Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 2 février

Voici l'analyse de l'actualité mondiale, structurée en thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias

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Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Introduction
  2. L'Iran brandit la menace d'une « guerre régionale » et monte en puissance contre l'Union européenne
  3. Le Qatar, médiateur clé dans la désescalade régionale et le cessez-le-feu à Gaza
  4. L'Union européenne entre dans la logique de la « guerre juridique » avec l'Iran
  5. L'Inde répond aux tarifs douaniers de Trump par une offensive dans les infrastructures et l'industrie manufacturière
  6. Japon : vers une victoire écrasante de Takaichi et un message clair à la Chine
  7. Gaza : préparatifs pour la réouverture de Rafah et gestion d'une paix imparfaite
  8. Soudan du Sud : vers une nouvelle guerre civile oubliée ?
  9. Aviation : une industrie confrontée à des vents contraires industriels et géopolitiques
  10. États-Unis-Cuba : le blocus énergétique comme prochain domino des dictatures communistes populistes et sanguinaires d'Amérique latine
  11. Costa Rica : avancée de la droite conservatrice avec Laura Fernández
  12. Rack média
  13. Commentaire éditorial

Introduction

Les événements des dernières vingt-quatre heures confirment que le monde est en « mode friction permanente », où la combinaison des guerres ouvertes, des guerres économiques et des pressions internes est en train de reconfigurer silencieusement l'équilibre des pouvoirs. 

Alors que l'Iran intensifie sa rhétorique au point de qualifier toutes les armées de l'Union européenne de « groupes terroristes », il cherche en parallèle une issue négociée avec Washington, dans un jeu dangereusement cynique et typiquement théocratique. 

En Asie, le Japon se prépare à un éventuel revirement politique qui renforcerait son rôle de pilier du monde libre face à la Chine, tandis que l'Inde protège son économie contre la guerre tarifaire avec les États-Unis. 

Au Moyen-Orient, Gaza entre dans une phase de « gestion des dégâts » avec le dégel possible du passage de Rafah et, surtout, avec le rôle décisif du Qatar en tant que véritable médiateur du cessez-le-feu, tandis que Doha démontre une fois de plus qu'il a fait de la médiation sa marque de fabrique nationale et sa politique étrangère, tout en restant l'un des alliés les plus fidèles et les plus fiables des États-Unis et de l'Occident. 

L'Amérique latine, quant à elle, voit l'étau énergétique se resserrer autour de Cuba sous l'impulsion de la Maison Blanche de Trump et le Costa Rica s'engager dans un virage populiste de droite qui exigera une vigilance sereine mais ferme. Tout cela dans un contexte où l'aviation commerciale et militaire devient un indicateur avancé des risques géopolitiques et de la fragmentation du commerce mondial. 

L'Iran brandit la menace d'une « guerre régionale » et monte en puissance contre l'Union européenne

Faits 

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a publiquement averti que toute attaque américaine contre l'Iran déclencherait une « guerre régionale », en réponse au déploiement d'importantes forces navales américaines dans la région et aux déclarations de Donald Trump selon lesquelles Téhéran « discute sérieusement » avec Washington de son programme nucléaire. 

Parallèlement, après la décision de l'Union européenne d'inscrire les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes, Téhéran a annoncé qu'il considérait toutes les armées des États membres de l'UE comme des « groupes terroristes ». 

Cette rhétorique s'accompagne de menaces de représailles « rapides et contondantes » en cas d'action militaire, tandis que différentes capitales nouent des contacts indirects afin d'explorer une éventuelle voie de négociation. 

Implications 

Cette escalade verbale confirme la nature profondément déstabilisatrice du régime théocratique de Téhéran, qui combine victimisation stratégique et chantage militaire avec son exportation traditionnelle du terrorisme par le biais de ses bras armés : le Hezbollah, les Houthis, les milices irakiennes et le Hamas. 

Qualifier toutes les armées européennes de « terroristes » n'est pas seulement une exagération propagandiste : c'est une tentative de délégitimer l'OTAN et l'UE dans l'imaginaire de son opinion publique et de ses partenaires autoritaires, en particulier la Russie et certains acteurs d'Asie centrale. 

Sous la présidence de Trump, Washington maintient une ligne ferme cohérente avec sa politique de pression maximale : déploiement dissuasif, menaces crédibles et disposition tactique à explorer une négociation si le prix stratégique est acceptable pour les États-Unis. 

Perspectives et scénarios 

À court terme, le risque le plus plausible est celui d'un conflit limité – une attaque contre des actifs iraniens dans des pays tiers, ou une action d'un « mandataire » contre des intérêts américains ou européens – qui pourrait être géré sans dégénérer en guerre ouverte, mais qui augmenterait les tensions dans le Golfe et le Levant. 

