Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 15 janvier

Voici l'analyse de l'actualité mondiale, structurée en thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias
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Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Iran : la « pause tactique » de Trump face à la réalité de la terreur
  2. Groenland : le « désaccord fondamental » et l'aveuglement européen
  3. Mobilisation militaire européenne vers le nord : autonomie ou réaction ?
  4. Chine : excédent historique et piège commercial
  5. Venezuela : la fin du « narco-État » et l'effet domino
  6. Moyen-Orient : retrait préventif et dissuasion
  7. Gaza : la « phase deux » et la fin de l'ère de la terreur
  8. Ukraine : l'urgence hivernale oubliée
  9. Japon : élections anticipées et leadership ferme
  10. Marchés : la géopolitique des ressources
  11. Rack média
  12. Commentaire éditorial : l'heure de vérité

Au cours des dernières 24 heures, la scène internationale s'est cristallisée autour d'un « triangle de tension » décisif : l'Iran, le Groenland et le Venezuela. Washington agit comme le pivot incontournable de cette dynamique, marquant un rythme qui n'admet ni demi-mesures ni équidistances morales.

Alors que Donald Trump tente une « pause tactique » dans la menace militaire contre le régime théocratique de Téhéran — conditionnée à la fin des massacres internes —, il maintient une pression de fer sur le Danemark et l'Union européenne pour le contrôle stratégique de l'Arctique. Dans le même temps, l'hémisphère occidental digère l'effondrement du narco-chavisme au Venezuela, un événement qui reconfigure les alliances de La Havane à Managua.

Il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais d'une bataille systémique. D'un côté, les démocraties libérales qui, malgré leurs imperfections et leurs hésitations internes, recherchent l'ordre ; de l'autre, un axe autocratique (Chine, Russie, Iran) qui exploite tout vide de pouvoir. Dans ce contexte, la réticence européenne à accepter la Realpolitik américaine se heurte à la dureté d'un monde où le pacifisme naïf n'a servi qu'à armer les terroristes et à céder du terrain aux empires révisionnistes. La défense de la liberté exige aujourd'hui de la fermeté, et non une rhétorique vide de sens.

Iran : la « pause tactique » de Trump face à la réalité de la terreur

Faits

Donald Trump a annoncé la suspension temporaire des menaces d'intervention militaire immédiate, invoquant des informations des services de renseignement qui suggèrent un arrêt des « exécutions et massacres ». Cependant, des sources sur le terrain et des militants rapportent que, sous le voile de l'embargo sur l'information, le régime persiste dans les arrestations massives et les procès express, avec un bilan estimé à plus de 3 400 morts.

Analyse et implications

Cette manœuvre n'est pas une branche d'olivier, mais un ultimatum. En déclarant une pause, Trump retire le discours victimaire du régime des ayatollahs : si la violence reprend publiquement, la réponse (militaire ou cybernétique) sera légitimée devant la communauté internationale. Pour l'Europe, c'est la dernière chance d'abandonner sa tiédeur : soit elle se joint à la pression maximale pour étouffer les bailleurs de fonds du Hezbollah et du Hamas, soit elle sera complice par omission de la survie d'une théocratie criminelle.

El presidente de Estados Unidos, Donald Trump - REUTERS/ ELIZABETH FRANTZ
Le président américain Donald Trump - REUTERS/ ELIZABETH FRANTZ

Groenland : le « désaccord fondamental » et l'aveuglement européen

Faits

Le sommet à la Maison Blanche entre JD Vance, Marco Rubio et la délégation danoise-groenlandaise s'est conclu sans accord. Alors que Copenhague insiste sur le fait que l'île « n'est pas à vendre », Washington réitère que le contrôle de l'Arctique est un impératif de sécurité nationale existentiel face à l'avancée de la Russie et de la Chine.

Analyse et implications

Refuser la présence renforcée des États-Unis au nom d'une « fierté souverainiste » est une erreur stratégique de premier ordre. L'Arctique est la nouvelle frontière de la guerre froide ; la Russie l'a déjà militarisé et la Chine cherche à dominer ses terres rares. Si l'Europe bloque son allié naturel (les États-Unis) par purisme diplomatique, elle offrira la clé de l'Atlantique Nord à des puissances hostiles.

