Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 30 janvier
Voici l'analyse de l'actualité mondiale, structurée en thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias
- Introduction
- Trump nomme Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale
- Accord de dernière minute pour éviter la fermeture partielle du gouvernement fédéral
- Le Venezuela ouvre son secteur pétrolier aux entreprises étrangères
- L'Union européenne désigne le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste
- Xi Jinping décapite le sommet militaire chinois avec la purge du général Zhang Youxia
- Trump met en garde le Royaume-Uni contre un rapprochement commercial avec la Chine
- Tension maximale : une attaque américaine contre l'Iran est-elle imminente ?
- Nouvelle course à l'armement nucléaire après l'expiration du traité New Start
- La Cour suprême du Panama annule les contrats portuaires chinois dans le canal
- Élections cruciales au Japon pour renforcer le front contre la Chine
- Rack média
- Commentaire éditorial
Introduction
La journée du 30 janvier 2026 a été marquée par des événements d'une importance géopolitique extraordinaire qui témoignent des profondes transformations de l'ordre international. Depuis Washington, le président Trump annonce la nomination de Kevin Warsh au poste de nouveau président de la Réserve fédérale, signalant un virage vers des politiques monétaires plus accommodantes qui pourraient redéfinir l'architecture financière mondiale. Au Capitole, le Sénat parvient à un accord de dernière minute pour éviter la fermeture partielle du gouvernement fédéral, mais la crise migratoire et les actions des agents fédéraux maintiennent le pays en haleine.
Caracas est le théâtre d'un des revirements les plus significatifs de la politique énergétique latino-américaine avec l'adoption par le Parlement d'une loi qui ouvre le secteur pétrolier vénézuélien aux entreprises étrangères, renversant ainsi deux décennies de nationalisme chaviste. Pendant ce temps, l'Union européenne prend la décision historique — et longtemps attendue — de désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran comme une organisation terroriste, en réponse à la répression brutale des manifestations qui a coûté la vie à des milliers de personnes.
En Asie, Xi Jinping poursuit son implacable purge militaire avec la chute du général Zhang Youxia, démontrant une concentration de pouvoir sans précédent qui soulève des questions sur la capacité opérationnelle de l'Armée populaire de libération. Trump met en garde le Royaume-Uni contre les dangers d'un resserrement des liens commerciaux avec Pékin, tandis que Keir Starmer cherche à rééquilibrer les relations sino-britanniques. Des scénarios de tension maximale se profilent à l'horizon : une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, une nouvelle course aux armements nucléaires après l'expiration du traité New START, et des élections cruciales au Japon qui pourraient renforcer le front contre l'expansionnisme chinois dans le Pacifique.
Trump nomme Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale
Faits
Le président Donald Trump a confirmé qu'il annoncerait vendredi sa décision de nommer Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale, en remplacement de Jerome Powell dont le mandat expire en mai. Ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011 sous l'administration George W. Bush, Warsh avait déjà été finaliste en 2017 lorsque Trump avait finalement choisi Powell. Les marchés de prédiction donnent à Warsh plus de 80 % de chances après sa visite à la Maison Blanche jeudi. La nomination devra être confirmée par le Sénat, où le sénateur républicain Thom Tillis a menacé de bloquer tout candidat jusqu'à ce que l'enquête du ministère de la Justice sur Powell soit résolue.
Implications
La nomination de Warsh marque un tournant dans la politique monétaire américaine. Contrairement à Powell, qui a maintenu une approche prudente face aux pressions inflationnistes résultant des tarifs douaniers imposés par Trump, Warsh est connu pour être favorable à des taux d'intérêt plus bas, s'alignant ainsi sur les demandes présidentielles de baisses agressives afin de stimuler la croissance économique et de réduire le coût du service de la dette nationale.
Cependant, Warsh est également partisan d'une réduction du bilan de la banque centrale, ce qui ajoute un facteur de complexité à son profil. Cette nomination sape l'indépendance de la Réserve fédérale, l'un des piliers fondamentaux de la stabilité économique américaine depuis des décennies. Trump a intensifié ses attaques contre Powell, allant jusqu'à instrumentaliser une enquête du ministère de la Justice sur la rénovation du siège de la Fed pour faire pression sur l'actuel président.
Perspectives et scénarios
Si la nomination est confirmée, on peut s'attendre à une politique monétaire plus accommodante qui pourrait stimuler les marchés boursiers à court terme, mais augmenter les risques inflationnistes à moyen terme, en particulier dans un contexte de protectionnisme tarifaire. La crédibilité de la Réserve fédérale en tant qu'institution indépendante sera sérieusement remise en question, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les marchés obligataires et sur la perception internationale du dollar en tant que monnaie de réserve.
Le processus de confirmation sera un test crucial pour l'équilibre des pouvoirs à Washington et pour la capacité du Sénat à défendre l'autonomie institutionnelle face aux pressions de l'exécutif.
Accord de dernière minute pour éviter la fermeture partielle du gouvernement fédéral
Faits
Les sénateurs démocrates et républicains sont parvenus à un accord pour séparer le financement du département de la Sécurité intérieure (DHS) du paquet de cinq autres projets de loi de crédits budgétaires, évitant ainsi une fermeture partielle du gouvernement fédéral dont le délai expirait le 30 janvier.
Les cinq projets de loi seront votés avant le week-end, tandis que le DHS bénéficiera d'une prolongation temporaire de deux semaines afin de permettre les négociations sur les restrictions en matière d'immigration. La Chambre des représentants, qui est en vacances jusqu'à lundi, devra approuver ces mesures, de sorte qu'une brève fermeture technique pendant le week-end semble inévitable, mais ses conséquences devraient être limitées.
