Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique, 26 janvier

L'analyse suivante des événements mondiaux actuels est structurée autour de thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique des principaux médias.
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Positionnement mondial - Depositphotos
  1. Introduction - Le monde vu sous quatre angles de risque qui se recoupent
  2. Trump : l'« accord Groenland » promet un « accès total » sans limite de temps - avertissement sur la dette américaine
  3. OTAN : Rutte délimite le débat - « La souveraineté du Groenland n'est pas remise en question »
  4. Purge sans précédent au sommet de l'armée chinoise : le général nucléaire est soupçonné de trahison.
  5. L'Ukraine et les États-Unis concluent des garanties de sécurité « à 100 % » - La Russie intensifie la terreur énergétique
  6. Ukraine : un haut dirigeant d'un opérateur électrique meurt alors qu'il supervisait des réparations sous le feu
  7. Gaza, Liban et Israël : opération pour récupérer le dernier otage et pression sur le Hezbollah
  8. Syrie : les États-Unis exigent le respect du cessez-le-feu entre Damas et les FDS - délai de 4 jours prolongé à 15
  9. L'Irak annonce le jugement des détenus de l'État islamique transférés depuis la Syrie - des volumes massifs sont attendus
  10. L'Inde ouvre ses portes : réduction des droits de douane jusqu'à 40 % sur les voitures européennes.
  11. L'or au-dessus de 5 000 dollars : peur structurelle et refuge sûr
  12. Rack média
  13. Commentaire éditorial - Atlantisme sans servilité, réalisme sans cynisme

Introduction - Le monde vu sous quatre angles de risque qui se recoupent

Le tableau international s'est considérablement réduit autour de quatre axes de risque interconnectés qui définissent le début de l'année 2026 et qui dialoguent entre eux avec une logique implacable : la purge silencieuse mais brutale au sommet de l'armée chinoise, qui touche le cœur même du programme nucléaire de Pékin ; la consolidation progressive mais décisive des garanties de sécurité à l'Ukraine, qui redéfinit le flanc oriental du monde atlantique alors que la Russie intensifie la terreur énergétique comme doctrine de guerre ; la pression stratégique croissante sur Israël et Gaza, Washington tentant d'écrire l'architecture du « lendemain » tandis que Téhéran et ses mandataires mènent une campagne de sabotage systématique ; et le bond spectaculaire de l'or au-dessus des 5 000 dollars l'once, symptôme incontestable d'un système international qui ne fait plus confiance à la parole des gouvernements et cherche désespérément refuge dans des valeurs tangibles.

Parallèlement, nous assistons à un changement fondamental qui reconfigure les alliances et les équilibres économiques : l'Inde tente une ouverture commerciale ambitieuse avec l'Union européenne qui défie le vieux protectionnisme du Sud global et annonce une concurrence stratégique de premier plan ; l'Europe tente de ne pas se réduire à un simple spectateur tout en négociant simultanément sa sécurité énergétique, ses relations transatlantiques et son rôle dans l'Indo-Pacifique ; et les États-Unis, sous la présidence de Trump, combinent une main de fer sélective — contre les narco-dictatures, la théocratie iranienne, le crime organisé transnational — avec un pragmatisme transactionnel qui inquiète tant les adversaires de l'Occident que plus d'un partenaire européen habitué à une rhétorique douce sans conséquences.

Pendant ce temps, la crise du Groenland, qui fait la une des journaux depuis plusieurs jours, continue de servir de test de résistance à l'atlantisme : lorsque le leader de la démocratie la plus puissante de la planète parle d'« accès total » sans limite de temps sur le territoire d'un allié européen et menace de représailles économiques, il ne renforce pas la dissuasion stratégique, il crée une méfiance structurelle. Et la méfiance est exactement le terreau dont Poutine a besoin pour voir ses objectifs prospérer sans tirer un seul missile supplémentaire.

Il en résulte un système international où il n'existe plus de « crises exceptionnelles » susceptibles d'être gérées ponctuellement, mais une succession de chocs superposés qui exigent une clarté morale et des nerfs d'acier : face à l'expansionnisme chinois, à l'impérialisme revanchard russe et au terrorisme théocratique exporté depuis Téhéran, l'ambiguïté n'est pas une sophistication diplomatique, c'est un renoncement moral déguisé en prudence.

Trump : l'« accord Groenland » promet un « accès total » sans limite de temps - avertissement sur la dette américaine

Faits

Dans des déclarations faites à Davos, le président Trump a décrit l'accord en cours de négociation sur le Groenland comme un « accès total » sans restriction temporelle ni « coût direct », après avoir retiré les menaces tarifaires et explicitement écarté le recours à la force militaire. Simultanément, il a mis en garde contre d'éventuelles représailles si les gouvernements européens procédaient à des ventes massives de dette souveraine américaine en signe de protestation politique.

Implications profondes

Il ne s'agit pas d'une question diplomatique technique pouvant être résolue dans le cadre de comités bilatéraux. Il s'agit d'un bras de fer existentiel sur le concept même de souveraineté alliée au XXIe siècle. L'Arctique concentre des ressources minérales essentielles pour la transition énergétique et la défense (terres rares, lithium, uranium), des routes maritimes que le changement climatique est en train d'ouvrir, et des positions militaires déterminantes pour la surveillance des missiles hypersoniques russes et chinois.

L'Occident a besoin d'une présence renforcée au Groenland : radars d'alerte précoce, ports en eau profonde pour les sous-marins nucléaires, bases aériennes pour les intercepteurs, infrastructure logistique pour la projection de puissance vers l'Atlantique Nord et l'Arctique central. Tout cela est légitime, nécessaire et urgent.

Mais le langage de « l'accès total » sans limite dans le temps invite à un malentendu structurel aux conséquences dévastatrices : les alliés peuvent — et doivent — accepter une coopération renforcée dans le cadre de l'architecture de l'OTAN ; ils ne peuvent en aucun cas accepter un protectorat de facto qui érode la dignité souveraine de la démocratie européenne consolidée.

