Le triomphe de la diplomatie multilatérale : de Charm el-Cheikh au Sahara

El presidente de Estados Unidos, Donald Trump, habla durante una cumbre de líderes mundiales sobre el fin de la guerra de Gaza, en Sharm el-Sheikh, Egipto, el 13 de octubre de 2025 - PHOTO/ Yoan Valat vía REUTERS
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'un sommet des dirigeants mondiaux sur la fin de la guerre de Gaza, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025 - PHOTO/ Yoan Valat via REUTERS
Le triomphe de la diplomatie multilatérale à Charm el-Cheikh ouvre la porte à une paix historique entre Israël et le monde arabe et offre l'espoir d'une résolution du conflit du Sahara occidental par le dialogue et le consensus

Dans un monde souvent assourdi par le bruit des armes et l'écho des discours haineux, la nouvelle d'un accord de paix qui parvient à faire taire « la guerre la plus atroce et la plus indécente dont se souvienne l'humanité » n'est pas seulement un soulagement : c'est un phare de lucidité dans la pénombre.

Le récent accord conclu à Charm el-Cheikh constitue sans aucun doute un triomphe de la diplomatie. Mais sa valeur transcende l'immédiat : il s'agit d'une revendication urgente du multilatéralisme comme forme de diplomatie la plus utile et la plus efficace, le seul instrument capable d'harmoniser des intérêts divergents et d'offrir des solutions durables dans un monde interdépendant.

Ce jalon démontre, contre toute attente fataliste, que même dans les scénarios les plus empoisonnés par la rancœur, la négociation et la volonté politique peuvent l'emporter sur la logique autodestructrice de la confrontation.

En posant la première pierre pour résoudre l'un des conflits les plus complexes et les plus longs de notre époque, non seulement on progresse dans la coexistence entre Israël et les nations arabes, mais on porte un coup décisif à la soi-disant « théorie du choc des civilisations ».

Pendant des décennies, ce récit a hypnotisé la moitié du monde avec l'idée d'un destin inévitable, justifiant l'inaction et alimentant la peur de l'autre. Le cas palestinien-israélien confirme une vérité dérangeante pour les apôtres du conflit perpétuel : aucun conflit n'est insoluble lorsqu'il existe une volonté sincère de dialogue.

<p>Sede del Consejo de Seguridad de la ONU  - REUTERS/ JEENAH MOON</p>
Siège du Conseil de sécurité de l'ONU - REUTERS/ JEENAH MOON

La leçon de Charm el-Cheikh éclaire d'autres drames apparemment figés dans le temps. Le principe est applicable — malgré les différences historiques et culturelles — à tout autre conflit qui semble éternel. Il s'applique également, et de manière urgente, au Sahara occidental : une plaie ouverte qui, depuis un demi-siècle, perturbe la stabilité du nord-ouest africain.

La communauté internationale a aujourd'hui une occasion cruciale. Fin octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira pour délibérer sur le renouvellement du mandat de la MINURSO et de la mission de l'envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura. Les astres semblent s'aligner pour favoriser des décisions concrètes qui ouvrent enfin la voie à une solution politique mutuellement acceptable.

Ce sera l'occasion de vérifier, une fois de plus, l'utilité réelle de la diplomatie multilatérale, non pas comme une tribune pour les discours, mais comme un mécanisme capable de générer des consensus, de contenir les tensions et de transformer les aspirations de paix en engagements vérifiables.

Cependant, comme l'a cruellement démontré la tragédie de Gaza, le chemin vers la paix est un champ de mines qui exige de laisser derrière soi les radicalismes.

Tant l'indépendantisme intransigeant que le nationalisme d'État exclusif sont des fardeaux qui peuvent anéantir tout espoir de progrès. Ce n'est qu'en désamorçant les extrêmes que les « planètes » nécessaires à un accord mettant fin à des décennies de souffrances, d'exil et de division pourront s'aligner, en particulier pour le peuple sahraoui, grand perdant de ce statu quo prolongé.

Intervención de Hach Ahmed Bericalla primer secretario del Movimiento Saharauis por la Paz (MSP) durante la Cuarta Comisión de la Organización de las Naciones Unidas - PHOTO/ATALAYAR
Intervention de Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP) lors de la Quatrième Commission des Nations Unies - PHOTO/ATALAYAR

Dans ce contexte, l'émergence de voix qui prônent la voie pacifique et le dialogue politique revêt une importance monumentale. La récente participation, pour la première fois, du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) aux débats de la Quatrième Commission de l'ONU véhicule un message puissant. Elle représente la maturité d'une partie croissante de la société sahraouie : un nouveau courant d'opinion et de leadership qui s'éloigne du radicalisme stérile pour embrasser le réalisme politique et le bon sens.

C'est sur ces fondations que doivent se construire la coexistence, le bien-être et la prospérité partagée.

L'exemple de Charm el-Cheikh n'offre pas seulement une lueur d'espoir pour le Moyen-Orient, il envoie un message universel et intemporel : les conflits les plus enracinés peuvent être résolus lorsque l'humanité choisit, avec courage et conviction, la voie de la parole plutôt que celle des armes.

Aujourd'hui plus que jamais, dans un monde fracturé, le dialogue et la diplomatie multilatérale, tels que pratiqués par l'administration du président Trump, s'imposent non pas comme une option idéaliste, mais comme les outils les plus pragmatiques et les plus puissants pour construire un avenir plus juste et plus pacifique.

La leçon est servie. Il ne nous reste plus qu'à avoir la sagesse — et le courage — de l'appliquer.

Hach Ahmed Bericalla. Premier secrétaire du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP)