Plainte contre le gouvernement soudanais pour utilisation d'armes chimiques

Action en justice intentée par la Coalition soudanaise pour les droits contre le gouvernement soudanais dirigé par l'armée, suite aux confirmations préalables des États-Unis concernant l'utilisation d'armes chimiques au Soudan

 


 

Abdel Fattah Al-Burhan - PHOTO/ARCHIVO
Abdel Fattah Al-Burhan - PHOTO/ARCHIVO

Le dossier des violations au Soudan semble s'orienter vers une escalade judiciaire internationale sans précédent, après que la Coalition soudanaise pour les droits a annoncé le dépôt d'une plainte devant la Cour pénale internationale contre quatre des principaux dirigeants de l'autorité militaire, dont Abdel Fattah al-Burhan, pour des accusations liées à l'utilisation d'armes chimiques et à la commission de crimes de masse contre des civils.

La plainte a été déposée par l'organisation SAR et des avocats internationaux.

Cette démarche coïncide avec les déclarations faites en mai dernier par le département d'État américain, qui a confirmé que l'armée soudanaise avait utilisé des armes chimiques lors d'au moins deux attaques pendant le conflit en cours, renforçant ainsi les préoccupations internationales quant à la gravité des violations et à la nécessité de demander des comptes aux personnes impliquées.

La plainte, qui vise le chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhan, son assistant Yasser al-Atta, Shams al -Din al-Kabashi et le général al-Taher Mohamed, s'accompagne d'une plainte officielle auprès de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, ainsi que d'une lettre à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques demandant l'ouverture d'une enquête indépendante et la suspension de l'adhésion de l'autorité de Port Soudan.

Cette procédure judiciaire rappelle le précédent du Darfour au début des années 2000, lorsque des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité avaient conduit à des mandats d'arrêt internationaux contre l'ancien président Omar al-Bashir et plusieurs de ses commandants.

Cependant, ce nouveau dossier est plus délicat, car il est lié à l'utilisation d'armes interdites au niveau international, ce qui pourrait ouvrir la voie à des pressions accrues sur Port-Soudan et mettre la communauté internationale à rude épreuve dans la lutte contre l'impunité.