L'avertissement concernant les représailles en cas de vente de la dette américaine est encore plus révélateur : il confirme que le conflit transcende la dimension géopolitique pour entrer dans une spirale de coercition économique bilatérale avec un potentiel systémique. Si les États-Unis instrumentalisent le dollar et le Trésor comme leviers de pression contre leurs alliés, non seulement ils détruisent la confiance, mais ils ils redéfinissent de manière irréversible les règles du jeu financier mondial, accélérant la dédollarisation que Pékin et Moscou poursuivent depuis des décennies.

Perspectives et scénarios (horizon 30-90 jours)

∙ Scénario optimal (35 %) : accord contractuel limité précisant les infrastructures à double usage (défense antimissile « Golden Dome », bases logistiques, surveillance SIGINT/ELINT), avec une clause explicite sur la souveraineté danoise, des mécanismes de révision quinquennale et la participation institutionnelle de l'OTAN.

∙ Scénario de tension contrôlée (45 %) : retour intermittent des menaces tarifaires comme levier de négociation. Gestion du conflit par des cycles d'escalade-désescalade qui maintiennent la crise à son paroxysme sans rupture formelle.

∙ Scénario de fracture stratégique (20 %) : érosion accélérée de la confiance transatlantique ; prolifération des discours anti-américains dans la politique européenne dominante ; munitions idéologiques pour les courants souverainistes, populistes et pro-russes ; affaiblissement structurel de la cohésion de l'OTAN. Exactement l'objectif poursuivi par la Chine et la Russie : un bloc occidental divisé, démoralisé, paralysé.

<p>El presidente de los Estados Unidos, Donald Trump, en el 56º Foro Económico Mundial (FEM) anual, en Davos, Suiza, el 21 de enero de 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST</p>
US President Donald Trump at the 56th annual World Economic Forum (WEF) in Davos, Switzerland, on 21 January 2026 - REUTERS/JONATHAN ERNST

OTAN : Rutte délimite le débat - « La souveraineté du Groenland n'est pas remise en question »

Faits

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a catégoriquement affirmé que la question du statut politique du Groenland par rapport au Danemark n'avait pas été abordée avec le président Trump. Rutte a réorienté le débat vers une coopération stratégique renforcée dans l'Arctique face à l'activité militaire et économique croissante de la Russie et de la Chine.

Implications stratégiques

Rutte exécute une manœuvre défensive et diplomatique classique : construire un pare-feu conceptuel qui retire du plan « territorial-souverain » ce qui doit rester strictement une discussion sur l'architecture de défense, la présence militaire et la dissuasion conventionnelle.

Le véritable risque est que ce pare-feu rhétorique ne résiste pas à la pression des déclarations présidentielles qui contredisent ou dépassent le cadre de l'OTAN. Si des limites politiques explicites ne sont pas fixées par écrit — avec validation parlementaire à Washington et Copenhague —, le vide conceptuel sera inexorablement comblé par l'impulsion présidentielle et le discours médiatique de « l'accès total ».

L'OTAN ne peut se permettre que son flanc nord, traditionnellement le plus cohésif, passe du statut de vecteur de dissuasion stratégique à celui de source de conflit intra-allié. Ce serait un autodestruction géopolitique aux conséquences durables.

Perspectives et scénarios (60-90 jours)

∙ Scénario constructif (40 %) : l'OTAN encadre formellement la question comme un renforcement opérationnel (plans d'urgence actualisés, infrastructure militaire double, systèmes de surveillance intégrés) sous la pleine souveraineté des alliés. Désactivation du « délire territorial ».

∙ Scénario de dissonance stratégique (45 %) : dissociation persistante : l'OTAN parle de coopération militaire standard ; la Maison Blanche maintient sa rhétorique d'« accès total » ; Copenhague navigue entre les deux pôles. Crise latente sans résolution.

∙ Scénario d'exploitation adverse (15 %) : Moscou et Pékin exploitent la contradiction par des campagnes de désinformation, une augmentation des patrouilles navales et aériennes dans l'Arctique, une pression diplomatique sur les États nordiques. Accélération d'une autonomie stratégique européenne mal coordonnée.

<p>El secretario general de la OTAN, Mark Rutte, una conferencia de prensa en una cumbre de la OTAN en La Haya, Países Bajos, el 25 de junio de 2025 - REUTERS/ YVES HERMAN</p>
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, lors d'une conférence de presse au sommet de l'OTAN à La Haye, aux Pays-Bas, le 25 juin 2025 - REUTERS/ YVES HERMAN

Purge sans précédent au sommet de l'armée chinoise : le général nucléaire est soupçonné de trahison.

Faits

Le Wall Street Journal a révélé que Zhang Youxia, numéro deux des forces armées chinoises et responsable politico-militaire du programme nucléaire de Pékin, est accusé d'avoir divulgué des secrets nucléaires aux États-Unis, provoquant un séisme interne au sein de l'Armée populaire de libération. Les médias chinois ont accusé Zhang de corruption et d'avoir défié l'autorité de Xi Jinping ; les accusations s'étendent également au chef d'état-major, Liu Zhenli ; tous deux ont été placés sous enquête le 24 janvier. Taipei qualifie ce mouvement d'« anormal » en raison de son ampleur et de son caractère abrupt.

Des implications profondes

Une purge de cette ampleur au cœur de l'appareil nucléaire du régime communiste confirme ce que les analystes avaient prédit : loin d'apporter la stabilité, le modèle de pouvoir personnalisé de Xi génère des factions, la peur et des luttes intestines où la sécurité stratégique de la planète devient une monnaie d'échange.

Le fait que le responsable suprême du programme nucléaire puisse être accusé à la fois de fuites d'informations à l'adversaire et de corruption systémique démontre que la prétendue méritocratie du Parti communiste n'est qu'un vernis recouvrant une structure clientéliste et opaque, loin du discours officiel sur l'efficacité technocratique.

Perspectives et scénarios (horizon immédiat : 30 à 60 jours)

∙ Scénario de reconfiguration chaotique (40 %) : si les fuites importantes se confirment, Pékin sera contraint de revoir ses protocoles, ses commandements et peut-être même ses sites nucléaires, avec le risque d'erreurs de calcul en pleine course stratégique avec les États-Unis dans la région indo-pacifique.

