Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 14 janvier

Voici une analyse de l'actualité mondiale, structurée autour de thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias
Posicionamiento global - <a target="_blank" href="https://depositphotos.com/es/?/">Depositphotos</a>
Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Introduction
  2. Iran : Starlink ouvre des brèches dans le black-out ; la théocratie tente d'aveugler la protestation
  3. Iran : Trump appelle à « prendre le contrôle des institutions » ; Téhéran accuse de « déstabilisation » et menace de prétextes
  4. Iran : l'ONU durcit le cadre ; le rétablissement de l'accès à Internet devient une « ligne rouge » politique
  5. Ukraine : attaque massive russe contre l'énergie et les infrastructures ; la « saturation » comme méthode
  6. États-Unis : « Solidarité totale » des banques centrales avec Powell ; l'indépendance monétaire comme pilier stratégique
  7. Venezuela : les États-Unis demandent des mandats pour saisir des dizaines de pétroliers ; coercition maritime soutenue
  8. Venezuela : Trump bloque les saisies judiciaires sur les revenus pétroliers dans les comptes américains
  9. Moyen-Orient : Guterres menace de traduire Israël devant la CIJ pour ses mesures contre l'UNRWA
  10. Indo-Pacifique : la Chine harcèle un bateau de pêche philippin à Bajo de Masinloc ; zone grise persistante
  11. Arctique/Groenland : unité Nuuk-Copenhague avant les discussions avec Washington ; l'OTAN souligne l'urgence arctique
  12. Rack média
  13. Commentaire éditorial

Introduction

La journée n'a pas été « riche en actualités » ; elle a été structurelle. L'Iran et l'Ukraine ne sont pas deux crises distinctes : ce sont deux laboratoires du XXIe siècle. En Iran, un régime théocratique qui se sait illégitime tente de survivre en étouffant la réalité (Internet, témoins, traçabilité) et en multipliant la répression. En Ukraine, la Russie persiste dans sa guerre contre la vie civile : drones et missiles pour punir le chauffage, l'énergie et la logistique, avec l'hiver comme multiplicateur des dégâts. Entre les deux, Washington resserre l'étau sur le pétrole vénézuélien et fait du contrôle maritime un instrument politique ; l'Arctique revient au centre de l'attention grâce au Groenland ; et dans l'Indo-Pacifique, la Chine pousse sa « zone grise » avec la patience de ceux qui croient que le temps joue toujours en leur faveur.

La conclusion est simple : les dictatures misent sur la fatigue et l'obscurité ; les démocraties ne gagnent que si elles maintiennent la clarté, la coordination et la persévérance. Le reste n'est que sentimentalisme, et le sentimentalisme est le luxe de ceux qui ne risquent rien.

Faits

  • Reuters confirme que certains Iraniens utilisent Starlink pour contourner le black-out national, avec un accès irrégulier et un risque pénal, alors que la disponibilité d'Internet aurait chuté à des niveaux résiduels.
  • Le régime déclare illégal l'accès non autorisé par satellite et durcit le cadre des sanctions. 

Implications

  • Le cœur de la crise n'est pas seulement « protestation contre régime » ; c'est régime contre traçabilité. Téhéran a besoin de l'obscurité pour réprimer sans frais. La connectivité par satellite brise, même partiellement, son impunité.
  • Si l'appareil répressif ne peut pas contrôler le discours, il aura tendance à compenser par davantage de coercition. C'est la dynamique classique des régimes qui craignent leur peuple : lorsqu'ils ne peuvent pas convaincre, ils écrasent.
  • Pour l'Occident, le point critique n'est pas de « condamner » — cela a déjà été fait —, mais d'augmenter le coût réel : sanctions personnalisées, technologie de surveillance et réseaux financiers.

Scénarios (7 à 14 jours)

  1. Escalade répressive sélective : raids sur les nœuds de communication, arrestations de « facilitateurs », punitions exemplaires.
  2. Fissures informationnelles croissantes : utilisation accrue de Starlink et d'autres méthodes ; le régime intensifie le « brouillage » et le contrôle des frontières.
  3. Externalisation : diversion par l'activation de proxys ou de menaces régionales pour détourner l'attention.