Las banderas de las Islas Feroe, Dinamarca, Groenlandia y Estados Unidos ondean en el Cuartel General Ártico de las Fuerzas Armadas Danesas en Nuuk, Groenlandia, el 14 de marzo de 2025 - Ritzau Scanpix/Mads Claus Rasmussen vía REUTERS
Les drapeaux des îles Féroé, du Danemark, du Groenland et des États-Unis flottent au quartier général arctique des forces armées danoises à Nuuk, au Groenland, le 14 mars 2025 - Ritzau Scanpix/Mads Claus Rasmussen via REUTERS

Mobilisation militaire européenne vers le nord : autonomie ou réaction ?

Faits

En réponse à la pression de Trump, les puissances européennes (France, Allemagne, Suède, Norvège) ont annoncé l'envoi de troupes et des exercices conjoints au Groenland pour « soutenir le Danemark ».

Analyse et implications

Bien que cela soit présenté comme un geste d'autonomie stratégique, cela révèle l'hypocrisie continentale : l'Europe ne mobilise ses ressources que lorsqu'elle se sent défiée par Washington, mais elle est restée passive pendant que la Chine achetait des infrastructures critiques. Un véritable atlantisme nécessite de coordonner cette force avec les États-Unis, et non de l'utiliser pour afficher une indépendance qui ne profite qu'à Moscou.

Buques de la Armada danesa y el buque francés Garonne navegan cerca de la fragata Niels Juel mientras las fuerzas armadas danesas y francesas realizan maniobras militares frente a la costa de Nuuk, Groenlandia, el 15 de septiembre de 2025 - REUTERS/ GUGLIELMO MANGIAPANE
Des navires de la marine danoise et le navire français Garonne naviguent près de la frégate Niels Juel tandis que les forces armées danoises et françaises effectuent des manœuvres militaires au large de Nuuk, au Groenland, le 15 septembre 2025 - REUTERS/ GUGLIELMO MANGIAPANE

Chine : excédent historique et piège commercial

Faits

Pékin annonce un excédent record de 1 200 milliards de dollars en 2025, diversifiant ses exportations vers le Sud global pour contourner les droits de douane américains.

Analyse et implications

La Chine ne rivalise pas, elle conquiert. Son excédent se transforme en influence politique et en dépendance technologique. Alors que l'Occident débat du « libre marché », le PCC consolide ses monopoles dans les chaînes d'approvisionnement critiques. La réponse des démocraties ne peut être commerciale, elle doit être industrielle : se détacher de la dépendance chinoise est vital pour la survie à long terme.

Sede del Banco Popular de China, el Banco Central, en Pekín, China - REUTERS/JASON LEE
Siège de la Banque populaire de Chine, la banque centrale, à Pékin, en Chine - REUTERS/JASON LEE

Venezuela : la fin du « narco-État » et l'effet domino

Faits

La chute du régime chaviste sous la pression internationale et l'intervention indirecte des États-Unis laisse un vide de pouvoir qui menace de se fragmenter en fiefs criminels, mais affaiblit mortellement ses alliés : Cuba et le Nicaragua.

Analyse et implications

La plus importante plateforme logistique du terrorisme et du trafic de drogue dans l'hémisphère a été démantelée. Critiquer l'« ingérence » revient à ignorer l'horreur que vivaient les Vénézuéliens. Le défi consiste désormais à éviter la « libéralisation » du pays ; une tutelle internationale ferme est nécessaire pour reconstruire les institutions et empêcher les mafias résiduelles ou l'ELN d'occuper l'espace laissé vacant par le chavisme.

