Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 21 janvier

Voici une analyse de l'actualité mondiale, structurée autour de thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias

Posicionamiento global - <a target="_blank" href="https://depositphotos.com/es/?/">Depositphotos</a>
Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Introduction
  2. Trump monte les enchères sur le Groenland et menace l'Europe de droits de douane
  3. L'UE vise un accord politique sur le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine (ECOFIN)
  4. Naissance du « Board of Peace » : le Kazakhstan et l'Ouzbékistan se joignent au projet pour Gaza
  5. OTAN : réunion des chefs de la défense à Bruxelles comme pivot stratégique
  6. Davos 2026 : Macron, Carney et l'UE tiennent tête à Trump
  7. La Russie maintient sa stratégie de terreur contre les infrastructures ukrainiennes.
  8. Syrie : fragile cessez-le-feu avec les forces kurdes et avancée du régime
  9. Le Royaume-Uni donne son feu vert à une méga-ambassade chinoise à Londres
  10. Diplomatie parlementaire américaine au Danemark en pleine crise du Groenland
  11. La Chine et la lutte pour l'Indo-Pacifique : signaux en provenance de Davos et au-delà
  12. Rack de médias
  13. Commentaire éditorial

Introduction

Les dernières 24 heures résument, presque jusqu'à la caricature, les tensions de ce début d'année 2026 : un président Trump qui fait du Groenland la pierre angulaire du pouvoir et des tarifs douaniers, une Europe qui tente de réagir sans rompre le lien atlantique, une architecture de paix pour Gaza qui se mondialise et une UE qui cherche à protéger, à coups de prêts conjoints, la résistance ukrainienne jusqu'en 2027.

Tout cela se produit alors que l'OTAN évalue sa position militaire à Bruxelles, que les marchés anticipent le risque d'une nouvelle guerre commerciale transatlantique, que l'Iran subit la répression la plus sanglante depuis 1979 et que la Chine affiche une croissance de 5 % en 2025 qui entretient la lutte systémique entre démocraties et autocraties.

À Davos, le Premier ministre canadien Mark Carney résume le climat avec un message sans équivoque : l'ordre international fondé sur des règles est en pleine rupture, et la question centrale est de savoir si les démocraties seront capables de réagir avec une fermeté adulte ou si elles resteront prises au piège entre l'unilatéralisme de leurs alliés et l'agressivité de leurs adversaires.

Trump monte les enchères sur le Groenland et menace l'Europe de droits de douane

Faits

  • Donald Trump a réaffirmé que le contrôle américain sur le Groenland était un objectif stratégique incontournable, le liant à la défense antimissile (« Golden Dome »), à la surveillance spatiale et à la contention de la Russie et de la Chine dans l'Arctique.
  • Le président a annoncé des droits de douane de 10 % sur toutes les importations en provenance de huit alliés européens — le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — à compter du 1er février, avec une augmentation à 25 % le 1er juin s'il n'y a pas d'accord pour « l'achat complet et total du Groenland ».
  • À Davos, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont ouvertement remis en question la fiabilité de Trump et ont averti que l'UE était prête à activer pour la première fois son mécanisme anti-coercition commerciale face à des droits de douane explicitement liés à des pressions géopolitiques.

Implications

  • Trump rompt de facto avec la culture de gestion coopérative des alliances en subordonnant la politique commerciale à une logique de récompense ou de sanction géopolitique à l'encontre de partenaires à part entière, et pas seulement d'« alliés indisciplinés », reproduisant ainsi l'esprit de la crise irakienne dans un domaine économique beaucoup plus sensible pour les sociétés européennes.
  • La réaction de Macron et von der Leyen positionne l'Europe comme défenseur de l'ordre fondé sur des règles face à une Maison Blanche qui embrasse sans complexe la politique de la force ; la défense de l'OTAN et du lien atlantique ne peut être une excuse pour accepter le chantage économique contre les démocraties alliées.
  • Le risque systémique n'est pas seulement commercial : si les Européens perçoivent que Washington est prêt à punir ses partenaires pour ne pas céder de territoires, la confiance stratégique dans le parapluie américain s'érode, alimentant les discours anti-atlantiques et les tentations d'une autonomie stratégique mal comprise qui ne profitent qu'au Kremlin et à l'expansionnisme chinois.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : la pression concertée de l'UE, du secrétaire général de l'OTAN et de plusieurs dirigeants du G7 ramène le conflit vers des formules de présence renforcée des États-Unis dans l'Arctique sans altérer la souveraineté danoise ni déclencher une escalade tarifaire ; Trump sauve son image de main de fer sans franchir le Rubicon.
  • Scénario à risque : le président met à exécution sa menace d'imposer des droits de douane le 1er février, l'UE répond par des contre-mesures calibrées et une guerre commerciale intra-occidentale s'engage, affaiblissant le front commun face à la Russie, la Chine et l'Iran, tandis que Moscou intensifie sa campagne de désinformation sur la « décadence » d'un Occident divisé.
  • Scénario extrême : le conflit autour du Groenland déclenche un débat toxique dans certaines capitales européennes sur la présence militaire américaine sur le continent ; même si ce scénario reste minoritaire, le simple fait qu'il soit envisagé constitue une victoire stratégique pour Poutine et Xi.
<p>El vicepresidente de los Estados Unidos, JD Vance, flanqueado por el secretario de Energía, Chris Wright, y el asesor de Seguridad Nacional de los Estados Unidos, Mike Waltz, habla en la base espacial militar estadounidense Pituffik, en Groenlandia, el 28 de marzo de 2025 - PHOTO/ JIM WATSON via  REUTERS</p>
Le vice-président américain JD Vance, entouré du secrétaire à l'Énergie Chris Wright et du conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz, s'exprime à la base spatiale militaire américaine Pituffik, au Groenland, le 28 mars 2025 - PHOTO/ JIM WATSON via  REUTERS

