L'Algérie siègera au Conseil en tant que membre non permanent pour deux ans à partir de 2024

Tebboune cherche à réformer le Conseil de sécurité de l'ONU en raison de sa "discrimination" et de sa "paralysie complète"

AFP/ANGELA WEISS - El presidente argelino Abdelmadjid Tebboune se dirige a la 78ª Asamblea General de las Naciones Unidas en la sede de la ONU en Nueva York el 19 de septiembre de 2023
photo_camera AFP/ANGELA WEISS - Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s'adresse à la 78e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 19 septembre 2023

Abdelmajdid Tebboune n'a pas caché son intention de restructurer en profondeur l'un des organes les plus importants des Nations unies. Le président algérien a exprimé sa volonté de réformer le Conseil de sécurité de l'ONU, dont son pays sera membre non permanent pendant les deux prochaines années. Il estime que le Conseil a des problèmes qui doivent être résolus "d'urgence", car l'escalade de la violence à Gaza à la suite de l'attaque terroriste du Hamas a mis en évidence la "paralysie" du Conseil de sécurité.

Le président algérien a déclaré au sommet restreint du "Groupe des Dix" de l'Union africaine en Guinée équatoriale qu'"aujourd'hui, plus que jamais, la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU doit être abordée avec la plus grande diligence... et elle se pose aujourd'hui avec insistance". L'insistance de Tebboune sur ces changements pourrait être motivée par la diminution du poids international d'Alger aux dépens de l'ascension de son voisin marocain en tant que leader régional.

El Secretario General António Guterres (derecha) se reúne con Abdelmadjid Tebboune, Presidente de la República Argelina Democrática y Popular
Le Secrétaire général António Guterres (à droite) rencontre Abdelmadjid Tebboune, Président de la République algérienne démocratique et populaire

Les observateurs soulignent également la situation au Sahara occidental. La position de plus en plus ferme des Nations unies à l'égard de la proposition marocaine d'autonomie sahraouie sous souveraineté marocaine inquiète l'Algérie. Malgré les efforts historiques de l'Algérie pour attiser le nid de frelons sahraoui en soutenant le Front Polisario, ces efforts semblent infructueux. Tout cela s'ajoute à la résolution 2702 du Conseil de sécurité, qui appelle à une résolution réaliste du conflit, actuellement proposée par le royaume alaouite.

Le soutien croissant à la solution marocaine suscite un ressentiment de la part de l'Algérie, ce qui la pousse à vouloir changer même les institutions. C'est ainsi que l'élection au Conseil de sécurité en tant que membre non permanent est perçue comme une glorieuse victoire pour ce qui n'est qu'une simple formalité. Un communiqué officiel a même été publié pour affirmer le "succès diplomatique qui confirme le retour de l'Algérie nouvelle sur la scène internationale".

SPUTNIK/MIKHAIL METZEL - El presidente ruso, Vladimir Putin, y el presidente de Argelia, Abdelmadjid Tebboune, asisten a una ceremonia de firma luego de sus conversaciones en el Kremlin en Moscú el 15 de junio de 2023
SPUTNIK/MIKHAIL METZEL - Le président russe Vladimir Poutine et le président algérien Abdelmadjid Tebboune assistent à une cérémonie de signature à la suite de leurs entretiens au Kremlin à Moscou, le 15 juin 2023

Ils ajoutent que "cette élection, qui s'inscrit dans le cadre des acquis de la politique étrangère de notre pays, traduit l'estime et la considération dont jouit le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, auprès de la communauté internationale et traduit sa reconnaissance de sa contribution à la paix et à la sécurité internationale". Ainsi, Tebboune veut renforcer sa position sur la scène internationale en vue de l'incorporation imminente de son pays au Conseil, et ainsi pouvoir faire une force de l'intérieur avec ce qui s'annonce comme des refus constants quant aux solutions possibles au problème du Sahara.

L'un des objectifs possibles de l'Algérie est d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité. Bien que compliqué, le "consensus de Zulwini" de 2005 a exprimé la volonté de doter le continent africain de deux représentants au Conseil de sécurité permanent avec droit de veto. Bien que difficile, l'Algérie ne perd pas de vue cette possibilité, même si la réalité indique que, même si une telle proposition se concrétise, il est très probable que l'Algérie ne sera pas l'un des deux représentants africains.

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