Implications
La crise budgétaire survient dans le contexte de deux fusillades mortelles perpétrées par des agents fédéraux à Minneapolis, notamment le meurtre d'Alex Pretti, infirmier au centre médical des anciens combattants, par un agent de la patrouille frontalière. Les démocrates exigent des réformes structurelles au sein des agences d'immigration, notamment l'interdiction des patrouilles itinérantes, l'utilisation obligatoire de caméras corporelles, des codes uniformes d'usage de la force et l'interdiction du port de masques par les agents.
L'administration Trump a rejeté ces conditions, arguant que sa croisade contre l'immigration clandestine est une priorité nationale. Cette confrontation met en évidence le choc entre la stratégie migratoire musclée de Trump et les préoccupations concernant les excès policiers et les violations des droits civils.
Perspectives et scénarios
L'accord temporaire ne résout pas les divergences de fond. Au cours des deux prochaines semaines, la Maison Blanche et le Congrès devront négocier des mécanismes de contrôle et de supervision des agences d'immigration.
Si aucun compromis n'est trouvé, nous pourrions assister à une fermeture prolongée du DHS, affectant des milliers d'employés fédéraux et compromettant des fonctions critiques de sécurité nationale. La polarisation politique autour de l'immigration rend difficile la prévision d'une solution durable. Trump pourrait tenter de gouverner par décrets, ce qui déclencherait des batailles juridiques et aggraverait la crise institutionnelle.
Le Venezuela ouvre son secteur pétrolier aux entreprises étrangères
Faits
Le Parlement vénézuélien, contrôlé par le chavisme, a approuvé à l'unanimité une réforme législative qui permet aux entreprises étrangères de gérer des champs pétroliers dans le pays qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut de la planète. La réforme, soutenue par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, démantèle le monopole de la compagnie pétrolière nationale PDVSA et autorise des concessions au risque et aux frais des entreprises privées.
La mesure a été immédiatement signée par Mme Rodríguez lors d'une cérémonie en présence de travailleurs du secteur pétrolier. La réforme modifie la loi emblématique sur les hydrocarbures de 2001, symbole du projet nationaliste chaviste, et intègre les modèles de la loi anti-blocus de 2020 qui favorisent les investisseurs privés. Les États-Unis ont réagi en levant partiellement les sanctions pétrolières contre le Venezuela.
Implications
Cette réforme constitue l'un des revirements les plus spectaculaires de l'histoire récente de l'Amérique latine. Le chavisme, qui pendant plus de deux décennies a brandi le nationalisme pétrolier comme un drapeau idéologique, capitule face aux pressions de Washington et à la dévastation économique du pays. Cette mesure est la conséquence directe de la capture militaire de Nicolás Maduro par les États-Unis début janvier, une opération sans précédent qui a laissé Delcy Rodríguez à la tête d'un gouvernement fantoche. Trump a clairement exigé que les entreprises américaines aient accès aux ressources vénézuéliennes, allant jusqu'à proposer le déploiement de contractants militaires privés pour protéger les installations pétrolières.
Cependant, des dirigeants tels que le PDG d'ExxonMobil ont exprimé des réserves quant à l'investissement au Venezuela, qualifiant le pays de « non investissable » dans son état actuel. La réforme fixe un plafond de 30 % pour les redevances, permettant à l'exécutif d'ajuster les pourcentages en fonction des besoins de chaque projet.
Perspectives et scénarios
L'ouverture pétrolière vénézuélienne soulève des questions fondamentales sur la souveraineté nationale et l'avenir politique du pays. Si elle pourrait attirer des capitaux étrangers pour revitaliser une industrie en ruine, elle consolide également la subordination du Venezuela aux intérêts américains. Le contrôle de Washington sur les exportations pétrolières vénézuéliennes — dont les revenus sont acheminés par des banques au Qatar sous supervision américaine — réduit Caracas au statut de client de l'empire.
Cette situation est inacceptable du point de vue de la dignité nationale et du droit des peuples à disposer de leurs ressources. Ce que Trump présente comme une « diplomatie de paix » est en réalité l'imposition brutale de conditions léonines à une nation dévastée. L'opposition démocratique vénézuélienne, menée par des personnalités telles que María Corina Machado et Edmundo González, a été écartée de ce processus, ce qui montre que Washington privilégie l'accès aux ressources plutôt que la démocratisation du pays.
L'Union européenne désigne le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste
Faits
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont décidé à l'unanimité de désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien comme organisation terroriste, une mesure qui entrera officiellement en vigueur dans les prochains jours. Cette décision, annoncée par la haute représentante Kaja Kallas, fait suite à la répression brutale des manifestations antigouvernementales qui secouent l'Iran depuis fin décembre, faisant officiellement 3 117 morts selon Téhéran, bien que des sources indépendantes estiment le nombre de victimes à au moins 6 221 et enquêtent sur plus de 12 900 cas supplémentaires.
La France, dernier pays réticent, a changé de position mercredi, permettant ainsi d'atteindre le consensus nécessaire. Cette désignation implique le gel des avoirs, l'interdiction de financement et des interdictions de voyager pour tous les membres du CGRI, dont beaucoup faisaient déjà l'objet de sanctions individuelles. Parallèlement, l'UE a imposé des sanctions à l'encontre de 15 personnes et 6 entités responsables de violations des droits de l'homme, dont le ministre de l'Intérieur Eskandar Momeni et le procureur général Mohammad Movahedi-Azad.
Implications
Il est franchement incompréhensible que l'Europe ait mis 47 ans à adopter une mesure qui aurait dû être évidente depuis la création du CGRI après la révolution islamique de 1979. Peu d'organisations dans le monde incarnent autant la brutalité, le fanatisme et l'absence totale de scrupules que cette force prétorienne qui répond directement au Guide suprême Ali Khamenei. Le CGRI n'est pas seulement le bras armé de l'État iranien ; il est le principal instrument de répression interne et de déstabilisation régionale, contrôlant les programmes nucléaires et balistiques, finançant et armant des organisations terroristes telles que le Hezbollah au Liban et en Syrie, les Houthis au Yémen, le Hamas à Gaza et les milices pro-iraniennes en Irak.