L'UE vise un accord politique sur le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine (ECOFIN)

Faits

  • Les dirigeants de l'UE ont convenu en décembre 2025 d'un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine pour 2026-2027, financé par une dette commune et dont le remboursement est conditionné à de futures réparations russes, soutenu par le budget communautaire.
  • La proposition législative de la Commission traduit cet accord en un mécanisme de soutien financier continu destiné à couvrir les besoins budgétaires et de défense de l'Ukraine à partir du deuxième trimestre 2026.
  • Le Conseil ECOFIN du 20 janvier à Bruxelles doit transformer cet accord politique en mandat opérationnel ; des formules telles que « conclusions adoptées » ou « mandat à la Commission pour mettre en œuvre le mécanisme d'endettement conjoint » indiqueraient une issue positive, tandis que « réserves enregistrées » ou « reporté pour examen ultérieur » signaleraient un blocage ou un retard.

Implications

  • Pour Kiev, le passage de l'accord de décembre à une décision formelle de l'ECOFIN est décisif : l'incertitude quant au calendrier et aux conditions alimente la volatilité financière et les doutes du Kremlin quant à la résistance européenne à moyen terme.
  • La structure du prêt — sans intérêts et avec un remboursement lié aux réparations russes — rend l'agresseur responsable de la facture, protège la stabilité interne de l'UE et évite que le contribuable européen ne soit la victime permanente de l'agression de Poutine.
  • Un retard injustifié dû à des vetos ou à des manœuvres de gouvernements proches de l'axe illibéral d'Europe centrale enverrait un signal très dangereux : l'unité européenne face à l'invasion russe est négociable, ce qui affaiblirait la dissuasion et alimenterait le discours du Kremlin sur une Europe fatiguée et divisée.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : l'ECOFIN adopte des conclusions claires, confère un mandat à la Commission et passe le paquet à la phase de mise en œuvre ; les marchés interprètent cela comme une réduction du risque de liquidité à Kiev et un renforcement de la crédibilité de l'engagement européen jusqu'en 2027.
  • Scénario à risque : le langage se limite à des « progrès substantiels » sans adoption formelle, avec des références à des « consultations nationales supplémentaires » ; cela implique des semaines de retard et fournit des arguments rhétoriques à Moscou et aux sceptiques de l'aide militaire aux États-Unis.
  • Scénario pessimiste : un État membre formalise ses réserves et rouvre le paquet ; la prime de risque politique sur l'Ukraine s'envole, la réputation de l'UE en tant que partenaire fiable en temps de guerre se détériore et les courants pacifistes naïfs qui, dans la pratique, blanchissent l'agression russe, se renforcent.
<p>Ursula von der Leyen y Volodymyr Zelensky, se reúnen en el Bella Center de Copenhague, Dinamarca, el 2 de octubre de 2025 - Mads Claus Rasmussen/Ritzau Scanpix/vía REUTERS </p>
Ursula von der Leyen et Volodymyr Zelensky se rencontrent au Bella Center de Copenhague, au Danemark, le 2 octobre 2025 - Mads Claus Rasmussen/Ritzau Scanpix/via REUTERS

Naissance du « Board of Peace » : le Kazakhstan et l'Ouzbékistan se joignent au projet pour Gaza

Faits

  • Après l'annonce du plan de paix pour Gaza et la création d'un « Board of Peace » dirigé par les États-Unis, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan ont répondu en acceptant l'invitation à devenir membres fondateurs, aux côtés d'autres partenaires eurasiatiques et latino-américains.
  • Tokayev a remercié dans une lettre l'invitation de la Maison Blanche, s'engageant à soutenir la reconstruction, la stabilité et la prévention de nouvelles flambées de violence à Gaza.
  • Mirziyoyev a souligné que la participation ouzbèke traduisait un engagement en faveur de solutions durables au Moyen-Orient et d'un cadre international à vocation mondiale, tandis que l'intégration éventuelle du Canada et d'autres acteurs du G7 dans la gouvernance de l'initiative est en cours de discussion.