Indicateurs à surveiller

  • Pannes et « micro-ouvertures » d'Internet ; schémas d'interruption (heures et régions).
  • Signes de confiscation massive d'antennes/terminaux ; arrestations pour « délits de communication ».
  • Messages de l'IRGC (Corps des gardiens de la révolution islamique) sur le « terrorisme » interne : lorsqu'ils les répètent, c'est qu'ils préparent une répression sévère.

Contre-mesures recommandées

  • UE : sanctionner les responsables opérationnels et les réseaux technologiques ; interrompre l'exportation d'outils de surveillance ; activer des mécanismes contre l'évasion.
  • États-Unis et alliés : soutenir la documentation et les communications sécurisées sans théâtralité qui alimente le discours sur « l'ingérence ».
  • Diplomatie publique : exiger le rétablissement d'Internet comme condition minimale et mesurer les réponses, pas les discours.
<p paraid="1255837592" paraeid="{7c93c44a-a4a2-4a44-8c87-43131fba9d5c}{5}">Un miembro de la policía iraní en una manifestación en Teherán, Irán, el 12 de enero de 2026 - WANA (Agencia de Noticias de Asia Occidental) via REUTERS</p>
Un membre de la police iranienne lors d'une manifestation à Téhéran, en Iran, le 12 janvier 2026 - WANA (Agence de presse d'Asie occidentale) via REUTERS

Iran : Trump appelle à « prendre le contrôle des institutions » ; Téhéran accuse de « déstabilisation » et menace de prétextes

Faits

  • Reuters relaie le message de Trump encourageant les Iraniens à « PRENDRE LE CONTRÔLE » (prendre le contrôle) des institutions, et la réaction iranienne dénonçant l'incitation étrangère. 
  • La couverture internationale souligne que la coupure limite la vérification indépendante et amplifie la guerre de l'information.

Implications

  • Il y a ici un piège stratégique : plus il est facile pour Téhéran de soutenir le récit d'une « révolution importée », plus il a de marge pour justifier une répression extrême.
  • Cela ne signifie pas la neutralité morale. Cela signifie l'efficacité : oui à la pression, mais orientée vers les capacités du régime, et non vers des gestes qui deviennent de la propagande pour les bourreaux.
  • La théocratie ne devient pas « modérée » par la persuasion. Elle devient vulnérable lorsqu'elle perd de l'argent, de la mobilité, de la technologie et de la légitimité.

Scénarios (7 à 14 jours)

  1. Téhéran intensifie l'accusation de « prétexte à l'intervention » pour resserrer les rangs en interne.
  2. Washington durcit les sanctions ou les mesures de soutien technologique ; le régime répond par une provocation régionale limitée.
  3. Rupture des canaux discrets ; remplacement par des menaces publiques.

Indicateurs

  • Messages du ministère iranien des Affaires étrangères faisant allusion à une « intervention » ou à un « coup d'État » ; ils précèdent généralement des mesures internes.
  • Activité de mandataires (Irak, Syrie, Yémen, Liban) avec des attaques à faible signature.
  • Mouvements navals/alertes de sécurité dans le Golfe.

Contre-mesures

  • États-Unis/UE : coordination des messages : condamnation, exigence d'accès à Internet, sanctions à l'encontre des dirigeants et protection des preuves.
  • Services de sécurité : anticiper les représailles hybrides (cyber, propagande, activation des réseaux).
<p>La secretaria de prensa de la Casa Blanca, Karoline Leavitt, escucha mientras el presidente de los Estados Unidos, Donald Trump, habla con miembros de los medios de comunicación a bordo del Air Force One, de camino desde Florida a la Base Conjunta Andrews, Maryland, EE. UU., el 11 de enero de 2026 - REUTERS/ NATHAN HOWARD</p>
La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, écoute le président américain Donald Trump s'adresser aux membres des médias à bord d'Air Force One, alors qu'il se rendait de Floride à la base militaire d'Andrews, dans le Maryland, le 11 janvier 2026 - REUTERS/ NATHAN HOWARD

Iran : l'ONU durcit le cadre ; le rétablissement de l'accès à Internet devient une « ligne rouge » politique

Faits

  • Reuters avait déjà signalé le début du black-out national (NetBlocks) depuis le 8 janvier, en pleine période de manifestations. 
  • La pression internationale se concentre sur le rétablissement de l'accès et sur le schéma de violence et d'arrestations, dans un contexte où le nombre de victimes est contesté en raison de l'absence de vérification indépendante. 

