Sahara occidental : De Mistura face au défi de promouvoir l'ouverture et l'audace dans le processus politique

<p>Staffan de Mistura - REUTERS/ DENIS BALIBOUSE
Staffan de Mistura - REUTERS/ DENIS BALIBOUSE 
À l'approche de la date de renouvellement du mandat de la MINURSO à la fin du mois d'octobre, l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, se trouve à un moment crucial dans le déroulement de sa mission
  1. Médiation au point mort après trois ans d'efforts
  2. Appels au calme et gestion limitée de la crise
  3. Nécessité d'une approche plus inclusive de l'ONU
  4. L'émergence du Mouvement sahraoui pour la paix
  5. Dernière chance de rectifier le tir et d'élargir les consultations

Médiation au point mort après trois ans d'efforts

Après trois ans d'efforts continus, sa médiation reste au point mort, en l'absence d'une vision novatrice ou de mesures concrètes pour relancer le processus politique, paralysé depuis des années.

<p>Pescador tratando la mercancía en las instalaciones del puerto pesquero de Dajla, Marruecos - ATALAYAR/ GUILLERMO LÓPEZ </p>
Pêcheur traitant sa marchandise dans les installations du port de pêche de Dakhla, Maroc - ATALAYAR/ GUILLERMO LÓPEZ

Appels au calme et gestion limitée de la crise

Malgré ses appels au calme et ses avertissements sur les risques d'escalade, M. De Mistura n'a pas encore réussi à dépasser les limites de la « gestion de crise » pour passer à la « construction d'une solution ». Ses rencontres et consultations continuent de tourner autour des mêmes parties et des mêmes approches traditionnelles qui se sont révélées limitées, tandis que l'approche de l'ONU ignore les profondes transformations que connaît actuellement le paysage sahraoui.

Nécessité d'une approche plus inclusive de l'ONU

Aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire que l'envoyé de l'ONU adopte une approche plus ouverte et inclusive, fondée sur la participation de toutes les composantes sahraouies sans exception, plutôt que de se limiter aux parties spécifiques qui ont monopolisé la représentation pendant des décennies. Le Sahara occidental n'est pas un bloc unique, mais une mosaïque d'opinions et de visions politiques qui devraient trouver leur place à la table des négociations.

<p>Construcción de una planta desalinizadora en Dajla, en el Sáhara Occidental administrado por Marruecos - PHOTO/ ARCHIVO </p>
Construction d'une usine de dessalement à Dakhla, dans le Sahara occidental administré par le Maroc - PHOTO/ ARCHIVES

L'émergence du Mouvement sahraoui pour la paix

Dans ce contexte, le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) est apparu comme une nouvelle voix qui exprime une tendance croissante au sein de la société sahraouie, prônant une solution politique réaliste et pragmatique qui mette fin aux souffrances de la population et rejette l'option militaire, qui n'a apporté aucun bénéfice. Depuis sa création, le mouvement présente des idées pratiques qui pourraient contribuer à sortir de l'impasse actuelle et à raviver l'espoir d'une solution juste et équilibrée.

Puerta de Dajla - PHOTO/ATALAYAR 
Porte de Dakhla - PHOTO/ATALAYAR

Dernière chance de rectifier le tir et d'élargir les consultations

Le peu de temps qui reste avant la présentation du rapport de l'envoyé et le renouvellement de son mandat constitue une dernière chance pour M. De Mistura de rectifier le tir et d'élargir le cercle des consultations, afin que sa médiation ne se transforme pas en une simple gestion formelle d'un conflit chronique. Son succès ne se mesurera finalement pas au nombre de visites ou de déclarations, mais à sa capacité à rassembler toutes les voix sahraouies autour d'un projet de paix réaliste qui mettra fin au plus long conflit du continent africain.