Implications

  • L'intégration de capitaux d'Asie centrale et d'autres partenaires non occidentaux fait du « Board of Peace » plus qu'un simple dispositif ad hoc pour Gaza : il apparaît comme une plateforme de légitimation multilatérale de la stratégie de Washington, avec une projection sur d'autres conflits où l'Iran et ses mandataires jouent un rôle déstabilisateur.
  • Pour Moscou et Pékin, voir d'anciennes républiques soviétiques s'aligner sur un organe dirigé par Trump est un revers symbolique qui érode le discours selon lequel l'Asie centrale est un « protectorat » russo-chinois.
  • De notre point de vue, le fait que l'organisation de l'après-guerre à Gaza s'articule autour d'un organe international à présence musulmane non radicale et contrôlé par des démocraties ou des régimes modérés est positif : cela affaiblit le Hamas, réduit la marge de manœuvre de l'Iran et offre une alternative à l'axe Turquie-Qatar-Frères musulmans.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : le « Board of Peace » se consolide avec l'adhésion d'autres pays arabes modérés, accompagné d'un mécanisme solide de reconstruction et de contrôle de la sécurité qui exclut de facto le Hamas et limite le pouvoir des milices pro-iraniennes.
  • Scénario à risque : la Russie et la Chine tentent de créer des organes parallèles pour saboter le projet de Washington, tandis que l'Iran active le Hezbollah, les milices irakiennes et les Houthis pour rendre plus coûteuse toute architecture qui réduirait son influence.
  • Scénario de blocage : les divisions internes au sein de l'UE ou entre les partenaires arabes sur le partage des responsabilités laissent le « Board of Peace » dans une impasse bureaucratique, reproduisant le scénario des processus de paix précédents.
<p>El presidente ruso, Vladimir Putin; el presidente kazajo, Kassym-Jomart Tokayev; el presidente chino, Xi Jinping; y el presidente uzbeko, Shavkat Mirziyoyev, llegan a un desfile militar para conmemorar el 80.º aniversario del fin de la Segunda Guerra Mundial, en Pekín, China, el 3 de septiembre de 2025 - Sputnik/Alexander Kazakov/Pool vía REUTERS</p>
Le président russe Vladimir Poutine, le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev, le président chinois Xi Jinping et le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev arrivent à un défilé militaire commémorant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, à Pékin, en Chine, le 3 septembre 2025 - Sputnik/Alexander Kazakov/Pool via REUTERS

OTAN : réunion des chefs de la défense à Bruxelles comme pivot stratégique

Faits

  • Le Comité militaire de l'OTAN se réunit les 21 et 22 janvier 2026 à Bruxelles au niveau des chefs d'état-major des 32 alliés, sous la présidence de l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, avec la participation du SACEUR et du SACT.
  • L'ordre du jour comprend des sessions sur la préparation militaire alliée, l'accélération des capacités, la coordination avec les partenaires indo-pacifiques et un format Conseil OTAN-Ukraine pour examiner la situation sur le terrain et le soutien apporté par le mécanisme NSATU et le centre JATEC.
  • Une conférence de presse est prévue le 22 janvier, où les termes « directives de planification opérationnelle » ou « tâches confiées au SACEUR pour développer des options » seront essentiels pour distinguer les décisions de fond des simples renvois au Conseil de l'Atlantique Nord.