Dans un scénario de prudence stratégique, la combinaison de pressions militaires et de sanctions pourrait pousser Téhéran à accepter un accord de confinement nucléaire, à condition que le régime perçoive que sa survie économique est en jeu. Le pire scénario resterait une série d'erreurs de calcul : une attaque mal calibrée, une réponse disproportionnée d'un mandataire et une dynamique d'escalade entraînant Israël, l'Arabie saoudite et tout l'arc méditerranéen oriental dans un conflit très difficile à contenir.

<p>El líder supremo de Irán, el ayatolá Alí Jamenei, habla durante una reunión en Teherán, Irán, el 3 de enero de 2026 - Oficina del líder supremo iraní/WANA (Agencia de Noticias de Asia Occidental) via REUTERS </p>
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'exprime lors d'une réunion à Téhéran, en Iran, le 3 janvier 2026 - Bureau du guide suprême iranien/WANA (Agence de presse d'Asie occidentale) via REUTERS

Le Qatar, médiateur clé dans la désescalade régionale et le cessez-le-feu à Gaza

Faits 

Le Qatar a intensifié ses efforts diplomatiques pour réduire les tensions entre l'Iran et l'Occident et, parallèlement, a joué un rôle absolument essentiel dans la mise en place et le maintien du cessez-le-feu à Gaza, en travaillant main dans la main avec l'Égypte, d'autres médiateurs régionaux et les États-Unis. 

Doha a été une plateforme centrale pour les négociations sur la libération des otages, l'entrée de l'aide humanitaire et la conception par étapes de la réouverture du passage de Rafah, en coordination avec les principales capitales occidentales. Dans le même temps, les autorités qataries soulignent sans cesse que la médiation et la résolution pacifique des conflits font partie de l'identité nationale du Qatar et de la logique de sa politique étrangère. 

Implications 

La médiation qatarienne n'est pas un geste opportuniste, mais une politique d'État consolidée : le Qatar s'est spécialisé dans le dialogue avec tous les acteurs, y compris ceux qui sont profondément hostiles à l'Occident, afin de construire des ponts qu'aucun autre pays ne pourrait établir avec la même efficacité. Ce rôle ne diminue en rien, mais renforce au contraire, son statut d'allié solide et fiable des États-Unis et des démocraties occidentales : la présence de la grande base d'Al Udeid et les accords de défense avec Washington sont la preuve tangible de cette alliance stratégique. 

À Gaza, sans le Qatar, le cessez-le-feu et les mécanismes de mise en œuvre humanitaire auraient été infiniment plus difficiles, voire carrément irréalisables ; sa capacité à gagner la confiance des parties en conflit lui permet de débloquer des dossiers là où d'autres se contentent d'émettre des communiqués. 

Perspectives et scénarios 

À court terme, il est raisonnable de penser que le Qatar restera le médiateur indispensable tant pour la prochaine phase du cessez-le-feu à Gaza que pour toute véritable désescalade entre l'Iran et les États-Unis. 

À moyen terme, si cette empreinte se consolide, Doha pourrait devenir un élément structurel de l'architecture de sécurité du Moyen-Orient élargi : un partenaire occidental qui, sans renoncer à ses alliances, a fait de la médiation sa marque nationale et sa contribution spécifique à la paix. 

Le défi pour l'Europe et l'ensemble du monde atlantique est de tirer le meilleur parti de cet atout, en intégrant le Qatar dans une stratégie qui combine la fermeté face aux régimes autoritaires de la région et l'utilisation intelligente des rares intermédiaires capables d'ouvrir des portes là où la diplomatie classique ne peut plus intervenir. 

<p>El emir de Qatar, el jeque Tamim bin Hamad Al Thani, asiste a la inauguración de la cumbre árabe-islámica de emergencia para abordar el ataque israelí contra Hamás en territorio del país del Golfo, en Doha, Qatar, el 15 de septiembre de 2025 - PHOTO/ AGENCIA DE NOTICIAS DE QATAR</p>
L'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, assiste à l'ouverture du sommet arabe-islamique d'urgence organisé pour discuter de l'attaque israélienne contre le Hamas sur le territoire du pays du Golfe, à Doha, au Qatar, le 15 septembre 2025 - PHOTO/ AGENCE DE PRESSE DU QATAR

L'Union européenne entre dans la logique de la « guerre juridique » avec l'Iran

Faits 

La décision de l'Union européenne d'inscrire les Gardiens de la révolution islamique sur sa liste des organisations terroristes a déclenché une réaction symétrique de la part de l'Iran, qui a déclaré « terroristes » toutes les armées des États membres. 

La mesure européenne suit la voie tracée par les États-Unis et reflète un consensus croissant autour du caractère terroriste de l'appareil militaro-idéologique qui soutient la théocratie iranienne. La réponse de Téhéran, bien que juridiquement sans effet en dehors de son territoire, élève la confrontation au niveau symbolique et politique, compliquant les voies diplomatiques et consulaires. 

