Omar Hilale affirme que le Maroc ne permettra jamais que la question du Sahara devienne le théâtre de manœuvres sud-africaines

Le Maroc s'indigne de l'interférence de l'Afrique du Sud avec l'envoyé de l'ONU pour le Sahara

Omar Hilale habla en la Sede de las Naciones Unidas durante la 78ª Asamblea General de la ONU - PHOTO/JOHN LAMPARSKI/NURPHOTO/NURPHOTO VÍA AFP
photo_camera Omar Hilale s'exprime au siège de l'ONU lors de la 78ème Assemblée générale - PHOTO/JOHN LAMPARSKI/NURPHOTO/NURPHOTO VIA AFP

L'ambassadeur du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a été chargé d'exprimer le profond mécontentement de son gouvernement face à la visite surprise et inattendue en Afrique du Sud de l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, et aux consultations politiques avec le gouvernement de Pretoria.

Hilale a déclaré à l'agence de presse marocaine MAP que le Maroc n'a été consulté à aucun moment et n'a jamais été informé de la question. Au contraire, "dès que nous avons pris connaissance du projet de cette visite, il y a plusieurs semaines, nous avons exprimé directement à M. de Mistura et au Secrétariat de l'ONU le refus catégorique du Maroc de ce voyage, et nous rejetons toute interaction avec Pretoria sur la question du Sahara marocain, pour des raisons légitimes et objectives. J'espère qu'il ne s'agit pas d'un défi lancé au Maroc par M. de Mistura, mais peut-être simplement d'une mauvaise évaluation de la véritable position de l'Afrique du Sud". En tout état de cause, le Maroc a clairement mis en garde contre les implications de son voyage sur le processus politique.

Dans sa communication, le Maroc a rappelé à l'Envoyé Personnel les fondements de son mandat, représentés dans la lettre de sa nomination par le Secrétaire Général de l'ONU, qui précise qu'il doit travailler exclusivement avec les quatre parties impliquées dans le processus politique, en plus des résolutions du Conseil de Sécurité depuis 2007, y compris la Résolution 2703 du 30 octobre dernier.

Hiale de mistura sudafrica
Omar Hiale, à gauche. À droite, Stefan de Mistura et Naledi Pandor, ministre sud-africain des Affaires étrangères.

Ces décisions ne font aucunement référence à l'Afrique du Sud, ni n'indiquent un rôle ou une contribution imaginée de l'Afrique du Sud au processus politique. En énumérant les nombreux éléments "qui excluent l'Afrique du Sud de toute ingérence dans le dossier du Sahara occidental, il suffit de rappeler que l'Afrique du Sud reconnaît l'entité fictive et soutient le Polisario politiquement, diplomatiquement, médiatiquement et militairement".

Pour ces raisons, a assuré l'ambassadeur à l'ONU, "le Maroc ne permettra jamais à l'Afrique du Sud de jouer un quelconque rôle dans le dossier du Sahara marocain". Pretoria était et reste toxique pour la question du Sahara marocain" et a souligné que "je suis très surpris car je ne sais pas de quoi parle le ministère sud-africain des Affaires étrangères. Le Maroc n'est au courant d'aucune approche. S'il y a une tentative, la discussion doit avoir lieu avec le Maroc et les autres parties et en aucun cas avec l'Afrique du Sud".

Pour Rabat, il s'agit d'une approche round-robin, avec la participation exclusive du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du Polisario, comme le recommandent les résolutions successives du Conseil de sécurité. Le Maroc espère donc que De Mistura consacrera ses efforts à convaincre l'Algérie de revenir à la table des négociations, comme ce fut le cas en 2018 et 2019, car "il dispose d'un mandat clair et ferme du Conseil de sécurité pour faciliter une solution politique réaliste, pratique, durable et négociée à ce différend régional".

Dans ce contexte, Hilale a fait remarquer que le Roi Mohammed VI a ouvert la voie à une solution définitive à ce différend régional à travers l'Initiative marocaine d'autonomie, dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Maroc.

Il a ajouté que la vision du monarque alaouite tire sa force du droit international et sa légitimité de sa compatibilité avec les normes spécifiées dans les résolutions du Conseil de sécurité. Il a poursuivi en affirmant que "les larges résultats et le soutien international au Sahara marocain et à l'initiative d'autonomie confirment quotidiennement une vision majestueuse de nos régions sahraouies bien-aimées en tant que Marocaines une fois pour toutes".