Souverainetés Connectées : Vers une Nouvelle Architecture Géopolitique

Cet article présente une réflexion stratégique développée au sein de l’Institut Géopolitique Horizons (IGH) depuis septembre 2024 : la doctrine des Souverainetés Connectées. 
Horizons Institute
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  1. Introduction
  2. Fondements empiriques de la doctrine
  3. Les Cinq Piliers de la Doctrine des Souverainetés Connectées
  4. I. Fondements empiriques : des pratiques diplomatiques à la théorisation
  5. II. Architecture conceptuelle : les cinq piliers
  6. III. Positionnement dans l’écosystème doctrinal contemporain
  7. IV. Applications et scénarios prospectifs
  8. V. Implications pour la recherche
  9. VI. Perspectives

Élaborée à partir d’une analyse approfondie des géostratégies mises en pratique par Sa Majesté le Roi Mohammed VI depuis le début de Son règne — notamment la Doctrine d’Abidjan et la Doctrine d’Équilibre de Mogador — cette approche articule cinq piliers fondamentaux : souveraineté adaptative, connectivité souveraine, résilience multi-niveaux, coopération sélective et préservation de l’identité stratégique.

La doctrine propose un cadre conceptuel pour penser l’exercice de la souveraineté étatique dans un contexte d’interdépendance structurelle croissante. L’article examine les fondements théoriques de cette doctrine, la situe dans l’écosystème doctrinal contemporain et explore ses implications pour la recherche et l’action politique.

Article précédemment publié sur le site web de l'Institut Géopolitique Horizons

Introduction

L’exercice de la souveraineté étatique connaît depuis le tournant du XXIe siècle des mutations profondes liées à l’accélération de l’interdépendance globale, à la diffusion des technologies numériques et à la recomposition multipolaire du système international. Les doctrines classiques de souveraineté westphalienne, fondées sur le contrôle territorial absolu et l’autonomie décisionnelle exclusive, se heurtent désormais à des réalités géopolitiques caractérisées par des flux transnationaux intenses, des infrastructures critiques interconnectées et des menaces hybrides diffuses.

Dans ce contexte, plusieurs États et ensembles régionaux développent des stratégies visant à préserver leur autonomie stratégique tout en reconnaissant l’impossibilité d’un isolement complet. L’Union européenne évoque une « autonomie stratégique ouverte », la France théorise la « souveraineté numérique », les États-Unis structurent une « integrated deterrence » multi-domaines, tandis que la Chine affirme une « cyber sovereignty » stricte.

La présente contribution s’inscrit dans ce débat en proposant un cadre conceptuel intégré : la doctrine des Souverainetés Connectées. Développée au sein de l’IGH à partir d’une analyse des mutations géopolitiques contemporaines et nourrie par des échanges avec consultants de terrain et sources primaires, cette approche trouve ses fondements empiriques dans l’observation et la conceptualisation de pratiques diplomatiques et stratégiques concrètes.

Fondements empiriques de la doctrine

Plus spécifiquement, la doctrine des Souverainetés Connectées s’est élaborée à partir d’une analyse approfondie des géostratégies mises en œuvre par Sa Majesté le Roi Mohammed VI depuis le début de Son règne en 1999. Deux doctrines en particulier ont servi de matrice conceptuelle : la Doctrine d’Abidjan, qui articule diplomatie royale, partenariats économiques Sud-Sud et intégration continentale africaine, et la Doctrine d’Équilibre de Mogador, qui théorise une posture d’équilibre stratégique entre les grandes puissances tout en préservant l’autonomie décisionnelle nationale.

Ces deux doctrines, formalisées par l’IGH à partir de l’observation des pratiques diplomatiques marocaines, ont révélé des principes stratégiques transposables à une échelle plus large. La doctrine des Souverainetés Connectées représente ainsi une montée en généralité conceptuelle, visant à offrir un cadre théorique applicable à d’autres contextes géopolitiques tout en conservant la profondeur analytique issue de l’étude de cas marocain.

Les Cinq Piliers de la Doctrine des Souverainetés Connectées

Souveraineté Adaptative

Capacité à moduler l’exercice de la souveraineté selon les domaines, menaces et cycles technologiques, sans renoncer à l’autonomie décisionnelle.