Implications 

Cette dynamique inaugure une phase de « guerre juridique » dans laquelle les désignations de terrorisme sont utilisées comme instruments de pression politique, mais aussi comme base pour des sanctions financières et des restrictions de mouvement. Pour l'Europe, cela signifie enfin abandonner une certaine complaisance envers un régime qui a largement démontré son implication dans des attentats, des assassinats d'opposants et le financement de groupes terroristes dans la région. 

Pour l'Iran, la décision européenne aggrave son isolement, complique l'accès au financement et accélère le départ des entreprises occidentales de ses secteurs stratégiques, ce qui peut se traduire par une plus grande précarité interne et, potentiellement, par davantage de répression et d'externalisation de la violence. 

Perspectives et scénarios 

À court terme, nous assisterons probablement à un durcissement réciproque : davantage de sanctions sectorielles européennes, des restrictions sur les déplacements des dirigeants iraniens et des réponses potentielles de l'Iran dans le cyberespace ou par l'intermédiaire de mandataires. 

À moyen terme, le véritable test sera la cohérence interne de l'UE : maintiendra-t-elle cette ligne dans le temps, coordonnera-t-elle ses actions avec Washington et Londres et renforcera-t-elle la défense de la dissidence iranienne, ou retombera-t-elle dans le mirage de « l'ouverture économique » avec une dictature théocratique ? Dans le scénario optimiste, cette fermeté, bien coordonnée avec les États-Unis, peut renforcer le front atlantique et envoyer un message clair aux autres régimes autoritaires sur les coûts liés au terrorisme d'État. 

Comandantes y miembros del Cuerpo de la Guardia Revolucionaria Islámica se reúnen con el líder supremo de Irán, el ayatolá Ali Khamenei, en Teherán, Irán - PHOTO/WANA via REUTERS
Les commandants et les membres du Corps des gardiens de la révolution islamique rencontrent le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran, en Iran - PHOTO/WANA via REUTERS

L'Inde répond aux tarifs douaniers de Trump par une offensive dans les infrastructures et l'industrie manufacturière

Faits 

La ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, a présenté un budget qui augmente les dépenses d'investissement d'environ 9 %, avec de fortes hausses dans les infrastructures, l'industrie manufacturière et le soutien à l'industrie locale, dans un contexte de tarifs douaniers américains de 50 % sur certains produits indiens. 

Selon la ministre elle-même, le budget vise à renforcer la résilience face à la volatilité mondiale, à accroître la productivité et à positionner l'Inde comme une plaque tournante alternative au milieu de la fracture des chaînes d'approvisionnement mondiales. Le discours de la presse indienne souligne que le pays est en train de « se muscler » pour négocier avec Washington dans de meilleures conditions, sans renoncer à la coopération stratégique. 

Implications 

La réponse indienne confirme que la guerre tarifaire ne conduit pas nécessairement au protectionnisme défensif, mais peut catalyser des réformes favorables à la croissance lorsque les dirigeants politiques misent sur l'économie de marché et l'investissement dans la productivité. 

D'un point de vue atlantique, renforcer une Inde démocratique, attachée à l'État de droit et appelée à faire contrepoids à la Chine en Asie, est une priorité stratégique, compatible avec les tensions tactiques en matière commerciale. L'approche du gouvernement indien contraste avec le victimisme de nombreuses gauches occidentales, qui se contentent de blâmer le « néolibéralisme » au lieu de profiter des turbulences pour moderniser leur économie. 

Perspectives et scénarios 

Dans le meilleur des cas, le budget 2026 sera un accélérateur d'investissements dans les infrastructures et l'industrie manufacturière de pointe, consolidant l'Inde comme destination privilégiée pour les délocalisations industrielles qui fuient l'opacité et le risque politique de la Chine. À court terme, cependant, la combinaison des tarifs douaniers croisés et des pressions politiques peut générer des frictions, qui exigeront une diplomatie économique sophistiquée de la part de New Delhi et de Washington. Si l'Inde persévère dans ses réformes, elle peut devenir un pilier de l'architecture libérale indo-pacifique, à condition de maintenir son engagement en faveur des libertés fondamentales et de ne pas céder aux tentations illibérales internes. 

