Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 17 novembre 2025

Vous trouverez ci-dessous une analyse de l'actualité mondiale, structurée en thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias
Posicionamiento global - <a target="_blank" href="https://depositphotos.com/es/?/">Depositphotos</a>
Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Trump et les dossiers Epstein : transparence imposée par la pression de sa propre base électorale
  2. Japon : contraction économique et nécessité de réformes structurelles
  3. Tensions entre le Japon et la Chine : Pékin utilise le tourisme comme arme économique
  4. Afrique de l'Ouest : le Mali au bord de l'effondrement et la menace djihadiste régionale
  5. Chili : second tour entre le communisme radical et la droite nationaliste
  6. Venezuela-États-Unis : déploiement militaire historique dans les Caraïbes
  7. Union européenne : paralysie sur les actifs russes gelés pour l'Ukraine
  8. L'or : une valeur refuge face à la faiblesse du dollar et à la reconfiguration des réserves mondiales
  9. Guerre en Ukraine : la Russie conserve l'initiative alors que le conflit approche les mille jours
  10. Conseil de sécurité de l'ONU : vote sur une force internationale à Gaza
  11. Analyse finale et panel des médias internationaux

Trump et les dossiers Epstein : transparence imposée par la pression de sa propre base électorale

Faits :

Le président Donald Trump, élu démocratiquement par une large majorité d'Américains, a opéré un revirement stratégique en exhortant publiquement les républicains du Congrès à voter en faveur de la déclassification intégrale des dossiers liés à Jeffrey Epstein et à son réseau criminel. La Chambre des représentants se prépare à un vote qui obligerait le ministère de la Justice à divulguer l'intégralité des documents sur Epstein, y compris ceux relatifs à sa mort en prison fédérale en 2019.

Ce changement de position représente une réponse pragmatique à la pression exercée par certains secteurs de ses propres rangs républicains, notamment des voix telles que celle de Marjorie Taylor Greene, qui a mené le mouvement en faveur d'une plus grande transparence dans cette affaire qui a ébranlé les fondements du pouvoir politique et économique américain. Trump a déclaré sur Truth Social que les républicains « n'ont rien à cacher » et qu'il est temps « d'aller de l'avant avec cette supercherie démocrate perpétrée par des lunatiques de l'extrême gauche ».

La semaine dernière, des milliers de documents relatifs à l'affaire ont été divulgués, notamment des communications entre Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell. Cette confrontation a provoqué des tensions au sein du Parti républicain, Trump retirant son soutien à Greene, qui a attribué cette rupture entièrement à sa position sur les dossiers Epstein.

Implications :

Cet épisode reflète la solidité des institutions démocratiques américaines qui, malgré les critiques virulentes des démocrates américains et de nombreux médias européens et mondiaux, imposent au président l'obligation de répondre aux demandes de transparence des citoyens et de leurs représentants élus.

Trump, avec son pragmatisme politique habituel, devance la gauche radicale qui a instrumentalisé l'affaire Epstein pour saper la légitimité de ses adversaires.

La stratégie présidentielle est claire : dynamiter les offensives rhétoriques de la gauche en anticipant et en désarmant les manœuvres politico-médiatiques qui visent à déstabiliser sa présidence et la majorité républicaine. Cette décision renforce les liens avec son électorat et démontre que celui qui est élu lors d'élections libres et compétitives est responsable devant les citoyens, et non devant les conglomérats médiatiques dont l'idéologie est opposée à la sienne.

La rupture avec Marjorie Taylor Greene, anciennement une alliée inconditionnelle, illustre le fait que dans une démocratie saine, les loyautés personnelles cèdent le pas aux exigences de responsabilité. La publication de ces archives pourrait enfin démasquer les réseaux de corruption et de dépravation qui opèrent depuis des décennies dans l'ombre du pouvoir, touchant aussi bien des personnalités démocrates que républicaines.

<p>La representante Marjorie Taylor Greene ordena la publicación de los archivos relacionados con las investigaciones sobre Jeffrey Epstein y Ghislaine Maxwell, en el Capitolio, en Washington D. C., Estados Unidos, el 3 de septiembre de 2025 - REUTERS/ JINATHAN ERNST</p>
La représentante Marjorie Taylor Greene ordonne la publication des dossiers liés aux enquêtes sur Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, au Capitole, à Washington D.C., aux États-Unis, le 3 septembre 2025 - REUTERS/ JINATHAN ERNST

Japon : contraction économique et nécessité de réformes structurelles

Faits :

L'économie japonaise a enregistré sa première contraction en six trimestres, avec une baisse annualisée de 1,8 % du PIB au troisième trimestre 2025. La contraction trimestrielle a été de 0,4 %, un chiffre meilleur que les prévisions du marché. Les exportations ont chuté de 4,5 % en rythme annualisé, particulièrement affectées par les droits de douane américains sur les produits japonais, notamment dans le secteur automobile.

La consommation privée n'a augmenté que de 0,1 %, tandis que les investissements des entreprises ont progressé modestement de 1,0 %. Les investissements résidentiels ont chuté de plus de 9 % après l'entrée en vigueur de codes de construction plus stricts. La Première ministre Sanae Takaichi prépare un ensemble de mesures fiscales incitatives de 17 000 milliards de yens (110 milliards de dollars) axées sur des domaines de croissance stratégique tels que l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la construction navale.

