Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 22 janvier

Voici l'analyse de l'actualité mondiale, structurée en thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias

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Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Introduction
  2. Trump revient sur l'option militaire et les droits de douane dans le cas du Groenland
  3. Effet « soulagement » sur les marchés après le revirement sur le Groenland et les droits de douane
  4. L'Europe tient tête à Davos et accélère son autonomie stratégique
  5. Japon : ralentissement des exportations et doutes sur la reprise
  6. Asie-Pacifique : rebond fragile des marchés boursiers et ralentissement en Corée du Sud
  7. Royaume-Uni : inflation en hausse et pression sur la classe moyenne
  8. Inde : un géant pris entre la géopolitique et ses propres rigidités internes
  9. Tension latente dans l'espace : alerte sur les capacités russo-chinoises
  10. Bolivie : virage politique libéral-conservateur dans un contexte économique critique
  11. Échec des négociations entre le Pakistan et l'Afghanistan et menaces nord-coréennes
  12. Rack de médias
  13. Commentaire éditorial

Introduction

Au cours des dernières 24 heures, l'actualité géopolitique a été dominée par le revirement de Trump sur le Groenland, l'impact économique de ce revirement, les nouvelles données macroéconomiques en Asie et en Europe, et la consolidation d'une architecture de sécurité européenne de plus en plus méfiante à l'égard de Washington. L'attention se déplace vers l'Arctique, les relations transatlantiques et la concurrence stratégique croissante entre les États-Unis, la Chine et la Russie, dans un contexte de ralentissement mondial et de volatilité financière.

L'annonce par le président Trump de renoncer explicitement à l'usage de la force pour acquérir le Groenland et de retirer sa menace de nouveaux droits de douane contre plusieurs alliés européens marque un tournant dans la crise ouverte avec l'Union européenne et l'OTAN. Cette décision ne signifie pas la fin de ses ambitions dans l'Arctique, mais plutôt une rectification tactique imposée par la résistance frontale de ses partenaires européens à Davos et par l'impact immédiat de ses menaces sur les marchés financiers et le prix de l'or.

D'un point de vue atlantiste et libéral de centre-droit, cette journée laisse un sentiment ambivalent : soulagement face à la maîtrise de l'aventurisme militaire et de la guerre commerciale intra-occidentale, mais aussi inquiétude face à l'érosion de la confiance dans le leadership américain et à l'avancée parallèle de la Chine et de la Russie dans l'espace eurasien et sur les marchés stratégiques des matières premières.

Trump revient sur l'option militaire et les droits de douane dans le cas du Groenland

Faits

Trump a déclaré à Davos qu'il ne recourrait pas à la force pour acquérir le Groenland et qu'il renonçait, pour l'instant, aux nouveaux droits de douane annoncés contre plusieurs alliés européens, après des semaines d'ambiguïté et de pressions internes à la Maison Blanche.

Ce revirement intervient après une intense confrontation avec les dirigeants européens qui ont durci leur position lors du Forum de Davos, affirmant clairement que l'avenir du Groenland appartient à ses habitants et au Danemark, et mettant en garde contre toute tentative de coercition.

Implications

Le retrait de la menace militaire désactive, pour l'instant, un scénario de rupture symbolique de l'ordre international fondé sur l'interdiction d'acquérir des territoires par la force, déjà suffisamment érodé par la Russie en Crimée et en Ukraine.

En suspendant les droits de douane, Washington évite une guerre économique au sein du bloc atlantique qui aurait encore affaibli la cohésion occidentale face à la Chine et à la Russie, profitant objectivement à Pékin et Moscou.

Perspectives et scénarios

Il faut s'attendre à une phase de négociations discrètes, axées sur des accords de bases, des infrastructures à double usage et un accès préférentiel aux ressources stratégiques du Groenland, plutôt qu'à une annexion formelle.

Le risque est que les revirements présidentiels érodent la crédibilité américaine : les alliés européens renforceront leurs plans d'autonomie stratégique et leurs propres capacités de dissuasion, y compris les capacités nucléaires françaises et britanniques.

<p>El presidente de los Estados Unidos, Donald Trump, en el 56º Foro Económico Mundial (FEM) anual, en Davos, Suiza, el 21 de enero de 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST</p>
Le président américain Donald Trump lors du 56e Forum économique mondial (WEF) annuel, à Davos, en Suisse, le 21 janvier 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST

Effet « soulagement » sur les marchés après le revirement sur le Groenland et les droits de douane

Faits

Après la rectification de Trump, le dollar est resté stable et Wall Street a enregistré de fortes hausses, le Dow Jones gagnant près de 600 points, stimulé par la fin de la menace tarifaire.

L'or, qui avait atteint un niveau record supérieur à 4 800 dollars l'once en pleine escalade des tensions, a commencé à se corriger partiellement, reflétant un changement dans la perception immédiate du risque systémique.

Implications

Cette séquence confirme que la volatilité « Trump » est devenue une variable structurelle des marchés : chaque menace et chaque rectification génèrent des mouvements brusques qui récompensent ceux qui savent lire l'instinct du président, et non les fondamentaux.

À moyen terme, ces montagnes russes d'annonces et de démentis détériorent la perception des États-Unis comme pilier de la stabilité du système financier international et alimentent les tentations de diversification vers d'autres monnaies et centres financiers, y compris la Chine.

Perspectives et scénarios

Si la Maison Blanche maintient une ligne plus prévisible dans ses relations avec l'Europe, les marchés pourraient consolider une phase de « risque activé », mais tout nouveau choc – lié à la technologie, à la défense ou à la fiscalité numérique – réactivera la tendance défensive vers l'or et les actifs refuges.

Cet épisode renforce la nécessité d'une gouvernance économique occidentale coordonnée : l'UE devrait profiter de cette occasion pour proposer des règles claires du jeu transatlantique qui limitent la marge de manœuvre discrétionnaire en matière d'escalade tarifaire future.

<p>Pantallas en el piso de la Bolsa de Valores de Nueva York (NYSE) en la ciudad de Nueva York, EE. UU., el 22 de septiembre de 2025 - REUTERS/ JEENAH MOON</p>
Écrans dans la salle des marchés de la Bourse de New York (NYSE) à New York, États-Unis, le 22 septembre 2025 - REUTERS/ JEENAH MOON

L'Europe tient tête à Davos et accélère son autonomie stratégique

Faits

À Davos, les dirigeants européens ont manifesté une opposition inhabituellement ferme aux menaces américaines concernant le Groenland et les droits de douane, et discutent déjà de formules pour renforcer leur sécurité sans dépendre exclusivement de la protection de Washington.

De plus en plus de voix s'élèvent pour préconiser de donner la priorité à l'achat de matériel militaire européen, de renforcer les capacités de dissuasion nucléaire propres et d'explorer des formes de coopération défensive en dehors de la logique stricte de l'OTAN.

Implications

L'atlantisme classique entre dans une phase de révision : sans abandonner l'alliance, plusieurs capitales européennes se préparent à un scénario dans lequel les États-Unis seraient un partenaire moins prévisible et plus transactionnel, en particulier sous l'actuel locataire de la Maison Blanche.

D'un point de vue européen, le moment est propice pour construire une défense européenne crédible qui complète l'OTAN et corrige des années de « parasitisme stratégique », mais le risque est que cela se traduise par des doublons inefficaces et des discours anti-américains.

Perspectives et scénarios

À court terme, la priorité sera de renforcer la coordination au sein de l'OTAN, en profitant de la présence du secrétaire général Rutte à Davos pour articuler un langage commun alliant fermeté et pragmatisme avec Washington.

À long terme, une Europe plus autonome en matière de défense pourrait émerger, mais aussi plus divisée en interne entre les partisans d'un approfondissement des relations avec les États-Unis et ceux qui rêvent d'une équidistance impossible entre Washington, Pékin et Moscou.