Implications

  • Le débat est en train de se déplacer : de « combien de morts » à « pourquoi nous ne pouvons pas le savoir ». Et cela est dévastateur pour un régime qui a besoin de nier.
  • Si l'UE veut être crédible, elle doit passer du geste à l'architecture : sanctions + contrôle de l'évasion + attaque contre la technologie répressive.
  • Le black-out n'est pas un symptôme : c'est l'outil de la répression moderne.

Scénarios

  1. Rétablissement partiel et contrôlé, afin de réduire la pression extérieure sans renoncer à la répression.
  2. Black-out prolongé et durcissement juridique, en tant que doctrine.
  3. « Fausse ouverture » avec propagande : Internet « pour les services », pas pour l'organisation.

Indicateurs

  • Déclarations sur « l'Internet national » et fermeture des réseaux sociaux.
  • Changements réglementaires et annonces de sanctions.
  • Réapparition de vidéos/fuites provenant des provinces : indique des failles opérationnelles.

Contre-mesures

  • UE : sanctions explicitement liées au « black-out Internet » (coupure d'Internet) comme violation des droits fondamentaux.
  • ONU/OSCE/Conseil de l'Europe (le cas échéant) : mécanismes de conservation des preuves.
<p>El presidente de Estados Unidos, Donald Trump, se dirige a la 80.ª Asamblea General de las Naciones Unidas, en la ciudad de Nueva York, Nueva York, EE. UU., el 23 de septiembre de 2025 - REUTERS/ AL DRAGO </p>
Le président américain Donald Trump s'adresse à la 80e Assemblée générale des Nations unies, à New York, dans l'État de New York, aux États-Unis, le 23 septembre 2025 - REUTERS/ AL DRAGO

Ukraine : attaque massive russe contre l'énergie et les infrastructures ; la « saturation » comme méthode

Faits

  • Le Financial Times et Reuters décrivent une attaque à grande échelle : 293 drones et 18 missiles, avec des dégâts importants, des victimes civiles et des coupures d'électricité, même avec un taux d'interception élevé.
  • Zelenski insiste sur le fait que l'énergie redevient la cible prioritaire.

Implications

  • Cela confirme la doctrine russe de punition : lorsque le front ne permet pas de remporter de victoires, on attaque le réseau électrique pour prendre la population civile en otage.
  • La saturation (au sens opérationnel) vise à briser les défenses par le volume : chaque intercepteur a un coût, chaque échec fait mal, et le système s'épuise.
  • L'Occident ne peut pas permettre à la force de consolider des territoires. Si cette méthode est récompensée, la barbarie sera normalisée en tant que politique étrangère.

Scénarios (7 à 14 jours)

  1. Répétition des vagues toutes les 72 à 96 heures pour éroder les stocks d'intercepteurs.
  2. Attaques « mixtes » sur l'énergie + la logistique (dépôts, centres de distribution) pour multiplier l'impact.
  3. Escalade sur des villes spécifiques pour faire pression sur les négociations.

Indicateurs

  • Modèles de lancement (heures, itinéraires, types de drones/missiles).
  • Communiqués d'Ukrenergo/DTEK sur la capacité réelle, pas seulement sur les dommages.
  • Signes d'épuisement des munitions antiaériennes : demandes urgentes et changements des règles d'emploi.

