Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 15 janvier
- Iran : la « pause tactique » de Trump face à la réalité de la terreur
- Groenland : le « désaccord fondamental » et l'aveuglement européen
- Mobilisation militaire européenne vers le nord : autonomie ou réaction ?
- Chine : excédent historique et piège commercial
- Venezuela : la fin du « narco-État » et l'effet domino
- Moyen-Orient : retrait préventif et dissuasion
- Gaza : la « phase deux » et la fin de l'ère de la terreur
- Ukraine : l'urgence hivernale oubliée
- Japon : élections anticipées et leadership ferme
- Marchés : la géopolitique des ressources
- Rack média
- Commentaire éditorial : l'heure de vérité
Au cours des dernières 24 heures, la scène internationale s'est cristallisée autour d'un « triangle de tension » décisif : l'Iran, le Groenland et le Venezuela. Washington agit comme le pivot incontournable de cette dynamique, marquant un rythme qui n'admet ni demi-mesures ni équidistances morales.
Alors que Donald Trump tente une « pause tactique » dans la menace militaire contre le régime théocratique de Téhéran — conditionnée à la fin des massacres internes —, il maintient une pression de fer sur le Danemark et l'Union européenne pour le contrôle stratégique de l'Arctique. Dans le même temps, l'hémisphère occidental digère l'effondrement du narco-chavisme au Venezuela, un événement qui reconfigure les alliances de La Havane à Managua.
Il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais d'une bataille systémique. D'un côté, les démocraties libérales qui, malgré leurs imperfections et leurs hésitations internes, recherchent l'ordre ; de l'autre, un axe autocratique (Chine, Russie, Iran) qui exploite tout vide de pouvoir. Dans ce contexte, la réticence européenne à accepter la Realpolitik américaine se heurte à la dureté d'un monde où le pacifisme naïf n'a servi qu'à armer les terroristes et à céder du terrain aux empires révisionnistes. La défense de la liberté exige aujourd'hui de la fermeté, et non une rhétorique vide de sens.
Iran : la « pause tactique » de Trump face à la réalité de la terreur
Faits
Donald Trump a annoncé la suspension temporaire des menaces d'intervention militaire immédiate, invoquant des informations des services de renseignement qui suggèrent un arrêt des « exécutions et massacres ». Cependant, des sources sur le terrain et des militants rapportent que, sous le voile de l'embargo sur l'information, le régime persiste dans les arrestations massives et les procès express, avec un bilan estimé à plus de 3 400 morts.
Analyse et implications
Cette manœuvre n'est pas une branche d'olivier, mais un ultimatum. En déclarant une pause, Trump retire le discours victimaire du régime des ayatollahs : si la violence reprend publiquement, la réponse (militaire ou cybernétique) sera légitimée devant la communauté internationale. Pour l'Europe, c'est la dernière chance d'abandonner sa tiédeur : soit elle se joint à la pression maximale pour étouffer les bailleurs de fonds du Hezbollah et du Hamas, soit elle sera complice par omission de la survie d'une théocratie criminelle.
Groenland : le « désaccord fondamental » et l'aveuglement européen
Faits
Le sommet à la Maison Blanche entre JD Vance, Marco Rubio et la délégation danoise-groenlandaise s'est conclu sans accord. Alors que Copenhague insiste sur le fait que l'île « n'est pas à vendre », Washington réitère que le contrôle de l'Arctique est un impératif de sécurité nationale existentiel face à l'avancée de la Russie et de la Chine.
Analyse et implications
Refuser la présence renforcée des États-Unis au nom d'une « fierté souverainiste » est une erreur stratégique de premier ordre. L'Arctique est la nouvelle frontière de la guerre froide ; la Russie l'a déjà militarisé et la Chine cherche à dominer ses terres rares. Si l'Europe bloque son allié naturel (les États-Unis) par purisme diplomatique, elle offrira la clé de l'Atlantique Nord à des puissances hostiles.
Mobilisation militaire européenne vers le nord : autonomie ou réaction ?