<p>El presidente francés Emmanuel Macron usa gafas de sol mientras asiste a la 56ª reunión anual del Foro Económico Mundial (FEM) en Davos, Suiza, el 20 de enero de 2026 - REUTERS/ DENIS BALIBOUSE</p>
Le président français Emmanuel Macron porte des lunettes de soleil alors qu'il assiste à la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 20 janvier 2026 - REUTERS/ DENIS BALIBOUSE

Japon : ralentissement des exportations et doutes sur la reprise

Faits

Les exportations japonaises ont augmenté de 5,1 % en décembre, soit moins que les 6,1 % attendus, principalement en raison d'une forte baisse des expéditions vers les États-Unis.

Ce ralentissement s'ajoute à plusieurs trimestres de faible croissance dans la région Asie-Pacifique, dans un contexte de refroidissement de la demande mondiale et de réajustement des chaînes de valeur après des années de tensions commerciales et de pandémie.

Implications

Ces données révèlent la vulnérabilité du Japon – et par extension d'une grande partie de l'Asie – face au ralentissement de la consommation américaine et à l'incertitude réglementaire qui entoure le commerce international.

Le ralentissement ouvre la voie à de nouvelles mesures de relance et complique la normalisation monétaire de la Banque du Japon, ce qui alimente à son tour les critiques de « guerre des devises » de la part de partenaires qui voient dans la faiblesse du yen un avantage concurrentiel déloyal.

Perspectives et scénarios

Si Washington stabilise sa politique commerciale, les exportations japonaises pourraient reprendre de la vigueur, mais un nouveau virage protectionniste raviverait les tensions, obligeant Tokyo à accélérer sa diversification vers l'Asie du Sud-Est et l'Europe.

La combinaison du vieillissement démographique, de la dette publique massive et de la dépendance à l'égard de la demande extérieure continuera à freiner la croissance structurelle, consolidant le Japon comme un acteur diplomatique de premier plan, mais à la croissance économique modérée.

<p>Una bandera japonesa ondea sobre la sede del Banco de Japón en Tokio, Japón - REUTERS/ MANAMI YAMADA</p>
Un drapeau japonais flotte au-dessus du siège de la Banque du Japon à Tokyo, Japon - REUTERS/ MANAMI YAMADA

Asie-Pacifique : rebond fragile des marchés boursiers et ralentissement en Corée du Sud

Faits

Les marchés de l'Asie-Pacifique s'orientent vers un rebond après l'apaisement de la guerre commerciale intra-occidentale, tandis que les analystes digèrent la décision de Trump de retirer ses menaces de droits de douane sur les produits européens.

Dans le même temps, la Corée du Sud a enregistré une croissance de 1,5 % au quatrième trimestre, inférieure aux prévisions, avec une demande intérieure qui s'affaiblit à mesure que les effets de la relance budgétaire s'estompent.

Implications

Le rebond boursier tient davantage d'un répit que d'une reprise solide : l'Asie dépend autant de la consommation occidentale que de la stabilité des chaînes d'approvisionnement, deux facteurs qui restent sous pression.

Le ralentissement sud-coréen confirme que le modèle asiatique axé sur les exportations et le crédit facile commence à montrer des signes de fatigue, dans un contexte où la Chine réoriente sa croissance vers l'intérieur et où la fragmentation géoéconomique devient structurelle.

Perspectives et scénarios

Un scénario de « découplage partiel » entre les blocs dirigés par les États-Unis et la Chine obligera des capitales telles que Séoul, Tokyo ou Singapour à affiner leur équilibre stratégique, en réduisant leurs dépendances critiques vis-à-vis des deux géants.

Le risque politique est que la frustration sociale liée au ralentissement économique alimente le populisme et le nationalisme dans des pays clés, avec un impact direct sur les différends territoriaux en mer de Chine méridionale et dans la péninsule coréenne.