Implications :

Cette contraction confirme la fragilité du modèle économique japonais, excessivement dépendant de la demande extérieure et pénalisé par un vieillissement démographique accéléré et des niveaux d'endettement public structurellement élevés. Les droits de douane imposés par l'administration Trump rappellent que, dans un monde régi par l'« America First », aucun allié n'est totalement à l'abri de la politique commerciale de Washington.

Le Japon se trouve confronté à un équilibre délicat : augmenter les dépenses publiques pour éviter la récession sans déstabiliser un système financier saturé de dette souveraine, tandis que la Banque du Japon hésite à normaliser les taux d'intérêt, ce qui pourrait étouffer la timide reprise. Le rendement des obligations d'État à 10 ans a atteint 1,73 %, son plus haut niveau depuis juin 2008, indiquant que les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour compenser le risque lié à la détention de dette japonaise.

La Première ministre Takaichi doit relever le défi de démontrer sa capacité à gérer l'économie afin de consolider son leadership à un moment où les tensions diplomatiques avec la Chine ajoutent une pression supplémentaire sur la reprise. Pour l'Europe, le message est inconfortable : se fier exclusivement au parapluie stratégique américain ne garantit pas un traitement favorable sur le plan économique.

<p>La ministra de Finanzas de Japón, Satsuki Katayama - REUTERS/ KIM KYUNG-HOON</p>
La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama - REUTERS/ KIM KYUNG-HOON

Tensions entre le Japon et la Chine : Pékin utilise le tourisme comme arme économique

Faits :

Les relations sino-japonaises se sont considérablement détériorées après les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi, qui a suggéré au Parlement japonais (la Douma) le 7 novembre qu'une attaque chinoise contre Taïwan pourrait constituer une « situation menaçant la survie » du Japon, ce qui permettrait au pays d'exercer son droit à la défense collective. Mme Takaichi a affirmé que même un blocus naval chinois contre Taïwan pourrait déclencher cette clause de sécurité.

La réponse de Pékin a été ferme et multiforme. Vendredi, le gouvernement chinois a émis un avertissement aux voyageurs, exhortant ses citoyens à éviter le Japon, invoquant « de multiples crimes et attaques contre des ressortissants chinois cette année ». Trois grandes compagnies aériennes chinoises ont immédiatement proposé des remboursements complets ou des changements gratuits pour les vols à destination du Japon jusqu'à la fin de l'année. Dimanche, les garde-côtes chinois ont effectué une patrouille dans les eaux territoriales des îles Senkaku (appelées Diaoyu par la Chine), objet d'un litige.

Lundi, Tokyo a dépêché Masaaki Kanai, directeur général du Bureau des affaires asiatiques et océaniques du ministère des Affaires étrangères, à Pékin pour des réunions d'urgence avec son homologue chinois, Liu Jinsong. Les actions des entreprises japonaises du secteur du tourisme et de la distribution ont chuté, avec des estimations d'une perte potentielle d'environ 2 200 milliards de yens par an si le boycott touristique chinois se prolonge.

Implications :

Pékin démontre une fois de plus sa volonté d'utiliser les outils économiques comme arme de coercition diplomatique, comme elle l'a déjà fait contre la Corée du Sud à propos du bouclier antimissile américain THAAD. Les restrictions et recommandations de voyage ainsi que les facilités de remboursement des billets d'avion sont des mesures calibrées pour infliger des dommages économiques sans aller jusqu'à des sanctions formelles qui pourraient aggraver le conflit.

La fermeté de la Première ministre Takaichi, qui s'écarte, même subtilement, de la « stratégie ambiguë » traditionnelle du Japon à l'égard de Taïwan, reflète une décision de l'État d'aligner Tokyo plus étroitement sur Washington dans le contexte de la confrontation sino-américaine. Cependant, cette position a un coût économique immédiat : la Chine est le premier partenaire commercial du Japon, et le tourisme chinois représente un segment crucial de l'industrie des services nippone.

Cette crise s'inscrit dans le contexte plus large du positionnement stratégique de la Chine avant le passage attendu à une posture plus offensive, comme le souligne The Economist. La fermeté de la réponse chinoise suggère que Pékin considère comme impératif d'établir dès maintenant des lignes rouges claires sur toute ingérence extérieure dans la question de Taïwan.

Pour le Japon, le défi consiste à maintenir son engagement en matière de sécurité envers les États-Unis et la région sans précipiter une rupture économique avec la Chine qui serait dévastatrice. Pour l'Europe, la leçon est claire : quiconque défie la Chine en paie immédiatement le prix économique, une réalité qui devrait tempérer les fantasmes d'une « autonomie stratégique » sans contrepartie.

La nueva primera ministra de Japón, Sanae Takaichi, pronuncia su primer discurso político en el Parlamento, en Tokio, Japón, el 24 de octubre de 2025 - REUTERS/ KIM KYUNG-HOON
La nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, prononce son premier discours politique au Parlement, à Tokyo, au Japon, le 24 octobre 2025 - REUTERS/ KIM KYUNG-HOON

Afrique de l'Ouest : le Mali au bord de l'effondrement et la menace djihadiste régionale

Faits :

Le Mali est au bord de l'effondrement de l'État sous la pression du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), la franchise sahélienne d'Al-Qaïda, qui a mis en place un blocus sur le carburant qui étouffe économiquement le gouvernement de Bamako. En septembre, le JNIM a déclaré un blocus sur les villes de Kayes et Nioro, dans le sud-ouest du pays, interdisant les importations de carburant en provenance du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d'Ivoire et de la Mauritanie, ce qui a entraîné une pénurie critique et une perturbation économique généralisée.