Faits
En réponse à la pression de Trump, les puissances européennes (France, Allemagne, Suède, Norvège) ont annoncé l'envoi de troupes et des exercices conjoints au Groenland pour « soutenir le Danemark ».
Analyse et implications
Bien que cela soit présenté comme un geste d'autonomie stratégique, cela révèle l'hypocrisie continentale : l'Europe ne mobilise ses ressources que lorsqu'elle se sent défiée par Washington, mais elle est restée passive pendant que la Chine achetait des infrastructures critiques. Un véritable atlantisme nécessite de coordonner cette force avec les États-Unis, et non de l'utiliser pour afficher une indépendance qui ne profite qu'à Moscou.
Chine : excédent historique et piège commercial
Faits
Pékin annonce un excédent record de 1 200 milliards de dollars en 2025, diversifiant ses exportations vers le Sud global pour contourner les droits de douane américains.
Analyse et implications
La Chine ne rivalise pas, elle conquiert. Son excédent se transforme en influence politique et en dépendance technologique. Alors que l'Occident débat du « libre marché », le PCC consolide ses monopoles dans les chaînes d'approvisionnement critiques. La réponse des démocraties ne peut être commerciale, elle doit être industrielle : se détacher de la dépendance chinoise est vital pour la survie à long terme.
Venezuela : la fin du « narco-État » et l'effet domino
Faits
La chute du régime chaviste sous la pression internationale et l'intervention indirecte des États-Unis laisse un vide de pouvoir qui menace de se fragmenter en fiefs criminels, mais affaiblit mortellement ses alliés : Cuba et le Nicaragua.
Analyse et implications
La plus importante plateforme logistique du terrorisme et du trafic de drogue dans l'hémisphère a été démantelée. Critiquer l'« ingérence » revient à ignorer l'horreur que vivaient les Vénézuéliens. Le défi consiste désormais à éviter la « libéralisation » du pays ; une tutelle internationale ferme est nécessaire pour reconstruire les institutions et empêcher les mafias résiduelles ou l'ELN d'occuper l'espace laissé vacant par le chavisme.
Moyen-Orient : retrait préventif et dissuasion
Faits
Les États-Unis évacuent le personnel non essentiel de leurs bases au Qatar et dans le Golfe en prévision d'éventuelles représailles asymétriques de la part de l'Iran.
Analyse et implications
Il s'agit d'une mesure de prudence opérationnelle qui ne doit pas être confondue avec de la faiblesse. En réduisant les cibles faciles, Washington se prépare à une éventuelle escalade de haute intensité. La sécurité des voies d'approvisionnement énergétique dépend désormais de la capacité des alliés arabes et européens à assumer leur part de responsabilité dans la défense collective.
Gaza : la « phase deux » et la fin de l'ère de la terreur
Faits
L'administration Trump encourage une transition vers la démilitarisation totale de la bande de Gaza et une administration technocratique, cherchant à marginaliser définitivement les factions armées.
Analyse et implications
Cette approche rompt avec des décennies de gestion du conflit qui légitimaient les acteurs terroristes en tant qu'interlocuteurs politiques. La paix n'est possible que si la capacité du Hamas à faire la guerre est éliminée ; toute solution laissant les armes entre les mains des islamistes sera un échec.
Ukraine : l'urgence hivernale oubliée
Faits
La Russie lance une offensive brutale contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes en pleine vague de froid (-19 °C), cherchant à briser le moral de la population civile.
Analyse et implications
Poutine sent la « fatigue » occidentale. Si les démocraties laissent l'Ukraine geler faute de défense aérienne, la crédibilité de l'OTAN sera détruite. L'aide à Kiev n'est pas de la charité, c'est la contention nécessaire pour que les chars russes ne menacent pas demain Varsovie ou les pays baltes.
Japon : élections anticipées et leadership ferme
Faits
La Première ministre Sanae Takaichi dissout le Parlement pour consolider son mandat face aux menaces de la Chine et aux difficultés économiques.