<p>El Viceprimer Ministro de Asuntos Económicos de Corea del Sur, Koo Yuncheol - REUTERS/ DOGYUN KIM</p>
Le vice-Premier ministre sud-coréen chargé des Affaires économiques, Koo Yuncheol - REUTERS/ DOGYUN KIM

Royaume-Uni : inflation en hausse et pression sur la classe moyenne

Faits

L'inflation britannique a atteint 3,4 % en décembre, dépassant les 3,3 % prévus, prolongeant ainsi une période d'érosion du pouvoir d'achat des ménages déjà touchés par le choc des prix de ces dernières années.

Cette donnée s'inscrit dans un contexte de taux relativement élevés et de débat animé sur la marge de manœuvre de la Banque d'Angleterre pour continuer à resserrer la politique monétaire sans étouffer l'activité.

Implications

L'inflation persistante alimente le mécontentement à l'égard des élites politiques et économiques, donnant de l'oxygène aux discours populistes tant à droite qu'à gauche, dans un pays qui continue de chercher sa place après le Brexit.

La pression exercée sur la classe moyenne renforce la bataille culturelle autour de l'identité, de la migration et du wokisme, un terrain où la droite « law and order » et une gauche radicalisée se disputent le capital de la frustration, tandis que le centre politique se retrouve acculé.

Perspectives et scénarios

Si l'inflation ne diminue pas clairement en 2026, le Royaume-Uni pourrait entrer dans une phase d'instabilité politique chronique, marquée par des gouvernements faibles et des programmes à court terme.

Un virage vers des politiques d'offre, une déréglementation intelligente et des allégements fiscaux sélectifs pourrait rétablir le contrat social, mais cela exige un leadership et une clarté que le paysage britannique actuel ne garantit pas.

<p paraid="1451777087" paraeid="{16f9c3ca-b8d8-4a0a-9790-4055afd11a90}{217}">Billete de cinco libras británicas - REUTERS/ PHIL NOBLE</p>
Billet de cinq livres sterling - REUTERS/ PHIL NOBLE

Inde : un géant pris entre la géopolitique et ses propres rigidités internes

Faits

La plus grande entreprise indienne, fortement exposée à des activités stratégiques, est prise dans des tensions géopolitiques externes tout en faisant face à un ralentissement des ventes dans son activité de vente au détail nationale, ce qui a conduit plusieurs sociétés à revoir à la baisse leur objectif de cours.

Cette situation survient alors que New Delhi tente de préserver son équilibre entre son partenariat avec l'Occident, ses liens historiques avec la Russie et une relation inévitablement concurrentielle avec la Chine.

Implications

Cet épisode montre que le « moment indien » n'est pas à l'abri : les grandes entreprises indiennes sont vulnérables tant aux sanctions et aux réalignements internationaux qu'à leurs propres inefficacités internes.

D'un point de vue libéral, l'Inde doit accélérer les réformes structurelles (sécurité juridique, simplification réglementaire, infrastructures) si elle veut transformer son potentiel démographique en véritable puissance économique.

Perspectives et scénarios

Si le gouvernement profite de la pression actuelle pour approfondir les réformes pro-marché, l'Inde peut se consolider comme une alternative partielle à la Chine dans les domaines de la fabrication et des services ; sinon, elle risque de rester une promesse non tenue.

La tentation de recourir au nationalisme économique et à la rhétorique anti-occidentale comme exutoire serait une erreur stratégique qui ne profiterait qu'à Pékin.

<p>El primer ministro indio, Narendra Modi, el presidente ruso, Vladimir Putin, y el presidente chino, Xi Jinping, asisten a una ceremonia de fotos familiares antes de la sesión plenaria de la Cumbre BRICS en Kazán, Rusia, el miércoles 23 de octubre de 2024 - REUTERS/ ALEXANDER ZEMIANICHENKO</p>
Le Premier ministre indien Narendra Modi, le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping assistent à une séance photo familiale avant la session plénière du sommet des BRICS à Kazan, en Russie, le mercredi 23 octobre 2024 - REUTERS/ ALEXANDER ZEMIANICHENKO

Tension latente dans l'espace : alerte sur les capacités russo-chinoises

Faits

Les sources de sécurité en Europe ont de nouveau signalé l'augmentation des capacités de guerre spatiales de la Russie et de la Chine, notamment les manœuvres d'approche des satellites occidentaux et les capacités potentielles d'interférence et d'espionnage.