Avec entre 125 000 et 190 000 membres, le CGRI est devenu un « État dans l'État », contrôlant de vastes secteurs de l'économie iranienne et exerçant une influence omniprésente sur tous les aspects de la vie politique et sociale du pays. La décision européenne s'ajoute à des désignations similaires adoptées par les États-Unis (2019), le Canada et l'Australie.
Perspectives et scénarios
La désignation du CGRI comme organisation terroriste a des implications opérationnelles et symboliques. Elle facilitera la coopération policière européenne par l'intermédiaire d'Europol, permettra d'arrêter des membres du CGRI sur le territoire de l'UE et simplifiera le gel des avoirs en exigeant uniquement la preuve de l'affiliation et non de la participation à des actes terroristes spécifiques.
Cependant, il semble évident que le CGRI a participé directement à la planification, à l'entraînement, à l'armement et à l'exécution d'attentats terroristes au Moyen-Orient et dans d'autres parties du monde. Le Hezbollah ne pourrait pas étendre ses griffes immondes jusqu'en Arabie saoudite, au Yémen, à Buenos Aires (attentats contre l'ambassade israélienne et le centre culturel juif AMIA) ou à Madrid (restaurant El Descanso) sans le soutien du Corps des gardiens de la révolution islamique.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a qualifié cette décision d'« historique », soulignant qu'Israël travaillait depuis des années pour obtenir ce résultat. Téhéran a réagi avec virulence, qualifiant cette mesure d'« erreur stratégique majeure » et accusant l'Europe d'attiser les flammes du conflit régional. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé l'« hypocrisie » de l'Europe qui agit contre l'Iran tout en restant silencieuse face au « génocide » israélien à Gaza.
Malgré les craintes d'une rupture diplomatique totale, Kallas a indiqué que les voies diplomatiques avec l'Iran resteraient ouvertes. Cette mesure intervient à un moment de tension maximale entre Washington et Téhéran, Trump déployant ce qu'il a décrit comme une « armada massive » vers les eaux iraniennes et avertissant que « le temps presse » pour que le régime négocie son programme nucléaire.
Xi Jinping décapite le sommet militaire chinois avec la purge du général Zhang Youxia
Faits
Le ministère chinois de la Défense a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête contre le général Zhang Youxia, vice-président de la Commission militaire centrale et officier le plus haut gradé après Xi Jinping, l'accusant de « graves violations de la discipline et de la loi », euphémisme couramment utilisé pour désigner la corruption et la déloyauté politique. Simultanément, le général Liu Zhenli, chef du département de l'état-major interarmées, a fait l'objet d'une enquête.
Avec ces nouvelles purges, cinq des six membres en uniforme de la Commission militaire centrale nommés en octobre 2022 ont été expulsés ou font l'objet d'une enquête, ne laissant en fonction que le général Zhang Shengmin, responsable de la campagne anti-corruption. Zhang Youxia, vétéran décoré de la guerre sino-vietnamienne de 1979 et fils d'un fondateur de l'APL à l'époque de Mao, était considéré comme « intouchable » et frère juré de Xi Jinping en raison des liens familiaux entre les deux familles qui remontent à plusieurs décennies.
Implications
Cette purge constitue la plus grande décapitation de l'élite militaire chinoise depuis l'ère Mao, surpassant même les bouleversements de la Révolution culturelle. Xi Jinping a mené à bien l'une des campagnes de purge les plus systématiques de l'histoire de la République populaire, touchant depuis 2012 plus de 200 000 fonctionnaires et au moins 17 généraux de l'Armée populaire de libération. La chute de Zhang Youxia, malgré son pedigree révolutionnaire et ses liens personnels avec Xi, montre que personne n'est à l'abri dans le système actuel.
Le moment choisi pour cette purge est significatif : janvier 2026 marque le dernier cycle annuel d'entraînement avant la date butoir de 2027 que Xi a fixée pour que l'APL soit prête à envahir Taïwan. Les analystes spéculent que Zhang aurait pu être purgé non pas pour corruption personnelle, mais pour des désaccords professionnels avec le calendrier accéléré de Xi pour les opérations conjointes. Zhang avait mis en place des conférences sur la formation de base en 2023 et la formation combinée en 2024, mais n'avait pas finalisé de modèle de formation conjointe pour janvier 2026, ce qui suggère que l'appareil militaire chinois n'est pas prêt pour l'objectif de 2027.
Perspectives et scénarios
La concentration absolue du pouvoir entre les mains de Xi Jinping crée un paradoxe stratégique : alors que le dirigeant chinois cherche à garantir une loyauté inconditionnelle en éliminant systématiquement tout foyer potentiel de dissidence, il démantèle simultanément la capacité opérationnelle des forces armées. La Commission militaire centrale étant réduite à Xi et à un fonctionnaire chargé de la lutte contre la corruption, la prise de décision militaire s'est concentrée à un degré sans précédent, éliminant les contrepoids institutionnels et augmentant le risque d'erreurs de calcul.
L'ambassadeur américain en Chine, David Perdue, a souligné que Xi cherche à exercer un « contrôle total » sur l'appareil militaire. Pour Taïwan, cette situation offre une fenêtre temporaire de répit stratégique, tandis que l'APL se concentre sur la discipline interne plutôt que sur la préparation opérationnelle, mais à long terme, une menace plus redoutable, bien qu'imprévisible, pourrait émerger une fois que Xi aura reconstruit le commandement avec des successeurs idéologiquement approuvés. L'instabilité interne du système chinois et les doutes sur la cohésion de l'APL augmentent les risques de confrontations indésirables dans le détroit de Taiwan et la mer de Chine méridionale.
