XIIIe RHN : quand la coopération intégrale démantèle les préjugés conflictuels
- Le contexte diplomatique international : la résolution 2797
- La consolidation d'un partenariat moderne et transversal
- La réalité économique : un volume d'échanges sans précédent
- Les quatorze accords : une substance tangible
- La réponse aux critiques : discours tendancieux et motivations fallacieuses
- Le revirement du Parti populaire : une opposition anormale
- Une relation d'avenir
Loin des spéculations tendancieuses et des discours alarmistes que certains secteurs politiques et médiatiques ont délibérément et intéressés construits après le coup dur que leur a porté la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), ce sommet démontre que les deux pays avancent avec une stratégie claire vers un partenariat de coproduction qui profite mutuellement aux citoyens espagnols et marocains, ainsi qu'à la stabilité de toute la région euro-méditerranéenne.
Ce qui s'est passé lors de cette RHN n'est en aucun cas un « secret prémédité », comme la presse à sensation nationale a une fois de plus tenté de le faire croire. Il ne s'agit pas non plus d'une « capitulation » espagnole face aux pressions marocaines. Il s'agit simplement de la reconnaissance mutuelle d'une réalité fondamentale : la proximité géographique, historique et culturelle entre l'Espagne et le Maroc doit inévitablement se traduire par des opportunités concrètes de développement économique, de sécurité partagée et de paix régionale durable. La signature de quatorze accords internationaux en matière de coopération fiscale, judiciaire, agricole, énergétique, éducative et sécuritaire n'est pas le résultat de capitulations, mais de négociations symétriques où les deux parties ont fait valoir leurs intérêts et leurs besoins respectifs.
Le contexte diplomatique international : la résolution 2797
Il est essentiel de rappeler que cette XIIIe RHN se tient dans un contexte international en pleine mutation. La résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025 avec le soutien de puissances telles que les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni, établit comme base de négociation pour résoudre le différend du Sahara occidental la proposition d'autonomie présentée par le Maroc. Ce soutien sans précédent n'est pas un hasard diplomatique et ne reflète aucune pression sur l'Espagne, mais la reconnaissance internationale que la proposition marocaine représente la voie la plus viable, la plus sérieuse et la plus réaliste pour parvenir à une solution juste et durable du conflit. Cela se produira une fois que les parties l'auront acceptée, se seront assises à la table des négociations et auront élaboré le contenu de cette proposition afin qu'elle se concrétise sous la forme d'une sorte de statut d'autonomie qui, au passage, discréditera la « fallacie des trois pages » avec laquelle le journalisme à sensation « influenceur » mentionnée ci-dessus tente depuis longtemps d'embrouiller l'opinion publique peu familiarisée avec les détails de ce différend, en confondant un texte préliminaire plus succinct (la proposition) qui n'est que la base initiale d'un texte plus consolidé (l'autonomie définitive), lorsque celui-ci sera doté d'un contenu après négociation.
Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a été catégorique à ce sujet lors du sommet : « Personne n'a jamais dit que l'autodétermination était synonyme de référendum ». Cette affirmation, apparemment simple, recèle une vérité juridique et politique fondamentale que les détracteurs cherchent délibérément à occulter. L'autodétermination peut s'exercer de multiples façons, et la solution d'une large autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine, dont la proposition est désormais soutenue par l'ONU, est une forme d'autodétermination légitime qui a été adoptée avec succès dans d'autres conflits régionaux.
Dans sa déclaration officielle lors du sommet, l'Espagne a déclaré « se féliciter de l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies » et soutenir pleinement « les efforts du secrétaire général et de son envoyé personnel pour faciliter et mener des négociations sur la base de la proposition d'autonomie du Maroc ». Il ne s'agit pas d'une concession forcée, mais d'une décision stratégique fondée sur une analyse rigoureuse selon laquelle cette solution offre de meilleures garanties de stabilité que la perpétuation d'un conflit enraciné depuis un demi-siècle. Elle consolide également la nouvelle position adoptée par le gouvernement espagnol en 2022.