∙ Scénario de consolidation autoritaire (35 %) : Xi utilise la purge pour éliminer ses rivaux potentiels et centraliser davantage le contrôle sur les forces armées, avec pour conséquence une plus grande imprévisibilité de la politique étrangère chinoise.

∙ Scénario de signalisation à Taïwan (25 %) : pour Taïwan, le Japon et les alliés de l'Indo-Pacifique, la combinaison des purges politiques et de l'ambition expansionniste renforce la nécessité d'une architecture de sécurité robuste, atlantiste et sans naïveté. Personne ne veut d'un arsenal nucléaire contrôlé par une élite qui purge les généraux pour des raisons de loyauté personnelle.

<p>Exhibición de misiles nucleares estratégicos intercontinentales DF-5C en un desfile militar para conmemorar el 80.º aniversario del fin de la Segunda Guerra Mundial, en Pekín, China, el 3 de septiembre de 2025 - China Daily vía REUTERS</p>
Exposition de missiles nucléaires stratégiques intercontinentaux DF-5C lors d'un défilé militaire commémorant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, à Pékin, en Chine, le 3 septembre 2025 - China Daily via REUTERS

L'Ukraine et les États-Unis concluent des garanties de sécurité « à 100 % » - La Russie intensifie la terreur énergétique

Faits

Le président Volodymyr Zelensky a annoncé que le document de garanties de sécurité avec les États-Unis était « à 100 % » prêt, un texte qui, selon des sources diplomatiques, s'inspire de la logique de l'article 5 de l'OTAN sans aboutir formellement à l'adhésion immédiate de l'Ukraine à l'Alliance. Les dernières 48 heures ont été marquées par des attaques russes massives contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, dans le cadre d'une campagne d'usure visant à dégrader systématiquement le réseau électrique au cours de l'automne 2025 et de l'hiver 2025-2026. Reuters a décrit une aggravation dramatique : les coupures dépassent régulièrement 12 heures dans les zones urbaines et 20 heures dans les zones périphériques, avec des températures moyennes de -8 °C et des températures minimales nocturnes de -15 °C.

Implications morales et stratégiques

Moscou a clairement fait savoir que toute avancée vers une intégration accrue de l'Ukraine dans l'architecture de sécurité occidentale serait punie par des coupures d'électricité et des missiles, dans le cadre d'une stratégie de punition collective typiquement impériale qui n'a rien à voir avec une défense légitime et beaucoup avec le terrorisme d'État.

Ce que la Russie mène n'est pas simplement une guerre conventionnelle avec des dommages collatéraux. Il s'agit d'une terreur énergétique comme doctrine militaire délibérée, raffinée et systématisée. L'objectif n'est pas seulement de dégrader la capacité militaire ukrainienne — logique militaire classique —, mais aussi de détruire la volonté de résistance civile par une souffrance cumulative insupportable.

La Russie cherche à obtenir une capitulation psychologique, et pas seulement militaire. La terreur énergétique n'est pas un effet secondaire, c'est l'objectif principal. Et cela constitue un test décisif pour l'Occident : si nous tolérons que la coercition systématique contre la population civile serve d'outil de victoire stratégique, nous ouvrons la boîte de Pandore pour que cette logique soit exportée vers d'autres théâtres (Moldavie, Baltique, infrastructures sous-marines européennes).

Perspectives et scénarios (60-90 jours)

∙ Scénario de réponse robuste (30 %) : saut qualitatif dans la défense aérienne (systèmes Patriot, IRIS-T, NASAMS supplémentaires), protection renforcée des nœuds critiques, déploiement accéléré de la production décentralisée. La résistance ukrainienne se maintient, le moral civil est préservé.

∙ Scénario de dégradation contrôlée (50 %) : normalisation des souffrances civiles comme « prix inévitable ». L'Europe fournit une aide humanitaire mais pas une défense aérienne suffisante. Chaque hiver est progressivement pire. La Russie gagne par épuisement.

∙ Scénario catastrophique (20 %) : incident grave touchant des infrastructures critiques (effondrement d'un barrage hydroélectrique, destruction de la dernière centrale thermique en état de fonctionnement) provoquant un choc humanitaire massif. La guerre change de nature. La pression pour négocier selon les conditions russes devient insupportable.

El presidente ucraniano, Volodymyr Zelenskiy, asiste a una conferencia de prensa con el Presidente lituano Gitanas Nauseda y el presidente polaco Karol Nawrocki en el Palacio Presidencial de Vilna, Lituania, el 25 de enero de 2026 - REUTERS/ KUBA STEZYCKI
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy assiste à une conférence de presse avec le président lituanien Gitanas Nauseda et le président polonais Karol Nawrocki au palais présidentiel de Vilnius, en Lituanie, le 25 janvier 2026 - REUTERS/ KUBA STEZYCKI

Ukraine : un haut dirigeant d'un opérateur électrique meurt alors qu'il supervisait des réparations sous le feu

Faits

Reuters a confirmé la mort d'un haut dirigeant de l'opérateur national du réseau électrique ukrainien alors qu'il supervisait des travaux de réparation d'urgence sur une installation endommagée par des attaques russes. Circonstances : température de -12 °C, vent violent, risque persistant d'attaques secondaires (doctrine militaire russe : attaquer les infrastructures, puis attaquer les équipes de réparation), équipement de protection inadéquat en raison de la pénurie.

Implications symboliques et opérationnelles

Cet événement, apparemment mineur dans l'avalanche d'informations, est le symbole brutal d'une réalité que l'Europe doit intérioriser : la guerre énergétique ne se mesure pas uniquement en mégawatts perdus. Elle se mesure en vies humaines : techniciens, ingénieurs, opérateurs qui soutiennent littéralement de leurs mains et de leur vie la possibilité pour l'État ukrainien de continuer à fonctionner.