Connectivité Souveraine                                        

Maîtrise volontaire et sécurisée des réseaux d’interconnexion, transformant l’interdépendance en instrument de puissance.

Résilience Multi-niveaux

Architecture intégrée de capacités d’absorption, d’adaptation et de reconstruction face aux chocs systémiques, du local au transnational.

Copération Sélective

Stratégie de partenariats différenciés et modulables, privilégiant coalitions ad hoc et minilatéralisme thématique, avec réversibilité contractuelle.

Préservation de l’Identité Stratégique

Protection et valorisation des valeurs, du modèle institutionnel et du narratif national, articulant identité culturelle et gouvernance techno-industrielle.

Fondements empiriques : Cette doctrine a été élaborée à partir de l’analyse approfondie des géostratégies mises en œuvre par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, notamment la Doctrine d’Abidjan (connectivité africaine) et la Doctrine d’Équilibre de Mogador (autonomie dans la multipolarité).

I. Fondements empiriques : des pratiques diplomatiques à la théorisation

1.1 La Doctrine d’Abidjan : connectivité africaine et souveraineté partagée

La Doctrine d’Abidjan, conceptualisée par l’IGH à partir de l’analyse de la diplomatie marocaine en Afrique subsaharienne, repose sur plusieurs principes structurants :

  • Multilatéralisme africain actif : Participation intensive aux instances continentales (Union africaine, CEDEAO, CEMAC) tout en préservant les marges de manœuvre nationales.
  • Partenariats économiques gagnant-gagnant : Investissements structurants dans les infrastructures (banque, télécommunications, énergie) créant des interdépendances mutuelles choisies.
  • Diplomatie royale de proximité : Missions royales régulières établissant des relations bilatérales solides en parallèle des cadres multilatéraux.
  • Coopération Sud-Sud authentique : Transferts de savoir-faire, formations, partenariats universitaires et religieux créant des liens durables.

Principe fondateur : connectivité souveraine

Ces principes révèlent une approche où la souveraineté ne se conçoit pas en opposition à l’interconnexion, mais se renforce par la maîtrise stratégique des réseaux d’interdépendance. Cette observation empirique constitue le fondement du pilier de connectivité souveraine dans la doctrine des Souverainetés Connectées.

1.2 La Doctrine d’Équilibre de Mogador : autonomie dans la multipolarité

La Doctrine d’Équilibre de Mogador, également formalisée par l’IGH, analyse la posture stratégique marocaine vis-à-vis des grandes puissances :

  • Non-alignement stratégique : Refus d’alignement exclusif sur un pôle de puissance malgré les pressions géopolitiques.
  • Partenariats différenciés : Relations privilégiées avec les États-Unis (statut d’allié majeur non-OTAN), l’Union européenne (statut avancé), la Chine (partenariat stratégique), la Russie (coopération sélective), le Golfe (alliances historiques).
  • Diplomatie modulable : Capacité d’activer ou de tempérer certains partenariats selon les contextes et les enjeux.
  • Préservation de l’identité nationale : Maintien d’une politique étrangère cohérente avec les constantes nationales (intégrité territoriale, positionnement africain, identité islamique modérée).

Principes fondateurs : coopération sélective et souveraineté adaptative

Cette doctrine révèle les principes de coopération sélective et de souveraineté adaptative, deux piliers centraux de la doctrine des Souverainetés Connectées.

1.3 De l’étude de cas à la généralisation conceptuelle

L’observation méthodique des pratiques diplomatiques marocaines sur plus de vingt-cinq ans de règne a permis d’identifier des invariants stratégiques transposables. La doctrine des Souverainetés Connectées ne constitue donc pas une construction théorique abstraite, mais une conceptualisation de pratiques éprouvées, élevées au rang de cadre analytique général.

Cette démarche méthodologique — partir du cas particulier pour élaborer un cadre universel — s’inscrit dans une tradition de recherche en relations internationales où l’analyse approfondie de stratégies nationales singulières permet d’élaborer des catégories conceptuelles généralisables.