Contre-mesures

  • OTAN/UE : accélérer la défense antiaérienne, les munitions, les radars et les pièces de rechange ; renforcer la protection des sous-stations.
  • Ukraine : dispersion et redondance, générateurs, micro-réseaux ; renforcement physique des nœuds critiques.
  • Diplomatie : insister sur le fait que les attaques contre l'énergie civile constituent un crime de guerre : on ne négocie pas en récompensant l'agresseur.
<p>Un residente se encuentra frente a un edificio de un hospital privado alcanzado por ataques con drones rusos, en medio del ataque de Rusia a Ucrania, en Kiev, Ucrania, el 5 de enero de 2026 - REUTERS/ VALENTYN OGIRENKO </p>
Un habitant se tient devant un bâtiment d'un hôpital privé touché par des attaques de drones russes, au milieu de l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, à Kiev, en Ukraine, le 5 janvier 2026 - REUTERS/ VALENTYN OGIRENKO

États-Unis : « Solidarité totale » des banques centrales avec Powell ; l'indépendance monétaire comme pilier stratégique

Faits

  • L'AP rapporte une déclaration commune des banquiers centraux exprimant leur « pleine solidarité » avec Jerome Powell dans le contexte du conflit avec l'administration Trump. 
  • Reuters ajoute le soutien des dirigeants des banques et des banquiers centraux, soulignant que l'indépendance est essentielle pour la crédibilité et les taux. 
  • Le Monde reprend le contenu et le ton du soutien, soulignant la dimension internationale de la question. 

Implications

  • Il ne s'agit pas d'un différend interne : il s'agit de confiance mondiale. Si le marché estime que la politique s'empare de la Fed, il exige une prime : le coût de la dette augmente et l'économie devient plus chère.
  • Pour le bloc occidental, l'avantage comparatif est institutionnel. L'affaiblir revient à donner de l'oxygène à la Chine et à la Russie, qui vendent « l'efficacité » sans contrôles comme une vertu.
  • Votre position de libéral raisonnable est pertinente : l'État-providence se maintient grâce à la stabilité, et non à l'arbitraire.

Scénarios

  1. Désescalade en raison du coût politique et de la pression des marchés.
  2. Escalade judiciaire et médiatique amplifiant la volatilité.
  3. Pacte tacite : tension contrôlée sans rupture formelle.

Indicateurs

  • Réaction des bons du Trésor (obligations) et prévisions de taux.
  • Messages des grandes banques et de la BRI (Banque des règlements internationaux).
  • Fuites sur la portée réelle du dossier.

Contre-mesures

  • Institutions : défense claire de l'indépendance ; transparence des processus ; éviter les gestes qui pourraient être perçus comme des représailles.
  • Marchés/régulateurs : communiquer sur la stabilité et le cadre juridique.
<p>El presidente de la Reserva Federal de EE. UU., Jerome Powell - REUTERS/ ELIZABETH FRANTZ</p>
Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell - REUTERS/ ELIZABETH FRANTZ

Venezuela : les États-Unis demandent des mandats pour saisir des dizaines de pétroliers ; coercition maritime soutenue

Faits

  • Reuters rapporte que le gouvernement américain a engagé des poursuites pour saisir des dizaines de pétroliers liés au commerce vénézuélien, élargissant ainsi la campagne de contrôle des flux de pétrole brut après la capture de Maduro (3 janvier) et le blocus de décembre.
  • Reuters a décrit ces derniers jours des saisies concrètes, notamment un pétrolier battant pavillon russe et la « flotte fantôme » associée à l'évasion des sanctions.

Implications

  • Il s'agit là d'une pression sérieuse : non seulement la saisie de la cargaison, mais aussi de la plate-forme, de l'itinéraire et de l'assurance. Pour une narco-dictature mafieuse, la mer est une artère ; la fermer, c'est l'étouffer.
  • La Russie proteste contre « l'illégalité », mais en réalité, elle craint le précédent : que le contrôle maritime devienne un outil systématique.
  • Dans votre ligne éditoriale, il n'y a pas lieu d'être complexé : le chavisme ne tombe pas à cause des sermons, il tombe quand il perd de l'argent, de la logistique et de la protection.

Scénarios (7 à 14 jours)

  1. Intensification des saisies et des litiges ; utilisation accrue des pavillons de complaisance.
  2. Adaptation : itinéraires plus longs, transbordements opaques, « documentation créative ».
  3. Réponse hybride : cyber, propagande, incidents maritimes à faible signature.