L'Ukraine maintient en état de fonctionnement un pays sous bombardement constant, dans des conditions de froid et d'obscurité. Ce n'est pas de la poésie : c'est de l'ingénierie sous le feu, du personnel hautement qualifié risquant sa vie pour reconnecter des transformateurs, des équipes travaillant 18 heures par jour, des pièces de rechange critiques qui doivent être fabriquées ou importées alors que la Russie détruit plus vite qu'il n'est possible de réparer.

L'Europe doit interpréter cela comme un avertissement existentiel : la résilience nationale n'est pas un discours motivant. C'est une capacité matérielle concrète : des transformateurs de rechange, du personnel technique formé, un parapluie anti-aérien qui permet de réparer sans transformer chaque opération en roulette russe.

Perspectives et scénarios (14-30 jours)

∙ Scénario de renforcement accéléré (25 %) : l'Europe et ses partenaires fournissent massivement des équipements de réparation, du personnel technique de soutien, une protection physique pour les équipements (véhicules blindés, systèmes anti-drones portables), une assurance-vie et une indemnisation familiale.

∙ Scénario d'ajustement insuffisant (60 %) : augmentation marginale de l'aide, sans l'échelle nécessaire. Chaque réparation reste une opération à haut risque. Le taux de pertes augmente. La dégradation du réseau s'accélère car il n'y a pas assez de personnel pour suivre le rythme.

∙ Scénario d'effondrement systémique (15 %) : fatigue extrême + pénurie critique de pièces de rechange + attaques soutenues = incapacité à maintenir un minimum opérationnel. Coupures de courant permanentes dans de vastes zones. Exode massif. La pression pour négocier selon les conditions russes devient écrasante.

Camiones arden en el lugar de un ataque ruso con drones y misiles, en medio del ataque de Rusia a Ucrania, en Kiev, Ucrania, en esta imagen del folleto publicada el 24 de enero de 2026 - Servicio de prensa del Servicio Estatal de Emergencias de Ucrania en Kiev / a través de REUTERS
Des camions brûlent sur le site d'une attaque russe à l'aide de drones et de missiles, au milieu de l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, à Kiev, en Ukraine, sur cette image tirée d'une brochure publiée le 24 janvier 2026 - Service de presse du Service national des urgences ukrainien à Kiev / via REUTERS

Gaza, Liban et Israël : opération pour récupérer le dernier otage et pression sur le Hezbollah

Faits

Israël a lancé une opération de grande envergure pour localiser à Gaza le corps du dernier otage restant, le sergent-major Ran Gvili, en coordination avec les États-Unis et dans le cadre d'un cessez-le-feu fragile avec le Hamas qui accumule les violations quotidiennes. Parallèlement, les FDI poursuivent leurs attaques ponctuelles contre les infrastructures et les positions du Hezbollah dans le sud du Liban, après des semaines de tirs croisés.

Implications pour l'architecture d'après-guerre

Alors que Téhéran continue de financer, d'armer et d'orienter le Hezbollah et le Hamas, Israël est contraint de vivre dans un équilibre impossible entre la pression internationale pour consolider la trêve et la réalité des mandataires terroristes qui ne comprennent que le langage de la force.

La présence croissante d'envoyés spéciaux américains en Israël pour négocier l'avenir de Gaza met en évidence une vérité dérangeante : sans la sécurité d'Israël et sans le démantèlement effectif des milices islamistes, il n'y aura pas de paix durable, ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens honnêtes pris en otage par le Hamas.

Perspectives et scénarios (30-90 jours)

∙ Scénario de clôture digne (35 %) : l'opération de récupération du corps se termine sans escalade majeure. Le gouvernement israélien renforce son discours d'engagement absolu envers les citoyens, mais le conflit structurel avec le Hamas et le Hezbollah reste intact.

∙ Scénario de sabotage iranien (50 %) : des mandataires mènent des provocations destinées à rompre la trêve et à faire échouer toute architecture d'après-guerre. Attaques ciblées, assassinats de personnalités modérées, interruption des flux humanitaires.

∙ Scénario d'escalade régionale (15 %) : incident grave (attaque massive, assassinat de haut niveau) déclenchant une réponse israélienne à grande échelle et une réaction en chaîne avec le Hezbollah, les milices irakiennes ou directement l'Iran.

Un hombre usa un teléfono móvil mientras los palestinos inspeccionan el lugar del ataque israelí del miércoles en la ciudad de Gaza, 20 de noviembre de 2025 - REUTERS/ DAWOUD ABU ALKAS
Un homme utilise un téléphone portable tandis que des Palestiniens inspectent le site de l'attaque israélienne de mercredi dans la ville de Gaza, le 20 novembre 2025 - REUTERS/ DAWOUD ABU ALKAS

Syrie : les États-Unis exigent le respect du cessez-le-feu entre Damas et les FDS - délai de 4 jours prolongé à 15

Le cœur des négociations est une lutte entre un État en reconstruction qui cherche à recentraliser sa souveraineté et un acteur kurde qui tente de préserver autant que possible son autonomie politico-militaire et son contrôle des ressources avant de perdre son dernier atout : la protection résiduelle des États-Unis.[1][2][3] [4]

Faits

•⁠ ⁠Al-Sharaa arrive au pouvoir après la chute d'Assad, avec un mandat de transition de cinq ans, centralisateur et explicitement opposé aux formules fortes de décentralisation politique.[5][6] [7]

•⁠ ⁠En mars 2025, un accord « historique » d'intégration SDF-État est annoncé : incorporation des structures kurdes dans les institutions nationales, restitution des frontières, des champs de pétrole et de gaz, et cessez-le-feu général en échange de la reconnaissance de la citoyenneté kurde et de certains droits culturels. [1]

•⁠ ⁠La mise en œuvre est bloquée : Damas exige une intégration militaire totale et renonce de facto à l'autonomie de la DAANES ; les FDS réclament des garanties écrites, une décentralisation administrative et des unités kurdes distinctes au sein des forces armées.[2][8][1]

•⁠ ⁠Fin 2025, le délai initial expire sans progrès substantiels ; des affrontements ont lieu à Alep et dans le nord-est, tandis qu'Ankara fait pression pour le démantèlement des YPG et coopère avec Damas en matière de sécurité frontalière. [9][10][2]

