatiques au sein de la Quatrième Commission, où se croisent les positions des parties au conflit et des États membres.

Il s'agit également d'une étape importante pour la compilation et l'évaluation des développements politiques intervenus dans le dossier du Sahara avant l'ouverture de la 80e session, en septembre prochain.

El secretario general António Guterres (en pantalla) informa a la 54ª sesión plenaria de la Asamblea General sobre la labor de la organización y sus prioridades para 2024 - ONU/Eskinder Debebe
Le secrétaire général António Guterres (à l'écran) rend compte à la 54e session plénière de l'Assemblée générale du travail de l'organisation et de ses priorités pour 2024 - PHOTO/ONU/Eskinder Debebe

Dans son examen et sa réévaluation de ces développements politiques, le rapport explique que l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Staffan De Mistura, avait intensifié ses contacts et ses communications avec les parties concernées, notamment le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie, la Mauritanie, ainsi que les membres du Conseil de sécurité et le Groupe des amis du Sahara, au cours des années 2024 et 2025.

Selon les informations contenues dans le rapport, M. De Mistura s'est rendu à Rabat, à Nouakchott, dans les camps de Tindouf et à Alger, et a tenu des réunions avec de hauts responsables à Bruxelles, Berlin, Paris, Rome, Ljubljana, Londres et Washington.

À l'issue de ses consultations, M. De Mistura a présenté deux rapports au Conseil de sécurité, en octobre 2024 et avril 2025, qui ont reçu un large soutien des États membres du Conseil international.

Le secrétaire général de l'ONU a conclu son rapport en soulignant qu'« il est plus urgent que jamais de parvenir à une solution politique, en appelant à redoubler d'efforts pour faire avancer les actions et accélérer les initiatives afin de résoudre définitivement ce conflit ».