Trump met en garde le Royaume-Uni contre un rapprochement commercial avec la Chine
Faits
Le président Donald Trump a averti jeudi qu'il était « très dangereux » pour le Royaume-Uni d'approfondir ses liens commerciaux avec la Chine, après la réunion de 80 minutes entre le Premier ministre Keir Starmer et le président Xi Jinping à Pékin. M. Starmer, qui effectue la première visite d'un Premier ministre britannique en Chine depuis huit ans, cherche à rétablir un « partenariat stratégique » avec Pékin après des années de relations tendues.
Trump s'est montré encore plus catégorique à l'égard du Canada, dont le premier ministre Mark Carney s'est également rendu en Chine ce mois-ci et a conclu des accords préliminaires visant à réduire les tarifs douaniers sur certains produits : « Je pense qu'il est encore plus dangereux pour le Canada de faire des affaires avec la Chine. » Avant son voyage, Starmer a déclaré à Bloomberg que le Royaume-Uni n'aurait pas à choisir entre les États-Unis et la Chine, arguant qu'il pouvait renforcer ses liens économiques avec Pékin sans irriter Trump ni nuire aux relations avec Washington.
Implications
Les avertissements de Trump mettent en évidence les contradictions inhérentes à la stratégie britannique de « rééquilibrage » entre les deux superpuissances. Starmer tente de naviguer sur une ligne impossible à suivre : maintenir l'alliance stratégique avec les États-Unis en matière de défense et de sécurité tout en développant les relations commerciales avec la Chine, deuxième économie mondiale. Cette position est structurellement intenable dans un contexte de rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis. Lors de la rencontre à Pékin, Xi a averti que si les grandes puissances ne respectaient pas le droit international, le monde risquait de sombrer dans une « jungle », en référence claire à l'unilatéralisme trumpiste.
Starmer a fait part à Xi de ses préoccupations en matière de droits de l'homme, notamment l'emprisonnement du militant pro-démocratie hongkongais Jimmy Lai et le traitement réservé à la minorité ouïghoure, bien que Downing Street ait refusé de donner des détails sur ces discussions. Le Premier ministre a également demandé l'aide de Xi pour interrompre la fourniture de moteurs de bateaux fabriqués en Chine qui sont utilisés pour le trafic d'êtres humains à travers la Manche.
Perspectives et scénarios
Trump a raison de souligner les dangers d'un rapprochement commercial acritique avec la Chine, mais il doit reconnaître et respecter la souveraineté de ses alliés. Le Royaume-Uni, comme toute nation, a le droit de gérer ses propres relations économiques. Cependant, les alliés ont également la responsabilité d'être raisonnables dans leur politique étrangère et de limiter leurs accords avec la Chine à des questions strictement économiques et commerciales, sans pour autant cautionner ou blanchir l'agressivité et l'expansionnisme chinois en mer de Chine méridionale, dans le Pacifique, en Afrique et en Amérique latine.
La Chine se définit elle-même comme l'ennemi de l'Occident — non pas un adversaire, un rival ou un concurrent, mais un ennemi —, ce qui exige des démocraties occidentales une cohérence stratégique. Ce n'est pas le moment le plus propice pour légitimer par des accords acritiques la politique étrangère et géoéconomique d'un régime dont l'ambition ne connaît aucune limite. Des analystes tels que Gabriel Wildau de Teoneo suggèrent que Starmer recherche davantage un « rééquilibrage » qu'un « redémarrage structurel » avec la Chine, conscient que tout rapprochement trop étroit attirerait « l'attention indésirable » des alliés occidentaux. Un accord commercial global entre le Royaume-Uni et la Chine semble improbable, mais même des accords sectoriels limités généreront des tensions avec Washington à l'ère Trump.
Tension maximale : une attaque américaine contre l'Iran est-elle imminente ?
Faits
Les puissances arabes et musulmanes ont lancé une initiative diplomatique de dernière minute pour éviter un conflit militaire entre les États-Unis et l'Iran, tandis que Washington déploie ce que Trump a décrit comme une « armada massive » dans la région avec « beaucoup de puissance, d'enthousiasme et de détermination ». Le président américain a averti la semaine dernière que « le temps presse » pour que Téhéran négocie un accord sur son programme nucléaire, mais il a modéré son discours jeudi en exprimant son espoir d'éviter une action militaire et sa préférence pour la poursuite des discussions.
Les tensions se sont exacerbées après la répression brutale des manifestations en Iran et les pressions croissantes sur le régime. Les responsables arabes cherchent à jouer les médiateurs avant que la situation n'atteigne un point de non-retour, conscients qu'un conflit armé entre Washington et Téhéran aurait des conséquences dévastatrices pour toute la région.
Implications
Le monde est au bord d'un conflit qui pourrait redéfinir l'ordre régional au Moyen-Orient et avoir des ramifications mondiales. Trump a oscillé entre des menaces militaires explicites et des déclarations en faveur d'une solution diplomatique, un schéma caractéristique de son style de négociation dit de « pression maximale ». Cependant, l'accumulation de forces militaires américaines dans la région n'est pas purement rhétorique : elle indique des préparatifs réels en vue d'éventuelles opérations contre des installations nucléaires iraniennes et des centres de commandement du CGRI.
Le régime de Téhéran, affaibli par la répression des manifestations qui a coûté la vie à des milliers de personnes et confronté à des sanctions économiques dévastatrices, pourrait être tenté de riposter par l'intermédiaire de ses mandataires régionaux — le Hezbollah, les Houthis, les milices irakiennes —, déclenchant ainsi une conflagration régionale qui entraînerait Israël, l'Arabie saoudite et d'autres acteurs. La désignation européenne du CGRI comme organisation terroriste, annoncée le jour même de ces manœuvres diplomatiques, ajoute à la pression sur le régime, mais réduit également ses options de sortie honorable.