<p>La ministra de Finanzas de la India, Nirmala Sitharaman, sostiene una carpeta con el logotipo del Gobierno de la India mientras sale de su oficina para presentar el presupuesto anual en el Parlamento, en Nueva Delhi, India, el 1 de febrero de 2025 </p>

<p>REUTERS/ ALTAF HUSSAIN </p>
La ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, tient un dossier portant le logo du gouvernement indien alors qu'elle quitte son bureau pour présenter le budget annuel au Parlement, à New Delhi, en Inde, le 1er février 2025  - REUTERS/ ALTAF HUSSAIN

Japon : vers une victoire écrasante de Takaichi et un message clair à la Chine

Faits 

Un sondage du quotidien Asahi indique que le parti de la Première ministre Sanae Takaichi est en passe de remporter une victoire écrasante aux prochaines élections, avec une large avance sur l'opposition. Les sondages indiquent que l'opinion publique japonaise soutient un programme qui combine responsabilité fiscale, renforcement de la défense nationale et poursuite de l'alliance stratégique avec les États-Unis et les autres partenaires occidentaux. Ce résultat électoral probable intervient à un moment où la pression chinoise s'intensifie en mer de Chine orientale et dans le Pacifique occidental, et où le réarmement régional s'accélère.

Implications 

Une victoire solide de Takaichi renforcera le Japon en tant que pilier du dispositif de confinement face à l'expansionnisme chinois en Asie et dans le Pacifique, depuis les îles Nansei jusqu'à la coopération avec l'Australie et l'Inde. 

Pour Pékin, ce serait un signe sans équivoque que les intimidations militaires et la pression économique ont échoué à fracturer le consensus japonais en matière de sécurité. Pour l'Europe et le monde atlantique, le message est tout aussi clair : le flanc est du système des démocraties libérales se consolide, il ne s'affaiblit pas, ce qui est essentiel pour la stabilité des routes commerciales et des chaînes d'approvisionnement technologiques. 

Perspectives et scénarios 

Si sa victoire écrasante se confirme, Takaichi aura probablement la marge de manœuvre nécessaire pour approfondir la réforme de la politique de défense, durcir la position vis-à-vis de la Chine et faire progresser la coopération en matière de sécurité avec l'Europe, y compris la présence navale européenne dans l'Indo-Pacifique. 

À moyen terme, le Japon pourrait jouer un rôle encore plus actif dans la dissuasion intégrée avec les États-Unis, de la cyberdéfense à la protection des infrastructures critiques. Le scénario à risque proviendrait d'une éventuelle réaction excessive de la Chine – davantage d'incursions aériennes, davantage de présence navale – qui augmenterait le risque d'incident tactique dans un théâtre extrêmement encombré. 

La nueva primera ministra de Japón, Sanae Takaichi, pronuncia su primer discurso político en el Parlamento, en Tokio, Japón, el 24 de octubre de 2025 - REUTERS/ KIM KYUNG-HOON
La nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, prononce son premier discours politique au Parlement, à Tokyo, au Japon, le 24 octobre 2025 - REUTERS/ KIM KYUNG-HOON

Gaza : préparatifs pour la réouverture de Rafah et gestion d'une paix imparfaite

Faits 

Les autorités israéliennes ont confirmé que des « préparatifs préliminaires » étaient en cours pour rouvrir le passage de Rafah entre l'Égypte et Gaza, avec la perspective d'autoriser un transit limité des piétons à partir de lundi. Israël contrôle le passage depuis mai 2024, et sa réouverture partielle coïncide avec des informations faisant état de nouvelles frappes aériennes qui ont fait au moins trente morts à Gaza, selon des sources palestiniennes. Les médias internationaux soulignent qu'il s'agit d'une étape dans une stratégie progressive d'assouplissement du blocus, conditionnée à la situation sécuritaire et au contrôle effectif du Hamas et d'autres groupes armés, en pleine coordination avec les efforts de médiation menés par le Qatar. 

Implications 

La réouverture, bien que limitée, constitue un geste important dans le contexte d'une guerre qui a dévasté la bande de Gaza et gravement nui à l'image internationale d'Israël, malgré la responsabilité initiale du Hamas dans le déclenchement du conflit. 

Pour l'Égypte, cela implique de reprendre un rôle charnière entre les exigences de sécurité d'Israël, les pressions de la communauté internationale et le risque d'infiltration d'éléments djihadistes. L'essentiel restera de veiller à ce que l'ouverture de Rafah ne devienne pas une autoroute pour le réarmement du Hamas, qui reste une organisation terroriste alignée sur la stratégie régionale de Téhéran, tout en préservant l'espace de médiation et de gestion humanitaire que le Qatar a contribué à ouvrir. 

Perspectives et scénarios 

À court terme, on peut s'attendre à une réouverture très contrôlée, axée sur les cas humanitaires, les étudiants et certaines autorisations de travail, avec une forte composante de supervision israélienne et égyptienne, et avec Doha conservant un rôle constant de garant et de facilitateur. 

Si un cessez-le-feu stable se consolide, des formules plus ambitieuses de reconstruction sous supervision internationale pourraient être envisagées, en liant l'aide à des garanties de démilitarisation effective. Le risque est que, sans un cadre politique clair pour « l'après », Gaza reste prisonnière d'une situation d'incertitude, de dépendance internationale et de contrôle sécuritaire, terrain fertile pour que l'islamisme radical se présente à nouveau comme une fausse alternative, malgré les efforts sérieux de médiateurs tels que le Qatar et l'Égypte.