Analyse et implications
Takaichi représente l'antidote au « wokisme » occidental : un leadership nationaliste, pragmatique et sans complexe dans la défense de sa souveraineté. Un Japon réarmé et politiquement stable est le pilier indispensable pour contenir la Chine dans l'Indo-Pacifique.
Marchés : la géopolitique des ressources
Faits
Volatilité des métaux stratégiques et de l'énergie. Les investisseurs se réfugient dans des actifs refuges face à l'incertitude dans l'Arctique et le golfe Persique.
Analyse et implications
L'économie n'est plus régie uniquement par l'offre et la demande, mais aussi par la sécurité et l'accès. La transition énergétique occidentale est vulnérable au chantage des autocrates qui contrôlent le cuivre, le lithium et les terres rares. Sans sécurité géopolitique, il n'y a pas de prospérité économique durable.
Rack média
Atlantistes / Centre-droit (WSJ, Telegraph, Fox, National Interest) :
Approche : ils valorisent la « paix par la force ». Ils voient dans la pause de l'Iran une victoire de la dissuasion de Trump et considèrent la question du Groenland comme une nécessité stratégique incomprise par une Europe naïve.
Européistes / Libéraux (FT, Le Monde, BBC, El País) :
Approche : pris entre la peur de la guerre et l'aversion idéologique pour Trump. Ils critiquent les « méthodes impériales » au Groenland et appellent au dialogue avec l'Iran, minimisant souvent la nature terroriste du régime de Téhéran au profit de la « stabilité ».
Progressistes / « Woke » (NYT, Guardian, CNN, La Sexta) :
Approche : diabolisation systématique de la politique étrangère républicaine. Ils présentent la chute du chavisme comme une « déstabilisation » et la pression exercée sur l'Iran comme du « bellicisme », en ignorant les violations des droits de l'homme commises par ces régimes.
Révisionnistes / Propagande (RT, China Daily, Al Jazeera) :
Approche : discours coordonné : les États-Unis sont l'agresseur mondial (Arctique, Venezuela, Iran). Ils occultent la répression interne en Iran et en Chine et se réjouissent du chaos en Occident.
Commentaire éditorial : l'heure de vérité
En ces heures critiques, le miroir de la réalité nous renvoie une image que beaucoup en Occident préfèrent ignorer. Le monde nous oblige à choisir notre camp sans ambiguïté : soit nous sommes avec les démocraties imparfaites qui corrigent leurs erreurs et défendent la liberté, soit nous sommes avec les régimes qui font de la terreur leur doctrine d'État.
La « pause tactique » de Trump en Iran témoigne d'un pragmatisme reaganien qui met en évidence le pacifisme de salon de la vieille Europe et de la gauche radicale américaine. Alors que des figures telles que la pionnière Claudette Colvin, aujourd'hui décédée, nous rappellent que la lutte pour les droits civiques est une cause noble et réelle, le « wokisme » actuel a perverti cet héritage, préférant attaquer les démocraties occidentales pour des « microagressions » tout en gardant un silence complice face aux potences de Téhéran ou aux tortures de Caracas.
Ne nous y trompons pas : la répression iranienne n'est pas un « excès », c'est le système. Le narco-chavisme n'était pas une « option politique », c'était une mafia. Démanteler ces menaces nécessite de la force, pas un dialogue stérile.
Il en va de même pour le Groenland. Critiquer la main de fer de Washington comme de l'« impérialisme » tout en ignorant que la Russie militarise la glace et que la Chine accapare les ressources est une hypocrisie suicidaire. Nous sommes des pro-européens convaincus, certes, mais notre autonomie stratégique ne peut se fonder sur une équidistance entre le pompier (les États-Unis) et le pyromane (Poutine/Xi).
La leçon du 15 janvier 2026 est claire : dans un monde de loups, la sagesse exige des crocs. La civilisation ne se défend pas avec des chèques en blanc aux terroristes ni avec la neutralité morale. Choisir l'inaction, ou pire encore, choisir l'équidistance, c'est choisir la défaite de l'Occident.