Le groupe terroriste djihadiste, qui compte environ 6 000 combattants répartis au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Bénin, au Togo et au Ghana, a fait évoluer sa stratégie au-delà de la violence militaire directe pour y intégrer une composante de guerre économique. Le JNIM a intensifié ses attaques contre les camions-citernes de carburant et les installations minières exploitées par des étrangers, en plus de perpétrer des enlèvements systématiques.

Le gouvernement malien dépend de plus en plus des mercenaires russes pour sa protection, initialement le groupe Wagner et maintenant son successeur, l'Africa Corps. Le Mali s'est retiré de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, ce qui a accru sa vulnérabilité face au JNIM. La semaine dernière, ce groupe a revendiqué sa première attaque au Nigeria, soulignant son expansion géographique.

Implications :

L'effondrement éventuel du Mali aurait des répercussions qui dépasseraient les frontières du pays. Les analystes du Soufan Center mettent en garde contre un effet domino potentiel qui pourrait renverser les gouvernements du Burkina Faso et du Niger, propulsant la dynamique djihadiste à travers l'Afrique côtière occidentale. Le schéma stratégique du JNIM reflète de manière inquiétante les offensives éclair de Hayat Tahrir al-Sham en Syrie en décembre 2024 et des talibans en Afghanistan en août 2021.

Si le gouvernement malien venait à tomber, cela porterait un coup dur à la Russie, qui soutient militairement le régime malien, démontrant une fois de plus que la puissance militaire de Moscou n'est pas la panacée pour les États faibles et défaillants. L'échec russe au Mali s'ajouterait à ses difficultés en Ukraine et donnerait l'image d'une surextension stratégique.

Pour l'Europe, en particulier pour la France, l'effondrement du Mali confirmerait les avertissements sur les conséquences du retrait occidental, mais refléterait également l'échec de décennies d'intervention européenne pour construire des institutions étatiques durables dans la région. La crise migratoire vers l'Europe s'intensifierait inévitablement si de vastes zones du Sahel tombaient sous le contrôle des djihadistes, générant de nouvelles vagues de déplacés.

Le pragmatisme tactique entre le JNIM et l'EIGS (État islamique au Grand Sahara), deux groupes qui seraient normalement des rivaux idéologiques, démontre la sophistication stratégique de ces organisations terroristes. Alors que l'Europe se concentre de manière obsessionnelle sur l'Ukraine et Gaza, elle oublie que sa vulnérabilité en matière de migration et de sécurité passe également par le Sahel.

Fuerzas de mantenimiento de la paz de Chad hacen guardia en la base de mantenimiento de la paz de Minusma en Kidal, Malí - REUTERS/ADAMA DIARRA
Les forces de maintien de la paix tchadiennes montent la garde à la base de maintien de la paix de la Minusma à Kidal, au Mali - REUTERS/ADAMA DIARRA

Chili : second tour entre le communisme radical et la droite nationaliste

Faits :

Le Chili se dirige vers un second tour présidentiel très tendu le 14 décembre, opposant Jeannette Jara, candidate communiste et ancienne ministre du Travail, âgée de 51 ans, à José Antonio Kast, politicien chevronné de la droite conservatrice et nationaliste, âgé de 59 ans, catholique pratiquant et défenseur de la famille traditionnelle. Avec plus de 90 % des votes dépouillés, Jara a obtenu 26,7 % des voix contre 24,1 % pour Kast.

Kast, qui partage les opinions du président américain Donald Trump, a promis de expulser des dizaines de milliers d'immigrants sans papiers et de construire des fossés et des murs le long de la frontière nord avec la Bolivie pour empêcher le passage depuis un Venezuela en décomposition. Un troisième candidat surprise, Franco Parisi, du Parti du peuple, a obtenu 19,71 % des voix, tandis que Johannes Kaiser, du Parti national libertaire, en a obtenu 13,94 %.

Les élections se sont déroulées dans le cadre du système de vote obligatoire réintroduit en 2022, garantissant une participation massive. Les résultats parlementaires ont montré une fragmentation importante, aucun bloc n'ayant obtenu la majorité absolue.

Implications :

La polarisation extrême du Chili entre le communisme radical et une droite nationaliste reflète des dynamiques continentales plus larges de fragmentation du centre politique et de montée des options antisystème en Amérique latine. L'effondrement de la droite traditionnelle marque une crise terminale du modèle politique consensuel qui a caractérisé la transition démocratique chilienne post-Pinochet.

La solide performance de Kast montre que son programme « loi et ordre » trouve un écho puissant dans un contexte où le crime organisé — en grande partie importé — s'est infiltré dans des zones traditionnellement sûres. Le discours sur l'immigration comme menace capitalise sur les inquiétudes réelles concernant l'impact des flux migratoires vénézuéliens sur les services publics et la sécurité des citoyens.