<p>Camiones que transportan ayuda humanitaria se alinean junto a ambulancias egipcias antes de transportar suministros a la Franja de Gaza a través del paso fronterizo de Rafah, en el lado egipcio, tras el primer día de la reapertura de la frontera por parte de Israel para el tránsito de peatones, en Rafah, Egipto, el 2 de febrero de 2026 - PHOTO/ REUTERS</p>
Des camions transportant de l'aide humanitaire s'alignent à côté d'ambulances égyptiennes avant de transporter des fournitures vers la bande de Gaza via le poste-frontière de Rafah, du côté égyptien, après le premier jour de réouverture de la frontière par Israël pour le passage des piétons, à Rafah, en Égypte, le 2 février 2026. - PHOTO/ REUTERS

Soudan du Sud : vers une nouvelle guerre civile oubliée ?

Faits 

Les derniers rapports des Nations unies et d'organisations spécialisées alertent sur une escalade significative de la violence au Soudan du Sud, avec des opérations militaires du gouvernement contre les forces d'opposition et une augmentation du nombre de victimes civiles dans des zones telles que l'État de Jonglei. L'ONU a exprimé sa « profonde inquiétude » face à la rhétorique de certains commandants militaires, qui ont menacé de « ne pardonner à personne », dans un langage qui rappelle les pires moments de la guerre civile. Diverses sources soulignent le risque d'effondrement des accords de paix en vigueur et la possibilité que le conflit s'intensifie et se régionalise. 

Implications 

Le Soudan du Sud incarne la tragédie des États fragiles où la combinaison d'élites prédatrices, de fragmentation ethnique et d'abondance d'armes transforme chaque conflit politique en un bain de sang potentiel. Pour l'Europe et le monde atlantique, le risque est double : d'une part, la multiplication des crises humanitaires qui exigent des ressources ; d'autre part, la consolidation d'espaces d'impunité qui peuvent être exploités par des réseaux criminels et des groupes djihadistes. L'attention internationale reste concentrée sur l'Ukraine et le Moyen-Orient, laissant une marge de manœuvre excessive aux acteurs locaux qui ont maintes fois démontré leur mépris pour la vie humaine. 

Perspectives et scénarios 

En l'absence d'une pression concertée du Conseil de sécurité et de l'Union africaine, le scénario le plus probable est une prolongation de la violence, avec des pics d'intensité et d'importants mouvements de personnes déplacées à l'intérieur du pays. 

Un effort diplomatique sérieux devrait combiner des sanctions sélectives contre les responsables de violations graves des droits de l'homme et des incitations économiques liées à de véritables réformes institutionnelles. Le risque de contagion régionale – dans un environnement déjà marqué par le djihadisme au Sahel et en Afrique de l'Est – exige d'intégrer le Soudan du Sud dans le radar de sécurité de l'OTAN et de l'UE, ne serait-ce qu'à titre préventif et non d'intervention directe. 

Miembros del Ejército sudanés se encuentran en el palacio presidencial, después de que el Ejército sudanés dijera que había tomado el control del edificio, en la capital de Jartum, Sudán, el 24 de marzo de 2025 - REUTERS/EL TAYEB SIDDIG
Des membres de l'armée soudanaise se trouvent dans le palais présidentiel, après que l'armée soudanaise a déclaré avoir pris le contrôle du bâtiment, dans la capitale Khartoum, au Soudan, le 24 mars 2025 - REUTERS/EL TAYEB SIDDIG

Aviation : une industrie confrontée à des vents contraires industriels et géopolitiques

Faits 

Les principaux dirigeants du secteur de l'aviation, tant civile que militaire, ont mis en garde contre la combinaison de vents contraires industriels et géopolitiques qui affectent le marché : goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement, renchérissement des matériaux et tensions politiques croissantes qui reconfigurent les itinéraires et les décisions d'achat. 

Réunis lors de forums sectoriels, les dirigeants et responsables des compagnies aériennes et des constructeurs ont souligné la nécessité de s'adapter à un environnement dans lequel la fracture géopolitique du monde se traduit par de nouvelles restrictions, sanctions et risques pour la sécurité. En outre, l'augmentation de la demande d'avions militaires, de drones et de systèmes de défense antiaérienne liée à des conflits tels que celui en Ukraine modifie les priorités de production des chaînes de production d'avions commerciaux. 