•⁠ ⁠En janvier 2026, le gouvernement combine des mesures incitatives (reconnaissance du kurde comme langue nationale, citoyenneté pour les apatrides, jour férié de Nowruz) avec une offensive limitée qui renverse les positions de la SDF et place sous contrôle de l'État les infrastructures critiques et les camps de détention des membres de l'EI.[3][4] [11]

•⁠ ⁠Washington tente de préserver la viabilité économique du nouveau régime et d'éviter un effondrement chaotique du Kurdistan, mais a accepté de facto une réduction substantielle de la marge de manœuvre des FDS.[12][3]

Implications

•⁠ ⁠Pour les FDS/DAANES : la marge de manœuvre pour négocier une formule d'autonomie solide s'est réduite ; leur position passe de celle d'acteur quasi égal en 2025 à celle de partenaire subordonné négociant les termes d'une capitulation ordonnée plutôt qu'un pacte d'égalité.[4][2][1]

•⁠ ⁠Pour Damas : le succès partiel face aux FDS renforce le discours de réunification territoriale et consolide le leadership d'Al-Sharaa, mais accroît la dépendance vis-à-vis des accords tactiques avec la Turquie et complique la gestion des minorités kurdes et arabes méfiantes.[7][11] [9]

•⁠ ⁠Pour la Turquie : l'avancée de Damas contre les YPG réduit l'intérêt pour des opérations unilatérales profondes, mais crée un interlocuteur syrien plus fort qui exigera, à moyen terme, la révision de la présence militaire turque au nord d'Alep.[2] [9]

•⁠ ⁠Pour les États-Unis et l'Europe : l'intégration surveillée des FDS dans les structures étatiques offre une « sortie responsable » possible de leur implication militaire, mais avec le risque de perdre leur capacité de pression sur l'agenda interne syrien et le traitement des anciens combattants de l'EI. [3][12][1]

•⁠ ⁠Pour le système régional : la recomposition de l'État syrien sous Al-Sharaa, si la question kurde se stabilise, peut accélérer la normalisation avec les acteurs arabes et ouvrir la voie à des investissements énergétiques, à condition que l'Iran soit tenu à distance.[6] [7]

Scénarios

1.⁠ ⁠*Intégration négociée avec une autonomie limitée (base)*

- Le cadre de l'accord de mars 2025 est repris, avec des ajustements permettant des structures administratives kurdes solides mais sous souveraineté constitutionnelle unitaire.[1] [2]

- Les FDS se transforment en forces de sécurité régionales intégrées nominalement dans l'armée, avec des commandements mixtes, tandis que Damas consolide son contrôle sur les ressources et les frontières.[2][1]

2.⁠ ⁠*Victoire centralisatrice dure de Damas (contrôle maximal)*

- Poursuite de la pression militaire et politique jusqu'au démantèlement de la plupart des structures politico-militaires de la DAANES, avec des concessions culturelles symboliques pour légitimer le processus.[11][9][3]

- Risque d'insurrection kurde de faible intensité, de déplacements supplémentaires et d'utilisation récurrente du « terrorisme » comme cadre pour réprimer la dissidence.[4] [9]

3.⁠ ⁠*Blocage prolongé et fragmentation (risque)*

- Négociations dans l'impasse, incidents armés récurrents et lignes de contrôle fluides dans le nord-est, avec une ingérence constante de la Turquie, des milices pro-iraniennes et des restes de l'EI.[10][9][2]

- Érosion de la capacité de gouvernance tant de Damas que des autorités kurdes, aggravant les conditions humanitaires et freinant la reconstruction.[7][4]

<p>Personal militar en el cruce que conecta las dos orillas del río Éufrates, mientras intentan cruzar al otro lado tras la retirada de las Fuerzas Democráticas Sirias (SDF) de la provincia de Deir al-Zor y la toma del control total de la zona por parte del ejército sirio, en Deir al-Zor, Siria, el 18 de enero de 2026 - REUTERS/ KHALIL ASHAWI </p>
Des militaires au croisement reliant les deux rives de l'Euphrate, alors qu'ils tentent de passer de l'autre côté après le retrait des Forces démocratiques syriennes (FDS) de la province de Deir al-Zor et la prise de contrôle totale de la zone par l'armée syrienne, à Deir al-Zor, en Syrie, le 18 janvier 2026 - REUTERS/ KHALIL ASHAWI

L'Irak annonce le jugement des détenus de l'État islamique transférés depuis la Syrie - des volumes massifs sont attendus

Faits

Le gouvernement irakien a annoncé qu'il se chargerait de juger les détenus de l'État islamique transférés depuis la Syrie. Reuters a confirmé que 150 prisonniers avaient déjà été transférés et que des milliers d'autres pourraient suivre dans les mois à venir. Les détenus comprennent des citoyens irakiens, syriens et ressortissants de pays tiers (Européens, Nord-Africains, Asiatiques centraux).

Implications juridiques et sécuritaires

Changement de phase significatif : passage de la contention territoriale en Syrie à la judiciarisation en Irak. Cette décision est compréhensible pour des raisons de sécurité (l'Irak dispose de plus de capacités étatiques), mais elle soulève de multiples dilemmes :

1. Peine capitale : l'Irak maintient et applique la peine de mort pour terrorisme. L'Europe et les ONG s'y opposeront.

2. Garanties procédurales : procès équitables ou expéditifs ?

3. Ressortissants européens : rapatriement pour être jugés en Europe ? Reconnaître les condamnations irakiennes ?

4. Radicalisation carcérale : antécédents problématiques de prisons transformées en universités djihadistes.

Point de vue éditorial : le djihadisme doit être poursuivi sans ambiguïté. Mais l'Occident — en particulier l'Europe — ne peut pas externaliser indéfiniment le problème. Le terrorisme qui n'est pas géré avec une justice robuste et une sécurité efficace revient sous la forme d'une menace amplifiée.

Perspectives et scénarios (90-180 jours)

∙ Scénario de gestion rigoureuse (30 %) : l'Irak développe un système judiciaire spécialisé avec des conseils internationaux, des garanties procédurales acceptables, une coordination avec Interpol et les agences européennes, des protocoles anti-radicalisation en prison.

