Sahara marocain : avant la session du Conseil de sécurité...

Amal Jbour en la ONU
Amal Jbour à l'ONU
Un changement diplomatique et de nouveaux mouvements internationaux

À l'approche de la réunion du Conseil de sécurité prévue le 30 octobre 2025, le dossier marocain du Sahara semble être à l'aube d'une nouvelle étape, avec un changement tangible dans l'équilibre des positions internationales et régionales en faveur du Maroc, notamment après la consolidation de la proposition d'autonomie comme seule référence pour la négociation.

Cette fois-ci, les États-Unis mènent le jeu en présentant un projet de résolution qui appelle à des négociations directes entre les parties sans conditions préalables, considérant la proposition d'autonomie du Maroc de 2007 comme une base réaliste et sérieuse pour un accord.

Washington propose de réduire la durée de la mission MINURSO à seulement trois mois, dans le but d'accélérer une solution politique et de ne pas laisser le dossier en suspens pendant de longues périodes, conformément au soutien continu des États-Unis au Maroc depuis que l'administration Trump a reconnu sa souveraineté sur le Sahara en 2020.

D'autre part, l'Algérie considère que le projet américain est biaisé en faveur du Maroc,notamment dans ses éloges de la proposition d'autonomie et de la réduction du mandat de la MINURSO.

Il semble que sa position initiale pencherait vers l'abstention ou une réserve claire, conformément à son soutien traditionnel au Front Polisario. Ce même front a récemment présenté une proposition visant à partager ce qu'il appelle un « projet de loi de paix » avec le Maroc, sans renoncer à la revendication d'autodétermination, dans un mouvement destiné à gagner du temps et à faire face à la pression internationale.

La Russie a choisi une voie équilibrée, puisqu'elle a manifesté un soutien conditionnel à l'initiative d'autonomie marocaine dans le cadre de l'ONU, ce qui représente un passage d'une neutralité négative à une neutralité positive, tandis que Moscou devrait s'abstenir sans recourir au veto afin d'éviter toute tension avec les parties.

Au niveau européen, malgré le soutien de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Espagne à l'initiative d'autonomie et le vote prochain de Paris et Londres en faveur du Maroc, l'influence européenne a décliné face à la forte présence des États-Unis, qui sont devenus l'acteur le plus important dans la direction du cours des négociations au sein du Conseil de sécurité.

Quant à la Chine, bien qu'elle insiste pour ne pas soutenir les mouvements séparatistes, elle devrait adopter une position neutre afin de préserver ses intérêts économiques et ses relations équilibrées avec le Maroc et l'Algérie.

D'autre part, la plupart des autres pays continuent de soutenir la position du Maroc comme étant la plus réaliste et la plus stable.

Au milieu de ces transformations, Washington, par l'intermédiaire de son envoyé David Whitkoff, a annoncé une initiative visant à apaiser les tensions entre l'Algérie et le Maroc et à créer un climat régional propice à une solution politique loin de toute escalade.

Avec l'augmentation du nombre de pays soutenant l'initiative d'autonomie, qui a dépassé les 120 pays, la position marocaine se renforce au sein des couloirs des Nations unies, tandis que les positions des autres parties varient entre la prudence et la réserve ; Washington fait pression pour une solution pratique, l'Algérie est réservée, la Russie et la Chine ont tendance à s'éloigner de la confrontation, et l'Europe a inversé son rôle au second plan.

Au final, le Maroc semble gérer le dossier avec plus d'assurance à l'approche de la phase post-vote, ce qui pourrait ouvrir la voie à une résolution régionale tant attendue et donner un nouvel élan à un processus politique qui stagne depuis des décennies.