"L'ampleur de l'antisémitisme en Europe est bien pire que ce que l'on dit”

"Les cas d'antisémitisme signalés ne sont que la partie émergée de l'iceberg", déclare le rabbin Menachem Margolin dans une lettre adressée à tous les ministres de l’intérieur
Una manifestación contra el antisemitismo en Berlín el 10 de diciembre - MICHELE TANTUSSI / AFP
Manifestation contre l'antisémitisme à Berlin le 10 décembre - MICHELE TANTUSSI / AFP

Le président de l'Association juive européenne (EJA), basée à Bruxelles, a écrit à tous les ministres de l'intérieur européens pour leur demander de simplifier le signalement des actes antisémites. 

Le rabbin Menachem Margolin, président de l'EJA, affirme que les pics d'antisémitisme déjà massifs en Europe après le 7 octobre, qui ont augmenté de 1000 % dans certains pays, ne représentent que "la partie émergée de l'iceberg".

Le président de l'EJA souhaite que la procédure de plainte soit simplifiée, suggérant qu'il y ait un formulaire de plainte en ligne où les Juifs qui sont la cible d'un acte antisémite puissent déposer une plainte, et que la police puisse contrôler et assurer le suivi.

Dans sa lettre, le rabbin Margolin déclare ;

"C'est une vérité malheureuse, mais une vérité quand même, que la plupart des Juifs qui ont été victimes d'un incident antisémite ne prennent pas la peine de le signaler.

Il y a plusieurs raisons à cela. Dans de nombreux cas, l'antisémitisme, en particulier l'antisémitisme vocal, est un phénomène quotidien.

Il y a souvent peu d'espoir d'obtenir des résultats significatifs, ce qui signifie que beaucoup de personnes concernées ne voient pas l'intérêt de le signaler.

Enfin, et c'est peut-être le plus important, dénoncer l'antisémitisme signifie prendre le temps de se rendre au poste de police le plus proche, de s'asseoir pour un entretien et de remplir de longues formalités administratives.

Ces facteurs combinés masquent ce que l'Association juive européenne considère comme la partie émergée de l'iceberg de l'antisémitisme.

Je vous demande instamment de mettre en place une procédure simplifiée de signalement de l'antisémitisme. La solution la plus évidente est un formulaire en ligne où les victimes peuvent faire un signalement, laisser tous les détails nécessaires et permettre aux forces de l'ordre d'assurer le suivi.

Nous pensons que les niveaux réels d'antisémitisme en Europe sont bien pires que ce que l'on prétend. Pour le surveiller correctement, nous devons d'abord comprendre la portée et l'ampleur de ce à quoi nous avons affaire. Comme un iceberg, l'antisémitisme en Europe aujourd'hui n'est que partiellement visible à la surface".