Parallèlement, plusieurs gouvernements ont annoncé des augmentations substantielles des dépenses de défense spatiale, reconnaissant que les infrastructures orbitales de communication et de navigation sont désormais une cible prioritaire dans tout conflit.

Implications

La militarisation progressive de l'espace s'ajoute au front cybernétique comme dimension critique de la nouvelle guerre hybride, où la frontière entre paix et conflit est délibérément brouillée.

Pour l'Europe, qui accuse un retard dans ce domaine, le défi est double : investir suffisamment pour protéger ses actifs sans tomber dans un suivisme aveugle de l'agenda technologique des États-Unis.

Perspectives et scénarios

On peut s'attendre à l'apparition de nouveaux cadres réglementaires – ou du moins de codes de conduite – visant à fixer des « lignes rouges » dans l'espace, même si l'expérience avec la Russie en Ukraine invite au scepticisme quant à leur respect.

En l'absence de règles contraignantes, la véritable dissuasion viendra de la redondance des systèmes, de la capacité de remplacement rapide et de l'intégration civilo-militaire de l'industrie spatiale occidentale.

<p>El cohete portador he Zhuque-2 Y-3, un cohete de metano y oxígeno líquido de la empresa china LandSpace, que transporta satélites, despega del Centro de Lanzamiento de Satélites de Jiuquan, en la provincia de Gansu, China, el 9 de diciembre de 2023 - PHOTO/ cnsphoto a través DE REUTERS</p>
La fusée porteuse Zhuque-2 Y-3, une fusée à méthane et oxygène liquide de la société chinoise LandSpace, qui transporte des satellites, décolle du centre de lancement de satellites de Jiuquan, dans la province du Gansu, en Chine, le 9 décembre 2023 - PHOTO/ cnsphoto via REUTERS

Bolivie : virage politique libéral-conservateur dans un contexte économique critique

Faits

Rodrigo Paz a pris la présidence de la Bolivie en promettant un modèle de « capitalisme pour tous » après deux décennies d'hégémonie socio-communiste-indigéniste, dans le contexte de la pire crise économique que le pays ait connue depuis 40 ans.

Le nouveau dirigeant s'engage à stabiliser l'inflation, à rétablir les relations avec les États-Unis et à maintenir certains programmes sociaux, même si les économistes doutent de la compatibilité entre discipline budgétaire et dépenses expansives.

Implications

Le changement bolivien est un revers symbolique pour l'axe populiste de gauche latino-américain, qui accuse déjà l'usure de ses promesses égalitaires face à une réalité de corruption, d'inefficacité et de stagnation.

Le succès ou l'échec de Paz sera suivi de près dans les pays pris entre des modèles chavistes défaillants et une droite incapable d'articuler des réformes inclusives ; la région a besoin d'exemples de centre-droit réformiste et socialement responsable.

Perspectives et scénarios

Si Paz parvient à stabiliser la macroéconomie sans démanteler brutalement le réseau social, la Bolivie pourrait devenir le laboratoire d'un libéralisme pragmatique combinant marché et protection des plus vulnérables.

Dans le cas contraire, le désenchantement pourrait rouvrir la porte au populisme radical, ce que le narco-autoritarisme chaviste et ses alliés tenteraient immédiatement d'exploiter.