II. Architecture conceptuelle : les cinq piliers

2.1 Souveraineté adaptative

La souveraineté adaptative désigne la capacité d’un État à moduler l’exercice de sa souveraineté en fonction des domaines, des menaces et des cycles technologiques, sans renoncer au principe fondamental d’autonomie décisionnelle.

Cette notion se distingue de la souveraineté westphalienne classique par son caractère dynamique et fonctionnel plutôt que statique et territorial. Elle s’inspire partiellement des travaux sur la « graduated sovereignty » (Ong, 2006) tout en les réorientant vers une problématique de sécurité nationale et de résilience stratégique.

Fondement empirique

L’observation de la diplomatie marocaine révèle une capacité d’ajustement continu : ouverture économique dans certains secteurs, protectionnisme stratégique dans d’autres, activation ou tempérisation de partenariats selon les contextes. Cette flexibilité institutionnelle constitue le cœur de la souveraineté adaptative.

Implications opérationnelles :

  • Flexibilité réglementaire face aux innovations technologiques (IA, quantique, biotechnologies)
  • Calibrage différencié de l’ouverture économique selon les secteurs stratégiques
  • Mécanismes institutionnels d’ajustement rapide face aux chocs exogènes

2.2 Connectivité souveraine

La connectivité souveraine constitue l’innovation conceptuelle centrale de cette doctrine. Elle désigne la maîtrise volontaire et sécurisée des réseaux d’interconnexion (numériques, énergétiques, logistiques, financiers) permettant de transformer l’interdépendance en instrument de puissance plutôt qu’en pure vulnérabilité.

Cette approche se différencie des conceptions traditionnelles de souveraineté numérique (focalisées sur le contrôle territorial des données) en faisant de l’interopérabilité gouvernée un vecteur de puissance plutôt qu’un risque à minimiser.

Fondement empirique

La Doctrine d’Abidjan révèle comment des investissements stratégiques dans les infrastructures critiques africaines (banque, télécommunications, ports, énergie) créent des interdépendances choisies qui renforcent l’influence sans créer de dépendance asymétrique. Cette observation fonde le concept de connectivité souveraine.

Implications opérationnelles :

  • Contrôle des infrastructures critiques (câbles sous-marins, hubs de données, corridors énergétiques)
  • Définition de standards d’interopérabilité nationaux ou régionaux
  • Clauses de réversibilité et d’auditabilité dans les partenariats stratégiques
  • Diversification géographique et technologique des dépendances

2.3 Résilience multi-niveaux

La résilience multi-niveaux articule des capacités d’absorption, d’adaptation et de reconstruction face aux chocs systémiques, déployées simultanément aux échelles locale, nationale, régionale et transnationale.

Cette conception s’inspire des travaux récents sur la « systemic resilience » (Banque mondiale, 2021 ; OCDE, 2024) tout en proposant une architecture plus intégrée reliant dimensions cyber, physique, financière et informationnelle.

Fondement empirique

La capacité du Maroc à maintenir sa stabilité institutionnelle et économique malgré les chocs régionaux (printemps arabes, crises sahéliennes, pandémie COVID-19) révèle l’existence de mécanismes de résilience coordonnés à plusieurs échelles. Cette observation nourrit le pilier de résilience multi-niveaux.

Implications opérationnelles :

  • Redondances stratégiques coordonnées (stockages, capacités industrielles, réseaux alternatifs)
  • Plans de continuité articulant acteurs publics et privés
  • Exercices de simulation de crises complexes intégrant plusieurs vecteurs de menace

2.4 Coopération sélective

La coopération sélective désigne une stratégie de partenariats différenciés et modulables, calibrés par domaines et par valeurs, privilégiant les coalitions ad hoc sur les alignements de blocs, avec mécanismes de réversibilité contractuelle.

Cette approche s’inscrit dans la lignée du « variable geometry » pratiqué par certaines organisations régionales, tout en la systématisant comme principe doctrinal plutôt que comme simple pragmatisme diplomatique.