Implications 

L'aviation fonctionne comme un baromètre avancé du désordre mondial : chaque conflit modifie les itinéraires, les primes d'assurance, les coûts et les décisions concernant les flottes et les bases. Pour l'Europe, qui compte de grands champions industriels dans ce secteur, la pression géopolitique oblige à accélérer l'autonomie industrielle sans rompre les liens transatlantiques qui garantissent la supériorité technologique face à la Chine et à la Russie. L'essor de la demande militaire, stimulé par l'agression russe contre l'Ukraine et l'instabilité au Moyen-Orient, ouvre des opportunités industrielles, mais exige une planification stratégique qui évite de faire de l'industrie l'otage de décisions politiques à court terme. 

Perspectives et scénarios 

À court terme, il faut s'attendre à une pression accrue sur les délais de livraison, à une augmentation des coûts et à davantage de renégociations contractuelles, tant dans le segment commercial que militaire. À moyen terme, la carte des routes et des hubs pourrait être reconfigurée de manière plus structurelle, avec un poids accru des couloirs considérés comme « sûrs » sur le plan politique et une pénalisation croissante des routes traversant des espaces aériens contrôlés par des régimes imprévisibles. Dans le domaine de la défense, la convergence des intérêts entre les États-Unis et l'Europe en matière de réapprovisionnement des arsenaux et de modernisation des flottes renforce le lien atlantique et réduit la dépendance vis-à-vis des fournisseurs à risque. 

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États-Unis-Cuba : le blocus énergétique comme prochain domino des dictatures communistes populistes et sanguinaires d'Amérique latine

Faits 

Le président Trump a menacé d'imposer des tarifs douaniers à tout pays vendant ou fournissant du pétrole à Cuba, ce qui a conduit le Mexique à envisager la possibilité de suspendre ses livraisons de pétrole brut à l'île afin d'éviter des représailles économiques de la part de Washington. Diverses analyses indiquent que le régime cubain est déjà confronté à de graves difficultés pour assurer l'approvisionnement énergétique interne, avec des coupures de courant fréquentes et un malaise social croissant. La stratégie américaine s'inscrit dans le cadre d'une politique plus large de pression sur les dictatures ibéro-américaines, après le durcissement préalable à l'encontre du régime chaviste au Venezuela. 

Implications 

La fermeture du robinet pétrolier s'annonce comme un instrument de pression beaucoup plus efficace que des décennies de rhétorique et de sanctions partielles : sans énergie, la capacité du régime à maintenir son appareil répressif et clientéliste s'érode rapidement. Cette ligne d'action, soutenue politiquement par des personnalités telles que le sénateur Marco Rubio, s'inscrit dans une vision claire : celle de frapper les piliers économiques qui soutiennent les dictatures qui ont vécu de l'exportation de la répression et des services « révolutionnaires » vers le pire chavisme régional. 

Le risque, qu'il ne faut pas ignorer, est une pénalisation accrue de la population cubaine, mais le responsable ultime de cette misère reste un régime qui a détourné la souveraineté populaire et empêché toute transition démocratique. 

Perspectives et scénarios 

Dans le scénario de pression maximale, la combinaison de la pénurie énergétique, de l'inflation et de l'érosion de la légitimité pourrait déboucher sur de nouvelles manifestations massives, dont la répression pourrait, à son tour, relancer le débat international sur la transition à Cuba. Si le Mexique et d'autres fournisseurs cèdent aux menaces de tarifs douaniers, La Havane sera contrainte de rechercher des fournisseurs plus éloignés et plus coûteux, ou d'accepter des contreparties politiques encore plus lourdes avec ses partenaires autoritaires. 

Le meilleur résultat, d'un point de vue libéral de centre-droit, serait que le blocus énergétique accélère une négociation de sortie permettant une transition ordonnée vers une démocratie libérale, sans aventures révolutionnaires ni vengeances sommaires. 

<p>Claudia Sheinbaum, durante su conferencia matutina, tras las advertencias de Donald Trump sobre posibles acciones militares contra México y Colombia por el tráfico de drogas, en el Palacio Nacional, en Ciudad de México, México, el 5 de enero de 2026 - REUTERS/ RAQUEL CUNHA</p>
Claudia Sheinbaum, lors de sa conférence matinale, après les avertissements de Donald Trump concernant d'éventuelles actions militaires contre le Mexique et la Colombie pour trafic de drogue, au Palais national, à Mexico, au Mexique, le 5 janvier 2026 - REUTERS/ RAQUEL CUNHA

Costa Rica : avancée de la droite conservatrice avec Laura Fernández

Faits 

Laura Fernández se rapproche de la victoire aux élections présidentielles du Costa Rica, avec une nette avance dans le décompte provisoire, selon les médias internationaux et régionaux. Sa candidature, identifiée comme étant de droite conservatrice sans complexe, a capitalisé sur le mécontentement à l'égard des élites traditionnelles, les préoccupations liées à l'insécurité et le ras-le-bol face à la gestion économique. Les premières analyses indiquent un Parlement fragmenté, ce qui obligera à tisser des alliances pour gouverner. 