Una fotografía publicada por Delcy Rodríguez, presidenta interina de Venezuela, asistiendo a una reunión, después de que Estados Unidos lanzara un ataque contra Venezuela, capturando a su presidente Nicolás Maduro y a su esposa Cilia Flores, el 4 de enero de 2026 - PHOTO/ Delcy Rodríguez a través de Instagram/Handout vía REUTERS
Une photo publiée par Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, assistant à une réunion après que les États-Unis aient lancé une attaque contre le Venezuela, capturant son président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, le 4 janvier 2026 - PHOTO/ Delcy Rodríguez via Instagram/Handout via REUTERS

Moyen-Orient : retrait préventif et dissuasion

Faits

Les États-Unis évacuent le personnel non essentiel de leurs bases au Qatar et dans le Golfe en prévision d'éventuelles représailles asymétriques de la part de l'Iran.

Analyse et implications

Il s'agit d'une mesure de prudence opérationnelle qui ne doit pas être confondue avec de la faiblesse. En réduisant les cibles faciles, Washington se prépare à une éventuelle escalade de haute intensité. La sécurité des voies d'approvisionnement énergétique dépend désormais de la capacité des alliés arabes et européens à assumer leur part de responsabilité dans la défense collective.

<p>El presidente de los Estados Unidos, Donald Trump, conversa con el emir de Qatar, el jeque Tamim bin Hamad Al Thani, durante una reunión a bordo del Air Force One durante su escala para repostar en la base aérea de Al Udeid, cerca de Doha, el 25 de octubre de 2025 - REUTERS/ EVELYN HOCKSTEIN </p>
¡Le président américain Donald Trump s'entretient avec l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, lors d'une réunion à bord d'Air Force One pendant son escale pour faire le plein à la base aérienne d'Al Udeid, près de Doha, le 25 octobre 2025 - REUTERS/ EVELYN HOCKSTEIN

Gaza : la « phase deux » et la fin de l'ère de la terreur

Faits

L'administration Trump encourage une transition vers la démilitarisation totale de la bande de Gaza et une administration technocratique, cherchant à marginaliser définitivement les factions armées.

Analyse et implications

Cette approche rompt avec des décennies de gestion du conflit qui légitimaient les acteurs terroristes en tant qu'interlocuteurs politiques. La paix n'est possible que si la capacité du Hamas à faire la guerre est éliminée ; toute solution laissant les armes entre les mains des islamistes sera un échec.

Tiendas de campaña donde se refugian palestinos desplazados, en medio de un alto el fuego entre Israel y Hamás en Gaza, en Deir Al-Balah, en el centro de la Franja de Gaza, el 22 de octubre de 2025 - REUTERS/ MAHMOUD ISSA 
Tentes où se réfugient les Palestiniens déplacés, au milieu d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, le 22 octobre 2025 - REUTERS/ MAHMOUD ISSA

Ukraine : l'urgence hivernale oubliée

Faits

La Russie lance une offensive brutale contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes en pleine vague de froid (-19 °C), cherchant à briser le moral de la population civile.

Analyse et implications

Poutine sent la « fatigue » occidentale. Si les démocraties laissent l'Ukraine geler faute de défense aérienne, la crédibilité de l'OTAN sera détruite. L'aide à Kiev n'est pas de la charité, c'est la contention nécessaire pour que les chars russes ne menacent pas demain Varsovie ou les pays baltes.

<p>El humo se eleva en la ciudad tras los ataques con drones rusos, en medio del ataque de Rusia a Ucrania, en Kiev, Ucrania, el 12 de enero de 2026 - REUTERS/ GLEB GARANICH </p>
De la fumée s'élève au-dessus de la ville après des attaques menées par des drones russes, dans le cadre de l'offensive russe contre l'Ukraine, à Kiev, en Ukraine, le 12 janvier 2026 - REUTERS/ GLEB GARANICH

Japon : élections anticipées et leadership ferme

Faits

La Première ministre Sanae Takaichi dissout le Parlement pour consolider son mandat face aux menaces de la Chine et aux difficultés économiques.

Analyse et implications

Takaichi représente l'antidote au « wokisme » occidental : un leadership nationaliste, pragmatique et sans complexe dans la défense de sa souveraineté. Un Japon réarmé et politiquement stable est le pilier indispensable pour contenir la Chine dans l'Indo-Pacifique.