La consolidation d'un partenariat moderne et transversal
Ce qui s'est joué à Madrid n'est pas une relation de soumission, mais la maturité stratégique de deux États qui reconnaissent leur interdépendance dans un monde de plus en plus fragmenté. L'Espagne a une fois de plus souligné la profondeur des réformes entreprises par le Maroc sous la direction du roi Mohammed VI. Le nouveau modèle de développement, la régionalisation avancée, la stratégie nationale pour le développement durable et les nouveaux projets sociaux ne sont pas des vitrines rhétoriques, mais des transformations réelles qui positionnent le Maroc comme un facteur de stabilité exceptionnel dans la région.
Le Maroc, pour sa part, reconnaît le rayonnement international de l'Espagne au niveau régional et international, ainsi que son rôle décisif au sein de l'Union européenne dans le renforcement des relations euro-méditerranéennes. Les deux pays ont réaffirmé leur « volonté d'élargir encore les horizons de leur relation bilatérale solide et fructueuse, en l'adaptant aux défis mondiaux actuels ».
Cette déclaration commune, avec ses 119 points de collaboration, n'est pas lettre morte. Il s'agit d'une feuille de route spécifique dans des domaines aussi importants que l'éducation, la culture, le sport, la recherche scientifique, l'intelligence artificielle, la cybersécurité, l'environnement, la lutte contre le changement climatique, l'énergie propre, la transition énergétique, les infrastructures et la sécurité.
La réalité économique : un volume d'échanges sans précédent
Les détracteurs qui invoquent délibérément l'opacité ou le secret bilatéral ignorent les données économiques fondamentales. Les relations commerciales entre le Maroc et l'Espagne ont atteint un volume record de 24 milliards d'euros en 2024, reflétant un niveau d'intégration économique sans précédent dans l'histoire bilatérale. L'Espagne est le principal partenaire commercial du Maroc depuis 2012, et le Maroc s'est imposé comme la principale destination des investissements espagnols en Afrique.
Ce n'est pas le résultat d'une relation de subordination, mais d'une véritable proximité structurelle : les chaînes de valeur se complètent, les industries se renforcent mutuellement et les trajectoires de développement convergent. Près de 1 000 entreprises espagnoles sont implantées dans le Royaume, générant des emplois tant pour les citoyens espagnols que marocains. La communauté marocaine en Espagne est la plus nombreuse parmi les communautés étrangères, avec 335 000 personnes qui sont désormais les premiers cotisants à la sécurité sociale.
Le forum des entreprises organisé pendant le sommet par la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE) et la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM), avec le soutien des deux gouvernements, a identifié de nouvelles opportunités d'investissement dans des secteurs innovants et durables. Il s'agit là d'une diplomatie pragmatique à son apogée, qui place les intérêts matériels des citoyens au centre des préoccupations.
Les quatorze accords : une substance tangible
Les quatorze accords internationaux couvrent des domaines fondamentaux : coopération fiscale et judiciaire, numérisation des administrations, enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine dans les établissements scolaires espagnols, coopération agricole et halieutique, protection sociale, lutte contre les discours de haine, diplomatie féministe, coopération entre les écoles diplomatiques et recherche scientifique conjointe sur la géodynamique du détroit. À cela s'ajoute la création de centres d'excellence dédiés à la recherche, à l'innovation et aux transferts de technologie dans des secteurs stratégiques.
Ce cadre est complété par des accords dans les domaines du transport ferroviaire et aérien, des infrastructures portuaires, des énergies renouvelables, de l'eau et du dessalement, du développement urbain et du logement, de l'enseignement supérieur avec la coopération entre les universités, du patrimoine culturel et de l'archéologie, du cinéma et de l'audiovisuel, et de la formation professionnelle. La Coupe du monde de football 2030, qui se tiendra conjointement en Espagne, au Maroc et au Portugal, est reconnue comme une occasion unique de consolider une intégration profonde au-delà du domaine sportif.