Indicateurs

  • Mouvements AIS (système d'identification automatique) anormaux : désactivation, itinéraires erratiques.
  • Réaction des assureurs, des ports et des pays du pavillon.
  • Déclarations du Pentagone sur les « transports non autorisés ». 

Contre-mesures

  • États-Unis : maintenir la campagne, protection juridique, coordination avec les alliés, pression sur les pavillons et les assureurs.
  • UE/alliés : coopération en matière de contrôle de l'évasion et du blanchiment, et sanctions secondaires le cas échéant.
<p>El Ionic, un petrolero dedicado al transporte de petróleo venezolano que fue recientemente incautado por Estados Unidos, en medio de las crecientes tensiones entre Venezuela y Estados Unidos, está atracado en San Francisco, Venezuela, el 13 de diciembre de 2025 - REUTERS/ ISAAC URRUTIA </p>
L'Ionic, un pétrolier dédié au transport de pétrole vénézuélien qui a récemment été saisi par les États-Unis, dans un contexte de tensions croissantes entre le Venezuela et les États-Unis, est amarré à San Francisco, au Venezuela, le 13 décembre 2025 - REUTERS/ ISAAC URRUTIA

Venezuela : Trump bloque les saisies judiciaires sur les revenus pétroliers dans les comptes américains

Faits

  • Reuters fait état d'une ordonnance visant à protéger les revenus pétroliers vénézuéliens dans les comptes américains contre les saisies judiciaires, dans le contexte de la réorganisation du contrôle des flux liés au pétrole.

Implications

  • Il s'agit d'une mesure technique ayant un effet stratégique : elle empêche l'argent d'être dispersé par des litiges et maintient le flux sous une architecture de pression.
  • La question clé est politique : cette architecture est-elle utilisée pour affaiblir le régime et reconstruire un secteur selon de nouvelles règles, ou pour créer des zones d'ombre dont le chavisme pourrait tirer parti ?
  • Dans les guerres contre les mafias d'État, la cohérence est essentielle : la moindre faille devient une autoroute.

Scénarios

  1. Consolidation d'une « caisse » supervisée pour les exportations autorisées.
  2. Conflit juridique avec les créanciers et les plaignants ; pression sur les tribunaux.
  3. Utilisation comme incitation conditionnée à des étapes de transition vérifiables.

Indicateurs

  • Litiges avec les créanciers ; réactions du Congrès ; position du Trésor.
  • Changements dans les volumes exportés et les destinations.

Contre-mesures

  • Conditionnalité stricte, audit et mécanismes anti-corruption.
Donald Trump, habla mientras el secretario de Estado, Marco Rubio, y el secretario de Defensa, Pete Hegseth, observan durante una rueda de prensa tras un ataque estadounidense contra Venezuela, desde el club Mar-a-Lago de Trump en Palm Beach, Florida, Estados Unidos, el 3 de enero de 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST</p>
Donald Trump s'exprime sous le regard du secrétaire d'État Marco Rubio et du secrétaire à la Défense Pete Hegseth lors d'une conférence de presse organisée après une attaque américaine contre le Venezuela, depuis le club Mar-a-Lago de Trump à Palm Beach, en Floride, aux États-Unis, le 3 janvier 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST

Moyen-Orient : Guterres menace de traduire Israël devant la CIJ pour ses mesures contre l'UNRWA

Faits

  • Reuters rapporte une lettre (8 janvier) dans laquelle Guterres avertit qu'il pourrait saisir la Cour internationale de justice (CIJ) si Israël ne revient pas sur ses lois contre l'UNRWA et ne restitue pas les actifs saisis. 
  • Israël répond en accusant l'UNRWA d'avoir des liens avec le terrorisme ; l'ONU rappelle les licenciements et les enquêtes, ainsi que le rôle vital de l'agence dans l'aide humanitaire. 

Implications

  • La judiciarisation du conflit ajoute de l'huile sur le feu diplomatique. La CIJ n'est pas une solution miracle, mais elle est un gage de réputation.
  • Si l'UNRWA est affaiblie sans alternative fonctionnelle, un vide se crée. Et dans cette région, ce sont les extrêmes qui comblent le vide.
  • Il convient ici d'être précis : condamnation sans équivoque du terrorisme et mécanismes de purification, mais aussi réalisme humanitaire : sans canal d'aide crédible, le terrain pourrit.