∙ Scénario de contestation politique (50 %) : prolifération des cas médiatisés de ressortissants européens condamnés à mort. Les ONG exigent le rapatriement. Les gouvernements européens pris entre la pression publique et les limites légales. Crise politique récurrente.

∙ Scénario d'effondrement systémique (20 %) : Surcharge du système judiciaire et pénitentiaire. Détérioration des conditions. Réseaux de corruption (libération contre pot-de-vin), tentatives d'évasion, émeutes. Réactivation des réseaux de l'EI en Irak. La menace s'exporte vers l'Europe.

El Primer Ministro iraquí, Mohammed Shia al-Sudani, revisa a las tropas durante una ceremonia para conmemorar el 105 aniversario de la fundación del ejército iraquí, el Día del Ejército y la graduación del 89º curso de calificación para cadetes en el Primer Colegio Militar en Bagdad, Irak, el 6 de enero de 2026 - REUTERS/ AHMED SAAD
Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, passe en revue les troupes lors d'une cérémonie commémorant le 105e anniversaire de la fondation de l'armée irakienne, la Journée de l'armée et la remise des diplômes de la 89e promotion de cadets à la Première école militaire de Bagdad, en Irak, le 6 janvier 2026 - REUTERS/ AHMED SAAD

L'Inde ouvre ses portes : réduction des droits de douane jusqu'à 40 % sur les voitures européennes.

Faits

L'Inde s'apprête à réduire jusqu'à 40 % les droits de douane sur les importations de voitures dans le cadre d'un accord commercial avec l'Union européenne, selon des sources bien informées citées par Reuters. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un ensemble plus large visant à attirer les investissements, les technologies et la production à forte valeur ajoutée européens, dans un contexte de découplage partiel des chaînes d'approvisionnement par rapport à la Chine.

Implications stratégiques

La décision indienne défie l'inertie protectionniste du Sud global et place New Delhi comme un partenaire clé — et un concurrent stratégique — tant pour l'UE que pour les États-Unis dans la bataille pour la relocalisation industrielle et la sécurité des approvisionnements.

Pour l'Europe, l'opportunité est évidente : diversifier les marchés, réduire la dépendance vis-à-vis du marché chinois, renforcer la présence industrielle dans une démocratie asiatique aux ambitions mondiales. Mais il y a aussi des risques si l'on confond ouverture et naïveté et si l'on oublie que l'Inde joue son propre jeu.

Perspectives et scénarios (horizon : conclusion de l'accord dans les prochains mois)

∙ Scénario de refonte commerciale (45 %) : l'accord est conclu. La refonte des flux commerciaux dans le secteur automobile affecte l'Europe, l'Inde, mais aussi le Japon, la Corée du Sud et la Chine, qui verront se consolider un bloc indo-européen moins dépendant de leurs chaînes de valeur.

∙ Scénario de concurrence triangulaire (35 %) : l'Inde joue simultanément la carte européenne et américaine, obtenant le maximum de concessions des deux côtés tout en préservant son autonomie stratégique.

∙ Scénario de blocage dû à des résistances internes (20 %) : des secteurs protectionnistes en Inde ou en Europe bloquent ou diluent l'accord. L'opportunité est gâchée par l'incapacité à surmonter les intérêts corporatifs à court terme.

Message politique clair :

Dans un monde où les dictatures — de Pékin à Moscou — utilisent le commerce comme une arme, les démocraties doivent parler le langage des intérêts bien compris, sans complexes et sans céder leur autonomie stratégique en échange du mirage d'un « marché infini ».

Empleados revisan un automóvil completamente ensamblado en la planta de fabricación de Maruti Suzuki en Manesar, en el estado norteño de Haryana, India - REUTERS/ ANUSHREE FADNAVIS
Des employés inspectent une voiture entièrement assemblée dans l'usine de fabrication Maruti Suzuki à Manesar, dans l'État d'Haryana, au nord de l'Inde - REUTERS/ ANUSHREE FADNAVIS

L'or au-dessus de 5 000 dollars : peur structurelle et refuge sûr

Faits

Le prix de l'or a dépassé les 5 000 dollars l'once, atteignant un niveau record sous l'effet d'une vague de demande d'actifs refuges face à la combinaison de tensions géopolitiques, de doutes sur la croissance et d'inquiétudes quant à la viabilité de la dette des principales économies développées. Ce mouvement intervient après une phase de moindre tension rhétorique sur l'Iran et d'autres points chauds, mais dans un contexte d'incertitude persistante.

Implications pour l'architecture financière mondiale

Le fait que l'or s'envole en pleine « normalisation » monétaire est un indicateur clair que le système international traverse une phase de méfiance structurelle : les citoyens et les marchés ne croient ni à la discipline budgétaire des États ni à la capacité des élites politiques à gérer l'enchaînement des crises.

Pour les économies émergentes, le renchérissement de la valeur refuge qu'est l'or est une arme à double tranchant : il protège les réserves détenues par certaines banques centrales, mais il renchérit le financement et amplifie la vulnérabilité de ceux qui dépendent des capitaux étrangers.

Perspectives et scénarios (horizon 60-120 jours)

∙ Scénario de consolidation à un niveau élevé (40 %) : l'or se consolide au-dessus du seuil. Pression croissante sur les monnaies faibles, tensions sur la dette souveraine, débat sur la rigueur budgétaire que les gouvernements ont irresponsablement reporté.

∙ Scénario de correction technique (35 %) : après un rallye spéculatif, correction de 10 à 15 % qui ramène l'or dans une fourchette de 4 200 à 4 500 dollars. Mais le plancher structurel a augmenté de manière permanente.

∙ Scénario d'accélération de la dédollarisation (25 %) : un monde qui se tourne vers l'or est un monde qui se prépare à une plus grande volatilité, où la réputation, le respect de la parole donnée et la force institutionnelle compteront plus que les discours à Davos. Les banques centrales accélèrent la diversification hors dollar : yuan, or, paniers multilatéraux.