Implications

  • Cette réunion intervient en plein conflit autour du Groenland ; si le message qui ressort de Bruxelles est celui d'une unanimité opérationnelle, un pare-feu aura été érigé entre le différend tarifaire et l'architecture de dissuasion face à la Russie.
  • Pour l'Ukraine, la concrétisation des mandats confiés au SACEUR et le renforcement du NSATU sont tout aussi importants que les paquets financiers : sans supériorité en matière de défense aérienne et de munitions, les millions européens se traduisent par une résistance précaire, et non par une victoire juste.
  • Toute référence à un « manque de consensus » ou à la « nécessité de consultations supplémentaires » sera interprétée à Moscou, Pékin et Téhéran comme un feu vert pour continuer à faire monter la tension, et à Kiev comme un signe de fatigue politique.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : communiqué adopté, soutien explicite au renforcement du flanc oriental et mandat donné au SACEUR pour actualiser les plans, envoyant ainsi à Poutine le message que, malgré le bruit, l'OTAN est plus cohésive que jamais.
  • Scénario à risque : des ambiguïtés calculées masquent des divergences sur le rythme et l'étendue de l'aide à l'Ukraine ou sur la projection indo-pacifique ; c'est le type de langage tiède qui, historiquement, précède les erreurs de calcul des agresseurs.
  • Scénario de blocage : les disputes politiques se répercutent au niveau militaire, obligeant à « élever » les décisions au Conseil de l'Atlantique Nord ; ce serait un précédent inquiétant en pleine confrontation avec la Russie.
De izquierda a derecha: presidente de Francia, Emmanuel Macron; secretario general de la OTAN, Mark Rutte; Giorgia Meloni, presidenta de Italia; primer ministro del Reino Unido, Keir Starmer; Volodymir Zelensky, presidente de Ucrania; Olaf Scholz, excanciller de Alemania; y el presidente de Polonia, Andrzej Duda, durante las reuniones posteriores a la Cumbre de la Haya - PHOTO/PRESIDENCIA DE UCRANIA
De gauche à droite : Emmanuel Macron, président français ; Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN ; Giorgia Meloni, présidente italienne ; Keir Starmer, Premier ministre britannique ; Volodymir Zelensky, président ukrainien ; Olaf Scholz, ancien chancelier allemand ; et Andrzej Duda, président polonais, lors des réunions qui ont suivi le sommet de La Haye - PHOTO/PRÉSIDENCE UKRAINIENNE

Davos 2026 : Macron, Carney et l'UE tiennent tête à Trump

Faits

  • Lors du Forum économique mondial, Emmanuel Macron a dénoncé la « loi du plus fort » et averti que l'Europe n'accepterait pas l'utilisation des droits de douane comme arme pour forcer des concessions territoriales sur le Groenland.
  • Ursula von der Leyen a rappelé l'engagement préalable de ne pas imposer de nouveaux droits de douane et a qualifié d'« erreur » le fait de conditionner le commerce à l'acceptation du projet américain sur le Groenland, mentionnant explicitement le mécanisme anti-coercition commerciale.
  • Le Premier ministre canadien Mark Carney a averti que l'ordre fondé sur des règles « s'effrite » ou est « en rupture », et a appelé les démocraties à renforcer leur résilience face aux chocs économiques et géopolitiques.

Implications

  • Davos est cette année le théâtre d'un choc frontal entre deux modèles : l'unilatéralisme transactionnel de Trump face à une Europe qui veut défendre l'économie ouverte mais qui oscille encore entre l'apaisement et la fermeté.
  • Notre ligne éditoriale exige de faire la distinction : on peut soutenir la main de fer de Trump face au trafic de drogue, au terrorisme et à l'agression russe sans applaudir l'utilisation des droits de douane comme un bâton contre les alliés démocratiques ; la référence est un atlantisme à la Reagan, et non un mercantilisme agressif.
  • Si l'UE se contente de déplorer sans agir, elle confirmera la perception de faiblesse exploitée par le trumpisme ; si elle réagit avec une fermeté intelligente — proportionnée, juridiquement et politiquement solide —, elle peut renforcer son rôle de pôle de bon sens.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : la tempête verbale se transforme dans les couloirs de Davos en formules de compromis, peut-être en liant une présence militaire américaine renforcée dans l'Arctique à des investissements européens supplémentaires, sans toucher à la souveraineté danoise ni déclencher de droits de douane.
  • Scénario à risque : l'escalade rhétorique se traduit en réalité tarifaire et les mêmes élites qui réclament aujourd'hui la stabilité se retrouvent prises au piège d'une guerre commerciale auto-induite.
  • Scénario toxique : la gauche radicale européenne instrumentalise le conflit pour demander une rupture stratégique avec les États-Unis, tandis que les secteurs ultras l'utilisent pour justifier des rapprochements opportunistes avec Moscou ou Pékin.
<p>El presidente estadounidense Donald Trump se reúne con el presidente francés Emmanuel Macron durante la 80.ª Asamblea General de las Naciones Unidas, en la ciudad de Nueva York, Nueva York, EE. UU., el 23 de septiembre de 2025 - REUTERS/ AL DRAGO</p>
Le président américain Donald Trump rencontre le président français Emmanuel Macron lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies, à New York, dans l'État de New York, aux États-Unis, le 23 septembre 2025 - REUTERS/ AL DRAGO

La Russie maintient sa stratégie de terreur contre les infrastructures ukrainiennes.