Scénarios

  1. Désescalade partielle avec des formules administratives ; pression internationale.
  2. Escalade juridique à La Haye ; polarisation et campagnes.
  3. Reconfiguration opérationnelle : nouvelles agences ou consortiums de remplacement, avec des frictions.

Indicateurs

  • Mesures concrètes concernant les bureaux, les fournitures, les autorisations.
  • Messages des donateurs et du Conseil de sécurité.

Contre-mesures

  • Assurer la continuité humanitaire avec contrôle et épuration ; mécanismes anti-infiltration vérifiables.
El secretario general de las Naciones Unidas, Antonio Guterres - REUTERS/ DAVID DEE DELGADO
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres - REUTERS/ DAVID DEE DELGADO

Indo-Pacifique : la Chine harcèle un bateau de pêche philippin à Bajo de Masinloc ; zone grise persistante

Faits

  • Les médias philippins rapportent le premier incident majeur de harcèlement de 2026 : des navires chinois (garde-côtes et PLAN — marine de l'APL) s'approchent et bloquent le bateau de pêche, avec intervention philippine.
  • Les communiqués philippins invoquent la CNUDM (Convention des Nations unies sur le droit de la mer) et la sentence arbitrale de 2016. 

Implications

  • La Chine ne « négocie » pas : elle s'habitue. Elle veut que les frictions deviennent la norme et que la norme devienne une souveraineté de facto.
  • C'est exactement le type de pression qui érode les alliances en l'absence de présence, de documentation et de réponse coordonnée.
  • Si l'Occident tolère l'érosion de l'ordre maritime en Asie, il ne pourra maintenir le sien nulle part.

Scénarios

  1. Davantage d'incidents avec des « distances dangereuses » pour mesurer la réaction des Philippines et des États-Unis.
  2. Installation de barrières, de bouées ou de contrôles « administratifs » de facto.
  3. Escalade contrôlée par accident : collision, blessés, réaction politique.

Indicateurs

  • Fréquence des incidents ; distance d'approche ; utilisation de canons à eau ou de manœuvres de blocage.
  • Communiqués du PCG et présence alliée.

Contre-mesures

  • Patrouilles conjointes, documentation systématique et sanctions réputationnelles ; soutien juridique et diplomatique soutenu.
Pesca en China
Pêche en Chine

Arctique/Groenland : unité Nuuk-Copenhague avant les discussions avec Washington ; l'OTAN souligne l'urgence arctique

Faits

  • TIME, The Guardian et WSJ reprennent le message du Premier ministre groenlandais : « Nous choisissons le Danemark... nous choisissons l'OTAN... nous choisissons l'UE », avant les contacts à Washington avec de hauts responsables américains.
  • Reuters rapporte que l'OTAN discute des « prochaines étapes » pour garantir que l'Arctique « reste sûr » et reprend la phrase de Rutte sur l'absence de désaccord entre les alliés en matière de sécurité arctique. 
  • Euractiv décrit le climat politique avant les discussions et le rétrécissement des marges pour Copenhague et Nuuk. 

Implications

  • Le Groenland n'est pas un romantisme polaire : c'est un radar, des routes, des minéraux critiques et une projection atlantique. La fonte des glaces ouvre des opportunités et des vulnérabilités, et la Chine et la Russie le savent.
  • La cohésion atlantique se mesure dans les crises comme celle-ci : si l'allié perçoit une pression excessive, une fissure apparaît ; et dans une fissure, Moscou et Pékin enfoncent le clou.
  • La solution sensée est la coopération stratégique : minéraux critiques, investissement, défense, infrastructures. La solution maladroite est la menace, qui nuit davantage à l'OTAN qu'à ses adversaires.

Scénarios

  1. Accord pragmatique : coopération dans le domaine des minéraux et de la sécurité, sans toucher à la souveraineté.
  2. Escalade rhétorique : les relations transatlantiques se tendent, avec un coût politique pour l'Europe.
  3. Réaction interne au Groenland : indépendantisme instrumentalisé par des tiers.