<p>Una mujer usa la aplicación Gold Now, una aplicación de comercio y ahorro de oro en línea desarrollada por el comerciante de oro tailandés Hua Seng Heng, en su teléfono móvil mientras revisa el precio del oro, el día en que el oro sube para establecer un nuevo récord, en Bangkok, Tailandia, el 22 de septiembre de 2025 - REUTERS/ CHALINEE THIRASUPA</p>
Une femme utilise l'application Gold Now, une application de commerce et d'épargne en ligne développée par le négociant en or thaïlandais Hua Seng Heng, sur son téléphone portable pour vérifier le cours de l'or, le jour où celui-ci atteint un nouveau record, à Bangkok, en Thaïlande, le 22 septembre 2025 - REUTERS/ CHALINEE THIRASUPA

Rack média

Médias anglo-saxons (États-Unis / Royaume-Uni)

Le NYT, le Washington Post, le Wall Street Journal, le Financial Times, The Times, The Telegraph, The Guardian, la BBC, CNN, Fox News et CNBC ont concentré leur attention sur trois vecteurs : la réorganisation géopolitique à Davos, la conclusion d'accords de sécurité pour l'Ukraine et la pression exercée sur Israël et Gaza concernant le cessez-le-feu et l'avenir politique de l'enclave.

Médias européens continentaux (France, Allemagne, Italie, Espagne)

Le Monde, Le Figaro, FAZ, Die Welt, Corriere della Sera, La Repubblica soulignent le rôle ambivalent de l'Europe : aspirant à devenir un acteur stratégique, mais otage de divisions internes et d'une dépendance énergétique, technologique et sécuritaire vis-à-vis des États-Unis et de fournisseurs peu fiables.

Médias du Moyen-Orient et du monde arabe

Al-Jazeera, Al-Arabiya, Asharq al-Awsat, Arab News mettent l'accent sur le triangle Téhéran-Hezbollah-Hamas, les manœuvres israéliennes à Gaza et au Liban, et la redéfinition forcée du rôle des pays du Golfe dans un environnement où personne ne croit aux promesses de « paix économique » comme substitut à des solutions politiques sérieuses.

Médias asiatiques (Chine, Inde, Japon)

South China Morning Post, China Daily, Times of India, Hindustan Times, Yomiuri Shimbun soulignent la purge au sein de l'état-major chinois, les négociations commerciales entre l'Inde et l'UE et le rééquilibrage dans la région indo-pacifique, avec une Chine plus agressive et simultanément plus fragile sur le plan interne.

Les agences internationales

Reuters, AP, AFP et DPA assurent la couverture médiatique de l'Ukraine, de Gaza, de la Syrie, de la tempête hivernale aux États-Unis et de la flambée du cours de l'or, avec un flux constant de chiffres, de déclarations officielles et de mises à jour sur les dégâts et les répercussions sectorielles.

Commentaire éditorial - Atlantisme sans servilité, réalisme sans cynisme

Le monde est revenu à l'essentiel : le pouvoir, la dissuasion et la volonté. Les démocraties libérales qui ont construit l'ordre international d'après-guerre sont simultanément remises en cause par des puissances révisionnistes extérieures (Russie, Chine, Iran) et par des fractures internes qui menacent d'être plus meurtrières que n'importe quel adversaire géopolitique.

Le plus grand danger de ces dernières 48 heures ne vient pas de Moscou, qui exerce une terreur énergétique systématique contre les civils ukrainiens. Ni de Pékin, qui purge son sommet militaire nucléaire en pleine concurrence stratégique. Ni de Téhéran, qui mobilise des mandataires pour saboter la stabilité au Moyen-Orient.

Le plus grand danger vient d'une tentation trop humaine : confondre force et caprice, imaginer que le pouvoir permet de se passer d'alliés, croire que la coercition est un substitut efficace à la confiance.

Le Groenland : l'épreuve du feu de l'atlantisme du XXIe siècle

Le Groenland est stratégique. C'est un fait géopolitique incontestable. L'Arctique concentre des ressources minérales essentielles, des routes maritimes émergentes, des positions militaires déterminantes pour la surveillance des missiles hypersoniques.

L'Occident a besoin d'une présence renforcée : radars, ports, bases, infrastructures logistiques. Tout cela est légitime, nécessaire, urgent.

Mais une grande puissance qui prétend diriger le monde libre ne peut traiter un allié démocratique consolidé comme un bien à vendre aux enchères.

Lorsque le président des États-Unis parle d'« accès total » sans limite de temps et suggère des représailles financières, il ne renforce pas la dissuasion : il crée la méfiance. Et la méfiance est le terreau préféré de Poutine.

Chaque mot imprudent sur la souveraineté danoise, chaque menace tarifaire utilisée comme levier, chaque insinuation selon laquelle l'alliance est une transaction où le plus fort dicte les conditions, est un cadeau stratégique pour Moscou et Pékin. Ils n'ont pas besoin de gagner militairement. Il leur suffit que l'Occident se divise, se démoralise, se paralyse.

La différence entre alliance et vassalité

L'atlantisme n'est ni une obéissance aveugle ni une soumission. C'est une alliance entre égaux, fondée sur des valeurs communes (démocratie libérale, État de droit, économie de marché, dignité humaine) et des intérêts stratégiques convergents.

Une alliance entre égaux repose sur trois piliers :

1. La fermeté : la volonté de défendre des intérêts communs même lorsque cela coûte cher. L'Europe doit augmenter ses dépenses de défense, développer ses propres capacités militaires et assumer ses responsabilités dans son voisinage stratégique.

2. Loyauté : soutien mutuel en cas de menace existentielle. Les États-Unis ont défendu l'Europe pendant la guerre froide. L'Europe a invoqué l'article 5 après le 11 septembre et envoyé des troupes en Afghanistan.

3. Dignité : le courage de dire « non » lorsqu'un partenaire franchit les limites, car le silence complice détruit le respect mutuel.

L'Europe doit trouver sa voix. Pas la voix de l'anti-américanisme populiste qui fait le bonheur de Poutine. Mais la voix d'un partenaire adulte, capable de coopérer loyalement et de résister fermement lorsque cela est nécessaire.