Pour Jara, la victoire au premier tour lui donne un élan, mais le chemin est complexe. Il devra consolider le vote dispersé de la gauche et persuader les électeurs de Parisi et Kaiser, dont les programmes populistes anti-establishment ne s'alignent idéologiquement sur aucun des deux finalistes.

Cependant, les candidats Káiser et Evelyn Matthei ont déjà annoncé leur soutien à KAST. Il nous semble impossible qu'un candidat populiste de droite comme Franco Parisi (qui est lui-même d'extrême droite) soutienne une candidate communiste.

De plus, la candidate communiste devra répondre aux préoccupations de la majorité des Chiliens concernant son soutien sans faille aux tyrannies de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela.

Alberto Mayol, analyste politique à l'université de Santiago, prévoit que « tout candidat de droite qui se qualifiera pour le second tour sera le prochain président du Chili », étant donné que le total des voix de droite a légèrement dépassé les 50 % au premier tour. La fragmentation parlementaire garantit que tout président aura de grandes difficultés à mettre en œuvre son programme.

Pour la région ibéro-américaine, une victoire de Kast consoliderait un axe de gouvernements nationalistes de droite s'étendant de l'Argentine (Javier Milei) au Chili potentiellement. Une victoire de Jara revitaliserait les forces du Forum de São Paulo. Le contexte économique pèse lourdement : le Chili est confronté à un ralentissement de la croissance et à des revendications sociales non satisfaites.

Il est essentiel de souligner que Kast représente une droite ferme et nationaliste, et non une « extrême droite » comme certains médias tentent de le caricaturer. Ses propositions en matière de contrôle de l'immigration et de sécurité citoyenne répondent aux préoccupations légitimes de millions de Chiliens qui voient leur qualité de vie se détériorer en raison de la criminalité et de l'immigration clandestine incontrôlée. Qualifier toute position conservatrice d'« extrême » fait partie de la stratégie de la gauche radicale visant à délégitimer les alternatives démocratiques.

<p>José Antonio Kast, candidato presidencial del Partido Republicano de extrema derecha, saluda a sus seguidores tras los primeros resultados de las elecciones presidenciales, en Santiago de Chile, el 16 de noviembre de 2025 - REUTERS/ RODRIGO GARRIDO</p>
José Antonio Kast, candidat présidentiel du Parti républicain d'extrême droite, salue ses partisans après les premiers résultats des élections présidentielles, à Santiago du Chili, le 16 novembre 2025 - REUTERS/ RODRIGO GARRIDO

Venezuela-États-Unis : déploiement militaire historique dans les Caraïbes

Faits :

Le porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus avancé au monde, est arrivé dans les Caraïbes dans le cadre du plus important déploiement militaire américain dans la région depuis des générations. Le groupe d'attaque comprend neuf escadrons aériens, deux destroyers de classe Arleigh Burke équipés de missiles guidés, le navire de commandement intégré USS Winston S. Churchill et plus de 4 000 marins.

Les États-Unis ont présenté ce déploiement comme une opération visant à lutter contre le trafic de drogue et son afflux vers le territoire américain, ayant mené au moins 20 attaques contre des navires de trafic de drogue au cours des dernières semaines. La dictature vénézuélienne a réagi en annonçant une « mobilisation massive » de personnel militaire, d'armes et d'équipements.

Le dictateur Nicolás Maduro et son exécrable narco-dictature ont condamné le déploiement militaire près de l'Amérique du Sud. Ce déploiement est la conséquence des activités mafieuses et criminelles du régime chaviste, une organisation criminelle se livrant aux crimes les plus répugnants qui soient.

Le département d'État annoncera la désignation du Cartel des Soleils — la structure criminelle incrustée dans l'État vénézuélien — comme organisation terroriste étrangère. D'un point de vue juridique, cela change complètement le paysage géostratégique de la région et place le régime chaviste et ses terminaux au même niveau que Daech (État islamique), Al-Qaïda ou le Hezbollah (allié du chavisme depuis le début de ce siècle), Boko Haram ou les Houthis. Il n'y a pas de plus grande honte que celle-ci. Le 15 octobre, Trump a autorisé la CIA à mener des opérations terrestres meurtrières au Venezuela.

Implications :

Ce déploiement militaire représente la projection de puissance la plus importante des États-Unis dans les Caraïbes depuis la guerre froide. La présence de l'USS Gerald R. Ford à moins de 200 kilomètres des côtes vénézuéliennes envoie un message sans équivoque sur le sérieux des intentions de Washington. Mark Cancian, conseiller principal au Centre d'études stratégiques et internationales, a expliqué que la présence du Ford crée une fenêtre d'action étroite qui ne peut rester sans conséquences.

Le discours officiel sur le trafic de drogue dissimule à peine des objectifs plus larges liés à la fin du régime Maduro, devenu une menace pour la sécurité hémisphérique. L'autorisation d'opérations terrestres meurtrières par la CIA marque une escalade qualitative dramatique qui, historiquement, a précédé des interventions militaires directes ou un soutien décisif aux forces d'opposition internes.

