La grande crainte de l'économie mondiale est qu'Israël et l'Iran finissent par s'affronter directement, ce qui pousserait les États-Unis à s'impliquer dans le conflit

L'impact de la guerre Israël-Hamas sur le marché pétrolier

PHOTO / AFP - Un petrolero amenaza con explotar o derramar más de un millón de barriles de petróleo en el Mar Rojo
photo_camera PHOTO / AFP - Pour l'instant, les prix du pétrole brut ont déjà augmenté au cours de la semaine dernière à la suite du déclenchement de la guerre

Le conflit actuel entre Israël et le groupe terroriste Hamas déstabilise la région troublée du Moyen-Orient. Les conséquences de la guerre ont également atteint l'Europe, où les pays ont augmenté les niveaux de lutte contre le terrorisme et renforcé la sécurité dans les centres juifs.

Toutefois, ce conflit a également un impact sur l'économie et les marchés de l'énergie, comme ce fut le cas après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Récemment, la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a exprimé son inquiétude quant à l'impact de la guerre sur les marchés pétroliers internationaux. En particulier si les États-Unis et l'Iran s'impliquent plus directement dans le conflit, car, selon Kristalina Georgieva, il y aurait des perturbations importantes dans l'approvisionnement en pétrole. 

Pour l'instant, les prix du pétrole brut ont déjà augmenté au cours de la semaine dernière à la suite du déclenchement de la guerre, tandis que les actions de Shell ont gagné 1,5 %, ce qui a porté leur valeur à 2 763 euros par action. Entre-temps, le pétrole brut Brent a augmenté de plus de 7 % depuis le début du conflit, atteignant 90 dollars le baril.

L'Agence internationale de l'énergie a déclaré que si le conflit entre Israël et le Hamas n'avait pas encore eu d'impact direct sur l'approvisionnement physique, le marché de l'énergie resterait "sur le qui-vive" au fur et à mesure de l'évolution de la crise.

À cet égard, Bloomberg Economics a souligné que la grande crainte de l'économie mondiale est qu'Israël et l'Iran finissent par s'affronter directement. Pour l'instant, l'Iran ne finance que les groupes terroristes qui attaquent Israël, comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais. Cependant, Téhéran a menacé d'intervenir dans la guerre si l'armée israélienne ne cessait pas son offensive sur la bande de Gaza, ce qui pourrait également entraîner les États-Unis dans le conflit. À cet égard, on craint particulièrement que Téhéran ne décide de fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transite au moins 20 % du pétrole brut mondial.  

Mapa que muestra el Estrecho de Ormuz
AFP/AFP
AFP/AFP - Détroit d'Ormuz

Dans ce cas, le portail économique estime que les prix du pétrole augmenteraient de plus de 70 % et atteindraient 150 dollars le baril. Le prix est actuellement de 90 dollars. Les experts de Bloomberg ne pensent pas que l'impact sur la valeur du pétrole brut ne serait pas aussi grave que lors de la crise pétrolière de 1973, lorsque l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole a suspendu les exportations vers les pays qui avaient soutenu Israël lors de la guerre du Kippour, un conflit déclenché par surprise par l'Égypte et la Syrie. Ils estiment toutefois qu'elle pourrait être comparée à l'augmentation enregistrée après l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990.

Cette forte hausse pourrait également avoir un impact sur la croissance du PIB, qui chuterait de 3 % cette année. Elle augmenterait également le taux d'inflation, car une hausse de la valeur de l'essence augmenterait le coût du transport des marchandises, affectant les chaînes d'approvisionnement et poussant les prix à la hausse. 

PHOTO/FILE -  Le marché de l'énergie resterait "sur le qui-vive" au fur et à mesure de l'évolution de la crise

Malgré la guerre, certains accords énergétiques se poursuivent

Outre les conséquences politiques, le conflit entre Israël et le Hamas peut affecter les accords énergétiques régionaux. À cet égard, BP et la compagnie pétrolière nationale émiratie ADNOC prévoient d'acquérir une participation de 50 % dans le producteur de gaz israélien NewMed Energy. Toutefois, comme l'ont assuré les représentants de BP à l'agence Reuters, les perspectives de l'opération restent d'actualité.

Ce projet d'ADNOC et de BP reflète la coopération et les liens économiques croissants entre Israël et les Émirats arabes unis à la suite de la normalisation des relations en 2020 grâce aux accords d'Abraham. Une source proche d'ADNOC a révélé à l'agence de presse l'engagement de la société à l'égard de l'accord, soulignant qu'elle y voyait une valeur ajoutée.