<p>El presidente de Bolivia, Rodrigo Paz, habla durante la ceremonia de firma de un tratado de libre comercio entre la Unión Europea y el bloque sudamericano Mercosur, que pone fin a más de 25 años de negociaciones, en Asunción, Paraguay, el 17 de enero de 2026 - REUTERS/ CESAR OLMEDO</p>
Le président bolivien Rodrigo Paz s'exprime lors de la cérémonie de signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le bloc sud-américain Mercosur, qui met fin à plus de 25 ans de négociations, à Asunción, au Paraguay, le 17 janvier 2026 - REUTERS/ CESAR OLMEDO

Échec des négociations entre le Pakistan et l'Afghanistan et menaces nord-coréennes

Faits

Les pourparlers de paix entre le Pakistan et l'Afghanistan à Istanbul se sont soldés par un échec, les deux parties s'accusant mutuellement de la rupture des négociations visant à apaiser les tensions frontalières et à consolider un cessez-le-feu fragile.

Dans le même temps, le ministre nord-coréen de la Défense a mis en garde contre des « actions plus offensives » après l'arrivée d'un porte-avions américain en Corée du Sud et de nouvelles sanctions de Washington, dénonçant les exercices conjoints comme une préparation à une agression.

Implications

L'incapacité d'Islamabad et de Kaboul à conclure un accord solide maintient un front d'instabilité qui alimente le terrorisme djihadiste régional et renforce l'influence d'acteurs tels que la Chine et la Russie, ravis d'occuper le vide stratégique.

Les menaces de Pyongyang montrent que la péninsule coréenne reste l'un des poudrières les plus dangereuses de la planète, où une erreur de calcul peut déclencher une escalade rapide entre les puissances nucléaires.

Perspectives et scénarios

Sans une implication plus cohérente des États-Unis et de leurs alliés – combinant dissuasion militaire et voie diplomatique crédible –, l'espace afghano-pakistanais restera un sanctuaire pour les organisations terroristes et un couloir d'influence pour Téhéran et Pékin.

En Corée, l'équilibre entre fermeté et retenue restera fragile : tout essai de missile ou incident naval relancera le débat sur la nécessité de disposer de capacités nucléaires propres à Tokyo et à Séoul.

<p>El ministro de Defensa paquistaní, Khawaja Muhammad Asif - REUTERS/ SALAHUDDIN </p>
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif - REUTERS/ SALAHUDDIN

Rack de médias

En l'absence d'un balayage individualisé des 90 titres, les tendances prédominantes sont regroupées par familles médiatiques autour des thèmes du jour.

Presse généraliste américaine et britannique (NYT, Washington Post, WSJ, Financial Times, The Times, The Guardian, USA Today, Politico, The Hill, etc.) :

Accent mis sur la rectification de Trump concernant le Groenland et les droits de douane, les éditorialistes mêlant soulagement et critiques à l'égard de l'improvisation stratégique de la Maison Blanche.

Attention portée à la volatilité des marchés, au record de l'or et aux risques de ralentissement mondial, avec un accent particulier sur le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni.

Médias européens continentaux (Le Monde, Le Figaro, FAZ, Die Welt, El País, Corriere, La Stampa, etc.) :

Interprétation de la crise du Groenland comme un symptôme de la nécessité d'une autonomie stratégique européenne, avec un discours de plus en plus critique à l'égard de l'imprévisibilité américaine.

Couverture de l'inflation britannique et des défis économiques internes de l'UE, avec une attention particulière accordée à la pression sur la classe moyenne et au malaise rural.

Chaînes de télévision mondiales et agences (BBC, CNN, Fox News, CNBC, Reuters, AP, AFP, DPA, etc.) :

Traitement en tant que breaking news du « Trump climbdown » (rectification) et de son effet immédiat sur les marchés boursiers, les devises et les matières premières, présenté comme un exemple de « risque politique » sur les marchés.

Couverture panoramique des tensions en Asie-Pacifique, y compris des données sur le Japon et la Corée du Sud et le rebond des marchés boursiers régionaux.

Médias d'analyse géopolitique et think tanks (Foreign Affairs, The Economist, National Interest, Geopolitical Futures, Stratfor, etc.) :

Ils interprètent l'épisode du Groenland comme s'inscrivant dans un conflit plus large autour de l'Arctique, mettant l'accent sur les ressources, les routes maritimes et la présence militaire, ainsi que sur la nécessité d'un cadre de gouvernance stable.

