De la paix par les territoires à la paix par la force
Mais cette solution, déjà rejetée en 1948 lors de la création de l'État d'Israël, ne parvint pas non plus à s'imposer comme la clause principale des accords d'Oslo. En substance, ce principe prévoyait le retrait d'Israël des territoires occupés lors de la guerre des Six Jours de 1967 en échange de la renonciation à toutes les revendications arabes, en particulier celle qui refusait à Israël le droit de vivre sur sa terre. La non-acceptation de ce droit légitime à l'existence, établi par l'Assemblée générale des Nations unies, est à l'origine des guerres qui, depuis déjà huit décennies, empêchent la coexistence pacifique, voire la simple coexistence non hostile, entre Israéliens et Palestiniens.
Comme on a pu le constater depuis le 7 octobre 2023, la dernière guerre a été déclenchée de la manière la plus brutale que le peuple juif ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Les commandos terroristes du Hamas, dans le cadre d'une opération terroriste parfaitement conçue, planifiée et exécutée, ont envahi le territoire israélien depuis Gaza en sept points différents. Ils ont tué plus de 1 200 citoyens, blessé plus de 2 000 autres et capturé 251 otages. Comme l'avaient prévu leurs mentors iraniens, la réponse d'Israël a été brutale, réduisant la bande de Gaza en ruines dans la guerre la plus longue et la plus sanglante des cinq qu'il a menées en moins de quatre-vingts ans d'existence : 2 000 victimes israéliennes et près de 70 000 Gazaouis, selon les chiffres d'Israël et du Hamas, respectivement, au cours de ces deux années de souffrances intenses.
Obsédé par sa sécurité, conscient que s'il perdait une seule guerre, ce serait la dernière car le pays disparaîtrait, Israël a cette fois-ci joué le tout pour le tout. Tout d'abord, il s'en est pris aux organisations téléguidées par le régime théocratique iranien, mettant hors d'état de nuire le Hezbollah au Liban et en Syrie, contenant les Houthis au Yémen et soumettant à un harcèlement sans merci le Hamas et le Jihad islamique à Gaza et en Cisjordanie.
Dans le même temps, le président américain Donald Trump a bombardé les installations nucléaires souterraines de l'Iran, démontrant aux ayatollahs eux-mêmes, et accessoirement aux Russes de Poutine et aux Chinois de Xi Jinping, qu'il dispose d'armes suffisamment puissantes et efficaces pour leur causer plus de dommages qu'ils ne peuvent l'imaginer.
Mais si le soutien de Trump à Israël est incontestable, le président-homme d'affaires qui, contrairement à ce qu'en disent les intellectuels progressistes espagnols et européens, n'est pas dupe, ne s'est pas laissé entraîner par la bellicosité de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien, convaincu par lui-même et/ou encouragé par l'aile la plus extrémiste de son gouvernement, était prêt à exterminer le Hamas, même si cela devait coûter des montagnes de morts.
Convaincu que la solution militaire était déjà épuisée, Trump a vu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de sa patience lorsque Israël a attaqué les dirigeants du Hamas réunis à Doha, la capitale du Qatar. Il a alors mis Netanyahu au pied du mur, exhorté le Hamas à ne pas condamner ses propres compatriotes palestiniens à l'extermination, obtenu le soutien de la Ligue arabe et réussi en à peine deux semaines à convaincre toutes les parties d'accepter son plan en 20 points, dont la première phase s'achèvera dès que le Hamas aura rendu à Israël les corps des otages qu'il détient encore.
Alors que l'Europe s'efforçait d'être invitée à la table des négociations d'après-guerre et que le gouvernement espagnol soutenait des flottilles de vacances escortées par sa marine de guerre, Trump s'érigeait en « artisan de la paix », même si nous ne sommes encore qu'à un fragile cessez-le-feu susceptible d'être rompu à la moindre étincelle. Cela ne se produira pas, du moins pour l'instant. L'offensive de charme et de sympathie avec laquelle l'appareil de communication de la Maison Blanche a entouré tout le cérémonial de la fin des hostilités est si intense que seul quelqu'un de très désespéré oserait endosser la responsabilité d'une rupture hypothétique.
Il est vrai qu'il reste beaucoup de détails à régler, mais pour l'instant, les combattants et les citoyens qui souffrent préfèrent sans doute se fier aux promesses de prospérité que Trump a faites lors de sa visite éclair en Israël et en Égypte, et dont il a associé les grandes puissances économiques du monde arabe à la réalisation, tout en prenant pour témoins d'autres dirigeants d'Europe, d'Asie et d'Amérique.
Et, avec sa brutalité caractéristique, Trump a clairement indiqué qu'il « allait désormais s'occuper de l'Ukraine », une mission qu'il s'est lui-même assignée et qui équivaut à avertir le président Poutine de cesser de le provoquer car, même s'il aspire au prix Nobel de la paix en 2026, il n'hésitera pas à brandir le marteau de la guerre. Il s'agit bien sûr d'un langage inhabituellement nouveau pour les sociétés liquides éclairées par le « wokisme », qui est en plein recul, même si certains pays comme l'Espagne résistent encore, causant un retard qui pourrait être insurmontable, à s'intégrer au changement qui définit déjà les dirigeants de demain, mais aussi les simples suiveurs et ceux qui n'ont pas la capacité d'être autre chose que la lanterne rouge de cette nouvelle course.
