Travailler pour l'ONU au Yémen n'a jamais été aussi risqué qu'en 2025
Arrestations arbitraires, accusations d'espionnage et environnement de plus en plus hostile pour les organisations internationales dans ce pays arabe
- Plus d'une décennie d'instabilité
- Les arrestations par les Houthis atteignent leur apogée en 2025
- De l'attentat à l'enlèvement
- Impact direct sur l'aide humanitaire
- Un avenir incertain pour l'aide au Yémen
La crise humanitaire au Yémen est, après celle du Soudan, l'une des plus graves que connaît le monde et qui, en 2025, a atteint son point critique.
Avec les milices houthis, de nature pro-iranienne, contrôlant de vastes zones du pays, les détentions et arrestations d'employés des missions des Nations unies et d'autres organisations non gouvernementales se sont intensifiées comme jamais auparavant dans ce pays arabe.
Cette augmentation constitue une double menace pour la société yéménite, car elle soulève la possibilité que les Nations unies cessent d'envoyer de l'aide humanitaire. Dans un pays où plus de la moitié de la population dépend de l'aide humanitaire pour survivre, la cessation des opérations de l'ONU pourrait être une décision qui finirait par aggraver la crise à des niveaux extrêmes.
Plus d'une décennie d'instabilité
Depuis 2014, le pays est plongé dans une situation de conflit complexe, dans laquelle les Houthis affrontent un gouvernement soutenu par la communauté internationale, avec la participation de divers acteurs tant au niveau régional que mondial.
Au milieu de cette crise, les organisations humanitaires ont tenté de rester neutres, en se concentrant exclusivement sur le soulagement des souffrances de la population civile.
Cependant, les arrestations de membres de l'ONU suscitent des incertitudes quant à cette neutralité face aux autorités houthistes, qui semblent utiliser ces arrestations comme un moyen de pression politique et comme un message à l'intention de la communauté internationale.
Les arrestations par les Houthis atteignent leur apogée en 2025
Selon les données des Nations unies, 2025 est l'année qui a connu le plus grand nombre d'arrestations de personnel humanitaire au Yémen depuis le début du conflit.
Au moins 69 employés de l'ONU ont été arrêtés par les milices houthistes, dont plus de 70 rien que cette année, parmi lesquels 38 travailleurs du Programme alimentaire mondial (PAM), ce qui représente une menace directe pour la continuité de l'aide humanitaire et affecte des millions de civils qui en dépendent pour survivre.
De l'attentat à l'enlèvement
Depuis le début de l'année, les plaintes pour enlèvements de personnel de l'ONU, sans mandat ni motif apparent, ont été systématiques. Des sources des Nations unies ont signalé à plusieurs reprises que le personnel détenu n'avait pas accès à une assistance juridique. Ce fait a été porté devant la Cour pénale internationale.
Au cours de la dernière décennie, les arrestations n'étaient pas une pratique courante, mais l'appauvrissement de la population et l'augmentation des tensions provoquées par les attaques houthistes dans la mer Rouge ont fait des arrestations et des détentions l'acte de vandalisme par excellence du groupe terroriste.
Selon leurs canaux Telegram officiels, les détentions sont dues aux accusations portées par l'organisation contre le personnel de l'ONU et des ONG de collaborer avec des puissances étrangères dans le but de déstabiliser davantage la société yéménite.
Cependant, selon l'ONU elle-même, ces accusations sont sans fondement car elles ont rarement été étayées par des preuves. Mais les enlèvements n'entraînent pas seulement la disparition des victimes, des cas ont également été signalés où celles-ci sont contraintes de effectuer des travaux forcés jusqu'à ce qu'elles soient éliminées.
« La sécurité est minimale et le sentiment de protection inexistant », souligne l'ONU en référence aux propos de travailleurs yéménites dont des membres de la famille ont été enlevés à leur domicile. Le climat d'insécurité ne cesse de s'aggraver.
Impact direct sur l'aide humanitaire
L'augmentation des enlèvements constitue une grave menace pour les Yéménites. L'absence de garanties et l'insécurité subie par plusieurs agences des Nations unies ont entraîné des coupes dans les budgets alloués à ces opérations, voire leur suspension dans les régions où les Houthis ont le contrôle total.
Par conséquent, la pénurie alimentaire, les maladies et l'accès à l'eau potable deviendront encore plus compliqués pour les habitants de cette région. L'interruption de ces ressources pourrait entraîner de graves problèmes, en particulier dans les communautés qui souffrent déjà de malnutrition, d'épidémies et d'un effondrement quasi total des services essentiels.
Un avenir incertain pour l'aide au Yémen
La poursuite de l'aide humanitaire au Yémen est cruciale pour rétablir les conditions de base de sécurité et de confiance. Si les arrestations se poursuivent, il existe un risque considérable que le Yémen s'isole davantage, ce qui entraînerait une diminution significative du soutien international à un moment critique.
Pour de nombreux Yéménites, ce problème n'est pas politique, mais une nécessité vitale pour survivre. La capture d'un travailleur humanitaire a un impact non seulement sur un individu, mais aussi sur des communautés entières qui dépendent de son travail.
