La sécurité européenne débattue à Copenhague dans le cadre de l'Union européenne et de la Communauté politique européenne
La présidence danoise œuvrera en faveur d'une Union européenne qui doit assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité face à un contexte international caractérisé par l'incertitude, la multiplication des conflits et la concurrence mondiale.
À cet égard, l'Union européenne doit défendre avec détermination l'ordre juridique international fondé sur des règles et son autonomie stratégique. Cette présidence aura pour objectif de renforcer la capacité d'action dans ce domaine, outre les priorités en matière de politique économique, de stabilité économique et de cohésion sociale.
Le 1er octobre, un sommet informel du Conseil européen s'est tenu à Copenhague, où il a été question de renforcer les capacités de défense communautaires : davantage de surveillance sur le flanc est de l'Europe, développement d'un système anti-drones pour détecter rapidement, intercepter et neutraliser ces menaces (ce qu'on appelle le mur européen anti-drones), ainsi que l'établissement d'une feuille de route pour le réarmement. La principale menace à laquelle l'Union est actuellement confrontée, à savoir une Russie de plus en plus provocatrice, a été discutée. L'importance de créer un esprit européen dans le domaine de la défense, la nécessité d'organiser des réunions plus fréquentes sur ces questions entre les ministres européens et le fait que la défense ait un poids plus important lors des sommets ont donc été abordés. Le soutien à l'Ukraine, son cheminement vers l'adhésion et le financement nécessaire font l'objet d'un consensus entre les différents États. De même, un nouveau train de sanctions à l'encontre de la Russie est en cours de négociation, portant sur les revenus provenant des banques, les cryptomonnaies, la flotte clandestine et le pétrole.
De même, le 2 octobre, la VIIe réunion de la Communauté politique européenne, qui est une plateforme de dialogue politique et un forum de coordination réunissant les chefs d'État et de gouvernement européens pour traiter des questions de sécurité, d'énergie, de migration et de connectivité, s'est tenue dans la capitale danoise. La première réunion s'est tenue à Prague en octobre 2022, la deuxième à Bulboaca (Moldavie), la troisième le 5 octobre 2023 à Grenade, la quatrième au palais de Blenheim (Royaume-Uni), la cinquième le 7 novembre à la Puskas Arena de Budapest (Hongrie) et la sixième le 2 octobre à Copenhague. Y participent les 27 États membres de l'Union européenne, le Royaume-Uni, l'Islande, la Norvège, Andorre, Saint-Marin, le Liechtenstein, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie, la Turquie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et l'Arménie, ainsi que des délégations de l'Union européenne, du Conseil de l'Europe, de l'OTAN et de l'OSCE. Les prochaines réunions de la Communauté politique européenne auront lieu en Arménie et en Irlande.
Les thèmes abordés à Copenhague peuvent se résumer à un débat et à une analyse de la situation sécuritaire sur notre continent, tant en ce qui concerne les menaces traditionnelles qu'hybrides, ainsi que les défis liés à la sécurité économique et aux migrations.
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, est intervenu lors d'une table ronde sur le thème « Sécurité et résilience : menaces traditionnelles et nouvelles ». Au cours de celle-ci, les défis actuels croissants ont été constatés, à savoir : la désinformation (comme l'ingérence russe dans les élections législatives moldaves du 28 septembre dernier), l'urgence climatique (où l'importance de renforcer les mécanismes européens d'urgence et de rétablissement a été abordée).
Le président français, Emmanuel Macron, a défendu une position plus agressive à l'égard de la Russie, partagée par plusieurs dirigeants européens, en réponse aux différents actes de sabotage, cyberattaques, incidents avec des drones et au non-respect des sanctions contre la Russie à la suite de son agression contre l'Ukraine. Le président français a également qualifié la flotte fantôme russe d'objectif légitime pour réduire les capacités de la Fédération de Russie.
D'autre part, le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu une pression économique accrue sur la Russie en approuvant davantage de sanctions dans le domaine de l'énergie et contre la flotte fantôme.
La Première ministre danoise et hôte de la conférence, Mette Frederiksen, a défendu le renforcement de l'Europe commune et a déclaré que la Russie ne mettrait pas fin à son agression contre l'Ukraine ni à sa guerre hybride contre l'Europe tant qu'elle n'y serait pas contrainte.
Le président français et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, ont tous deux défendu l'idée d'abattre les drones dans l'espace aérien européen. De même, le Premier ministre Tusk a fait valoir que l'avantage de la Russie sur l'Europe réside dans sa mentalité, mais il a rappelé que la Communauté politique européenne dispose d'un pouvoir économique et d'une population plus importants.
Enfin, le président ukrainien Volodomir Zelenski a appelé à une action commune pour garantir la sécurité de manière réelle et mettre fin aux liens avec la Russie, par exemple en coupant les importations d'énergie russe, exerçant ainsi une pression sur des pays comme la Hongrie et la Slovaquie. Il convient également de souligner la participation du Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, qui a exprimé son intention de resserrer les liens avec l'Union européenne.
En conclusion, tant les réunions tenues lors du Conseil européen informel de l'UE que la Conférence de la Communauté politique européenne ont abordé et discuté des questions fondamentales pour la sécurité européenne. Bien que cette dernière ne soit pas une organisation formelle mais un forum de discussion et de concertation, elle pourrait être le germe d'une future organisation appelée à perdurer dans une nouvelle architecture de sécurité européenne qui émergera après la fin de la guerre en Ukraine, car il s'agit d'une plateforme qui permet à l'Union européenne d'exercer un leadership en coopération et en coordination avec d'autres pays qui ne sont pas encore membres, tels que les pays candidats à l'adhésion comme les Balkans occidentaux, l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, ainsi que d'autres États comme l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et d'autres pays importants comme le Royaume-Uni, la Norvège, l'Islande et la Suisse. Ce n'est qu'ensemble que nous sommes plus forts.
Carlos Uriarte Sánchez
Président de Paneuropa Espagne, vice-président de la Société européenne Coudenhove-Kalergi et professeur de droit