Faits

  • La Russie a repris ses attaques massives à la roquette et au drone contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, suivant le modèle des vagues précédentes : des dizaines de cibles centrées sur la production, le transport et la distribution d'électricité.
  • Les attaques ont provoqué des coupures d'électricité échelonnées, contraint les centrales nucléaires à fonctionner en dessous de leur capacité et imposé des horaires de coupures de courant à l'échelle nationale.
  • Les autorités ukrainiennes et les organismes internationaux ont alerté sur le risque pour la sécurité nucléaire et sur l'intention de la Russie de briser le moral de la population civile en plein hiver, sans avantages militaires directs immédiats.

Implications

  • Ce schéma confirme la nature terroriste de la campagne russe : il s'agit de punir la population, et non de conquérir des territoires militairement importants, conformément à un régime qui méprise le droit international et tente de gagner par la souffrance civile ce qu'il ne parvient pas à obtenir sur le front.
  • Cela renforce l'urgence de doter l'Ukraine de systèmes de défense antiaérienne plus nombreux et plus performants, ainsi que de capacités de réparation rapide ; tout autre choix reviendrait, dans la pratique, à se rendre complice par omission de la stratégie de Poutine.
  • Pour l'Europe, chaque attaque contre le réseau ukrainien est un rappel de sa propre vulnérabilité : les oléoducs, les câbles sous-marins et les satellites font partie d'un théâtre de guerre hybride sans frontières.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : l'ECOFIN et l'OTAN synchronisent leurs décisions financières et militaires, accélérant la livraison de défenses aériennes de dernière génération ; le coût de chaque nouvelle attaque russe augmente jusqu'à atteindre des niveaux politiquement insoutenables pour le Kremlin.
  • Scénario à risque : l'aide militaire se poursuit sans saut qualitatif et la campagne de terreur énergétique se « normalise », augmentant le risque de lassitude sociale en Ukraine et de nervosité dans certaines capitales européennes.
  • Scénario noir : une attaque provoque un incident grave dans une installation nucléaire ou une panne de courant prolongée avec des victimes massives ; le monde découvrirait trop tard que les lignes rouges doivent être tracées avant la catastrophe.
<p>Bomberos trabajan en el lugar donde se encuentra el centro logístico de una empresa privada de reparto afectada por los ataques con misiles rusos, en medio del ataque de Rusia a Ucrania, en Járkov, Ucrania, el 13 de enero de 2026 - REUTERS/ SOFIIA GATILOVA </p>
Les pompiers interviennent sur le site du centre logistique d'une entreprise privée de livraison touchée par les frappes russes, dans le cadre de l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, à Kharkiv, en Ukraine, le 13 janvier 2026 - REUTERS/ SOFIIA GATILOVA

Syrie : fragile cessez-le-feu avec les forces kurdes et avancée du régime

Faits

  • Le régime syrien a conclu un cessez-le-feu avec les forces kurdes après une offensive éclair dans le nord-est et sous la pression des États-Unis pour éviter un effondrement total des FDS, son allié local historique.
  • L'accord prévoit le retrait des Kurdes vers les zones à majorité kurde et la réintégration progressive des zones mixtes sous le contrôle de Damas, dans une tentative de recentralisation du pouvoir en échange de garanties minimales pour les minorités.
  • Washington a présenté cet accord comme un pas vers une plus grande intégration territoriale, sans changement politique substantiel dans le régime de Bachar al-Assad.

Implications

  • Cette initiative consolide la survie d'Assad, soutenu par la Russie et l'Iran, et laisse les milices kurdes dans une position de dépendance fragile ; un autre exemple de la façon dont les alliés locaux de l'Occident paient le prix des retraits progressifs.
  • De notre point de vue, un régime responsable d'atrocités massives ne peut être blanchi en échange d'une fausse stabilité ; sans véritable transition politique, la Syrie restera un sanctuaire pour les réseaux terroristes et le trafic, utiles à Téhéran et Moscou.
  • La Turquie surveillera de près toute avancée de Damas et de ses alliés chiites vers la frontière ; le risque de nouveaux affrontements ou d'instrumentalisation des réfugiés comme moyen de pression sur l'Europe demeure.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : le cessez-le-feu se consolide, un minimum d'autonomie kurde est préservé et la voie est ouverte à un processus politique sous tutelle internationale, hypothèse aujourd'hui lointaine.
  • Scénario à risque : le régime utilise l'armistice pour diviser les factions kurdes, renforcer son appareil sécuritaire et ouvrir la voie à une répression sélective peu médiatisée.
  • Scénario pessimiste : une nouvelle flambée de violence provoque des mouvements massifs de population vers la Turquie et, par ricochet, vers l'Europe, réactivant l'instrumentalisation migratoire.
<p>Un soldado de la coalición liderada por Estados Unidos monta guardia durante una patrulla conjunta de Estados Unidos y las Fuerzas Democráticas Sirias (SDF) lideradas por los kurdos en la zona rural de Qamishli, en el noreste de Siria, el 8 de febrero de 2024 - REUTERS/ ORHAN QUEREMAN </p>
Un soldat de la coalition menée par les États-Unis monte la garde lors d'une patrouille conjointe des États-Unis et des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes dans la zone rurale de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, le 8 février 2024 - REUTERS/ ORHAN QUEREMAN