Fondement empirique

La Doctrine d’Équilibre de Mogador révèle une capacité à maintenir simultanément des partenariats stratégiques avec des puissances aux intérêts parfois contradictoires (États-Unis, Chine, Russie, UE), tout en préservant l’autonomie décisionnelle. Cette pratique fonde le concept de coopération sélective.

Implications opérationnelles :

  • Minilatéralisme thématique (une coalition pour le climat, une autre pour les semi-conducteurs)
  • Clauses de sortie négociées dans les accords stratégiques
  • Évaluation continue du rapport bénéfices/risques des coopérations

2.5 Préservation de l’identité stratégique

La préservation de l’identité stratégique vise la protection et la valorisation des valeurs fondamentales, du modèle institutionnel, du narratif national et des savoirs stratégiques face aux pressions d’intégration normative et aux opérations d’influence.

Cette dimension relie identité culturelle et gouvernance techno-industrielle, dépassant les approches classiques de « soft power » (Nye, 2004) pour articuler dimension narrative et souveraineté technique.

Fondement empirique

La diplomatie marocaine sous Mohammed VI révèle une cohérence stratégique remarquable autour de constantes nationales (monarchie constitutionnelle, islam modéré, ancrage africain et méditerranéen, défense de l’intégrité territoriale) qui structurent l’ensemble des partenariats internationaux. Cette observation fonde le pilier d’identité stratégique.

Implications opérationnelles :

  • Contre-ingérence cognitive et souveraineté narrative
  • Protection des secrets industriels et militaires stratégiques
  • Articulation entre standards techniques et valeurs institutionnelles

III. Positionnement dans l’écosystème doctrinal contemporain

3.1 Doctrines de souveraineté économique et numérique

Plusieurs doctrines récentes abordent la question de la souveraineté dans des domaines spécifiques :

L’autonomie stratégique ouverte promue par l’Union européenne vise à réduire les dépendances critiques tout en maintenant l’ouverture commerciale. La doctrine des Souverainetés Connectées partage cet objectif mais propose une articulation plus systématique entre autonomie et connectivité, en faisant de cette dernière un instrument actif plutôt qu’une contrainte à gérer.

La souveraineté numérique théorisée notamment en France (CESE, 2019 ; CERNA, 2018) et en Inde met l’accent sur la maîtrise des données et des infrastructures technologiques. L’approche IGH prolonge cette réflexion en intégrant les dimensions de résilience multi-niveaux, de coopération sélective et d’identité stratégique, dépassant ainsi une approche purement sectorielle.

La cyber sovereignty chinoise affirme un contrôle strict des flux numériques sur le territoire national. La doctrine des Souverainetés Connectées s’en distingue en refusant l’autarcie et en privilégiant une connectivité sécurisée sur la déconnexion.

3.2 Doctrines militaires et de sécurité

L’integrated deterrence américaine et les approches multi-domaines de l’OTAN intègrent des dimensions cyber, spatiales et informationnelles dans les stratégies de défense. La doctrine IGH converge sur l’importance de la transversalité mais ajoute les dimensions de coopération sélective réversible et d’identité stratégique, moins développées dans les cadres militaires classiques.

Les doctrines de résilience nationale totale pratiquées dans les pays nordiques et à Singapour partagent l’ambition de résilience systémique. L’approche IGH s’en distingue par l’articulation explicite entre résilience et connectivité souveraine, ainsi que par la méthodologie de coopération sélective.

3.3 Originalité de la synthèse proposée

La particularité de la doctrine des Souverainetés Connectées réside dans l’intégration systémique de dimensions habituellement traitées séparément. Trois éléments méritent attention :

L’inversion du paradigme sur l’interdépendance

Au lieu de concevoir l’interdépendance comme une menace nécessitant réduction ou déconnexion, la doctrine propose d’en faire un instrument de puissance par la gouvernance des interconnexions. Cette inversion conceptuelle constitue une contribution notable au débat stratégique.

La méthodologie de coopération sélective réversible

L’introduction de clauses de réversibilité, d’auditabilité et de portabilité dans les partenariats stratégiques transforme la coopération en levier modulable. Cette dimension procédurale dépasse les approches de « friend-shoring » ou de « de-risking » actuellement débattues.