Perspectives et scénarios
Trois scénarios sont plausibles dans les semaines à venir. Le premier, diplomatique, exigerait que l'Iran accepte des limitations significatives de son programme nucléaire en échange d'une levée progressive des sanctions, ce qui est peu probable compte tenu de la fierté nationaliste du régime et de sa perception des armes nucléaires comme la garantie ultime de sa survie. Le deuxième scénario, celui d'attaques chirurgicales limitées contre les infrastructures nucléaires iraniennes, pourrait satisfaire les exigences internes des partisans de Trump en matière de démonstration de force sans déclencher une guerre totale, même si des représailles iraniennes par l'intermédiaire de mandataires seraient inévitables.
Le troisième scénario, celui d'une guerre ouverte, serait catastrophique : des attaques massives des États-Unis contre l'Iran entraîneraient la fermeture du détroit d'Ormuz (par lequel transite un tiers du pétrole mondial), faisant flamber les prix de l'énergie à l'échelle mondiale, tandis que l'Iran activerait tous ses mandataires régionaux, plongeant le Moyen-Orient dans un chaos sans précédent. Les médiateurs arabes travaillent contre la montre, sachant qu'un conflit entre les États-Unis et l'Iran n'aurait pas de vainqueurs clairs, mais dévasterait les économies et les populations de toute la région.
Nouvelle course à l'armement nucléaire après l'expiration du traité New Start
Faits
Les États-Unis et la Russie sont au bord d'une nouvelle course à l'armement nucléaire après l'échec des négociations visant à renouveler le traité New START (Nouveau traité de réduction des armes stratégiques), qui expire prochainement. Cet accord, signé en 2010 et limitant à 1 550 le nombre d'ogives nucléaires déployées par chaque partie, était le dernier pilier survivant de l'architecture de contrôle des armements de la guerre froide.
Sans nouveau traité, Washington et Moscou seront libres d'étendre leurs arsenaux nucléaires sans restriction pour la première fois depuis des décennies. La situation est compliquée par la modernisation nucléaire croissante de la Chine, qui a considérablement élargi son arsenal ces dernières années sans être soumise à aucun traité de limitation des armements avec les superpuissances traditionnelles.
Implications
Il est impératif de distinguer deux phénomènes distincts, bien que liés : d'une part, la nécessité impérieuse pour l'Europe d'assumer sa propre défense après 80 ans de dépendance à l'égard du parapluie nucléaire et militaire américain ; d'autre part, la dangereuse course aux armements nucléaires de dernière génération combinée à des technologies telles que les missiles hypersoniques qui déstabilisent l'équilibre stratégique. Le premier est un processus de maturation politique longtemps reporté que l'administration Trump a accéléré en remettant en question l'engagement inconditionnel de Washington envers la sécurité européenne. Le second représente une menace existentielle pour l'humanité.
L'expiration du New START supprime les mécanismes de vérification mutuelle, les inspections sur place et l'échange de données qui, pendant des décennies, ont permis aux deux superpuissances de surveiller les arsenaux rivaux, réduisant ainsi considérablement les risques de malentendus ou d'escalade accidentelle. Sans ces garanties, le monde revient à une situation d'incertitude stratégique comparable aux moments les plus dangereux de la guerre froide.
Perspectives et scénarios
La perspective d'une course à l'armement tripartite entre les États-Unis, la Russie et la Chine — avec des arsenaux nucléaires élargis, des systèmes de lancement hypersoniques et des capacités de guerre cybernétique intégrées — est profondément inquiétante. Les coûts économiques seront astronomiques, détournant des ressources destinées à des besoins sociaux urgents vers la production d'instruments de destruction.
Les risques d'accident, de malentendu ou d'escalade involontaire se multiplieront de manière exponentielle en l'absence de canaux de communication et de vérification. La Chine, qui n'a jamais participé à des accords bilatéraux de contrôle des armements nucléaires, complique toute solution future en exigeant d'être traitée sur un pied d'égalité dans toute négociation tripartite, ce que Washington a toujours refusé.
Prisée entre ces dynamiques et consciente de sa vulnérabilité stratégique, l'Europe est confrontée au paradoxe de devoir renforcer ses capacités de défense conventionnelles précisément au moment où l'équilibre nucléaire mondial est en train de se désintégrer. La communauté internationale ne dispose pas de mécanismes institutionnels efficaces pour freiner cette tendance, et les Nations unies ont démontré leur impuissance en matière de désarmement nucléaire.
La Cour suprême du Panama annule les contrats portuaires chinois dans le canal
Faits
La Cour suprême du Panama a annulé les contrats portuaires de CK Hutchison Holdings, un conglomérat basé à Hong Kong contrôlé par le magnat Li Ka-shing, qui exploitait des installations portuaires stratégiques aux deux entrées du canal de Panama. Cette décision judiciaire porte un coup significatif aux tentatives de la Chine de consolider ses positions stratégiques dans cette artère vitale du commerce mondial, par laquelle transitent environ 6 % du commerce maritime mondial et 16 % du commerce américain.
Ce jugement complique les projets de CK Hutchison visant à vendre ses activités portuaires, qui faisaient l'objet de négociations. Le Panama a rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan en 2017 pour établir des liens avec Pékin, une décision qui a suscité des inquiétudes à Washington quant à l'influence chinoise sur les infrastructures critiques proches des États-Unis.
Implications
Cette décision judiciaire représente une victoire importante dans la lutte contre l'expansionnisme chinois dans l'hémisphère occidental. Le contrôle des installations portuaires du canal de Panama donne à Pékin la capacité potentielle d'interrompre ou de surveiller le trafic maritime en temps de crise, tout en fournissant des renseignements sur les modèles commerciaux américains. Washington a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes quant à la présence chinoise dans les infrastructures stratégiques panaméennes, craignant qu'en cas de conflit à Taïwan ou en mer de Chine méridionale, Pékin puisse utiliser son contrôle portuaire comme moyen de pression ou de représailles.