Le Royaume-Uni donne son feu vert à une méga-ambassade chinoise à Londres

Faits

  • Le gouvernement britannique a approuvé la construction d'un grand complexe ambassade chinois à Londres, après des années de retards et de méfiance pour des raisons de sécurité.
  • Les détracteurs dénoncent la taille du complexe et sa proximité avec la City, y voyant une invitation à l'espionnage et à l'influence politique occulte.
  • Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Occident et la Chine autour des technologies critiques, des matières premières stratégiques et des positions dans la région indo-pacifique.

Implications

  • Cette décision révèle l'ambivalence britannique : rhétorique dure à l'égard de Pékin, mais ouverture d'espaces d'influence physique et symbolique au régime chinois au cœur de l'Europe.
  • Notre ligne éditoriale ne préconise pas la fermeture des ambassades, mais plutôt d'éviter qu'elles ne deviennent des centres de renseignement, d'achat de volontés et de pression sur les diasporas.
  • Chaque avancée de la présence chinoise dans les capitales occidentales s'ajoute à une offensive mondiale qui s'étend de la mer de Chine méridionale à l'Afrique et à l'Amérique latine, en passant par les quartiers les plus sensibles de Londres.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : Londres accompagne l'approbation d'un renforcement sérieux du contre-espionnage et de limites strictes à l'utilisation du complexe, envoyant ainsi le message que l'ouverture diplomatique n'est pas synonyme de naïveté stratégique.
  • Scénario à risque : la nouvelle enclave devient la plateforme logistique et politique d'un réseau d'influence qui pénètre les institutions, les universités et les entreprises.
  • Scénario sévère : dans un futur conflit ouvert avec la Chine, le complexe devient un moyen de pression et de guerre hybride sur le territoire britannique.
<p>El primer ministro británico, Keir Starmer - PHOTO/LEON NEAL via REUTERS</p>
Le Premier ministre britannique Keir Starmer - PHOTO/LEON NEAL via REUTERS

Diplomatie parlementaire américaine au Danemark en pleine crise du Groenland

Faits

  • Une délégation bipartisane du Congrès américain s'est rendue au Danemark pour apaiser les tensions liées à la crise du Groenland et offrir des garanties d'engagement en faveur de la sécurité de l'Arctique.
  • La visite a coïncidé avec l'annonce par Trump de droits de douane liés à la question du Groenland, mettant les parlementaires dans une position délicate face à leurs interlocuteurs danois.
  • Les législateurs ont souligné l'importance de la coopération en matière de défense et la nécessité d'éviter une rupture avec un allié clé sur le flanc nord de l'OTAN.

Implications

  • Cette « double voix » de Washington — une Maison Blanche maximaliste et un Congrès rassurant — reflète la bataille interne entre une vision transactionnelle et une vision plus classique du leadership occidental.
  • Pour l'Europe, le message est clair : toute l'Amérique n'est pas Trump, mais Trump est aujourd'hui le président ; la réponse doit être ferme sans rompre les ponts avec les forces atlantiques qui continuent de croire en l'alliance.
  • La gestion de la crise sera un test de résistance : si les alliés ne parviennent pas à gérer leurs divergences sur le Groenland, ils auront du mal à maintenir une stratégie cohérente face à la Russie, à la Chine ou à l'Iran.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : le travail parlementaire et celui des bureaucraties de sécurité compensent les excès verbaux du président et aboutissent à une entente tactique avec Copenhague.
  • Scénario à risque : le fossé entre la Maison Blanche et le Congrès se creuse, envoyant des signaux contradictoires aux alliés et aux adversaires.
  • Scénario structurel : cette dynamique se normalise et les alliés sont contraints de « lire Washington » comme on lisait auparavant les factions dans les pays politiquement instables.
<p paraid="1097308981" paraeid="{e5392468-5ffc-42b1-83c1-e100a80ae492}{87}">La primera ministra de Dinamarca, Mette Frederiksen, da la bienvenida al primer ministro de Groenlandia, Jens-Frederik Nielsen, el día de la cumbre de la Comunidad Política Europea en Copenhague, Dinamarca, el 2 de octubre de 2025 - REUTERS/ LEONHARD FOEGER</p>
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, accueille le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, lors du sommet de la Communauté politique européenne à Copenhague, au Danemark, le 2 octobre 2025 - REUTERS/ LEONHARD FOEGER

La Chine et la lutte pour l'Indo-Pacifique : signaux en provenance de Davos et au-delà