<p>La primera ministra japonesa, Sanae Takaichi - PHOTO/ EUGENE HOSHIKO </p>
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi - PHOTO/ EUGENE HOSHIKO

Marchés : la géopolitique des ressources

Faits

Volatilité des métaux stratégiques et de l'énergie. Les investisseurs se réfugient dans des actifs refuges face à l'incertitude dans l'Arctique et le golfe Persique.

Analyse et implications

L'économie n'est plus régie uniquement par l'offre et la demande, mais aussi par la sécurité et l'accès. La transition énergétique occidentale est vulnérable au chantage des autocrates qui contrôlent le cuivre, le lithium et les terres rares. Sans sécurité géopolitique, il n'y a pas de prospérité économique durable.

<p>Edificio de la Bolsa de Shanghái, en el distrito financiero de Pudong, Shanghái, China - REUTERS/ ALY SONG</p>
Bâtiment de la Bourse de Shanghai, dans le quartier financier de Pudong, Shanghai, Chine - REUTERS/ ALY SONG

Rack média

Atlantistes / Centre-droit (WSJ, Telegraph, Fox, National Interest) :

Approche : ils valorisent la « paix par la force ». Ils voient dans la pause de l'Iran une victoire de la dissuasion de Trump et considèrent la question du Groenland comme une nécessité stratégique incomprise par une Europe naïve.

Européistes / Libéraux (FT, Le Monde, BBC, El País) :

Approche : pris entre la peur de la guerre et l'aversion idéologique pour Trump. Ils critiquent les « méthodes impériales » au Groenland et appellent au dialogue avec l'Iran, minimisant souvent la nature terroriste du régime de Téhéran au profit de la « stabilité ».

Progressistes / « Woke » (NYT, Guardian, CNN, La Sexta) :

Approche : diabolisation systématique de la politique étrangère républicaine. Ils présentent la chute du chavisme comme une « déstabilisation » et la pression exercée sur l'Iran comme du « bellicisme », en ignorant les violations des droits de l'homme commises par ces régimes.

Révisionnistes / Propagande (RT, China Daily, Al Jazeera) :

Approche : discours coordonné : les États-Unis sont l'agresseur mondial (Arctique, Venezuela, Iran). Ils occultent la répression interne en Iran et en Chine et se réjouissent du chaos en Occident.

Commentaire éditorial : l'heure de vérité

En ces heures critiques, le miroir de la réalité nous renvoie une image que beaucoup en Occident préfèrent ignorer. Le monde nous oblige à choisir notre camp sans ambiguïté : soit nous sommes avec les démocraties imparfaites qui corrigent leurs erreurs et défendent la liberté, soit nous sommes avec les régimes qui font de la terreur leur doctrine d'État.

La « pause tactique » de Trump en Iran témoigne d'un pragmatisme reaganien qui met en évidence le pacifisme de salon de la vieille Europe et de la gauche radicale américaine. Alors que des figures telles que la pionnière Claudette Colvin, aujourd'hui décédée, nous rappellent que la lutte pour les droits civiques est une cause noble et réelle, le « wokisme » actuel a perverti cet héritage, préférant attaquer les démocraties occidentales pour des « microagressions » tout en gardant un silence complice face aux potences de Téhéran ou aux tortures de Caracas.

Ne nous y trompons pas : la répression iranienne n'est pas un « excès », c'est le système. Le narco-chavisme n'était pas une « option politique », c'était une mafia. Démanteler ces menaces nécessite de la force, pas un dialogue stérile.

Il en va de même pour le Groenland. Critiquer la main de fer de Washington comme de l'« impérialisme » tout en ignorant que la Russie militarise la glace et que la Chine accapare les ressources est une hypocrisie suicidaire. Nous sommes des pro-européens convaincus, certes, mais notre autonomie stratégique ne peut se fonder sur une équidistance entre le pompier (les États-Unis) et le pyromane (Poutine/Xi).

La leçon du 15 janvier 2026 est claire : dans un monde de loups, la sagesse exige des crocs. La civilisation ne se défend pas avec des chèques en blanc aux terroristes ni avec la neutralité morale. Choisir l'inaction, ou pire encore, choisir l'équidistance, c'est choisir la défaite de l'Occident.