Pour le Venezuela, ce déploiement représente une menace existentielle pour les dirigeants du régime. La mobilisation de la milice bolivarienne doit être considérée avec scepticisme : les forces armées vénézuéliennes sont estimées à 125 000 effectifs sur le papier, mais les experts décrivent l'armée comme une institution « en ruine », rongée par la corruption et le manque d'entretien. Le fossé entre la rhétorique belliciste et la capacité militaire réelle est abyssal.

Le moment du déploiement coïncide avec des tensions commerciales et la révision du T-MEC (USMCA) prévue pour 2026. La projection de la puissance militaire dans la sphère d'influence immédiate des États-Unis envoie des signaux tant aux adversaires mondiaux qu'aux alliés hémisphériques sur la volonté de Washington d'utiliser la force lorsqu'il estime que ses intérêts vitaux sont menacés.

La dimension pétrolière est cruciale : le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Le contrôle de ces ressources par un narco-régime aligné sur les ennemis de l'Occident est intenable ; leur récupération pour le marché libre modifierait fondamentalement les marchés énergétiques mondiaux et la géopolitique du pétrole brut.

<p>El USS Gerald R. Ford, el USS Winston S. Churchill, el USS Mahan y el USS Bainbridge de la Fuerza Aérea de los Estados Unidos, en el océano Atlántico, el 13 de noviembre de 2025 - PHOTO/ Marina de los Estados Unidos/Contramaestre de tercera clase Tajh Payne via REUTERS</p>
L'USS Gerald R. Ford, l'USS Winston S. Churchill, l'USS Mahan et l'USS Bainbridge de l'US Navy, dans l'océan Atlantique, le 13 novembre 2025 - PHOTO/ US Navy/Petty Officer 3rd Class Tajh Payne via REUTERS

Union européenne : paralysie sur les actifs russes gelés pour l'Ukraine

Faits :

L'Union européenne est confrontée à un débat intense sur la manière d'utiliser environ 193 milliards d'euros d'actifs russes gelés pour financer la défense et la reconstruction de l'Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réitéré jeudi son soutien au plan du chancelier allemand Friedrich Merz visant à créer un prêt de réparation de 140 milliards d'euros garanti par ces actifs sans les confisquer directement.

Ces actifs sont principalement déposés auprès d'Euroclear, une institution basée à Bruxelles qui gère 42 500 milliards d'euros de dépôts. La directrice générale d'Euroclear, Valérie Urbain, prévient que la confiscation directe est hors de question, soulignant que « le plus important pour Euroclear est la crédibilité et la confiance ».

La Belgique a exprimé une forte résistance, craignant de devenir la cible principale des représailles agressives du Kremlin. Les pays nordiques et baltes défendent le programme de prêts de réparation. La Commission européenne a accordé à l'Ukraine une nouvelle tranche d'aide de près de 6 milliards d'euros le 13 novembre.

Implications :

Ce débat révèle les tensions fondamentales entre la solidarité européenne avec l'Ukraine, la prudence budgétaire, la crainte de représailles russes et les préoccupations légitimes concernant la corruption. La proposition de Merz est ingénieuse d'un point de vue financier, mais risquée sur le plan politique : elle permet à l'Europe d'affirmer son soutien à l'Ukraine sans confisquer directement les actifs russes, ce qui pourrait créer des précédents juridiques dangereux pour le système financier international.

La résistance d'Euroclear et de la Belgique est compréhensible du point de vue de la stabilité du système financier mondial. La confiscation des actifs de la banque centrale d'un État souverain, même agressif, créerait un précédent qui pourrait éroder la confiance dans le système financier européen. La Chine, en particulier, surveillerait attentivement tout mouvement de ce type compte tenu de son exposition significative aux actifs européens et américains.

La question de la corruption en Ukraine complique considérablement le discours européen. Le fait de fournir 140 milliards d'euros à un gouvernement connu pour ses problèmes de corruption systémique soulève des questions évidentes quant à la responsabilité et à l'utilisation efficace des ressources. Les détracteurs se demanderont légitimement si la gestion de tels fonds peut être confiée à des personnes accusées de détournement de fonds.

Pour la Russie, cette discussion fournit des arguments de propagande sur la « confiscation illégale » par « l'Occident voleur ». Le Kremlin peut utiliser ce discours pour justifier sa propre saisie d'actifs occidentaux en Russie et pour galvaniser le soutien des pays du Sud qui se méfient des précédents de gel des avoirs souverains.

Le calendrier est crucial. Sans accord, l'Europe sera confrontée à une pression accrue de la part des États-Unis, qui ont critiqué ce qu'ils perçoivent comme une contribution européenne insuffisante à la défense de l'Ukraine. La guerre entre dans sa quatrième année sans signe clair de résolution diplomatique.

<p>Valérie Urbain, directora general de Euroclear - PHOTO/ EUROCLEAR </p>
Valérie Urbain, directrice générale d'Euroclear - PHOTO/ EUROCLEAR 

L'or : une valeur refuge face à la faiblesse du dollar et à la reconfiguration des réserves mondiales

Faits :

L'or a atteint des sommets historiques en octobre 2025, touchant brièvement 4 381 dollars l'once le 20 octobre, avant de reculer, enregistrant sa première clôture mensuelle au-dessus de 4 000 dollars. Le métal a pris 58 % de valeur en 2025 jusqu'au 11 novembre, surpassant pratiquement toutes les principales classes d'actifs.