La décision de la Cour suprême panaméenne, indépendamment de ses fondements juridiques spécifiques, témoigne d'une prise de conscience croissante en Amérique latine des risques liés au fait de permettre à la Chine de contrôler des actifs d'importance stratégique. Cette tendance s'inscrit dans le contexte plus large de la concurrence géopolitique sino-américaine dans la région, où Pékin a étendu de manière agressive son influence grâce à des prêts massifs, des investissements dans les infrastructures et des accords commerciaux.
Perspectives et scénarios
L'annulation des contrats portuaires chinois soulève des questions sur l'avenir de la gestion du canal et les relations entre le Panama et la Chine. Pékin fera probablement pression sur le gouvernement panaméen pour qu'il revienne sur la décision judiciaire ou négocie de nouveaux accords qui préservent ses intérêts, en utilisant son influence économique considérable dans le pays. Les États-Unis, quant à eux, chercheront à profiter de cette occasion pour réduire la présence chinoise dans la région, éventuellement en proposant des investissements alternatifs ou en faisant pression pour que les opérations portuaires passent entre les mains des États-Unis ou d'alliés fiables.
Cette affaire illustre une tendance plus large en Amérique latine, où plusieurs pays — dont l'Argentine, le Brésil et le Chili — réévaluent leurs relations avec la Chine en raison de préoccupations liées à l'insoutenabilité de la dette, à l'impact environnemental des projets chinois et à une dépendance stratégique excessive. Cependant, la réalité économique est que la Chine est devenue le principal partenaire commercial de nombreux pays d'Amérique latine, ce qui limite la marge de manœuvre des gouvernements qui ont besoin d'investissements et d'un accès aux marchés. Le défi pour l'Amérique latine consiste à naviguer dans cette concurrence géopolitique en protégeant sa souveraineté et ses intérêts nationaux sans se retrouver prise au piège dans le conflit entre les superpuissances.
Élections cruciales au Japon pour renforcer le front contre la Chine
Faits
Le Japon organise des élections législatives cruciales qui pourraient donner à la Première ministre Sanae Takaichi un mandat renforcé pour consolider sa politique étrangère audacieuse de confrontation avec l'expansionnisme chinois. Mme Takaichi, qui a récemment pris ses fonctions, a adopté une position nettement plus ferme que ses prédécesseurs à l'égard de Pékin, s'alignant étroitement sur Washington pour contenir la Chine dans la région indo-pacifique. Les élections ont lieu alors que les garde-côtes chinois ont considérablement intensifié leurs patrouilles autour des îles Senkaku (Diaoyu en chinois), territoires sous administration japonaise mais revendiqués par la Chine, avec 134 patrouilles organisées au cours des cinq dernières années et une présence quasi quotidienne en 2025. Cette escalade témoigne de l'assertivité croissante de la Chine dans les eaux contestées et de la détermination de Pékin à changer le statu quo par une présence constante et une coercition progressive.
Implications
Une victoire électorale solide permettrait à Takaichi d'approfondir la transformation stratégique du Japon engagée ces dernières années. Tokyo a abandonné des décennies de pacifisme constitutionnel d'après-guerre, augmentant ses dépenses de défense à 2 % du PIB (soit plus de 100 milliards de dollars par an), développant des capacités d'attaque préventive et forgeant des alliances de sécurité plus étroites avec les États-Unis, l'Australie, l'Inde (le Quadrilatéral ou Quad) et les pays d'Asie du Sud-Est.
La présence quasi permanente de navires de la garde côtière chinoise dans les eaux des Senkaku n'est pas purement symbolique : elle représente un effort délibéré de « zone grise » visant à éroder l'administration effective des territoires par le Japon sans recourir à la force militaire directe qui déclencherait une réponse américaine en vertu du traité de défense mutuelle. La Chine cherche à établir une nouvelle normalité dans laquelle sa présence constante serait acceptée, créant ainsi un précédent pour de futures expansions territoriales.
Perspectives et scénarios
Un mandat électoral renforcé permettrait à Takaichi d'accélérer la remilitarisation du Japon et d'approfondir la coordination avec ses alliés régionaux afin de contenir l'expansion chinoise. Le Japon pourrait encore renforcer sa présence militaire dans les îles Senkaku, en installant des radars permanents et en augmentant les patrouilles de sa propre garde côtière et de ses forces d'autodéfense. Tokyo chercherait également à étendre ses liens de défense avec les Philippines, le Vietnam et d'autres pays confrontés aux pressions chinoises en mer de Chine méridionale. Cependant, cette confrontation croissante augmente les risques d'incidents en mer qui pourraient dégénérer de manière imprévue.
Une collision entre des navires chinois et japonais, surtout si elle fait des victimes, déclencherait une crise diplomatique majeure et entraînerait probablement les États-Unis dans le cadre de leurs obligations au titre du traité de défense mutuelle. La Chine, qui a entrepris sa plus grande purge militaire depuis des décennies et dont l'Armée populaire de libération est en proie à des turbulences internes, pourrait se montrer particulièrement imprévisible dans sa réponse aux défis perçus. La question fondamentale est de savoir si le Japon et ses alliés peuvent maintenir une dissuasion efficace contre l'agression chinoise sans franchir les seuils qui mènent à un conflit armé accidentel ou délibéré. L'Indo-Pacifique est devenu le théâtre géopolitique le plus dangereux de la planète, où la rivalité entre les puissances établies et émergentes pourrait déclencher la prochaine grande guerre.
Rack média
MÉDIAS AMÉRICAINS : Le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal sont les principaux médias à couvrir la nomination de Kevin Warsh à la Réserve fédérale, soulignant les implications pour l'indépendance de la banque centrale. CNN et CNBC analysent les marchés financiers dans la perspective d'une politique monétaire plus accommodante. Fox News met l'accent sur les purges militaires chinoises comme preuve de l'instabilité du régime de Xi Jinping. Politico et The Hill couvrent de manière exhaustive la crise budgétaire au Sénat et le rôle des fusillades à Minneapolis comme catalyseur de la confrontation sur le financement du DHS.