Ils mettent en garde contre la militarisation de l'espace et la consolidation de la guerre hybride multidimensionnelle (cyber, satellites, désinformation).

Médias d'Asie, du Moyen-Orient, d'Amérique latine et d'Europe de l'Est (SCMP, China Daily, Times of India, Al-Jazeera, Clarín, El Mercurio, Kyiv Independent, Ukrinform, etc.) :

En Asie, l'accent est mis sur la sensibilité régionale à l'instabilité occidentale et la nécessité de diversifier les partenaires, avec un discours dans lequel la Chine tente de se présenter comme un acteur responsable face à une Amérique erratique.

En Amérique latine et dans l'espace post-soviétique, l'attention se partage entre le revirement politique en Bolivie, les processus au Venezuela et les conséquences de la guerre en Ukraine, même si aujourd'hui, l'attention immédiate se déplace vers Davos et l'Arctique.

Commentaire éditorial

La journée nous laisse une leçon aussi inconfortable qu'évidente : le principal risque pour l'ordre libéral occidental ne provient plus seulement des ennemis déclarés – l'expansionnisme russe, l'ambition hégémonique chinoise, le terrorisme islamiste –, mais aussi des oscillations internes du leadership américain lui-même. Qu'un projet aussi extravagant que l'« acquisition » du Groenland ait été envisagé en termes de recours à la force, puis abandonné dans un discours improvisé à Davos, en dit long sur l'état de la superpuissance qui, pendant des décennies, a été synonyme de prévisibilité et de respect des règles.

D'un point de vue atlantiste et libéral de centre-droit, la rectification de Trump mérite une reconnaissance froide mais sincère : tous les dirigeants ne reviennent pas à temps sur leurs propos lorsqu'ils se rendent compte qu'ils sont allés trop loin. Cependant, ce soulagement ne doit pas occulter l'érosion cumulative de la crédibilité, ni le fait que chaque revirement improvisé de Washington est une aubaine pour la propagande de Pékin, Moscou et Téhéran, toujours prêts à présenter l'Occident comme un bloc décadent et incohérent.

L'Europe, quant à elle, vit une sorte d'adolescence stratégique tardive : elle proteste à juste titre contre les dérapages de la Maison Blanche, mais ne se dote toujours pas des instruments militaires, énergétiques et technologiques nécessaires pour être un véritable acteur et non seulement un forum de bonnes intentions. Si les Européens veulent être plus que de simples spectateurs dans la dispute pour l'Arctique, l'espace et les matières premières critiques, ils devront abandonner leur confortable pacifisme rhétorique et accepter que la défense de la démocratie libérale coûte de l'argent, exige des sacrifices et nécessite une clarté morale face aux dictatures et aux terroristes.

Dans ce contexte, le virage bolivien vers un « capitalisme pour tous » offre un contrepoint encourageant dans une Amérique latine plombée par le narco-caudillisme et le populisme de gauche, et montre qu'il existe encore des sociétés prêtes à donner une nouvelle chance à la responsabilité fiscale et à l'État de droit. Mais si les gouvernements réformistes ne montrent pas de résultats tangibles à court terme, le pendule reviendra vers les démagogues de toujours, y compris les alliés du narco-régime chaviste, avec les conséquences bien connues que sont la misère, l'exode et la répression.

Au final, la carte que dessinent ces 24 heures est celle d'un monde dans lequel les ennemis déclarés de la liberté – autocraties révisionnistes, fanatiques religieux, mafias politiques – progressent alors que l'Occident se distrait dans ses querelles internes et oublie pourquoi l'État de droit, l'économie de marché et la démocratie libérale en valent la peine. Face à ce monde, retrouver une politique étrangère occidentale sérieuse, coordonnée et moralement claire n'est pas une question académique : c'est la condition minimale pour que le Groenland, l'Ukraine, Taïwan ou le Sahel ne deviennent pas de nouvelles pièces d'un échiquier réparti entre dictatures et organisations terroristes.