Faits

  • Parallèlement à la crise du Groenland, l'UE et l'Inde progressent vers un accord de libre-échange, Mme von der Leyen soulignant à Davos que le bloc est « sur le point » de conclure un accord, avant de se rendre en Inde après le forum.
  • Le rapprochement entre l'UE et l'Inde s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification des chaînes d'approvisionnement et de réduction des dépendances critiques vis-à-vis de la Chine, qui maintient une croissance d'environ 5 % et accélère son expansion en Asie, en Afrique et en Amérique latine.
  • Ces mouvements diplomatiques s'accompagnent de la consolidation d'alliances de sécurité et d'accords de défense entre les démocraties régionales et des partenaires tels que le Japon, les Philippines et l'Australie.

Implications

  • Pour l'Europe, l'Inde n'est pas seulement un marché, mais un partenaire stratégique clé pour contrebalancer le poids de la Chine en Asie ; chaque pas vers un accord commercial solide réduit la marge de manœuvre coercitive de Pékin.
  • Cette approche s'inscrit dans une vision atlantique élargie : la défense de la liberté ne se joue pas seulement dans la Baltique ou à Gibraltar, mais aussi dans l'océan Indien, le Pacifique et la mer de Chine méridionale.
  • La grande inconnue est de savoir si l'UE sera capable de maintenir la cohérence entre son discours de « réduction des dépendances » et ses décisions concrètes en matière d'énergie, de technologie et de matières premières critiques.

Perspectives et scénarios

  • Scénario positif : l'accord UE-Inde est conclu, complété par des engagements discrets en matière de sécurité, et devient l'un des piliers de l'équilibre face à l'expansionnisme chinois.
  • Scénario à risque : l'accord se dilue dans des technicités et des réserves sectorielles, laissant presque intacte la dépendance européenne vis-à-vis des chaînes de valeur contrôlées par Pékin.
  • Scénario défavorable : l'Inde joue la carte de l'équidistance, utilisant Bruxelles et Pékin comme leviers de négociation sans alignement clair en matière de valeurs et de sécurité.
<p>Un submarino nuclear de misiles balísticos Tipo 094A clase Jin de la Armada del Ejército Popular de Liberación (EPL) de China navega durante una exhibición militar en el Mar de China Meridional - PHOTO/ REUTERS</p>
Un sous-marin nucléaire lanceur d'engins balistiques de type 094A classe Jin de la marine de l'Armée populaire de libération (APL) chinoise navigue lors d'une démonstration militaire en mer de Chine méridionale - PHOTO/ REUTERS

Rack de médias

Mainstream libéral-progressiste (NYT, Washington Post, Guardian, CNN, BBC, Le Monde, El País, etc.)

Accent mis sur le danger que représente Trump et le risque pour l'ordre fondé sur des règles, avec un accent particulier sur le Groenland, Davos et l'érosion du lien transatlantique.[61][62][63] [64] En Ukraine, soutien au prêt de 90 milliards, mais avec un sous-entendu de « fatigue » et de coût politique interne à moyen terme.

Médias russes / pro-russes (RT, TASS)

Ils exploitent la crise transatlantique comme une preuve de la « décomposition occidentale » et présentent le différend sur le Groenland comme une cupidité impériale américaine et une soumission européenne.

Minimisation technocratique des attaques contre les infrastructures ukrainiennes et de la répression iranienne, enveloppée dans le discours de la « stabilité face au chaos ».

Presse économique et financière (FT, WSJ, CNBC, Reuters, Bloomberg, Economic Times, etc.)

Elle se concentre sur l'impact des droits de douane sur les marchés, les exportateurs exposés et le risque d'une guerre commerciale intra-occidentale ; Davos est considéré comme un baromètre de la géoéconomie et de l'aversion au risque.

Elle souligne le caractère innovant du prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, mais met en garde contre les vetos, la fragmentation politique interne de l'UE et les retards possibles dans la mise en œuvre.

Médias européens continentaux (Le Monde, FAZ, Corriere, La Vanguardia, Brussels Times, etc.)

Ton alarmiste face à la confrontation avec les États-Unis, mêlant victimisation européenne et autocritique limitée sur les lacunes en matière de défense, d'énergie et d'autonomie stratégique.

Large soutien au paquet pour l'Ukraine et à l'architecture du « Board of Peace », mais couverture insistante des réticences de certains États membres et de la lassitude sociale face à la guerre.

Médias du Golfe et du Moyen-Orient (Al-Jazeera, Al-Arabiya, Asharq, presse israélienne et palestinienne)

Regard très attentif sur le « Board of Peace » : mélange de scepticisme et d'espoir à Gaza face à un projet perçu comme imposé de l'extérieur, avec la crainte qu'il ne traite pas les questions de justice et de libertés.