Cette hausse soutenue est alimentée par les anticipations de poursuite des baisses de taux d'intérêt de la Réserve fédérale et, surtout, par la faiblesse structurelle du dollar américain. La demande d'or a augmenté de 10 % au cours des trois premiers trimestres de 2025, tirée par de forts flux d'investissement et des achats continus de la part des banques centrales.

La Banque mondiale souligne que « lorsque l'incertitude augmente, l'or s'envole ». Sprott Asset Management décrit comment les investisseurs délaissent les actifs libellés en dollars au profit des métaux précieux, reflétant une « opération de dépréciation » qui s'amplifie à mesure que les investisseurs se tournent vers des actifs tangibles pour préserver leur pouvoir d'achat.

Implications :

La hausse de l'or reflète une dynamique fondamentale qui transcende les tensions géopolitiques conjoncturelles : la reconfiguration des réserves des banques centrales face à la volatilité des principales devises refuges, en particulier le dollar. Si la faiblesse du dollar a réduit le coût de l'énergie et allégé le service de la dette libellée en dollars pour de nombreux pays, elle a simultanément érodé la valeur réelle des réserves internationales dans cette devise.

Dans ce contexte, les banques centrales du monde entier, en particulier celles de Chine, ont massivement acheté de l'or pour compenser la perte de valeur de leurs réserves en dollars, dans le cadre d'une stratégie de protection contre le risque systémique et la dépréciation du pouvoir d'achat de leurs avoirs. Les achats records effectués par les banques centrales depuis 2022 représentent un mouvement conscient de diversification visant à s'éloigner des réserves en dollars.

Cette tendance est motivée à la fois par les craintes de sanctions occidentales (illustrées par le gel des avoirs russes évoqué précédemment) et par les inquiétudes concernant la discipline budgétaire américaine et les perspectives de dévaluation du dollar à long terme. Les déficits budgétaires structurels des États-Unis, combinés à la monétisation implicite de la dette, alimentent des doutes fondamentaux sur la viabilité de l'architecture monétaire actuelle.

Le phénomène du « commerce de dépréciation » illustre une dynamique cruciale : les investisseurs institutionnels et les grandes fortunes rééquilibrent leurs portefeuilles en faveur d'actifs réels (or, argent, immobilier) en prévision d'une ère de « domination budgétaire ». Cette dynamique structurelle suggère que la hausse de l'or n'est pas un phénomène cyclique, mais une réévaluation séculaire des actifs tangibles.

Pour les investisseurs, l'or reste une protection essentielle contre les risques extrêmes (tail risk) dans les portefeuilles. Dans un environnement où le risque géopolitique est élevé, où les banques centrales réduisent leurs réserves en dollars et où la discipline budgétaire semble faire défaut dans les principales économies, le maintien d'une exposition significative à l'or est une mesure de prudence élémentaire.

<p>Una pantalla muestra los precios actuales del oro dentro de una tienda de oro, el día en que el oro se dispara hasta establecer un nuevo récord, en Bangkok, Tailandia, el 22 de septiembre de 2025 - REUTERS/ CHALINEE THIRASUPA </p>
Un écran affiche les cours actuels de l'or dans une boutique spécialisée, le jour où le prix de l'or atteint un nouveau record, à Bangkok, en Thaïlande, le 22 septembre 2025 - REUTERS/ CHALINEE THIRASUPA

Guerre en Ukraine : la Russie conserve l'initiative alors que le conflit approche les mille jours

Faits :

L'armée russe a pris le contrôle de trois localités supplémentaires dans l'est de l'Ukraine : Gai dans la région de Dnipropetrovsk, Platonivka à Donetsk et Dvorichanske à Kharkiv. Les forces ukrainiennes ont signalé 216 affrontements sur toute la ligne de front au cours des dernières 24 heures.

Selon l'état-major ukrainien, la Russie a mené 66 frappes aériennes, lancé 164 bombes guidées, effectué 4 122 bombardements (dont 124 avec des lance-roquettes multiples) et lancé 4 082 drones suicide. À Kharkiv, au moins trois personnes ont été tuées et 13 blessées à la suite d'une attaque au missile et aux drones.

Vendredi, la Russie a lancé l'une de ses plus importantes attaques contre Kiev à ce jour, utilisant 430 drones et 18 missiles, tuant six personnes dans la capitale. Les forces ukrainiennes ont mené une contre-attaque sur l'important port pétrolier russe de Novorossiysk, sur la mer Noire, provoquant l'état d'urgence.

Implications :

Le fait que la Russie continue de conquérir du territoire ukrainien après près de mille jours de guerre montre que le discours occidental sur un « épuisement imminent de la Russie » s'est révélé systématiquement erroné. L'armée russe a adapté ses tactiques, tirant les leçons des erreurs catastrophiques de 2022, et met désormais en œuvre une stratégie d'usure méthodique qui privilégie la conservation des forces plutôt que les avancées spectaculaires.

La direction Pokrovsk-Myrnohrad reste sous pression intense, avec 75 assauts russes au cours des dernières 24 heures. La chute de cette agglomération urbaine couperait les lignes logistiques critiques pour les forces ukrainiennes dans le Donbass et représenterait un revers stratégique majeur.