Implications 

Le Costa Rica, traditionnellement présenté comme une « exception vertueuse » en Amérique centrale en raison de sa stabilité politique, de sa démocratie ininterrompue et de son engagement en faveur de l'État-providence, entre dans une phase d'expérimentation politique où l'étiquette de « populisme de droite » que lui attribuent la gauche et certains médias oblige à faire la distinction entre rhétorique et substance. Si le nouveau gouvernement opte pour des réformes favorables au marché, la responsabilité fiscale et le renforcement de l'État de droit, ce revirement pourrait être l'occasion de moderniser le pays et de le protéger contre la contagion du chavisme et d'autres tentations autoritaires régionales.

Il se passe quelque chose de similaire au Chili, où le discours électoral est une chose et gouverner en est une autre. Les défis sont importants et il est essentiel que Laura Fernández maintienne une ligne pragmatique et sensée, en respectant les institutions, la responsabilité fiscale et en tenant sa promesse électorale de lutter contre l'insécurité. Sinon, le prestige international mérité du Costa Rica pourrait rapidement se détériorer. 

Perspectives et scénarios 

Dans le meilleur des cas, Fernández s'entoure d'une équipe technique compétente, maintient l'ancrage atlantique et renforce la coopération avec les États-Unis et l'Europe, notamment en matière de sécurité, de lutte contre le trafic de drogue et de défense de l'environnement. À court terme, la priorité sera d'observer la composition de son cabinet et ses premières mesures économiques, qui détermineront si son projet s'inscrit dans une droite réformiste ou dans un populisme opportuniste. Pour la région, l'évolution du Costa Rica constituera un laboratoire important : un succès renforcerait l'idée d'une droite démocratique capable de répondre aux défis sociaux sans tomber dans l'extrémisme ; un échec alimenterait le discours des gauches radicales contre toute alternative libérale. 

<p>La candidata presidencial Laura Fernández, del Partido Popular Soberano (PPSO), reacciona en el escenario mientras lidera las elecciones generales, en San José, Costa Rica, el 1 de febrero de 2026 - REUTERS/ RAQUEL CUNHA</p>
La candidate à la présidence Laura Fernández, du Parti populaire souverain (PPSO), réagit sur scène alors qu'elle mène les élections générales, à San José, au Costa Rica, le 1er février 2026 - REUTERS/ RAQUEL CUNHA

Rack média

NYT / Washington Post / CNN 

Tensions entre l'Iran et les États-Unis, désignation des Gardiens et risque d'escalade régionale. Accent mis sur le risque de guerre et la nécessité du dialogue ; certains articles ont tendance à souligner davantage les dangers de la réponse de Trump que la nature du régime iranien. 

The Times / The Telegraph / The Guardian 

Couverture de Gaza et Rafah, avec une attention particulière pour le coût humain et la dimension humanitaire. Approche critique envers Israël sur le plan humanitaire, avec des nuances selon les titres ; le rôle du Hamas est reconnu, mais reste souvent en arrière-plan. 

WSJ / Financial Times / The Economist 

Impact économique des tensions avec l'Iran, budget indien, aviation sous pression et situation au Soudan du Sud. Analyse solide des effets sur les marchés et les chaînes d'approvisionnement ; The Economist introduit la question d'une possible nouvelle guerre civile au Soudan du Sud. 

Le Monde / Le Figaro / Libération 

Réaction européenne à l'Iran et débat interne sur la désignation des Gardiens comme terroristes. Le Figaro tend à souligner la nécessité de faire preuve de fermeté, tandis que Le Monde et Libération mettent l'accent sur les risques d'escalade et l'impact sur l'accord nucléaire. 

FAZ / Die Welt / Die Zeit 

Accent mis sur la dimension stratégique de la confrontation avec l'Iran et le rôle de l'UE ; mentions de l'Ukraine et de la pression sur l'industrie européenne. Ligne généralement critique à l'égard de Téhéran et favorable à une politique de défense européenne plus robuste, en coordination avec l'OTAN. 

Corriere della Sera / El Mercurio / Clarín / Reforma 

Couverture de l'Iran et du Moyen-Orient, avec un accent régional ; attention croissante portée à Cuba et au Costa Rica. L'Amérique latine est vue à travers le prisme de la lutte entre des populismes de différents signes ; intérêt pour le rôle de Trump dans le blocus de Cuba. 

BBC / France 24 / Euronews 

Récit équilibré sur l'Iran et l'UE, le rôle de médiateur du Qatar et la réouverture de Rafah. Ils cherchent à adopter un ton descriptif, mais avec une sensibilité particulière à la dimension humanitaire à Gaza et au risque d'escalade dans le Golfe ; ils soulignent le rôle clé du Qatar en tant que médiateur. 