L’articulation identité-technique

Le lien établi entre préservation de l’identité stratégique et gouvernance des standards techniques (et pas seulement culture ou diplomatie publique) constitue une contribution originale à la réflexion sur la souveraineté à l’ère numérique.

IV. Applications et scénarios prospectifs

4.1 Pertinence pour les puissances moyennes

La doctrine apparaît particulièrement pertinente pour les États de puissance moyenne (France, Inde, Brésil, Indonésie, Turquie, etc.) confrontés à la nécessité de naviguer entre pôles de puissance sans alignement exclusif. Elle offre un cadre conceptuel pour construire des coalitions ad hoc selon les intérêts sectoriels tout en préservant l’identité stratégique.

4.2 Application au contexte africain

Dans le contexte africain, caractérisé par des dépendances multiples et une compétition accrue pour l’influence, la doctrine suggère la construction de réseaux interconnectés de souveraineté régionale. Ces réseaux combineraient corridors énergétiques sécurisés, hubs de données régionaux et coalitions minilatérales thématiques (sécurité maritime, R&D technologique).

L’expérience marocaine en Afrique subsaharienne, telle que conceptualisée dans la Doctrine d’Abidjan, offre des enseignements précieux pour d’autres États africains cherchant à renforcer leur influence continentale tout en préservant leur autonomie stratégique.

4.3 Ensembles régionaux et intégration

Pour les organisations régionales (UE, ASEAN, Union africaine, etc.), la doctrine offre un cadre pour articuler souveraineté nationale et intégration régionale, en définissant les frontières entre coopération approfondie et préservation d’autonomie, tout en structurant une résilience collective sans dilution identitaire.

V. Implications pour la recherche

5.1 Agenda de recherche empirique

La formalisation de cette doctrine ouvre plusieurs chantiers de recherche :

Opérationnalisation et mesure : Construction d’indicateurs mesurables de souveraineté adaptative, connectivité souveraine et résilience multi-niveaux. Développement de métriques comparatives entre États.

Études de cas comparatives : Application de la doctrine à différents contextes géopolitiques pour tester sa pertinence explicative et prescriptive. Analyse comparée des stratégies turque, indienne, brésilienne à l’aune de ce cadre conceptuel.

Modélisation prospective : Simulation de scénarios de crises sous hypothèse d’application de la doctrine pour évaluer sa robustesse.

Approfondissement des fondements empiriques : Études historiques détaillées de la Doctrine d’Abidjan et de la Doctrine d’Équilibre de Mogador pour raffiner le cadre conceptuel.

5.2 Dialogue avec les traditions théoriques

Cette doctrine dialogue avec plusieurs traditions de recherche en relations internationales :

  • Le réalisme structurel (Waltz, Mearsheimer) sur l’importance de l’autonomie stratégique
  • Le néo-institutionnalisme (Keohane, Nye) sur les formes de coopération dans l’interdépendance
  • Les théories critiques (Cox, Sassen) sur la transformation de la souveraineté
  • Les strategic studies contemporaines sur la guerre hybride et cognitive

Elle ne prétend pas trancher les débats théoriques mais propose un cadre analytique mobilisable pour l’action stratégique.

VI. Perspectives

La doctrine des Souverainetés Connectées, développée au sein de l’Institut Géopolitique Horizons à partir de l’analyse approfondie des géostratégies mises en œuvre par Sa Majesté le Roi Mohammed VI — notamment la Doctrine d’Abidjan et la Doctrine d’Équilibre de Mogador — représente une contribution à la réflexion stratégique sur l’exercice de la souveraineté dans un monde caractérisé par une interdépendance croissante et une multipolarité accélérée.

En articulant souveraineté adaptative, connectivité souveraine, résilience multi-niveaux, coopération sélective et préservation de l’identité stratégique, elle propose un cadre conceptuel intégré pour penser les transformations contemporaines de la puissance étatique.

Cette première formalisation académique sera approfondie dans un livre blanc à paraître, qui détaillera les applications sectorielles, les méthodologies d’évaluation et les scénarios prospectifs. L’IGH souhaite contribuer par ce travail au dialogue académique et stratégique international sur les mutations de la souveraineté au XXIesiècle.