MÉDIAS BRITANNIQUES : The Times, The Telegraph, The Guardian et le Financial Times mettent en avant les avertissements de Trump concernant le rapprochement de Starmer avec la Chine, avec des analyses divergentes sur la viabilité de la stratégie britannique d'équilibre entre les superpuissances. La BBC couvre en détail la désignation du CGRI iranien comme organisation terroriste par l'UE, en replaçant cette décision dans le contexte de la répression brutale des manifestations.
MÉDIAS EUROPÉENS CONTINENTAUX : Les journaux français Le Monde et Le Figaro couvrent la décision du gouvernement Macron de soutenir finalement la désignation du CGRI comme organisation terroriste après des années de résistance. Les journaux allemands Frankfurter Allgemeine Zeitung et Die Welt analysent les purges militaires chinoises et leurs implications pour la sécurité européenne face à l'expansionnisme de Pékin. Le Corriere della Sera italien replace la décision concernant le CGRI dans le contexte plus large des tensions entre les États-Unis et l'Iran.
MÉDIAS DE LA RÉGION INDO-PACIFIQUE : Le Times of India et l'Hindustan Times soulignent que les élections japonaises sont cruciales pour l'équilibre régional face à la Chine. Le Yomiuri Shimbun et d'autres médias japonais offrent une couverture exhaustive des patrouilles chinoises dans les Senkaku. Le South China Morning Post de Hong Kong apporte un point de vue chinois sur les purges militaires de Xi. Le Strait Times de Singapour analyse les implications régionales du triangle États-Unis-Chine-alliés occidentaux.
MÉDIAS LATINO-AMÉRICAINS : Clarín de Buenos Aires, El Mercurio de Santiago et Reforma de Mexico couvrent l'ouverture pétrolière vénézuélienne comme une capitulation du chavisme face aux pressions américaines. L'analyse dominante met en évidence le contrôle de Washington sur les ressources vénézuéliennes et les implications pour la souveraineté nationale. La décision de la Cour suprême panaméenne sur les ports chinois fait l'objet d'une couverture médiatique importante en tant qu'exemple de la résistance latino-américaine à l'expansionnisme de Pékin.
MÉDIAS DU MOYEN-ORIENT : Al Jazeera, Al-Arabiya et les médias arabes couvrent largement les efforts diplomatiques visant à éviter une guerre entre les États-Unis et l'Iran, soulignant le rôle des intermédiaires régionaux. Le Jerusalem Post et les médias israéliens saluent la désignation européenne du CGRI comme organisation terroriste, revendiquant des années de pression diplomatique de la part de Tel-Aviv. Les médias libanais tels que L'Orient-Le Jour analysent les implications pour le Hezbollah de la pression croissante exercée sur son sponsor iranien.
MÉDIAS RUSSES ET UKRAINIENS : Russia Today, TASS et les médias contrôlés par le Kremlin minimisent l'importance de l'expiration du traité New START, accusant l'Occident d'avoir fait échouer le contrôle des armements. Ukrainian Pravda, Kyiv Independent et les médias ukrainiens replacent la course aux armements nucléaires dans le contexte de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine et des menaces nucléaires proférées par Moscou.
AGENCES INTERNATIONALES : Reuters, AFP, Associated Press et DPA fournissent une couverture factuelle et équilibrée de tous les événements majeurs, servant de sources primaires pour les médias du monde entier. Leur couverture se distingue par une vérification rigoureuse et un contexte historique approprié.
Commentaire éditorial
La journée du 30 janvier 2026 cristallise les tendances fondamentales qui redéfinissent l'ordre international en ce quart de siècle. Nous assistons au déclin définitif de l'ère atlantiste telle que nous l'avons connue pendant huit décennies, non pas parce que les États-Unis abandonnent leur leadership mondial — Trump maintient une politique étrangère agressivement interventionniste — mais parce que la nature de ce leadership s'est radicalement transformée. La nomination de Kevin Warsh à la Réserve fédérale symbolise la soumission d'institutions traditionnellement indépendantes aux caprices présidentiels, érodant ainsi les piliers fondamentaux de la stabilité économique mondiale.
L'Europe, avec sa désignation tardive mais bienvenue du CGRI iranien comme organisation terroriste, démontre sa capacité d'action autonome lorsque l'indignation morale l'emporte sur les considérations diplomatiques. Il est incompréhensible qu'il nous ait fallu 47 ans et des milliers de morts dans les rues de Téhéran pour reconnaître l'évidence : les Gardiens de la révolution constituent une organisation terroriste qui commet des crimes atroces contre son propre peuple tout en semant l'instabilité du Liban au Yémen. Cette décision tardive mais juste doit être complétée par une politique européenne cohérente à l'égard de tous les régimes autocratiques qui menacent la sécurité internationale.
La situation vénézuélienne est particulièrement douloureuse. La capitulation du chavisme face aux exigences américaines, officialisant la cession des ressources pétrolières nationales sous l'euphémisme « d'ouverture à l'investissement étranger », constitue une tragédie nationale qu'aucun démocrate ne peut célébrer. Il est incontestable que l'exécrable régime chaviste — une immense organisation criminelle se livrant au trafic de drogue et à la répression — doit tomber. Mais il est inacceptable qu'il tombe à la suite d'une intervention militaire américaine suivie de l'imposition d'un gouvernement fantoche qui vendra les ressources nationales au plus offrant. Les Vénézuéliens méritent de retrouver leur démocratie et leur dignité, et non pas simplement de changer de maîtres.
Les purges militaires de Xi Jinping révèlent la fragilité inhérente aux systèmes autocratiques où la concentration absolue du pouvoir engendre paranoïa et instabilité. En éliminant systématiquement les officiers compétents par crainte qu'ils ne contestent son autorité, Xi affaiblit la capacité opérationnelle de l'Armée populaire de libération au moment même où il a le plus besoin qu'elle soit robuste pour ses ambitions territoriales. Ce paradoxe auto-infligé par le despotisme offre un répit temporaire à Taïwan et à ses alliés, mais augmente également les risques qu'un régime acculé et imprévisible recoure à l'aventure militaire comme exutoire aux pressions internes.
