Progrès dans le remplissage des réservoirs d'eau du Maroc

Le niveau des réservoirs marocains augmente, mais à un rythme inégal entre les bassins des différentes régions du Royaume 
Las autoridades marroquíes han endurecido las medidas para frenar el desabastecimiento de agua - PHOTO/FILE
Les autorités marocaines ont renforcé les mesures de lutte contre les pénuries d'eau - PHOTO/FILE

Le ministère marocain de l'Équipement et de l'Eau a publié des données sur le remplissage des réservoirs d'eau du pays nord-africain, qui s'élève à 30,7 % d'une capacité totale de 4,94 milliards de mètres cubes.  

  1. Un état inégal
  2. Pluies récentes et politique de gestion de l'eau

Les données datent de début avril et donnent une image réaliste de l'état actuel des réservoirs marocains. 

Un état inégal

L'état des différents bassins est inégal car la croissance a été plus importante dans certains barrages que dans d'autres, en fonction de leur localisation sur la carte du Maroc. Cette croissance du remplissage de ces retenues s'est faite grâce aux dernières précipitations et à une importante politique de gestion des ressources en eau de la part de l'Etat marocain.  

Il est à noter que plusieurs retenues d'eau marocaines sont à 100% de leur capacité. Plusieurs barrages sont à leur capacité maximale, comme El Nahla, Chefchaouen, Cherif Al Idrissi, Oued Zaa, Bouhouda et Sidi Idriss.  

En outre, cinq autres barrages ont dépassé 90 % de leur capacité totale, notamment Dkhila, Ait Messaoud, Allal Al Fassi, Moulay Hassan Ben Mehdi et M'Siroum. 

Les bassins de Yaacoub Al Mansour, Abou Al Abbas Al Sebti et Sidi Saeed Maachou sont respectivement à 86,2, 78 et 66 %. 

Pendant ce temps, d'autres barrages sont à la moitié de leur capacité, tels que Sidi El Shahid, Bab Louta, Michelifen, Timinoutine et Sidi Mohamed Ben Slimane Jazouli, chacun à 50 %.  

Les données ministérielles ventilent également les taux de remplissage par bassin, révélant des variations entre les régions. Le bassin du Loukkos arrive en tête avec un taux de remplissage de 60,5 %, suivi du Tensift avec 56,7 %. Cependant, d'autres bassins présentent des taux plus faibles, tels que la Moulouya (24,7 %), le Sebou (46,7 %) et l'Oued Rheraïa-Chaouia (27,7 %). 

Certains bassins ont des taux faibles comme Oum Er-Rbia, Souss-Massa, Draa-Wad Noun et Ksob-Ziz-Guerriss. 

Presa de agua en Marruecos - PHOTO/FILE
Barrage au Maroc - PHOTO/FILE

Pluies récentes et politique de gestion de l'eau

Les récentes pluies dans le nord du Maroc ont apporté un répit et ont permis aux réservoirs de régions telles que Tanger et Chefchaouen de croître de façon exponentielle. Le sud du royaume marocain a reçu moins de précipitations, ce qui a influencé la plus grande inégalité actuelle des réserves d'eau nationales.

La politique de gestion de l'eau du gouvernement marocain a également joué un rôle qui, confronté à des pénuries récentes dues aux effets du changement climatique et au manque de précipitations, s'est inquiété du manque d'eau pour la vie quotidienne et pour l'activité agricole, un secteur qui représente une part importante du produit intérieur brut (PIB) du Maroc.  

Aussi, depuis quelques mois, le gouvernement marocain met en œuvre une politique de gestion de l'eau plus intense afin d'exploiter au mieux les ressources hydriques et prend des initiatives visant à augmenter les réserves d'eau.

Presa de agua en Marruecos - PHOTO/FILE
Barrage au Maroc - PHOTO/FILE

L'une de ces initiatives consiste en un essor plus important du secteur du dessalement pour l'exploitation de l'eau de mer. Rappelons ici qu'une usine de dessalement ou station de dessalement est une installation qui transforme l'eau salée de la mer (ou eau saumâtre) en eau propre à la consommation humaine, ainsi qu'à des usages industriels et d'irrigation, ce qui permet d'utiliser l'eau de mer comme ressource hydrique. 

Une autre initiative importante est celle des autoroutes de l'eau, qui relient différents bassins afin de favoriser ceux dont le pourcentage de remplissage est plus faible et d'aider à améliorer l'approvisionnement en eau dans les zones disposant de moins de ressources, comme le sud du Maroc.