Jeudi 30 novembre 2023, une date que le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) retiendra parmi les plus retentissantes de son histoire

Confrontation entre le gouvernement algérien et le Mouvement pour l’Autodétermination Kabyle

Ferhat Mehenni
photo_camera Mak Ferhat Mehenni

Pour la première fois depuis sa création en juin 2001, le mouvement s’est trouvé, ce jour-là, au pinacle de la consécration. Son président fondateur, Ferhat Mehenni, était en confrontation directe avec le représentant du gouvernement d’Alger au siège de l’ONU à Genève.

Comme si le régime algérien était en manque d’échecs, son représentant a signé un nouveau revers en cherchant à croiser le fer avec le président du MAK à l’occasion de la tenue du 16ème Forum des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités. Une erreur fatale et pour laquelle il rendra, certainement, compte devant ses patrons. Et pour cause …

Le 18 mai 2021, après réunion du Haut Conseil de Sécurité (HCS), le régime algérien classe le MAK sur la « liste des organisations terroristes » et de « les traiter comme telles ». Son président et certains de ses membres dirigeants font l’objet d’un mandat d’arrêt international. Un mandat, soit dit en passant, que l’organisation internationale de la police criminelle, INTERPOL a rejeté comme elle a rejeté plusieurs autres mandats d’arrêts lancées par les autorités algériennes contre des militants politiques, journalistes et blogueurs sur les réseaux sociaux.

Du moment que cette organisation est classée terroriste, le représentant du gouvernement algérien ne devait en aucun cas polémiquer avec ses représentants ou entrer en confrontation avec eux de surcroît dans l’enceinte de l’ONU. Chose que semble ignorer le représentant algérien qui était très maladroit dans son intervention. Non seulement, il place le MAK à la même hauteur que l’Etat qu’il représente en cherchant la confrontation avec son président, pis encore, il n’avait pas d’arguments de taille pour répondre à son antagoniste. Il s’est limité à le traiter de « menteur » et de qualifier les vérités assenées devant l’assistance de « simples allégations mensongères ». 

Pourtant sans entrer dans les détails, le président du MAK a donné les grandes lignes de la répression que subit la Kabylie depuis l’assassinat du jeune Massinissa Guermah, assassiné à l’intérieur du siège d’une brigade de gendarmerie à Ath-Douala le 18 avril 2001 à deux jours de la célébration du 21ème anniversaire du printemps kabyle. Un assassinat suivi par 130 autres commis contre de jeunes innocents sortis condamner pacifiquement le crime dont a été victime celui qu’ils surnommaient affectueusement Moumouh.

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Ferhat Mehenni, le président du MAK au siège de l'ONU à Genève

Ferhat Mehenni, le président du MAK, a rappelé « En tant que Kabyles, nous sommes versés dans le camp des peuples minorisés, alors que nous représentons 12 millions d'âmes sur les 40 que compte l'Algérie » avant de tirer la sonnette d’alarme sur les épreuves subies par les populations de cette région. « La Kabylie vit un enfer sous loi martiale. Toutes les libertés y sont suspendues et tout le monde vit avec la peur au ventre d'une arrestation et de la torture.

Depuis 2021, tous les Kabyles sont décrétés collectivement comme étant des terroristes et un génocide au nom de code d'"Opération Zéro Kabyle" est en cours d'exécution. Ils sont brûlés vivants et accusés d'être leurs propres pyromanes. Pas moins de 43 Kabyles innocents sont condamnés à mort.
Des milliers d'arrestations suivies de tortures et plus de 100 000 Kabyles sont interdits de quitter le territoire algérien »
Des vérités que seule la cécité politique empêche de voir.  Dire que ce ne sont que des allégations mensongères c’est faire preuve d’une épouvantable malhonnêteté. C’est ce qui fait dire à l’un des témoins de cette confrontation algéro-kabyle à l’ONU « Quand on représente un régime qui a bâti toute sa politique sur le mensonge, par décence, on ne doit pas traiter les autres de menteurs. »

Toutefois, le délégué du gouvernement algérien ne pouvait pas empêcher le AMK de remporter sa première victoire dans sa première confrontation avec le régime d’Alger. En réalité c’était un 2 en 1 puisque l’autre victoire enregistrée le même jour, c’est d’avoir contraint le délégué algérien de s’exprimer en… kabyle.

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