Reuters / AP / AFP / DPA 

Couverture de référence sur l'Iran, l'Inde, le Japon, Gaza, le Soudan du Sud, Cuba et le Costa Rica. Ils maintiennent une approche factuelle qui sert de base aux autres médias ; ils mettent en avant les dépêches sur le budget indien, les élections au Costa Rica et la pression sur Cuba. 

WION / SCMP / China Daily 

Attention portée aux tensions entre l'Iran et les États-Unis, au rôle de l'Inde et à l'évolution politique au Japon, vus depuis l'Asie. Les médias chinois ont tendance à présenter les États-Unis comme un facteur de déstabilisation, tandis que WION met l'accent sur le leadership indien. 

Médias du Golfe et environnants (Al Jazeera, Al Arabiya, presse qatarienne et saoudienne) 

Rôle du Qatar et de l'Égypte dans le cessez-le-feu à Gaza, coordination avec les États-Unis et l'UE, et craintes d'une escalade régionale due à l'Iran. La presse qatarie souligne la médiation de Doha comme signe d'identité nationale ; Al Arabiya et d'autres médias du Golfe reconnaissent, avec des nuances, l'efficacité du Qatar en tant qu'interlocuteur valable pour Washington et partenaire stable de l'Occident. 

Commentaire éditorial

Les dernières vingt-quatre heures ont dessiné un tableau où s'affrontent sans détours deux modèles : celui des démocraties libérales qui luttent pour s'adapter à un environnement hostile sans renoncer à leurs principes, et celui des régimes autoritaires qui combinent terrorisme, chantage énergétique et manipulation juridique pour survivre. L'Iran représente aujourd'hui la version la plus crue de ce deuxième modèle : une théocratie qui menace d'une « guerre régionale », déclare les armées de l'UE comme terroristes et exige en même temps d'être traitée comme un acteur respectable sur la scène internationale, tout en armant et en finançant le Hezbollah, les Houthis et le Hamas. Face à cela, la réponse des États-Unis et de l'Europe doit être ferme, coordonnée et sans complexe, en renforçant les sanctions, en protégeant la dissidence et en laissant la porte ouverte à la négociation uniquement si cela permet de réduire le risque nucléaire et terroriste, et non de légitimer le régime. 

Parallèlement, la politique de fermeté de Washington à l'égard de Cuba confirme ce que beaucoup ne veulent pas voir : les dictatures ibéro-américaines sont vulnérables lorsque l'on touche leurs veines économiques, et non lorsque l'on leur offre des gestes symboliques et des discours bienveillants. Le blocus énergétique de La Havane et le blocus préalable du régime mafieux chaviste s'inscrivent dans une stratégie cohérente : couper l'oxygène financier à ceux qui ont transformé leurs pays en plateformes de trafic de drogue, de répression et d'exportation idéologique. L'Europe ferait bien ici d'abandonner ses nostalgies des années 60 et de s'aligner sur une défense sans ambiguïté de la démocratie libérale, même lorsque les victimes de l'autoritarisme parlent espagnol. 

Face au bloc autoritaire, il y a de bonnes nouvelles qu'il ne faut pas minimiser. L'Inde, avec son budget axé sur l'investissement et l'industrie, montre qu'il est possible de répondre à la pression tarifaire par plus de marché et plus de productivité, et non par le repli et le victimisme. Le Japon, si la victoire de Takaichi se confirme, consolidera un axe de bon sens et de fermeté dans l'Indo-Pacifique, essentiel pour contenir l'expansionnisme chinois. Le Costa Rica, malgré l'incertitude qui entoure tout virage populiste, pourrait démontrer qu'une droite qui combine sécurité, responsabilité fiscale et respect institutionnel est capable d'offrir une véritable alternative aux dérives bolivariennes de la région. Et le Qatar se révèle, par des actes et pas seulement par des discours, comme un médiateur authentique, efficace et engagé en faveur de la paix, qui a fait de la médiation son signe d'identité nationale et sa politique étrangère, sans pour autant cesser d'être l'un des alliés les plus fidèles, stables et fiables de l'Occident et, plus particulièrement, des États-Unis. 

Dans ce contexte, l'atlantisme n'est pas une nostalgie de la guerre froide, mais une nécessité pour la survie de la démocratie : seule une communauté de nations libres, coordonnées et prêtes à défendre leur mode de vie peut faire face à la fois au terrorisme djihadiste, au révisionnisme russe, à la théocratie iranienne et à l'expansionnisme de Pékin. Rejeter les extrémismes de tous bords, dénoncer le wokisme lorsqu'il banalise la sécurité et combattre le relativisme qui met sur le même plan des démocraties imparfaites et des dictatures sans freins sont des tâches qui ne peuvent être reportées. Le monde qui se dessine n'admet pas la neutralité morale : soit on se range du côté de la démocratie libérale, de l'État de droit et de l'économie ouverte, soit on laisse le champ libre à ceux qui conçoivent la force et la peur comme seul langage politique.