L'Ukraine : le test moral de l'Occident

Pendant que nous débattons du Groenland à Davos, l'Ukraine survit – littéralement – dans l'obscurité et le froid. Des millions de civils sont privés d'électricité 12 à 20 heures par jour, les températures atteignent -15 °C, les hôpitaux sont équipés de générateurs défaillants et les systèmes de chauffage sont en panne.

La Russie a découvert que les souffrances civiles massives et prolongées peuvent être une arme politique plus efficace que les victoires militaires conventionnelles. La terreur énergétique n'est pas un dommage collatéral, c'est un objectif stratégique principal. Poutine parie que l'Occident — confortable, prospère, peu enclin à prendre des risques — se lassera avant l'Ukraine.

Le jour où l'Occident s'habituera à ce que la terreur contre les civils fonctionne, nous aurons perdu plus qu'une guerre : nous aurons perdu le droit moral de nous qualifier de civilisation qui protège les innocents.

L'aide à l'Ukraine ne peut être mesurée avec une logique comptable. Elle doit être mesurée avec une logique stratégique : « combien cela nous coûtera-t-il si Poutine gagne ? ». Car cette victoire ne s'arrêterait pas au Dniepr. Elle s'étendrait jusqu'à ce que l'Occident se montre prêt à céder.

Chine : quand le dragon se dévore lui-même

La purge au sommet de l'armée chinoise révèle ce que les analystes sérieux avaient déjà signalé : le modèle de pouvoir personnalisé de Xi, loin d'apporter la stabilité, génère des factions, la peur, des luttes intestines où la sécurité stratégique de la planète devient une monnaie d'échange.

Le fait que le responsable du programme nucléaire puisse être accusé de fuites d'informations et de corruption montre que la prétendue méritocratie du Parti communiste n'est qu'un vernis recouvrant une structure clientéliste opaque.

Pour Taïwan, le Japon et les alliés de l'Indo-Pacifique, personne ne veut d'un arsenal nucléaire contrôlé par une élite qui purge les généraux pour des raisons de loyauté personnelle. Cela renforce la nécessité d'une architecture de sécurité robuste, atlantiste, sans naïveté.

L'or ne ment pas : quand les marchés votent avec leurs pieds

Le bond de l'or au-dessus des 5 000 dollars n'est pas une anecdote technique. C'est un indicateur définitif que le système international est en phase de méfiance structurelle. Les citoyens et les marchés ne croient ni à la discipline budgétaire ni à la capacité des élites à gérer l'enchaînement des crises.

Un monde qui se rue vers l'or est un monde qui se prépare, consciemment ou non, à des scénarios de plus grande volatilité, où la réputation, le respect de la parole donnée et la force institutionnelle compteront plus que les discours à Davos.

Conclusion : l'atlantisme est un choix, pas une fatalité

L'ordre transatlantique n'est pas une loi de la nature. C'est une construction politique fragile qui nécessite un entretien constant, des ajustements périodiques et la volonté des générations successives de le préserver.

Cet ordre a survécu à la guerre froide, à l'effondrement soviétique, au 11 septembre, à la crise financière de 2008, au Brexit, à Trump 1.0. Mais aucune structure politique ne survit indéfiniment à l'érosion interne combinée à la pression externe.

Le véritable défi de 2026 n'est pas le Groenland en tant que territoire. C'est le Groenland en tant que symbole du type d'alliance que nous voulons : transactionnelle ou transformatrice, fondée sur le pouvoir ou sur des principes, soutenue par la coercition ou par la confiance.

Si l'Europe ne dit pas « oui à la coopération, mais non à la souveraineté non négociable », elle invitera à la normalisation du chantage. Si les États-Unis ne comprennent pas que traiter leurs alliés comme des vassaux revient à offrir une victoire stratégique à Poutine sans que Moscou ne tire un seul missile, ils commettront une erreur aux conséquences historiques.

Car si nous ne construisons pas ensemble la ligne qui sépare la fermeté de l'arrogance, la loyauté de la soumission, la coopération de la coercition... l'histoire nous la dessinera à grands cris. Et il sera trop tard pour rectifier le tir.

L'atlantisme du XXIe siècle doit être une alliance d'adultes : capables de coopérer loyalement, d'exiger fermement la réciprocité et de dire « non » courageusement lorsque un partenaire franchit les limites. C'est seulement ainsi qu'il survivra au défi que Poutine, Xi et les autoritarismes révisionnistes lancent à la civilisation démocratique.

L'alternative n'est pas l'autonomie stratégique européenne rêvée par certains. C'est la fragmentation occidentale, la paralysie géopolitique, la victoire par défaut de ceux qui parient sur notre division. Nous devons choisir. Et nous devons le faire maintenant.

L'Espagne sait bien que les transitions exemplaires se construisent avec courage, modération et clarté morale, comme celle menée par le roi Juan Carlos Ier. Cet héritage n'est pas une pièce de musée : il nous rappelle qu'il est possible de vaincre la tyrannie sans tomber dans la vengeance, d'étendre la liberté sans détruire les institutions, d'être ferme sans être sectaire.

Aujourd'hui, alors que le narcotrafic, le djihadisme et les autoritarismes d'un nouveau genre tentent de nous imposer leur loi par la force, la réponse ne peut être le repli sur soi ni le cynisme, mais la reprise sans complexe d'un projet de civilisation qui croit en lui-même.

Car, en fin de compte, l'histoire n'est pas écrite par les plus bruyants ni les plus fanatiques, mais par ceux qui, au milieu du bruit, ont le courage d'appeler les choses par leur nom : agression quand c'est de l'agression, terrorisme quand c'est du terrorisme, dictature quand c'est de la dictature.

Et aujourd'hui, plus que jamais, le devoir de l'Occident est de cesser de s'excuser d'exister et de commencer à se comporter comme ce qu'il prétend être : un espace de liberté, de justice et de responsabilité qui n'est pas disposé à livrer son avenir ni à Pékin, ni à Moscou, ni à Téhéran, ni aux complaisances suicidaires de ses propres élites.