L'utilisation massive de drones suicide par la Russie (4 082 en une seule journée) témoigne de l'industrialisation de la guerre sans pilote à une échelle sans précédent. L'Ukraine rapporte avoir détruit 213 drones russes au cours des dernières 24 heures, mais même ce taux d'interception impressionnant est insuffisant pour arrêter toutes les attaques.

L'attaque ukrainienne contre les infrastructures pétrolières russes à Novorossiysk représente une escalade significative dans la campagne menée par Kiev pour nuire à l'économie de guerre russe. Le port est crucial pour les exportations pétrolières russes, et des dommages durables auraient un impact sur les revenus du Kremlin.

Pour l'Europe, la poursuite des avancées russes accroît la pression pour prendre des décisions difficiles concernant un soutien militaire et financier supplémentaire. L'approche des mille jours de guerre sans issue claire suggère que l'Europe doit se préparer à un conflit d'usure prolongé. Cela nécessite la transition de l'Europe vers une économie de guerre, avec une augmentation de la production de munitions et un renforcement de ses propres capacités de défense. Peu de capitales européennes semblent disposées à réaliser ces investissements politiques difficiles mais nécessaires.

<p>Un militar ucraniano junto a un edificio de apartamentos dañado por un ataque militar ruso, en medio de la ofensiva de Rusia contra Ucrania, en la ciudad de Kostiantynivka, en la región de Donetsk, Ucrania, el 15 de noviembre de 2025 - PHOTO/ Oleg Petrasiuk/Servicio de prensa de la 24.ª Brigada Mecanizada Independiente Rey Danylo de las Fuerzas Armadas de Ucrania vía REUTERS </p>
Un militaire ukrainien près d'un immeuble endommagé par une attaque militaire russe, dans la ville de Kostiantynivka, dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 15 novembre 2025 - PHOTO/ Oleg Petrasiuk/Service de presse de la 24e brigade mécanisée indépendante Rey Danylo des forces armées ukrainiennes via REUTERS

Conseil de sécurité de l'ONU : vote sur une force internationale à Gaza

Faits :

Le Conseil de sécurité des Nations unies votera lundi un projet de résolution rédigé par les États-Unis qui soutient la création d'un Conseil de paix en tant qu'« administration de transition » à Gaza et autorise une force internationale de stabilisation temporaire dans l'enclave.

Ce plan a été esquissé pour la première fois dans le « Plan global pour mettre fin au conflit à Gaza » annoncé par le président Trump fin septembre. La première phase du plan a établi le cessez-le-feu actuel. Au moment de la rédaction du présent rapport, le Hamas avait libéré tous les otages vivants et les restes de la plupart des personnes décédées.

Les États-Unis ont convoqué des négociations le 6 novembre. Le 13 novembre, la Russie a présenté un texte alternatif et a demandé des commentaires jusqu'au 17 novembre. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé que l'opposition de son gouvernement à la création d'un État palestinien « n'avait pas changé d'un iota ». Dimanche, le Hamas a rejeté la proposition américaine, la qualifiant de « dangereuse ».

Implications :

Ce vote représente un moment décisif pour le leadership américain au Moyen-Orient. Le plan de Trump, ambitieux dans sa portée mais vague dans les détails de sa mise en œuvre, se heurte à l'opposition simultanée des Israéliens, des Palestiniens, des Russes et des Chinois, une coalition de détracteurs qui garantit pratiquement des difficultés sévères même si la résolution est adoptée.

La menace d'un veto de la Russie ou de la Chine rendrait le plan pratiquement caduc. La Russie a présenté son propre texte alternatif, indiquant que Moscou cherche à saboter le leadership américain et à se positionner comme un acteur important. Pour le Kremlin, la possibilité de veto sur la résolution américaine est un moyen de pression dans ses propres négociations avec Washington sur l'Ukraine.

La Chine est confrontée à des pressions de la part de sa population, historiquement solidaire de la cause palestinienne, et de ses alliés du Sud. La formulation ambiguë du texte américain sur « une voie crédible vers l'autodétermination et la souveraineté palestinienne » fournit à Pékin la justification nécessaire pour opposer son veto.

L'opposition israélienne est la plus problématique pour Washington. Netanyahu a clairement indiqué que son gouvernement bloquerait tout État palestinien. Cette position place l'administration Trump dans une situation impossible : soit elle fait pression sur son plus proche allié dans la région, soit elle admet que le plan est fondamentalement irréalisable. Le rejet du Hamas est tout aussi prévisible ; accepter le démantèlement de son arsenal sans garanties claires serait un suicide politique pour l'organisation terroriste.

La Force internationale de stabilisation est confrontée à des défis opérationnels monumentaux. Quels pays fourniraient des troupes pour une mission à Gaza où elles seraient attaquées à la fois par les restes du Hamas et potentiellement par des éléments extrémistes ? Aucune de ces questions n'a reçu de réponse satisfaisante.

Miembros del Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas - REUTERS/ EDUARDO MUÑOZ
Membres du Conseil de sécurité des Nations unies - REUTERS/ EDUARDO MUÑOZ

Analyse finale et panel des médias internationaux

Les dernières 24 heures confirment que 2025 s'impose comme l'année de la reconfiguration stratégique accélérée de l'ordre international. Les événements analysés révèlent des schémas interdépendants de fragmentation géopolitique, d'affaiblissement des institutions multilatérales, de montée en puissance d'options politiques qui remettent en cause le consensus établi et de militarisation croissante de multiples théâtres.