Presse israélienne divisée entre ceux qui y voient une opportunité de placer Gaza sous supervision internationale et ceux qui craignent une internationalisation limitant la liberté d'action d'Israël.

Médias conservateurs / centre-droite occidentaux (The Times, Telegraph, Le Figaro, Die Welt, FAZ opinion, WSJ opinion, Fox, The National Interest, etc.)

Divisés entre l'applaudissement de la fermeté de Trump face à la Russie et à la Chine et l'inquiétude que la coercition tarifaire contre les alliés érode l'alliance atlantique.

Plus de clarté dans la dénonciation de l'expansionnisme russe et chinois et dans le soutien au prêt à l'Ukraine en tant qu'investissement dans la sécurité, mais avec un débat sur la viabilité budgétaire et le partage des charges.

Médias asiatiques (South China Morning Post, China Daily, The Times of India, Strait Times, Yomiuri, etc.)

La presse chinoise souligne le conflit entre les États-Unis et l'UE comme preuve d'un Occident divisé et peu fiable, et relativise la dimension coercitive de Pékin.

Médias indiens et d'Asie du Sud-Est

Ils soulignent la rivalité entre la Chine et l'Occident, les opportunités offertes par l'axe UE-Inde et interprètent le « Board of Peace » comme s'inscrivant dans un rééquilibrage plus large dans la région indo-pacifique.

Commentaire éditorial

Il y a des jours où le système international ressemble à un théâtre d'ombres : discours nobles à Davos, communiqués mesurés à Bruxelles, conférences de presse impeccables à New York. Et pourtant, derrière la rhétorique, les enjeux sont douloureusement concrets : des familles ukrainiennes qui se réveillent au bruit des missiles sur leurs centrales électriques ; des jeunes Iraniens qui risquent leur vie face à une théocratie qui exporte la terreur de Beyrouth à Sanaa ; des villages entiers, du Sahel à l'Amérique centrale, empoisonnés par le trafic de drogue, tandis que certains en Europe continuent de jouer à l'ingénuité idéologique.

La crise du Groenland, devenue une obsession présidentielle, est le symptôme d'un problème plus profond : lorsqu'une grande puissance commence à traiter ses alliés comme des vassaux à coups de tarifs douaniers, l'architecture de sécurité s'effrite ; mais lorsque ces mêmes alliés se contentent de se plaindre sans renforcer leur défense, leur unité politique et leur capacité stratégique, ils deviennent complices de leur propre insignifiance. Le problème n'est pas que les États-Unis défendent leurs intérêts stratégiques dans l'Arctique – ce qui est compréhensible et, bien fait, souhaitable –, mais qu'ils prétendent acheter ou détourner la souveraineté d'un territoire allié comme si nous étions au XIXe siècle.

Dans le même temps, la partie pour l'Ukraine entre dans une phase décisive : soit l'Europe convertit ses grandes déclarations en argent, en armes et en garanties à long terme, soit le sacrifice ukrainien aura été vain et le message aux tyrans sera dévastateur : il suffit de résister un peu et la fatigue démocratique fera le reste. Le prêt de 90 milliards n'est pas un geste de générosité, mais un investissement dans notre propre sécurité ; chaque missile qui n'est pas tiré sur Kiev est un missile qui ne devient pas un instrument de pression sur Varsovie, Berlin ou Madrid.

La création du « Board of Peace » et l'adhésion du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan montrent, pour une fois, quelque chose que l'on oublie souvent : lorsque les États-Unis proposent des cadres ordonnés et réalistes, leur leadership conserve un magnétisme que ni Moscou ni Pékin ne peuvent égaler. Mais cet avantage s'érode à chaque excès rhétorique, à chaque tarif douanier mal ciblé, à chaque clin d'œil complaisant aux autocrates qui ne comprennent que le langage de la force.

Le moment actuel exige plus que des gros titres : il exige un atlantisme adulte, qui soutienne sans complexe la défense de l'Ukraine, la contenance du régime terroriste de Téhéran et la résistance face à l'expansionnisme chinois, mais qui ait aussi le courage de dire à Washington que l'amitié entre démocraties ne se construit pas sur la base de chantages commerciaux. Et il exige surtout une Europe qui cesse de se comporter comme un spectateur indigné et commence à agir comme ce qu'elle prétend être : une puissance politique capable de défendre ses valeurs — liberté, État de droit, dignité humaine — non seulement dans les forums internationaux, mais aussi dans l'épreuve difficile des faits.

Entre le caprice des nouveaux césars et la résignation des peuples, il existe un espace étroit mais indispensable : celui de ceux qui continuent à croire que la sagesse, la fermeté et la décence peuvent encore changer le cours de l'histoire.