Indicateurs

  • Messages du Pentagone et du Département d'État ; langage sur les « options ».
  • Annonces danoises concernant la présence et les capacités dans l'Arctique.
  • Flux d'investissements et licences minières.

Contre-mesures

  • OTAN : coordination de la position, renforcement des capacités dans l'Arctique et discours d'unité sans arrogance.
  • UE : paquet d'investissements et minéraux critiques ; éviter que l'île ne soit à la merci de l'argent chinois.
  • États-Unis : accords, pas d'ultimatums ; stratégie d'alliés, pas de clients.
<p>Glaciar Sermeq, ubicado a unos 80 km al sur de Nuuk, en esta vista aérea sobre Groenlandia - REUTERS/ HANNIBAL HASSCHKE</p>
Le glacier Sermeq, situé à environ 80 km au sud de Nuuk, dans cette vue aérienne du Groenland - REUTERS/ HANNIBAL HASSCHKE

Rack média

A) Agences (Reuters / AP / AFP / DPA)

  • Reuters domine la journée avec trois titres : Iran (panne d'électricité/Starlink), Ukraine (attaque massive contre l'énergie) et Venezuela (saisies et ordonnances judiciaires pour des dizaines de pétroliers).
  • AP se concentre sur le front institutionnel et financier mondial : soutien à Powell et défense de l'indépendance monétaire. 
  • AFP fait une entrée remarquée dans l'Indo-Pacifique via des reportages locaux sur l'incident de Bajo de Masinloc. 

B) Presse économique (FT / WSJ / The Economist)

  • Le FT met l'accent sur la composante énergétique et hivernale de l'attaque russe et la pression sur les réseaux et la logistique. 
  • Le WSJ et d'autres grands quotidiens soulignent que le Groenland est une crise atlantique et une question de souveraineté et d'État de droit. 
  • The Economist (dans la lignée de ses publications) contextualise le Groenland comme un élément stratégique et une tension transatlantique de fond. 

C) Presse généraliste et européenne (Guardian / Le Monde / etc.)

  • Le Guardian renforce la lecture politique : unité Groenland-Danemark et risque pour la cohésion de l'OTAN. 
  • Le Monde met en avant le soutien international à Powell, soulignant la dimension de crédibilité occidentale. 

D) Moyen-Orient (Al Jazeera / presse israélienne et régionale)

  • Al Jazeera et la presse régionale amplifient le conflit ONU-Israël-UNRWA et la couverture en temps réel de l'Iran. 

Commentaire éditorial

L'Iran enseigne, avec cruauté, le manuel de survie d'une dictature théocratique : quand il ne peut pas convaincre, il éteint ; quand il ne peut pas éteindre, il intimide ; quand l'intimidation ne suffit pas, il tue.

La coupure d'électricité n'est pas un « détail technique », c'est l'aveu du régime : il sait qu'avec la lumière, il perd. C'est pourquoi toute réponse occidentale qui n'attaque pas son architecture de coercition — commandement, technologie, argent, mobilité — est un geste esthétique et stérile.

En Ukraine, la Russie insiste pour transformer l'hiver en unité de combat. Si le monde admet que l'agresseur peut punir des villes jusqu'à obtenir des concessions territoriales, il aura légitimé une doctrine : la frontière s'achète avec des missiles. Pour l'Europe, cela serait suicidaire.

Et le Venezuela confirme que les mafias d'État ne comprennent qu'une seule grammaire : celle des flux. Si l'on contrôle la mer, on contrôle l'oxygène. La narco-dictature chaviste ne mérite pas d'être contemplée ; elle mérite de la persistance et de la précision jusqu'à ce qu'elle soit à bout de souffle. Le contraire reviendrait à prolonger l'agonie d'un pays pris en otage.

L'histoire ne récompense pas la tiédeur. La tiédeur n'est pas de la modération : c'est un manque de volonté. Et aujourd'hui, sur trois fronts différents, la volonté est la seule chose qui sépare les démocraties du recul.