Convergence éditoriale

Les principaux médias internationaux montrent des schémas de couverture clairs :

  • Archives Epstein : couverture massive et obsessionnelle dans les médias américains (NYT, Washington Post, CNN, Fox News, ABC), reflétant l'instrumentalisation politique de l'affaire par des secteurs qui cherchent à déstabiliser Trump.
  • Économie japonaise : approche technique dans les médias financiers (CNBC, Financial Times, Reuters, WSJ), avec une analyse sobre des vulnérabilités structurelles de la quatrième économie mondiale.
  • Venezuela : récits divergents entre les médias occidentaux, qui mettent l'accent sur le trafic de drogue, et les médias ibéro-américains, qui remettent en question les intentions militaires de Washington.
  • Chili : couverture équilibrée dans les médias européens et ibéro-américains sur la polarisation électorale, mais avec une tendance à qualifier à tort Kast d'« extrême droite » alors qu'il représente une droite ferme et nationaliste.
  • Or : les médias financiers spécialisés (Mining.com, Kitco, Economic Times, UBS) proposent une analyse technique approfondie de la reconfiguration des réserves mondiales.

Silences significatifs

Les silences éditoriaux sont aussi révélateurs que la couverture explicite :

  • Les médias européens sont pratiquement absents de la couverture des tensions entre le Venezuela et les États-Unis, ce qui reflète la déconnexion stratégique de l'Europe par rapport aux dynamiques hémisphériques.
  • Les médias chinois accordent peu d'attention aux déclarations de Takaichi sur Taïwan, ce qui suggère que Pékin préfère gérer la crise par la voie diplomatique plutôt que de l'enflammer dans les médias.
  • Les médias russes n'ont pas réagi de manière visible aux impasses européennes sur les avoirs gelés, ce qui indique que le Kremlin estime que le temps joue en sa faveur alors que l'Europe se fragmente.
  • La couverture médiatique arabe du plan américain pour Gaza a été minimale, reflétant un scepticisme généralisé quant à la viabilité des initiatives unilatérales de Washington.

Biais idéologiques détectables

L'analyse des 90 médias consultés révèle des schémas idéologiques cohérents :

Médias occidentaux « progressistes » (The Guardian, Le Monde, CNN) : Tendance à qualifier d'« extrême droite » ou d'« ultra-droite » les options conservatrices démocratiquement légitimées, tout en atténuant les caractérisations des forces communistes et de la gauche radicale.

Médias conservateurs (The Telegraph, WSJ, Fox News) : Plus d'équilibre dans la caractérisation des options politiques, en mettant l'accent sur les préoccupations légitimes des citoyens concernant l'immigration, la criminalité et la faiblesse fiscale.

Médias financiers (Financial Times, Bloomberg, Reuters) : Analyse techniquement rigoureuse, mais parfois aveugle aux dimensions politiques et sociales des crises économiques.

Médias du Sud (Times of India, Arab News, South China Morning Post) : scepticisme croissant à l'égard des discours occidentaux et plus grande ouverture aux perspectives multipolaires.

Panel des médias : analyse de la couverture

Couverture élevée (8 à 10 actualités couvertes)

  • The Economist : analyse approfondie du Japon, de l'or, de la Chine et de l'Afrique, avec une approche stratégique à long terme.
  • NYT : couverture large avec un parti pris progressiste visible dans la caractérisation des acteurs politiques.
  • Financial Times : excellente analyse économique, faible sur les dimensions culturelles et sociales.
  • Reuters/AFP/AP : couverture factuelle large ; les agences internationales maintiennent des normes professionnelles.

Couverture moyenne (5 à 7 actualités couvertes)

  • Washington Post : accent mis sur la politique américaine, moins d'attention accordée aux dynamiques extra-occidentales.
  • BBC/CNN : couverture mondiale, mais avec une tendance à reproduire les discours officiels occidentaux de tendance progressiste.
  • Al Jazeera : fort au Moyen-Orient, faible en Asie-Pacifique et en Amérique latine.
  • The Guardian : Biais progressiste évident, couverture sélective favorisant les discours de gauche.

Faible couverture (1 à 4 actualités couvertes)

  • Médias arabes régionaux (Al-Hayat, Al-Riyadh, Peninsula Qatar) : Focus presque exclusif sur le Moyen-Orient, attention minimale accordée aux autres régions.
  • Médias russes (TASS, RT, Vesti) : propagande nationale avec une couverture objective minimale des événements mondiaux.
  • Médias asiatiques spécialisés (Yomiuri Shimbun, Straits Times) : excellents dans leurs régions, faibles dans leur couverture mondiale.
  • Médias ibéro-américains (Clarín, El Mercurio, Reforma) : approche régionale avec un contexte géopolitique mondial insuffisant.

Absences et silences retentissants

De nombreux médias sollicités ont présenté un contenu insuffisant, derrière des paywalls ou avec une approche exclusivement nationale : L'Observatore Romano, Libération, plusieurs médias arabes spécialisés, les médias ukrainiens et les médias du Golfe. Cette fragmentation de l'information reflète la balkanisation de l'écosystème médiatique mondial.