En matière de sécurité, les deux pays officialisent des initiatives conjointes dans la lutte contre le terrorisme, la sécurité des grands événements et la coopération en matière de défense par le biais de mécanismes multilatéraux. Une Haute Commission sur la coopération industrielle est mise en place. Le Maroc est reconnu pour son leadership en matière de coopération pour le développement africain et pour le succès de la Conférence internationale sur le financement du développement, qui s'est tenue à Séville et au cours de laquelle l'Engagement de Séville a été adopté.
La réponse aux critiques : discours tendancieux et motivations fallacieuses
Il faut être explicite : certains secteurs ont insidieusement construit des chroniques apocalyptiques sur ce sommet, même avant celui-ci, en publiant systématiquement des articles spéculatifs sur les « invasions » des Canaries, les « offres trompeuses » du Maroc et les « pressions » exercées sur l'Espagne pour qu'elle cède sa souveraineté. Ces récits sont sans fondement et servent des intérêts politiques — et ne nous y trompons pas, personnels et pécuniaires — très spécifiques.
La vérité est que ces attaques se sont intensifiées depuis la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, modifiant le récit avec une rhétorique de plus en plus belliqueuse. La réalité est que cette résolution de l'ONU a mis ce groupe KO, et lorsque l'un de ses principaux arguments — sinon le plus important —, celui des résolutions du droit international, a commencé à s'effriter à son détriment, la fuite en avant de ces acteurs est sans précédent par sa rudesse, son exaltation et son sectarisme, avec un rythme de publication effréné dans leur espace médiatique ou sur leurs propres réseaux sociaux. Ils étaient déjà connus pour leur capacité à manipuler la réalité en générant la haine et la division, conscients de leur influence anti-marocaine au sein d'un large cercle de partisans. Mais la résolution 2797 a fait monter leur rancœur à des niveaux insoupçonnés.
En ce qui concerne les critiques sur l'absence des Canaries, de Ceuta et de Melilla, il est nécessaire de démentir les fausses informations diffusées dans les jours précédant la RHN. La vérité est qu'il n'y a eu aucun affront, exclusion ou veto de la part du gouvernement, mais simplement un protocole diplomatique standard en vigueur depuis des décennies. Les réunions de haut niveau ont été établies par le traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération de 1991 en tant que sommets bilatéraux au niveau de l'État, sans envisager la participation des communautés autonomes. Depuis la première RHN en 1993, aucune n'a inclus de représentation de ces territoires. Les relations extérieures relèvent de la compétence exclusive de l'État espagnol, un principe reconnu internationalement. L'incohérence de ceux qui protestent est donc frappante. Sans aller plus loin, Fernando Clavijo, président des Canaries, qui s'est rendu à Rabat en octobre 2024, a rencontré Nasser Bourita et a déclaré publiquement que « le gouvernement des Canaries assume entièrement la politique du gouvernement espagnol » sur le Sahara occidental, louant les « efforts permanents » du Maroc en matière de gestion des migrations, allant jusqu'à affirmer que « sans le Maroc, la situation migratoire en Espagne et dans l'UE serait intenable ».
Ces protestations ont été amplifiées par certaines voix dont la crédibilité est douteuse, présentant ce prétendu veto à la présence des territoires autonomes comme « suspect », laissant entendre de manière conspiratrice que leur présence était habituelle lors des précédentes RHN et que leur exclusion était nouvelle, profitant peut-être de la méconnaissance du protocole de ces sommets de la part du consommateur. La réalité est qu'il n'y a pas de « sacrifice » de ces territoires, mais une protection active de ceux-ci grâce à une coopération bilatérale efficace. Politiser cette absence protocolaire relève tout simplement de la désinformation malveillante.