L'avertissement lancé par Trump au Royaume-Uni concernant ses liens avec la Chine est fondamentalement correct dans son diagnostic – les régimes autocratiques ne sont pas des partenaires commerciaux neutres, mais des adversaires stratégiques qui utiliseront l'interdépendance économique comme une arme géopolitique – mais problématique dans sa formulation. Les alliés démocratiques ne sont pas des vassaux qui doivent demander la permission à Washington pour chaque décision de politique étrangère. Le défi consiste à forger un consensus occidental sur la manière d'entretenir des relations avec la Chine : maintenir les canaux commerciaux pour les secteurs non stratégiques tout en bloquant l'accès de la Chine aux technologies critiques, aux infrastructures sensibles et aux secteurs de la sécurité nationale. Cette différenciation nécessite une sophistication diplomatique qui semble faire défaut à l'ère du tweet présidentiel.
Les tensions entre les États-Unis et l'Iran nécessitent une analyse sereine qui distingue les options stratégiques viables des scénarios catastrophiques. Une opération militaire américaine contre l'Iran ne doit pas nécessairement déboucher sur une conflagration régionale si elle est menée avec une précision chirurgicale, en se concentrant exclusivement sur les centres névralgiques du pouvoir du régime : le bureau du Guide suprême Ali Khamenei, le quartier général du Corps des gardiens de la révolution, le ministère du Renseignement et de la Sécurité, le ministère de l'Intérieur, le parquet de la République islamique et d'autres institutions clés de l'appareil répressif. La clé est d'éviter les victimes civiles innocentes qui permettraient au régime d'utiliser la souffrance de son propre peuple pour se consolider à travers des discours nationalistes et étouffer les protestations qui le menacent.
Si Washington opte pour la voie militaire — une décision qui doit être soigneusement pesée par rapport aux alternatives diplomatiques —, il doit le faire avec une intelligence irréprochable, des armes de précision et des objectifs strictement limités au démantèlement de la capacité répressive du régime sans fournir de munitions propagandistes à Téhéran. La désignation tardive par l'Europe du CGRI comme organisation terroriste — honteuse par son retard, en particulier en raison de la résistance française — marque un tournant diplomatique qui ne doit pas être gâché par des actions militaires disproportionnées qui permettraient au régime de se présenter comme une victime aux yeux de sa population. L'objectif doit être de donner du pouvoir au peuple iranien en éliminant les instruments de son oppression, et non de rassembler le pays sous une bannière nationaliste face à une agression extérieure perçue.
La course aux armements nucléaires qui s'annonce après l'effondrement du traité New START représente un échec collectif de la communauté internationale. Pendant des décennies, le contrôle des armements a empêché la prolifération incontrôlée des arsenaux nucléaires et réduit considérablement les risques de guerre nucléaire accidentelle. Cet édifice patiemment construit s'effondre aujourd'hui, les grandes puissances privilégiant des avantages militaires marginaux au détriment de la survie collective de l'espèce humaine. L'Europe, prise au piège entre des superpuissances nucléaires rivales, doit de toute urgence développer des capacités de défense conventionnelles solides sans se laisser séduire par l'illusion que plus d'armes nucléaires équivaut à plus de sécurité.
L'annulation des contrats portuaires chinois au Panama et les élections cruciales au Japon montrent que la résistance à l'expansionnisme chinois prend forme simultanément sur plusieurs fronts. La Chine a étendu son influence de manière excessive par des tactiques agressives qui suscitent des réactions défensives, même parmi les pays qui cherchaient initialement à établir des relations constructives avec Pékin. La « diplomatie du loup guerrier » chinoise, combinée à des pratiques de pièges à la dette et à des violations flagrantes du droit international, produit le résultat inverse de celui escompté : au lieu d'intimider ses voisins et ses concurrents pour les soumettre, elle forge des coalitions de résistance de plus en plus soudées.
Dans ce contexte turbulent, les démocraties occidentales sont confrontées à une épreuve existentielle. Nous devons défendre nos valeurs et nos intérêts face aux régimes autocratiques sans renoncer aux principes qui nous distinguent d'eux. Cela nécessite certes une force militaire, mais aussi une cohérence éthique, le respect du droit international et la solidarité entre alliés. Il faut résister à la tentation de répondre à l'autoritarisme par notre propre autoritarisme ou de sacrifier les principes démocratiques au profit d'avantages tactiques éphémères. La bataille pour l'ordre mondial du XXIe siècle ne sera pas gagnée simplement par l'accumulation de puissance militaire ou économique, mais en démontrant que les systèmes démocratiques libéraux peuvent relever des défis complexes tout en conservant leur intégrité morale et en apportant prospérité et sécurité à leurs citoyens.
Le monde qui se profile est plus dangereux, multipolaire et imprévisible qu'à aucun autre moment depuis la fin de la guerre froide. Les anciennes certitudes se sont évaporées. Les institutions qui ont régulé les relations internationales pendant des décennies s'érodent. Les équilibres de pouvoir sont en constante reconfiguration. Dans ce contexte fluide, la tentation de l'isolationnisme ou du fatalisme doit être rejetée.
Les démocraties occidentales conservent des avantages formidables — économiques, technologiques, militaires et moraux — si nous avons la lucidité de les utiliser stratégiquement et la volonté de maintenir l'unité face à l'adversité. Le défi de notre époque n'est pas simplement de gagner la compétition géopolitique contre les autocraties rivales, mais de forger un ordre international qui soit à la fois suffisamment robuste pour préserver la paix et suffisamment souple pour accommoder les intérêts légitimes de toutes les nations. Cet équilibre difficile mais essentiel est la tâche qui nous incombe.