Le revirement du Parti populaire : une opposition anormale
Il est surprenant, mais regrettable, de constater que le Parti populaire a adopté une opposition assez particulière à la question du Sahara et de ses relations avec le Maroc, comme nous l'avons déjà analysé dans un autre article. En juillet 2022, le PP a voté contre une motion visant à revenir sur la nouvelle position du gouvernement sur le Sahara, obtenant 252 voix contre, y compris celles du PP. Cela a constitué un soutien tacite du PP au plan d'autonomie marocain. Ce qui s'est passé ensuite est connu de tous : changement de direction au sein du parti (Feijoo remplace Casado), défaite électorale contre toute attente en 2023, et changement de cap vers une ligne plus dure visant à minimiser l'essor de VOX. Cela a conduit le PP non seulement à voter en faveur de motions similaires présentées par des partis indépendantistes contre la nouvelle position espagnole sur le Sahara, mais aussi à les promouvoir et à les présenter lui-même, parlant de « revirements » ou de « changements coperniciens ». En réalité, au vu de son parcours sur cette question depuis 2022, ces termes pourraient bien s'appliquer à lui-même.
Mais en ce qui concerne les RHN, l'histoire du gouvernement de Mariano Rajoy est instructive. Son gouvernement a participé aux RAN de 2012 et 2015, faisant référence de manière générique à des « solutions politiques consensuelles et mutuellement acceptables » sans rejeter explicitement le plan d'autonomie. La position du gouvernement Rajoy présentait des similitudes avec celle actuelle de Sánchez : reconnaître implicitement que le plan d'autonomie est une voie viable pour trouver une solution. La seule nuance est que le mot « autonomie » n'a pas été inclus, mais le reste semble familier. En fait, des rumeurs ont couru à l'époque selon lesquelles le gouvernement de l'ancien président Rajoy pourrait soutenir officiellement ce plan. Il ne l'a pas fait, mais il n'en était pas loin.
En définitive, le changement de position du PP après les élections de 2023, lorsqu'il a perdu contre toute attente la possibilité de gouverner, ne reflète pas un changement de principes, mais un calcul politique. Il s'agit, en toute franchise, d'une opposition tactique motivée par l'électoralisme plutôt que par une conviction sincère. Une question qui n'a jamais été abordée au niveau du parti, car elle a toujours été considérée comme secondaire.
Une relation d'avenir
Ce qui s'est passé à Madrid le 4 décembre 2025 n'est ni une capitulation, ni un secret, ni un sacrifice des intérêts espagnols. Il s'agit de la reconnaissance par deux gouvernements adultes que la prospérité et la sécurité dans la région méditerranéenne et atlantique dépendent d'une coopération sérieuse, multidimensionnelle et fondée sur des avantages mutuels.
La résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies a validé au niveau international que le plan d'autonomie marocain est la base la plus sérieuse, la plus réaliste et la plus crédible pour résoudre le différend du Sahara occidental. Il ne s'agit pas d'une décision prise uniquement par l'Espagne, mais par l'organisme international ayant la plus haute autorité en matière de paix et de sécurité. Le Maroc s'est engagé, par l'intermédiaire de Nasser Bourita, à travailler « avec toutes les parties pour trouver une solution juste et durable », et cette promesse doit être soutenue.
L'année 2025 inaugure une nouvelle ère dans les relations hispano-marocaines. Une ère dans laquelle les deux pays s'engagent dans un partenariat stratégique de coproduction, où les avantages économiques sont tangibles, où la sécurité est partagée, où l'éducation et la culture tissent des liens durables, et où la stabilité régionale est un avantage commun.
Le XIIIe RHN n'est pas un accord caché, c'est une déclaration d'intention claire. Les acteurs qui cherchent à torpiller ce projet, que ce soit pour en tirer un avantage électoral ou pour construire des récits alarmistes afin de rester pertinents et d'en tirer un avantage personnel, ont des agendas qui ont peu à voir avec le bien-être réel des citoyens espagnols et marocains et davantage avec leur propre bien-être.

